Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Alors que les frères Dardenne vont fouler pour la huitième fois le tapis rouge cannois avec La Fille Inconnue, on en profite pour revenir sur Le Fils, le quatrième long métrage des natifs de Liège et film de la consécration pour Olivier Gourmet.
Par sa simplicité et des femmes et hommes hauts en couleur, Les Habitants est un documentaire passionnant, extrêmement touchant et inépuisable, tant ces discussions sont envoûtantes et belles. Le nouveau film de Raymond Depardon donne du baume au cœur en laissant la population s'exprimer, et ça fait beaucoup de bien.
Cop Car, ou la preuve qu’une mise en scène maitrisée et une direction d’acteurs carrée suffisent pour mettre au point un thriller efficace. Malgré son pitch maigrelet et son économie de dialogues, ce film sans prétention se révèle être doté de bonnes idées, à commencer par son parti-pris, presque horrifique, de plonger deux enfants innocents dans une spirale de violence meurtrière. A la fois radical et divertissant.
Avec son nouveau film Maggie a un plan, la cinéaste Rebecca Miller réussit la gageure de cacher sous des airs de comédie une vraie étude des moeurs modernes, où les maris et les femmes peinent à trouver leur vraie place.
Il y a deux ans, cette petite comédie a connu un vif succès en Espagne. La voilà qui arrive enfin chez nous. L'occasion de rencontrer une femme dont on ne pourra qu'apprécier le franc-parler. Dans un esprit que l'on pourra toujours qualifier d'œdipien, Paco Léon filme sa mère en faisant d'elle un pur personnage de cinéma, à la fois redoutable et irrésistible. Son scénario un peu foutraque ne l'empêche pas de dresser une peinture acerbe d'une société devenue, malgré elle, odieusement individualiste. Surprenant.
Techniquement spectaculaire, avec une pléthore de super-héros, de l'action, de l'humour, Civil War n'est pas le Marvel ultime. Manque d’ambition ? Refus de donner de vrais enjeux ? On ne peut s’empêcher de regretter l'absence de grandeur de cet opus qui aurait pu aboutir non pas à un bon film mais un grand film.
La réalisation est efficace avec de superbes plans panoramiques et des plans d’ensemble en plongés et en mouvement qui servent à la contemplation de ces terres désolées. Tout ce voyage est magnifié par ces paysages...
Eddie The Eagle est une vraie bonne surprise. Ce biopic d'Eddie Edwards, sportif britannique raté mais ayant réalisé son rêve, permet à Hugh Jackman et Taron Egerton de nous offrir deux prestations drôles et touchantes qui donnent la pêche !
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.