Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
En se donnant le rôle du prédicateur à l'origine d'une révolte d'esclaves qui, en 1831, fit une centaine de morts, Nate Parker a-t-il quelque chose de neuf à nous apprendre sur les origines du communautarisme afro-américain ou bien n'est-ce pour lui qu'une opportunité de tenir le haut de l'affiche dans un film qui profite de l'air du temps?
Critique d'Olli Mäki, grand prix Un certain regard au festival de Cannes. L'histoire d'un boxeur promis à la gloire qui doit choisir entre une vie privée et une vie publique de star nationale.
Brice, personnage culte interprété par Jean Dujardin, et de retour au cinéma ! Blagues potaches et casses en tout genre viennent composer le film, mais James Huth parvient-il à re-conquérir le spectateur ou s'enlise-t-il une fois de plus dans une comédie sans intérêt, qui n'a de drôle que la communication en amont du film ?
L'un des cinéastes américains les plus controversés revient avec un film très sombre, le teckel, qui montre que malgré une certaine accalmie dans la manière, Todd Solondz n'a rien perdu ni de son propos récurrent, ni de son inventivité.
Après 4 ans d'absence, Jack Reacher revient pour une nouvelle aventure avec Tom Cruise en vedette mais un nouveau réalisateur en la personne d'Edward Zwick. Ce changement offre-t-il une digne suite à son élégant prédécesseur ou un retour décevant ?
L'explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon, survenue en avril 2010, est le sujet du nouveau film de Peter Berg (Hancock, Battleship, Du Sang et des Larmes). Préférant le spectaculaire à l'intime, il choisit d'en faire un blockbuster catastrophe plutôt qu'une réflexion sur les conséquences écologiques de ce désastre. Réussi ou superficiel ?
Pour un premier film fauché au sujet aussi sensible que l'insertion sociale d'un handicapé mental, on pouvait s'attendre à une réalisation téléfilmique, convenue et teintée de bon-sentimentalisme. Une impression que viendra renforcer la qualité nanardesque des premières minutes de la péloche. Mais ses 4 jeunes réalisateurs sont des petits malins et ont accouché d'un objet poétique et même pernicieusement corrosif.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.