"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?
Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.
Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.
Entre revanche et rédemption, le message fort du pardon véhiculé dans le film participe à l'attachement émotionnel ressenti suite à l'implosion fortuite de cette famille judéenne.
Mélodrame, mais pas trop, Frantz, le dernier film du français François Ozon est un très beau film dont le Noir et Blanc qui épouse l'austérité allemande , mais également le côté sombre du protagoniste français interprété par Pierre Niney dans une histoire qui mêle la grande guerre (celle de 1918) et la petite (celle des individus en tourmente).
Portée par une Virginie Efira dans son meilleur rôle, Victoria est la bonne surprise de cette rentrée et l'une des meilleures comédies romantiques françaises depuis longtemps.
Marchant directement dans les plates-bandes de Narcos, l'Infiltrator de Brad Furman laissait songeur. C'était sans compter sur la motivation du cinéaste à laisser de coté la poudre du trafic et à se concentrer sur les personnages devenus bien vite rouages de l'empire Escobar et ceux essayant désespérément de les arrêter.
Blood Father, le nouveau film de Jean-François Richet avec Mel Gibson, présente la rédemption - dans la violence - d'un père, John Link, aussi l'un des représentants d'un Ouest sauvage et viscéralement brutal à son crépuscule.
Derek Cianfrance, le réalisateur de Blue Valentine et The Place Beyond The Pines, revient avec un nouveau long-métrage. Une histoire d'amour brillamment interprétée par deux étoiles montantes : Michael Fassbender et Alicia Vikander. On se laisse transporter, mais on garde son cœur bien accroché.
La dernière comédie de Pascal Chaumeil, décédé durant la post-production, est une réussite assez rafraîchissante dans le paysage un peu faiblard de la comédie populaire française. Bien écrit avec des dialogues savoureux, fait avec sérieux et soutenu par un casting solide, Un Petit boulot est un film drôle et satirique qui porte un regard assez juste sur notre société.
Outre son caractère hautement dispensable, on était curieux à la vue de ce Mechanic Resurrection, chargé de donner une suite au Flingueur. Est-ce que cette suite confiée à l'allemand Dennis Gansel allait rééditer le succès d'estime du premier film, sachant compiler un hommage aux années 80, ou s'enfoncer dans les travers de la suite facile ?
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.
Un escargot super-héros qui met deux semaines à sauver New York, des moutons grégaires militants ou encore une araignée dépressive parce que son costume de super-héros ne trompe personne : avec Bêtes comme nous, MO/CDM bâtit un bestiaire dont les pièges, souvent, relèvent des caractéristiques biologiques des protagonistes. Une idée simple, parfois exploitée jusqu’à l’usure, mais qui donne naissance à un recueil de gags souvent réjouissants.
Avant les flammes et les voitures incendiées, avant les débats télévisés et les certitudes assénées depuis les plateaux, il y avait une ville. Il y avait des habitants, des associations, des schémas existentiels souvent contrariés. Avec "Nanterre avant l’orage", Feurat Alani et Ulysse Gry remontent le cours des événements pour retrouver ce que l’actualité avait englouti : la vie elle-même.
« L’énergie n’est plus fournie désormais par des générateurs… mais par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire… et un champ d’éoliennes off shore. »