Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Everybody wants some !! , le nouveau film de Richard Linklater rate sa cible, à force de réduire son univers à un microcosme qui ne touche personne, même pas les joueurs de baseball des Colleges dont il est question, tant le sujet est traité en surface. Déception.
En s'attaquant à La Seconde Guerre Mondiale, le réalisateur de RoboCop et Basic Instinct livre un film personnel sur la violence et la bestialité humaine, une œuvre lucide et courageuse.
D'une qualité esthétique digne d'un téléfilm vintage, ce feel-good-movie est une comédie purement anecdotique mais non moins fort sympathique. Caricaturale et prévisible de bout en bout, on ne peut pas lui reprocher de tomber dans la lourdeur des clichés avec lesquels elle joue, et rien que pour cela elle se laisse agréablement regarder. Un peu d'herbe pourrait même vous faire momentanément oublier ses innombrables défauts.
Mékong stories, c'est l'histoire de Vu qui aime son ami Thang, mais aussi l'histoire de Thang amoureux de Van qui elle même désire tantôt l'un, tantôt l'autre. Le réalisateur Phan Dang Di nous donne à voir dans son film les vagabondages amoureux d'une certaine jeunesse vietnamienne.
Pour son troisième long-métrage, Leena Yadav nous offre un film réussi. Même si les lieux-communs du cinéma indien semblent un peu inappropriés vis à vis du thème traité, La saison des femmes resplendit par ses couleurs et ses actrices, presque toutes justes et attachantes.
Avec son adaptation des oeuvres de la Comtesse de Ségur dans son film Les Malheurs de Sophie, Christophe Honoré réussit la prouesse de respecter les romans originaux tout en apportant sa touche originale. Il réussit le pari d'intéresser tout autant les petits et les grands...
Après le très beau La Sapienza vu l’année dernière, le réalisateur franco-américain revient avec Le Fils de Joseph, une réinvention contemporaine du mythe du Sacrifice d’Abraham dans le Paris de notre époque.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.