Scream (2022) : Un retour réussi ?

Actuellement, titulaire d’un score de 78% sur Rotten Tomatoes et ayant rapporté 108 309 744 $ au box-office mondial au 3 Février, la saga Scream signe son grand retour avec ce 5e volet.  Avec l’apparition de personnages originaux du casting, mais aussi de nouvelles têtes, cette suite s’annonce populaire. Retour sur cette dernière sortie horreur.

Malgré les progrès du cinéma, il semble que l’inspiration s’épuise. A l’ère où le maquillage, les effets spéciaux, le numérique mais aussi l’apparition d’internet nous permettent d’avoir accès à des œuvres beaucoup plus effrayantes de réalisme, nous assistons quand même à de plus en plus de films d’horreur médiocres jouant plus facilement avec le spectaculaire et le jump scare que l’angoisse réelle…

Scream est une pentalogie  qui commence en 1996. Inspirée par un tueur d’étudiants réel, dit « le tueur de Gainsville », le film est en même temps inspiré d’une histoire vraie et un hommage à tous les longs-métrages d’horreur apparus jusqu’à la fin du XXe siècle. Il sera réalisé par Wes Craven, un des maîtres de l’horreur, sur le scénario de Kevin Williamson.

L’histoire est celle de la jeune Sidney Prescott, lycéenne qui est harcelée par un tueur portant un masque et cherchant à la poignarder. Il a un modus operandi : il appelle la victime, lui demande de jouer à un jeu, et si celle-ci perd, soit un personnage de son entourage, soit elle-même est poignardé à mort par celui-ci. Le Masque s’en prend à son entourage et surprise, il n’est pas un, mais deux tueurs. Sidney est aidée par les personnages de Dwight Riley, frère de sa meilleure amie Tatum et Gale Weathers, une journaliste sans cesse sur un scoop. Cette trame sera reprise sans cesse dans tous les Scream.

Les qualités de ce slasher sont nombreuses : le film fait honneur à ses prédécesseurs comme Halloween ou Vendredi 13, il explique le genre de l’horreur à des néophytes (à travers le personnage de Randy Meeks), mais il sait aussi rire de lui-même, en créant un univers du film dans un film. L’histoire de Sidney Prescott, l’héroïne est jouée par Neve Campbell dans Scream, mais par Tori Spelling dans Stab, le film dans le film. C’est aussi le personnage principal qui est caricaturé dans Scary Movie, joué par Anna Faris.

Résumé:

Aujourd’hui, à Modesto en Californie, une jeune fille, Tara, se fait poignarder par le tueur au Masque. Elle est rapatriée à Woodsboro où sa sœur, Sam Carpenter, est à son chevet. La sœur en question porte un lourd secret : elle est la fille d’un des deux tueurs du premier volet. Accompagnée par son petit-ami, elle essaye de démasquer le Masque qui tente de tuer comme dans l’original, des lycéens, notamment les amis de la jeune Tara. Elle demande l’aide de Dwight Riley, qui lui prévient Sidney Prescott et Gale Weathers.

 

Un « Requel » ?

Il apparaît que ce volet apprend de ses erreurs. Bien entendu, il surfe sur la nostalgie d’une audience qui aime les films d’horreur des années 90 et ceux d’avant, mais il rassasie surtout un besoin de retrouver un genre réellement angoissant et ambitieux.

Ainsi, pour mettre celle-ci dans le bain, le personnage de Sam Carpenter qui est nouveau, est aidé par Sidney, Dwight et Gale, qui sont les anciens et qui ont survécu au tueur plus d’une fois. Parmi les amis de Tara, il y a la jeune Mindy Meeks-Martin. Meeks comme Randy Meeks qui nous expliquait le genre de l’horreur. Et cette fois, c’est elle qui nous explique le principe du « Requel ». En fait, ce mot désigne simplement un reboot, un remake. Donc, ce Scream n’est qu’une simple reprise de la saga, avec une nouvelle génération qu’on arrive à faire accepter par des liens indéfectibles de la série-mère : par les liens entre Sam et son père biologique, par les liens entre Mindy et Randy Meeks, et la présence des « anciens ».

Mais elle se traduit aussi par la présence des voix des autres acteurs comme Drew Barrymore qui avait joué Cassey dans le 1e volet ou Matthew Lillard qui était Stu Macher et de caméos comme ceux de Skeet Ulrich et Heather Matarazzo.

 

Le moment d’innover…

La scène d’introduction du film est très intéressante, montrant Tara en train de chercher sur internet les réponses au quizz du tueur qui l’appelle sur le téléphone fixe…

Par cette introduction, le film pose les bases du changement qui doit avoir lieu. C’est comme si le message était que ce qui était faisable il y a 20 ans pour faire peur ne l’est plus aujourd’hui. C’est une manière de tourner en dérision ce à quoi l’audience s’accroche.

