Critiques films

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Éperdument, un film de Pierre Godeau : Critique

Malgré son pitch et son casting aguicheurs, le second film de Pierre Godeau n'arrive jamais à cerner ce qui faisait le sel de l'histoire vraie dont il est tiré, à savoir l’ambiguïté des sentiments, la vision romanesque d'une volonté d'émancipation sociale et le rapport de dominant/dominé entre les deux amants. Au lieu de ça, ce n'est que d'un adultère presque anecdotique, dont le contexte carcéral est trop rapidement écarté de la dramaturgie, dont nous sommes témoins.

Saint Amour, un film de Gustave Kervern et Benoît Delépine : critique

Dégustation de Saint Amour, le film de la cuvée 2016 de Gustave Kervern et Benoît Delépine. Vinaigre ou millésime ? À vous de le lire.

Dieumerci !, un film de Lucien Jean-Baptiste : Critique

On regrettera le manque d'audace de Lucien Jean-Baptiste dans Dieumerci !, qui ne fait qu'inscrire son nouveau long-métrage dans la continuité de ses précédents films.

Belgica, un film de Felix van Groeningen : critique

Sans atteindre le pic émotionnel de son précédent film, Alabama Monroe, le belge Felix van Groeningen réussit son coup avec cet hommage à Soulwax et à la famille: Belgica, ou comment passer de la bluegrass à l'electro-rock sans passer par la case larmes...

A perfect day, un film de Fernando León de Aranoa : Critique

Sous-représentés par un genre qui, qu'il se veuille pro ou anti-militariste, fait la part belle aux soldats, les ONG humanitaires sont ici observés via un scénario réaliste qui décrit la pénibilité de leur labeur. Et si c'était leur volonté et leur abnégation, davantage que l'accueil méfiant que leur font les civils locaux, qui faisaient d'eux les héros oubliés de la grande Histoire?

Free to run, un film de Pierre Morath : Critique

Grâce à un excellent travail de documentation et à un montage exaltant, les témoignages des défenseurs du running font acte. Toutefois la narration un peu brouillonne du documentaire font perdre son sens à ce que voudrait nous raconter son réalisateur. Un sport de marginaux il y a 50 ans à présent taxé d'élitisme, cette évolution méritait d'être étudiée.

Pattaya, un film de Franck Gastambide

Dans un esprit peu raffiné, très inspiré par certaines comédies américaines, le scénario enchaine sans vergogne les blagues les plus graveleuses sur les nains, les gros, les travelos et tant d’autres sujets si faciles à attaquer. On peut ainsi remarquer que même si Franck Gastambide a fait, depuis Les Kairas il y a 4 ans, beaucoup de progrès en termes de mise en scène, il a encore des efforts à faire du côté de l’écriture.

Nahid, un film de Ida Panahandeh : critique

Trop foisonnant pour avoir un vrai point fort auquel se raccrocher, Nahid, le premier long métrage de l'iranienne Ida Panahandeh est cependant un beau film d'ambiance qui met en exergue l'iniquité des lois de son pays envers les femmes. Un prix de l'avenir mérité à la section Un Certain Regard pour la cinéaste.

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