Avec Primetime, Lance Oppenheim transforme les dérives d’une émission américaine controversée en thriller trouble et formellement radical, porté par un Robert Pattinson impressionnant.
Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Honorable geste des sœurs Coulin que de traiter de la guerre dans une perspective, dommage seulement qu'elles tombent vite dans la simplicité et la caricature.
Agents presque secrets (Central Intelligence) débarque dans nos salles, est-il un honnête "buddy movie" et divertissement de l'été ? Ou au contraire, fait-il partie de la stratégie d'Universal qui veut étendre son empire de franchises / licences ?
Olivier Laxe nous propose une virée dans le Sahara dans un film à la beauté hypnotique. Mais la fable qu'il met en place dépasse le cadre du "western oriental" puisqu'il apparaît également comme un prêche offrant à l'islam l'une des plus belles images que le cinéma ait su lui offrir. Le mysticisme réussit-il à prend forme ou le résultat n'est-il qu'une obscure flânerie?
Avec Hotel Singapura, Eric Khoo rend hommage au cinéma asiatique à travers des pastiches de différents styles rassemblées dans un film pseudo-érotique. Si l'intention et la manière sont louables, le résultat est décevant.
Thriller matiné de teen-movie sur les émois et par extensions premiers dangers de l'ère numérique, Nerve demeure assurément une petite surprise. Car s'il ne révolutionne pas le genre, il atteste d'une petite maitrise pour distiller ne serait-ce qu'un semblant de malaise devant cette représentation amère d'une génération désabusée et biberonnée à Internet.
Présenté à la Quinzaine et ovationné, “Divines" est une grande révélation du festival Cannes 2016, grâce entre autres au talent inouï de ses jeunes interprètes. Un film bourré de clins d’œil cinéphiles au cinéma de Scorsese, de Tarantino, ou encore de Kechiche, avec du clito...
Cette adaptation sur grand écran par la Warner Bros d'une pépite de 2 minutes se conforme-t-elle aux clichés éculés des teen horror movies de cette dernière décennie ou réussit-elle vraisemblablement à divertir à l'instar des sagas horrifiques telles que Destination Finale ou Saw ?
Dernier film à sortir avec Alan Rickman, Eye In The Sky ne laissera pas une bonne impression de cet immense talent d'acteur. Si le film est réussi cinématographiquement, il est idéologiquement nauséabond.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.