"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?
Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.
Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.
Quand le réalisateur de Very Bad Trip s’attaque à la reconstitution d’un scandale qui a entaché l’administration Bush, il ne peut pas s’empêcher de le faire sous la forme d’une comédie de potes. Cette approche mainstream permet-elle de rendre le sujet plus pertinent ou n’aboutit-telle qu’à une potacherie hors sujet ?
Dix ans après Je Vais Bien, Ne T'en Fais Pas, Philippe Lioret revient avec le nouveau récit d'une famille brisée par l'absence de l'un des leurs. Le réalisateur parvient-il à faire de ce sujet, au fort potentiel mélodramatique, un long-métrage à la charge émotionnelle finement amenée ou sombre-t-il au contraire dans une certaine complaisance sirupeuse et tire-larmes?
Critique du film d'animation Batman : The Killing Joke de Sam Liu. Une adaptation du célèbre comics d'Alan Moore et de Brian Bolland qui a partagé les fans malgré son aspect pensé et travaillé.
Honorable geste des sœurs Coulin que de traiter de la guerre dans une perspective, dommage seulement qu'elles tombent vite dans la simplicité et la caricature.
Agents presque secrets (Central Intelligence) débarque dans nos salles, est-il un honnête "buddy movie" et divertissement de l'été ? Ou au contraire, fait-il partie de la stratégie d'Universal qui veut étendre son empire de franchises / licences ?
Olivier Laxe nous propose une virée dans le Sahara dans un film à la beauté hypnotique. Mais la fable qu'il met en place dépasse le cadre du "western oriental" puisqu'il apparaît également comme un prêche offrant à l'islam l'une des plus belles images que le cinéma ait su lui offrir. Le mysticisme réussit-il à prend forme ou le résultat n'est-il qu'une obscure flânerie?
Avec Hotel Singapura, Eric Khoo rend hommage au cinéma asiatique à travers des pastiches de différents styles rassemblées dans un film pseudo-érotique. Si l'intention et la manière sont louables, le résultat est décevant.
Thriller matiné de teen-movie sur les émois et par extensions premiers dangers de l'ère numérique, Nerve demeure assurément une petite surprise. Car s'il ne révolutionne pas le genre, il atteste d'une petite maitrise pour distiller ne serait-ce qu'un semblant de malaise devant cette représentation amère d'une génération désabusée et biberonnée à Internet.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.
Un escargot super-héros qui met deux semaines à sauver New York, des moutons grégaires militants ou encore une araignée dépressive parce que son costume de super-héros ne trompe personne : avec Bêtes comme nous, MO/CDM bâtit un bestiaire dont les pièges, souvent, relèvent des caractéristiques biologiques des protagonistes. Une idée simple, parfois exploitée jusqu’à l’usure, mais qui donne naissance à un recueil de gags souvent réjouissants.
Avant les flammes et les voitures incendiées, avant les débats télévisés et les certitudes assénées depuis les plateaux, il y avait une ville. Il y avait des habitants, des associations, des schémas existentiels souvent contrariés. Avec "Nanterre avant l’orage", Feurat Alani et Ulysse Gry remontent le cours des événements pour retrouver ce que l’actualité avait englouti : la vie elle-même.
« L’énergie n’est plus fournie désormais par des générateurs… mais par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire… et un champ d’éoliennes off shore. »