Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Ce second chapitre des Chroniques de Blanche Neige est très certainement meilleur que le premier qui se voulait beaucoup plus sombre et qui reprenait la mythologie déjà suffisamment connue du conte d’origine.
Cette suite propose une histoire inédite en mélangeant les univers, mais aussi une réelle aventure : rechercher le miroir magique avant la reine des glaces.
Une idée de départ des plus convenues, un développement scénaristique bâclé et une réalisation fainéante, c'est sans doute tout ce qu'il faut pour voir son film sombrer dans les abysses de la nullité. Malgré des personnages secondaires et anecdotiques qui la parasitent, l'alchimie entre André Dussolier et Bérangère Krief réussit toutefois à donner suffisamment de pep's à cette comédie pour ne pas la rendre trop ennuyeuse... à défaut d'être amusante.
Ce modeste mélodrame plein d'authenticité et de bons-sentiments parvient à ne jamais sombrer dans le pathos larme-larmes grâce aux prestations irréprochables Ricardo Darin et Javier Camara. Une justesse de jeu et un soucis de sincérité des émotions qui ont fait de Truman le chouchou de l'Académie des Goyas.
Un film sur le combat d'un homme pour se faire accepter de la grosse machine hollywoodienne avait de quoi laisser envisager une représentation corrosive de la place de l'artiste dans cette industrie formatée. Paradoxalement, c'est à un film parfaitement calibré dans le moule des dernières productions à succès que nous avons droit, soit l'exact opposé de ce que Dalton Trumbo aurait pu signer. Difficile de penser que ce soit là la meilleure façon de lui rendre hommage...
Alors qu'elle est, esthétiquement, moins obscure que les précédents films, cette troisième Enquête du Département V réussit paradoxalement de se montrer bien plus angoissant, grâce notamment à un suspense efficace et à un jeu plus émotif de Nikolaj Lie Kaas. Puisque les films suivants seront confiés à d'autres cinéastes, rien n'est dit que la franchise réussira à se maintenir à ce niveau, à moins de faire le choix d'explorer (enfin) un peu plus ses personnages principaux.
Sans convaincre, Krampus parvient quand même à intriguer. Il capte l'attention par son art du mélange, sacrifiant une famille de lourdingues aux foudres d'un démon sans âge, en quête d'âmes corrompues à punir.
En l'absence d'un récit linéaire, Kaili Blues est basé sur la pensée bouddhiste du temps et de la vacuité et sur la question de l'identité. Un plan-séquence de 40 minutes n'est qu'un seul exemple des expérimentations audacieuses sur le fond et la forme du cinéma dans ce premier film de Bi Gan.
Remake en live-action décevant du dessin animé de 1967, le film pâtit d'une écriture maladroite qui ne parvient pas à trouver sa voie et justifier l'existence de ce projet. Malgré tout la mise en scène a ses fulgurances et offre une vraie prouesse technique même si le tout manque légèrement d'âme. Globalement ça se suit grâce à un casting vocal au top mais ça s'oublie très vite.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.