Cinéma

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.

« Spider-Man : Brand New Day » s’entoile encore trop dans le MCU, malgré d’excellentes qualités

"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.

Urchin : le paumé de la terre

Héritier du "Naked" fiévreux de Mike Leigh, Harris Dickinson signe avec "Urchin" un premier film hérissé comme son titre. Porté par un Franck Diliane électrique, ce récit à rebrousse-poil refuse toute rédemption facile pour filmer l’entropie d’un homme qui ne peut pas devenir un produit du Capital. Une claque tendue, d’une rudesse empathique.

Hurlevent : Le vent sans la tempête

Pour la Saint-Valentin, Emerald Fennell offre un anti-cadeau : une passion destructrice filmée comme un cauchemar charnel où le sang remplace les roses. Son "Hurlevent" mise tout sur la provocation visuelle — sang, désir, textures organiques — mais dilue la violence morale du roman. La stylisation excessive s’oppose à la profondeur émotionnelle, débouchant ainsi sur une adaptation qui fascine autant qu'elle frustre.

Aucun autre choix : la guerre de l’emploi

Retrouver un poste n'est pas toujours une chose aisée, d'autant plus dans le milieu ouvrier, où la machine remplace progressivement la main de l'homme. Pour survivre dans ce monde capitaliste en déclin, un père de famille licencié ne trouve qu'une seule solution : éliminer, un par un, ses concurrents potentiels. L’histoire est connue. Tirée du roman "Le Couperet" de Donald Westlake, déjà adapté en 2005 par Costa-Gavras, elle se marie volontiers à tous les genres et toutes les langues. "Aucun autre choix", la version de Park Chan-Wook, compose une satire sociale acerbe mêlant violence, humour noir et grotesque. Un mélange des genres bien rodé, qui manque malheureusement de sel.

The Mastermind – La lente dérive d’un braqueur de pacotille

Après le western (La Dernière piste, First Cow), Kelly Reichardt s'emploie à déconstruire le film de braquage. Le casse, loufoque, est vite expédié, laissant la place à la longue dérive de notre gangster de pacotille. Une cavale au rythme lent, parfois trop, mais dont les riches saveurs se révèlent après coup. Dans la continuité de cette cinéaste adepte du "presque rien".

Send Help : SOS collègue en détresse

"Send Help" marque le retour de Sam Raimi à la série B avec un film de survie mêlant humour noir, gore et tension sur une île déserte. Porté par Rachel McAdams et Dylan O’Brien, ce duel cruel explore les rapports de force et offre un divertissement sanglant et jubilatoire.

À pied d’œuvre : à flanc de sujet

Avec une justesse mélancolique et une élégance sobre, "À pied d’œuvre" de Valérie Donzelli, adaptation du récit de Franck Courtès, explore ces moments de fragilité humaine où la vie semble authentique, mais échoue à capturer le vertige et la violence d’une vie dévouée à l’écriture.

Nuremberg, de James Vanderbilt : l’Histoire est-elle trop grande pour le cinéma ?

Bien servi par un casting solide, une production impressionnante et une confrontation entre deux personnages qui fait tout le sel de son film, James Vanderbilt s’embourbe en revanche de manière coupable dans son évocation de l’Histoire avec un H majuscule. 

Retour à Silent Hill aurait mieux fait de garder le silence

Qu’on aime ou pas Christophe Gans, il faudrait être d’une belle mauvaise foi pour ne pas lui reconnaître un amour profond pour le cinéma et un vrai sens de l’esthétisme. On attendait donc le projet avec un certain intérêt. Puis, les premiers avis tombent. Allez, c’est visiblement très mauvais, mais si l’on passe un bon moment devant, pourquoi pas ? Malheureusement, même atteindre le statut de nanar, "Retour à Silent Hill" n’y est pas parvenu…

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