Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.
Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
Que se passe-t-il lorsqu’un comédien indien, incorrigible gaffeur, est invité par erreur à un dîner huppé organisé par un ponte des studios hollywoodiens ? Une avalanche de catastrophes, pardi !
La Party demeure encore aujourd’hui un témoignage révélateur sur ce que l’on peut obtenir d’un artiste indomptable lorsqu’on lui offre un terrain de jeu favorable et le moins possible de règles…
Dans certains long-métrages, la fête peut être le lieu du crime, mais ce qui est intéressant dans Scream est que la fête n’est plus un événement du schéma narratif mais qu’elle devient le cadre spacio-temporel de celui-ci. En somme, la fête n’est pas un événement déclencheur, ni le climax ou le dénouement, mais tout cela en même temps : Sidney Prescott va à la fête, donc elle déclenche la rage meurtrière du Masque, elle vit des péripéties qui ont avoir de près ou de loin avec le meurtrier, et quasiment tous les événements majeurs de l’histoire se déroulent à cette dite fête.
Reprenant à la fois les codes du film d'horreur et ceux des youtubeurs spécialistes de l'urbex, Bustillo et Maury signent un film immersif superbement réalisé mais dont le scénar s'essouffle hélas dans le dernier quart d'heure.
Spring Breakers de Harmony Korine est un film clivant qui s’appuie sur des bases trop peu consensuelles pour plaire à tout le monde. En faisant l’apologie du Spring break, une fête plutôt excessive et assez vide de sens, il réussit pourtant à dépeindre une jeunesse américaine en perte de vraies valeurs tout en donnant à voir une certaine forme de joie pure, d’amusement absolu qui n’est pas désagréable à suivre.
Dans Eyes Wide Shut, la fête est un venin difficile à extraire. Une idée qui vampirise l’esprit quitte à faire basculer hors de la réalité. Un monde où l’onirisme et la frayeur ne font qu’un.
Alors que les salles de cinéma viennent de réouvrir, le cinéma français nous abreuve d’excellents films. Après La Nuée, Médecin de nuit ou même Slalom, c’est au tour de Gagarine de nous éblouir avec ce conte social filmé par le prisme de l’aventure spatiale.
Conte rural poétique ou feel-good movie à la française porté par la fantaisie coquette d’une Catherine Frot toujours rayonnante, La Fine Fleur, second long-métrage de Pierre Pinaud, distille un charmant parfum bucolique.
Pour fêter dignement le retour du cinéma, LeMagDuCiné revient en juin sur les grands moments de festivités au septième art. Si la fête représente souvent un moment de cérémonie et de joie, elle cache parfois des messages et des émotions plus complexes. Une situation qu’évoque particulièrement The Great Gastby de Baz Lurhmann, dont les scènes de fête constituent des séquences au faste et aux couleurs mémorables.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.