Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.
Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
Sorti il y a déjà 25 ans, le premier long métrage de James Gray, Little Odessa, reste toujours aussi fascinant. La maîtrise de la mise en scène transforme une histoire de tueur à gages en une tragédie familiale éblouissante, interprétée avec maestria. Retour sur un chef d’œuvre qui marqua le point de départ d'une belle carrière.
Avec Jeanne Bruno Dumont poursuit son exploration des mots de Charles Peguy entamée deux ans plus tôt avec Jeannette, l'enfance de Jeanne D'arc. Il nous invite à regarder son cinéma droit dans les yeux et n'hésite plus à proposer des œuvres radicales, burlesques et riches.
Creusant avec brio la thématique de l'apocalypse nucléaire, Point Limite impressionne notre imaginaire autant qu'il questionne notre vision de la politique. Un film majeur.
Deux Moi, le nouveau film de Cédric Klapisch une œuvre toujours bien ancrée dans un contexte social et sociétal de son temps. Il nous laisse un peu plus sur le bord du chemin que ses précédents métrages, car trop englué dans du convenu et de l’anecdotique, malgré une mise en scène toujours aussi précise.
Certains clichés ont la vie dure. Malgré sa diversité folle, le cinéma d'animation reste pour beaucoup cantonné à un public d'enfants. Des préjugés persistants, contradictoires avec la réalité du milieu, qui se sont construits au fur et à mesure de l'histoire du 7ème art. Dans le cadre de notre cycle sur l'enfance, on s'interroge sur ces idées préconçues. Mais surtout, au-delà, entre Le Voyage de Chihiro, Les Tortues Ninja et Kirikou et la sorcière, qu'est-ce que cela raconte de nous ? Les adultes savent-ils encore rêver ?
A l’heure où s’étale sur grand écran une énième fête de famille à la française, Nicolas Vanier revient avec les thèmes qui lui sont chers et offre à la nature la part qu’elle mérite au cinéma. Face à l’urgence écologique, l’engagement du réalisateur et ses belles images d’oies sauvages en plein vol valent le détour par les salles obscures. En parlant de transmission et de jeunesse, il prolonge joliment notre cycle sur l'enfance au cinéma !
Hollywood a raison de trembler face à l’Intelligence Artificielle (AI) : c’est désormais elle qui s’invite aux castings, choisit les scripts et analyse les succès passés pour tenter de prévoir les prochains. Mais bien avant d’être bousculée par cette technologie, la ville du cinéma s’intéressait déjà à l’AI avec une fascination empreinte de peur. Star Wars, Terminator, Blade Runner, 2001 l’Odyssée de l’espace, Matrix ou Interstellar ont marqué des générations de spectateurs, dont la plupart se demande encore si l’IA est notre allié ou notre ennemi.
Le cinéma est un lieu privilégié pour étudier le rapport entre deux mondes aux frontières bien gardées : l'enfance et l'âge adulte. Par l'image et le mouvement, permettant l'alternance des points de vue, les barrières s'effacent et laissent petit à petit transparaître une convergence commune des destins entre générations.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.