"Lydia et le vaisseau des tempêtes", nouveau film d'animation québécois, adapte librement les romans d'Yves Meynard. Entre mers de brume et astromagie, Lydia y affronte le deuil et l'apprentissage pour retrouver son frère disparu, dans une belle aventure familiale attachante.
Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.
Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.
La ressortie 4K d'Akira dans nos salles de cinéma est l'un des évènements phares de cet été 2020. Une claque d'autant plus vertigineuse qu'elle reste toujours autant d'actualité.
La réalisatrice franco-sénégalaise Maïmouna Doucouré nous propose avec Mignonnes, un film curieux qui pourra gêner le public - notamment masculin - parce qu'on y voit des pré-adolescentes dans des postures et tenues hyper-sexualisées.
Il faudra aller au-delà de cet embarras premier pour comprendre l'histoire d'Amy, jeune fille de 11 ans intégrant une troupe de danseuses de son collège, les Mignonnes, qui imitent les chanteuses de RnB en s'initiant au twerk. Au sein de son foyer, Amy doit aussi faire face à un bouleversement : son père, polygame, reviendra prochainement d'Afrique avec sa seconde épouse... C'est la propre mère d'Amy qui doit tout préparer pour le nouveau couple.
Effacer l'historique est la nouvelle plongée "wtf" de Gustave Kervern et Benoit Delepine dans notre monde moderne. Ils le font avec beaucoup d'absurdité, mais n'ont pas à chercher bien loin le non sens qui occupe chaque moment de nos vies connectées. Une petite pépite qui de ne dit rien moins que "mieux vaut en rire qu'en pleurer". Bien sûr, ça ne fait pas toujours mouche et quelques longueurs sont à déplorer, mais le quotidien est idéalement croqué par les deux réalisateurs. En salles le 26 août 2020.
A partir d'un projet à visée de propagande, le grand cinéaste égyptien Youssef Chahine a fait, avec Un Jour, le Nil, une oeuvre humaniste où les sourires et la louange des progrès techniques se teintent d'amertume. Un grand film, longtemps disparu car il ne plut pas aux commanditaires égyptiens et soviétiques, et dont la seule copie fut conservée et restaurée par la Cinémathèque Française.
Karim Moussaoui s'impose, avec ce film, comme un nouveau talent venu d'Algérie qu'il faudra absolument suivre dans le futur. Déjà remarqué précédemment lors de sa nomination aux Césars, il propose ici de montrer son pays déchiré entre passé et futur.
De la série Hannibal de Bryan Fuller, nous pourrions parler de bien des choses : de la représentation du serial killer, de la relation presque mystique entre Will et Hannibal, du charisme froid et magnétique de Mads Mikkelsen, de l’anarchie psychologique de certains personnages, ou même de la mise en scène et de la violence matérialisée par la série. Pourtant, au travers du maniérisme feutré de la réalisation et de l’élégance mortifère de son protagoniste principal (Hannibal Lecter), la gastronomie et son illustration prennent une part importante de l’oeuvre.
Eva en août de Jonas Trueba est une petite pépite. Poétique et terriblement rafraîchissant, ce portrait de femme est l’un des plus beaux regards que nous offriront les salles de cinéma lors de cet été 2020.
Dans cet « anti-western » insolite et jouissif, Robert Altman, prend un malin plaisir à détourner tous les codes du genre, pour un résultat unique en son genre.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »