Avalé par un cachalot avec une heure d’oxygène, Austin Abrams livre un survival viscéral et bluffant, entre huis clos organique et décors palpitants. Dommage que des flashbacks trop bavards et un final lourdingue lui coupent le souffle, là où le film aurait pu rester en apnée jusqu’au bout.
Après l’échec relatif des "Cyclades", Marc Fitoussi retrouve une inspiration remarquable avec "Ni vue, ni connue", une comédie à la fois drôle, caustique et sensible. En confiant à Isabelle Huppert le rôle d’une figurante obstinée rêvant de décrocher enfin un véritable rôle, le réalisateur signe un contre-emploi aussi audacieux que pertinent. À travers le parcours semé d’humiliations de Corinne Maclou, le film explore avec finesse l’invisibilité de ceux qui peuplent les marges du spectacle. Entourée de comédiens et réalisateurs jouant leur propre rôle, la figurante tente inlassablement de se faire une place dans un univers dominé par les rapports de pouvoir et les réseaux. Si le scénario se montre parfois prévisible, ce défaut est largement compensé par la qualité des dialogues, l’acuité du regard porté sur le milieu artistique et l’autodérision permanente d’Isabelle Huppert. Marc Fitoussi brosse ainsi un portrait aussi drôle que cruel de la condition de figurant, sans jamais perdre de vue l’humanité de son personnage. Une excellente comédie qui conjugue intelligence, émotion et mordant.
"Petite Casbah" suit quatre enfants sur les toits d'Alger en 1955. Khadidja, Lyes, Philippe et Ahmed enquêtent pour faire libérer Malek, injustement emprisonné. Une aventure animée et fraternelle, entre jeu de piste et conte, qui raconte la guerre d'Algérie à hauteur d'enfant.
Si le contexte historique de La Folle Histoire de Max et Léon, premier long-métrage du Palmashow et Jonathan Barré, est casse-gueule, on ne peut que se réjouir de la réussite qu'est le film. Grâce à un humour justement dosé et une multitude d'acteurs qu'on se fait un plaisir de retrouver, les deux comparses originellement repéré par leur Very Bad Blague s'en sortent avec brio.
Piper, un magnifique et irrésistible court-métrage d'animation qui a servi de préambule au film Le Monde de Dory lors de sa sortie dans les salles le 22 juin 2016.
Si le projet jouit de qualités indéniables (on misera sur le casting très en phase et un visuel léché et très psychédélique), force est d'admettre que Doctor Strange est une oeuvre marvelienne dans le plus pur sens du terme, quitte à en reprendre les mêmes travers. Original mais très inégal en somme.
La fille de Brest, 5e long métrage de la réalisatrice Emmanuelle Bercot, est un film-dossier très réussi. Elle y retrace, à travers les yeux d'Irène Frachon (interprétée par l'actrice danoise Sidse Babett Knudsen), le combat contre le médiator. Sans rien épargner au spectateur de la souffrance de la chair comme de l'histoire d'une femme qui monte au front, Bercot fait presque un film de guerre. Elle n'a rien à envier aux américains, spécialistes de l'investigation au cinéma, et ce, malgré quelques longueurs. Le film sort en salles le 23 novembre.
Un garçon qui volait des bentos pour nourrir sa mère se retrouve pris dans une chasse au trésor où chacun avance masqué. Rainy Kamitsuki et Nau Doi situent leur aventure dans les Ryukyu du XIXᵉ siècle, au bord d’un monde qui vacille. C'est à découvrir aux éditions Glénat.
Le tome 12 reprend le fil des androïdes et de Cell, mais s’autorise des sorties de route savoureuses : conseils de yoga, leçon sur les cigales et personnages qui commentent occasionnellement leur propre manga.
Cent cartes pour parcourir une décennie que la mémoire tend parfois à réduire à ses refrains et à ses couleurs. Avec cet "Atlas des années 1960", Gordon Kerr et l’illustratrice Claire Rollet font voisiner l’effervescence culturelle, les conquêtes sociales et les lignes de fracture qui traversent le monde.
Avec "Lee Horn : Le Fantôme de Wounded Knee", Philippe Thirault et Gilles Mezzomo font courir une même violence de l’Ouest américain aux Philippines, avant de la ramener dans les rues de New York. Derrière les habits du western et le moteur assez classique de la vengeance, leur album sonde surtout le destin de Lee Horn, un homme successivement adopté, déplacé, enrôlé, amoureux et endeuillé, qui aura passé sa vie à chercher une place dans des mondes qui ne savaient que faire de lui.