Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.
Avec "Sons", présenté à la Berlinale et à Reims Polar, Gustav Möller propose un huis-clos carcéral oppressant. En nous enfermant dans les quartiers hautement sécurisés d'une prison de Copenhague, le réalisateur danois pose les jalons d'un drame questionnant les frontières de notre morale et de notre humanité. Un thème fort malheureusement enfermé par des chaînes scénaristiques parfois incohérentes et un peu trop saillantes.
À peine sortie de l’adaptation correcte des Trois Mousquetaires que l’ombre de Dumas plane de nouveau sur nos écrans. Dire que nous craignions ce nouveauté projet tient de l’oeuphemisme. Comment adapter efficacement en un seul film un titre aussi passionnant et complexe que le livre éponyme de 1844 ? Finalement et sans échapper à quelques défauts, Le Comte de Monte Cristo réussit son pari : celui d’etre, à ce jour, la meilleure adaptation des aventures d’Edmond Dantès.
Personne ne crée comme Hong Sang-Soo. D'autres réalisateurs réussissent à s'éloigner des standards économiques de l'industrie cinématographique mondiale, que ce soit en Asie ou en Amérique latine. Cependant, dans ce terreau créatif à contre-courant, personne n'incarne l'essence de Hong Sang-Soo comme lui
Avec une outrecuidance galvanisante et une outrance cathartique, Jean-Christophe Meurisse dézingue toutes les macro-folies de notre époque dans un film amoral et hilarant.
On connaît la chanson à Hollywood. Quand il y n’y en a plus, il y en a encore. Ou alors c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Si le premier adage est avéré depuis des lustres, le second n’est pas toujours vrai. Ce troisième opus est la seconde séquelle du succès surprise "Sans un bruit" de 2018. Une petite série B très réussie, originale et au concept fort mêlant horreur, post-apocalyptique et science-fiction.
En déjà 30 ans d'existence au cinéma, le plus grand des petits détectives privés continue d'affirmer sa longévité. C'est justement dans un plaisir régressif que l'on se donne rendez-vous annuellement en salle, car ni le manga, ni la série animée, n'ont encore trouvé d'issue dans un univers aussi riche et stimulant. Les cadavres continuent donc de défiler devant Conan, ses amis et ses rivaux. Le film de chasse au trésor, de braquage et de sabre sont les ingrédients qui composent l'aventure inédite de "L'Étoile à 1 million de dollars". Que vaut donc ce 27e film d'une franchise, a priori, éternelle ?
Avec Vice-Versa 2, Kelsey Mann reprend la délirante aventure intérieure de la jeune Riley là où Pete Docter l’avait laissée neuf ans plus tôt, en abordant cette fois-ci la thématique de la crise d’adolescence. Le studio à la lampe signe ici une suite certes colorée, rythmée et fertile en rebondissements, qui laisse néanmoins une forte impression de déjà-vu tant elle s’inscrit dans l’air du temps et cherche uniquement à faire évoluer ses personnages en vue d’un troisième épisode.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.