Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Piper, un magnifique et irrésistible court-métrage d'animation qui a servi de préambule au film Le Monde de Dory lors de sa sortie dans les salles le 22 juin 2016.
Si le projet jouit de qualités indéniables (on misera sur le casting très en phase et un visuel léché et très psychédélique), force est d'admettre que Doctor Strange est une oeuvre marvelienne dans le plus pur sens du terme, quitte à en reprendre les mêmes travers. Original mais très inégal en somme.
La fille de Brest, 5e long métrage de la réalisatrice Emmanuelle Bercot, est un film-dossier très réussi. Elle y retrace, à travers les yeux d'Irène Frachon (interprétée par l'actrice danoise Sidse Babett Knudsen), le combat contre le médiator. Sans rien épargner au spectateur de la souffrance de la chair comme de l'histoire d'une femme qui monte au front, Bercot fait presque un film de guerre. Elle n'a rien à envier aux américains, spécialistes de l'investigation au cinéma, et ce, malgré quelques longueurs. Le film sort en salles le 23 novembre.
Et vous, que feriez-vous si votre meilleur ami vous appelait au secours en pleine nuit, coincé sur le bord de la route à plus d'une heure de chez vous? Cette question épineuse est le cœur de la comédie de Michael Cohen, qui interroge ainsi le véritable sens de l'amitié entre 2 hommes dans la fleur de l'âge. Est-ce justement une bonne occasion de franche rigolade entre amis ou vous en voudront-ils de les emmener voir une énième comédie de mœurs putassière?
Icare, qui préfère qu'on l'appelle Courgette, vit avec sa mère alcoolique jusqu'à ce que celle-ci décède accidentellement. Il se retrouve au foyer des Fontaines avec d'autres enfants qui n'ont pas eu de chance dans leur vie. Au milieu de ce petit groupe il apprend de nouveau à aimer et être aimé.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.