Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.
Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.
L'Île rouge est le 4ème film de Robin Campillo. Le réalisateur des Revenants évoque des fragments, des objets, des personnages issus du réel, un regard d'enfant, pour faire (re)vivre des souvenirs. Toujours porté par la force du groupe, son éclatement, et une forme de solitude, L'Île rouge se découvre comme un "monde sensoriel" percé de fulgurances. En salles depuis le 31 mai 2023.
Dédoubler sa personnalité est une chose, mais à l’échelle d’une société fondamentaliste, il est possible de générer un double que l’on convoite, autant qu’on le redoute. Les Ombres Persanes interroge alors sur la façon dont ces alternatives peuvent pousser les iraniens à renoncer à leur identité dans un thriller captivant et flirtant avec une aura fantastique.
Si on se sent prêt à accepter l’éternelle souffrance qui nous attend dans le purgatoire après la mort, Limbo suggère que la sentence émerge bien avant dans ce bas monde. Un déluge s’abat alors sur des martyrs qui ne peuvent plus dépendre des institutions ou des lois pour que justice soit rendue. Quel monstre doit-on alors devenir pour faire la paix avec les douleurs que l’on traine ?
L’expression si chère aux réseaux sociaux « Expectations vs reality » n’aura jamais pris une tournure aussi sardonique. Par un inventif travail de montage fait de ruptures et d’ellipses, Borgli donne à son personnage des visions d’un futur qu’elle s’invente radieux… pour mieux la ramener dans sa réalité morbide.
Après la grande réussite du premier opus, les équipes de Sony Pictures Animation avaient un grand défi face à eux. Mais Spider-Man : Across the Spider-Verse est une immense réussite, qui réussit à transcender son modèle aussi bien d'un point technique qu'émotionnel.
Pour ceux qui aborderaient Aux masques citoyennes avec quelques appréhensions - quant à raviver la période Covid -, sachez que le documentaire de Florent Lacaze est avant toute chose une aventure humaine bonifiante, dévoilée de manière humble et bon enfant.
Non ce n’est malheureusement pas une blague. Le grand Robert de Niro persévère dans sa dernière partie de carrière à officier dans les comédies douteuses de seconde zone, comme cette pitrerie datée et ce n'est pas joli à voir tant c'est raté, rarement drôle et à la limite du gênant.
Sous la direction visionnaire de Ramata-Toulaye Sy, ce premier long métrage dépeint avec subtilité l'équilibre fragile entre liberté et tradition, à travers l'exploration de l'islam, des superstitions peules et de la passion amoureuse.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.