Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.
Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.
"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.
Portrait de la jeune fille en feu n'est pas seulement l'histoire d'un amour au présent, c'est aussi celle d'une peintre qui exerce son art. Marianne n'est pas une figure historique mais elle est une femme qui peint et qui doit créer avec les conventions de son temps tout en rendant son sujet acteur de l'œuvre à venir. Il ne s'agit pas pour Céline Sciamma de raconter un destin mais de filmer une création vivante, qui s'interroge sans cesse sur sa capacité à se réinventer. Une nouvelle manière de présenter l'art au cinéma non pour sa beauté mais pour sa capacité à redessiner les relations et regards entre les êtres.
Jadis maitre incontesté du genre, force est d'admettre que Roland Emmerich a définitivement perdu de sa superbe avec Moonfall, projet de longue date qui échoue à peu près à tous les niveaux, tant derrière ses atours de série B qui vise le kamoulox comme ligne directrice, se cache un blockbuster vide, laid et incroyablement laborieux.
Nanni Moretti nous invite à une triple balade dans ce film atypique. A vespa dans les rues de Rome, en bateau du côté des Îles Eoliennes et de médecin en médecin dans une course contre la maladie. Un regard sensible souvent ironique et une belle déclaration d'amour à la vie.
Longtemps plongé dans l’ombre de Rusty James, film-frère tourné et sorti presque simultanément, The Outsiders est un film à re-considérer, en particulier à la lumière du nouveau montage sorti en 2005 et qui propose plus de vingt minutes supplémentaires. Francis Ford Coppola signe ici un film qui vaut beaucoup plus que le simple « vivier de futures vedettes » auquel il a longtemps été réduit, un film sombre et désabusé sur l’Amérique des années 60.
Comme Joëlle Moulin l'a très bien verbalisé dans son ouvrage Cinéma et Peinture, les croisements entre le troisième et le septième des arts demeurent légion. Dans le cadre de notre cycle sur les arts au cinéma, nous avons décidé d'en faire une brève évocation.
Ainsi, pour mettre celle-ci dans le bain, le personnage de Sam Carpenter qui est nouveau, est aidé par Sidney, Dwight et Gale, qui sont les anciens et qui ont survécu au tueur plus d’une fois. Parmi les amis de Tara, il y a la jeune Mindy Meeks-Martin. Meeks comme Randy Meeks qui nous expliquait le genre de l’horreur. Et cette fois, c’est elle qui nous explique le principe du « Requel ».
Surtout connu pour ses comédies musicales, Vincente Minnelli est tout de même passé par la case drame avec son chef-d'œuvre « Les Ensorcelés ». Un film cynique qui remet en question les dérives du star-system hollywoodien.
Pierre sort en pleine nuit, cherche Shauna et lui parle, lui rappelle tout, lui rend la photo oubliée. Ici naissent les histoires, dans une superbe nuit américaine, cette nuit née d'une journée, une des techniques cinématographiques les plus belles à mettre en scène et pourtant si difficile à réaliser. Quelque chose finalement d'aussi fragile que la romance dont nous venons de voir la naissance.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »