Critiques films

La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom : l’ennemi de la Résistance

"La Bataille de Gaulle : J'écris ton nom" referme le diptyque consacré au général. Le film gagne en clarté par rapport à "L'Âge de fer", mais reste pris au piège de son admiration pour De Gaulle. Ses meilleurs moments restent le duel d'égos avec Roosevelt, qui veut placer la France libérée sous tutelle américaine, et l'ascension de Leclerc vers la libération de Paris.

Maspalomas : au Nord-Est d’Eden

Un accident contraint Vicente à quitter le petit paradis pour gays qu'est "Maspalomas", aux îles Canaries, pour une maison de retraite médicalisée à San Sebastián. Ce retour à la "vie d'avant" va le confronter à son passé tout en questionnant son identité. Un film riche, sensible, souvent subtil, servi par une réalisation hélas un peu trop académique mais transcendée par la composition de son acteur principal, José Ramón Soroiz. 

Des Minons et des monstres : Banana Boulevard

"Des Minions et des monstres" replonge dans le Hollywood des années folles, entre références à Chaplin, Keaton et "Chantons sous la pluie". Si Illumination livre une bonne surprise pour ce début d'été, le film peine à transformer ses idées en véritable souffle d'aventure, restant prisonnier d'un confort thématique déjà visible chez d'autres studios.

Sinjar, naissance des fantômes : reflet d’une feuille morte

Théâtre d’abominables génocides et de crimes contre l’humanité, la lointaine cité de Sinjar est endormie sous une épaisse brume, comme pour masquer les cicatrices qui ont été laissées sur les corps meurtris des rescapés yézidis. Alexe Liebert nous emmène sur les lieux d’un massacre, à la découverte de plaies encore profondes pour un peuple dont la seule existence semble être justifiée par son statut de martyr. Documentaire engagé, "Sinjar, naissance des fantômes" part ainsi à la rencontre des fantômes qu'abritent les lieux, des fantômes bien vivants et prisonniers de leur propre histoire.

Chien blanc : les luttes anti-racistes, d’une autobiographie à l’autre

Avec Chien blanc (2024), Anaïs Barbeau-Lavalette signe son quatrième long-métrage et adapte au cinéma l’œuvre homonyme de Romain Gary. Un questionnement essentiel sur l’acceptation de l’autre jusque dans son altérité la plus radicale.

Paradis Paris : Santé, en l’honneur de la vie !

Dans un Paris filmé avec langueur et bonheur, Paradis Paris de Marjane Satrapi distille avec délicatesse et  mélancolie teintée d’humour un kaléidoscope de personnages aux vies vulnérables, douloureuses et tendres, aux prises avec la vieillesse, le sens de la vie et la mort.

Love lies bleeding : amour lesbien, culturisme et trafic en tous genres

Kristen Stewart prend encore des risques et garnit sa très belle filmographie d'une nouvelle belle prestation et d'un rôle mémorable grâce à la britannique Rose Glass. Et elle forme un duo amoureux lesbien sublime et incandescent avec l'inconnue Kathy O'Brian. Entre polar, romance, drame et délires oniriques, ce Love lies bleeding interpelle avec sa patine eighties et son ambiance "trou du cul du monde" malgré quelques sorties de route. Fortement inspiré et à la fois totalement inédit, voilà une oeuvre peu commune et inattendue.

Les Guetteurs : la fille de son père

Après la fille de Coppola ou encore récemment celle de Cronenberg, qui a débuté avec le prometteur Humane le mois passé, voici que celle de l’illustre réalisateur et roi du twist, M. Night Shyamalan, nous livre son premier film. Et à l’instar de celle du canadien roi du body horror, on sent fortement l’inspiration et les influences paternelles ici. Avec cette histoire intrigante tirée du roman éponyme, Ishana Shyamalan nous propose une œuvre surnaturelle plutôt originale et bien maîtrisée dans ses effets et son déroulement. Mystère, révélations et rebondissement final sont au rendez-vous comme chez papa avec une mise en scène soignée et pertinente même si Les Guetteurs se heurte à quelques scories propres aux premiers longs-métrages et à quelques couacs. Il n’empêche, on a envie de voir la suite et on passe un bon moment.

Jusqu’au bout du monde, critique d’un grand Viggo

Dans son dernier film, Jusqu'au bout du monde, Viggo Mortensen revisite les mythes du Far West, exposant sans concessions la violence et l'intolérance de l'Amérique de 1860, révélant ses zones d'ombre tout en célébrant une résistance pacifique à travers le regard d'une femme.

Dissidente : violence des échanges en milieu ouvrier

À la fois une charge, implacable et édifiante, contre les conditions de travail héritées d'un système capitaliste sans pitié et une démonstration, puissante et percutante, de l'exploitation ordinaire des travailleurs étrangers au Québec, nous sommes face à un long-métrage choc qui frappe fort et juste. Un film qui nous bouleverse de manière magistrale avec sa narration et son déroulement, efficaces et concis. "Dissidente" est donc une petite perle, en plus d'être un uppercut social mémorable !

Bad Boys : Ride or Die, roulons encore un peu !

De retour après près de dix-sept ans d'absence, l'un des duos de flics les plus iconiques des années 2000 en avaient surpris plus d'un avec "Bad Boys for Life". Délaissés par Michael Bay, Mike Lowrey et Marcus Burnett avaient soigneusement atterri entre les mains du duo Adil El Arbi et Bilall Fallah. Déjanté, drôle, touchant, complètement débile mais jamais trop, le troisième opus des superflics constituait l'une des excellentes surprises de l'année 2020. Nous voici quatre ans plus tard, et ni Will Smith ni Martin Lawrence ne semblent s'épuiser. Oui, "Bad Boys : Ride or Die" est dans la même veine que son prédécesseur. Pour le meilleur et pour le pire.

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