Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
A travers un film fort et étrange, la comédienne grecque Ariane Labed fait irruption sur la scène des futures grandes réalisatrices proposant un 1er long métrage "September & July" dérangeant et fascinant, ancré dans l'héritage du monstrueux "Canine" de Yorgos Lanthimos.
Après "Challengers", Luca Guadagnino revient avec "Queer", un projet audacieux inspiré de la nouvelle sulfureuse de William S. Burroughs. Entre esthétique léchée, casting prometteur et exploration des tabous des années 50, le film promettait beaucoup. Pourtant, il divise : si la maîtrise visuelle et émotionnelle est indéniable, la dérive narrative et le manque de profondeur des personnages laissent un goût mitigé. Plongée dans un film en deux temps, entre extase et désillusion.
"When the Light Breaks" de Rúnar Rúnarsson plonge dans la fragilité de la vie à travers l’histoire d'Una, une jeune artiste en pleine quête d’identité. Ce film islandais explore les thèmes du deuil, des relations humaines et de la douleur à travers un groupe d’amis confrontés à la perte brutale d’un proche. Avec une mise en scène lumineuse et une réflexion profonde, il offre une vision émotive de la vie, de l’amour et de la séparation.
Le MCU a-t-il encore quelque chose à offrir ? "Captain America: Brave New World" devait rassurer, mais ne fait que confirmer l'impasse dans laquelle Marvel s'est enfermé. Un film qui recycle ses propres thèmes sans jamais les sublimer, enchaînant les erreurs de narration et d’exécution. L’ambition s'est évaporée, remplacée par une formule sans âme où le spectaculaire cède à la précipitation. Pire encore, même les rares fulgurances du film sont noyées par un montage chaotique et des effets spéciaux bâclés. À l’aube de "Avengers: Doomsday", la question n'est plus de savoir si le MCU peut se relever, mais s’il reste encore quelque chose à sauver.
Film lumineux et profondément touchant, "L'Attachement" de Carine Tardieu offre à ses acteurs (Valeria Bruni-Tedeschi, Pio Marmaï, Raphaël Quenard) une partition pleine de délicatesse, de justesse et d'émotion sur nos paysages intimes.
Claire Simon propose avec Apprendre une vision de l'école où chacun avance ensemble, peut-être un peu trop idéalisée, mais avec ses réalités, ses élèves à la traîne et ses défis. Un regard tendre et des personnels engagés pour une immersion au cœur de l'acte d'apprendre.
"La Pampa" est un premier film bouleversant qui allie chronique rurale, drame et récit d'apprentissage. À travers le personnage de Willy, incarné par la révélation Sayyid El Alami, ce long-métrage d'Antoine Chevrollier explore les thèmes du secret, du premier amour et des choix de vie. Avec sa mise en scène naturaliste et sa bande sonore poignante, le film touche par sa simplicité, sa profondeur et son humanité, offrant un instantané émouvant de l’adolescence à l’âge adulte.
"Je suis toujours là", un film puissant, poignant et nécessaire qui explore la dictature militaire au Brésil à travers une histoire vraie. Avec une prestation exceptionnelle de Fernanda Torres, ce drame intime et engagé nous plonge dans l'angoisse et l'incertitude d'une famille dévastée. Réalisé par Walter Salles, ce long-métrage marquant est un devoir de mémoire essentiel à l'heure des régimes autoritaires. À découvrir absolument !
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.