Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.
Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.
Pierre Jolivet réalise des films depuis 1985, certains comme La Très très grande entreprise (2008) étaient déjà (très) engagés. Les Algues vertes, coscénarisé avec la journaliste Inès Léraud (dont l'enquête a déjà fait l'objet d'une bande dessinée), n'échappe pas à la règle. Les Algues vertes rend à la fois hommage à tous les protagonistes ayant "lancé l'alerte" sur un sujet qui soulève encore beaucoup de censure, du moins créer le rejet politique et d'une partie du monde agricole breton (voir la projection bousculée en Bretagne ou encore les propos récents d'hommes politiques), et propose un très beau et doux portrait d'une femme forte, porté par le jeu subtil de Céline Sallette. En salle depuis le 12 juillet.
Welfare, du grand Frederick Wiseman, observe sans jamais juger le fonctionnement de la plus importante institution américaine d’assistance sociale qui marche parfois sur la tête, le plus souvent malgré elle, face à des usagers très vulnérables.
Une Nuit est le 4e film d'Alex Lutz comme réalisateur. C'est un film de l'instant, un film de rencontre, d'amour, d'éphémère. Une Nuit est traversé de part en part par sa fin prochaine. Porté par deux acteurs magnifiques, le film joue sur le trouble, s'équilibre au travers des dialogues, du montage mais aussi et surtout des regards et des corps.
"Tiptoe through the window, by the window, that is where I'll be Come tiptoe through the tulips with me." Si vous entendez cette musique, vous imaginez un démon au visage rouge, sale et répugnant. Vous êtes dans un univers sombre, lugubre, aux frontières de l’horreur et de l’imagination. Vous voyez une mariée en noir que vous n’aimeriez pas croiser pour vos noces. Bienvenue dans Insidious, l’un des meilleurs films d’horreur de ces 20 dernières années. On n’en dira pas autant de ce cinquième épisode…
Succès planétaire depuis son arrivée dans les foyers en 2015, la série animée Miraculous : Les Aventures de Ladybug et Chat Noir s’inscrit désormais dans l’imaginaire collectif d’enfants, d’adolescents et de parents. Le film adapté par Jeremy Zag ne manque donc pas de créer de l’engouement, avant que tout espoir de divertissement s’effondre dans ce qui semble être un gloubi-boulga musical, romantique et super-héroïque. Chacun de ces arguments échoue malheureusement sur le grand écran, dont le désastre est proportionnel à son budget pharaonique.
Trous de mémoire (1985), de Paul Vecchiali, ressort en version restaurée. On y retrouve le réalisateur, dans un badinage post-amoureux avec une femme anciennement aimée.
Le troisième volet de la trilogie de Paul Schrader, évoquant à chaque fois la rédemption à travers le destin d'un homme, mêle encore une fois différents sujets. Cette fois il associe les deux thèmes antinomiques au possible que sont l'horticulture pour la forme et le contexte et le nazisme contemporain pour le fond. C'est superbement réalisé, impeccablement interprété et totalement hypnotique en plus de fulgurances visuelles qui en font le meilleur des trois.
A l'occasion des saisons Hanabi 2023, nous avons découvert en avant-première A man de Kei Ishikawa. Présenté à la Mostra de Venise 2022, le film a rencontré un franc succès au Japon et devient la première oeuvre du réalisateur à s'exporter à l'international. Miroir d'une société confrontée à son identité et à ses valeurs, A man explore, sous la forme d'un thriller d'investigation, l'acceptation de nos origines et la transmission entre générations. Grâce à son intrigue solide, son contexte social et sa mise en scène mélangeant habilement jeux d'ombre et de reflets, A man nous plonge dans une enquête palpitante tout en nous interrogeant, comme si le film devenait notre propre miroir, sur notre identité.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.