Dans les nouveaux films d’horreur, la présence (ou plutôt l’omniprésence) de la technologie est un atout additionnel pour créer l’angoisse. Les caméras dans Paranormal Activity, les traceurs dans ce Scream, les réseaux sociaux dans Unfriended, sont tout autant d’éléments qui permettent de s’accrocher à la réalité pour ne pas se sentir fou, alors qu’un tueur ou qu’une entité pourchasse bel et bien un personnage.

Ainsi dans Scream, que ce soit en 1996 lorsque Sidney avait déjà un ordinateur pour prévenir le 911, ou dans le film de 2022, lorsque la mère de Wes essaye de le prévenir par téléphone, la peur qui passe par ces outils de communication est devenu un élément supplémentaire à ajouter à l’innovation des supports horrifiques.

 

Un almanach de références

Les règles des autres films sont toujours là, il y a l’introduction de nouvelles références, notamment à Ça, lorsque Dwight appelle et texte Sidney et Gale pour les informer de ce qui se passe à Woodsboro. Mais il y a aussi le fait que la ville semble assez figée dans le temps, comme avec Derry, ville du club des ratés et que cycliquement, le « monstre » (ou le tueur) revient hanter le coin.

Il y a aussi des références à d’autres films d’horreur comme les classiques Halloween, Vendredi 13, Psychose, mais aussi Get Out de Jordan Peele, les personnages portent les noms et prénoms de grands réalisateurs de l’horreur : Sam Carpenter comme le réalisateur d’Halloween, Wes Hicks comme Wes Craven, père de Scream.

On évoque aussi de bons films sortis pendant la dernière décennie comme Mister Babadook, que le personnage de Tara « préfère » à Stab. Ils sont en concurrence directe avec les slashers, tout en étant regardé avec plus d’intérêt pour le coté moins simple et plus « intellectuel ». Tara y évoque la représentation du deuil et de la maternité par exemple.

 

Oui, c’est un retour réussi

Pour avoir introduit de nouveaux personnages sans avoir effacé ou renié les anciens, ce reboot est plutôt bon. L’idée est d’assumer le passé prestigieux et les rendez-vous manqués avec l’audience ancienne et nostalgique, mais aussi la nouvelle, assoiffée. Ce qui fait qu’il est plutôt réussi est le partage équilibré entre ce qui est arrivé dans le passé, qui reste une base solide et stable, et ce qui arrivera dans le futur, sans renier un instant les égarements qu’il y a pu y avoir.

Disons-le clairement, faire comme dans Game of Thrones, et ne pas avoir peur de tuer un personnage aimé du public est aussi un point positif ! À dire vrai, ce personnage que nous ne citerons pas pour ne pas gâcher le film a connu beaucoup trop de choses et il a bien servi la saga pour pouvoir maintenant passer le flambeau. Nous espérons que chacun de ces anciens passera le flambeau à sa manière et qu’à un moment ou un autre tire sa révérence de manière héroïque.

Les nouvelles têtes sont originales et puisent déjà dans ce qui était là, mais en étant très différentes. Sam est comme Sidney, mais là où Sid est un as de la gâchette, elle, aime plutôt le couteau, c’est un legs que son père lui transmet. Il n’est pas positif, certes, mais face à un tueur, cela peut être utile.

Donc Scream (2022) est un film réussi puisqu’il n’a même pas à jouer sur des jets d’hémoglobine superflus pour avoir des fans. Avancer avec son temps, en gardant l’essentiel et en innovant ce qui n’est plus d’actualité semble être la meilleure conclusion à une saga qui a commencé 26 ans auparavant.

Fiche Technique:

Casting: Melissa Barrera: Samantha « Sam » Carpenter – Jenna Ortega :Tara Carpenter -David Arquette: Dewey Riley -Neve Campbell: Sidney Prescott -Courteney Cox: Gale Weathers – Jack Quaid : Richard « Richie » Kirsch -Mason Gooding : Chad Meeks-Martin -Mikey Madison : Amber Freeman- Dylan Minnette : Wes Hicks -Marley Shelton : le shérif Judy Hicks -Jasmin Savoy Brown : Mindy Meeks-Martin -Kyle Gallner : Vincent « Vince » Schneider -Sonia Ben Ammar : Liv McKenzie – Skeet Ulrich : Billy Loomis

Réalisateur: Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett
Scénaristes: James Vanderbilt et Guy Busick
Directeur de la photographie: Brett Jutkiewicz
Musique:  Brian Tyler
Costumes : Emily Gunshor
Durée: 114 minutes
Langues: Anglais
Année: 2022

 

Sources à la rédaction de cet article:

Scream –wikipedia

Scream: imDb (crédit image)

 

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