"Des Minions et des monstres" replonge dans le Hollywood des années folles, entre références à Chaplin, Keaton et "Chantons sous la pluie". Si Illumination livre une bonne surprise pour ce début d'été, le film peine à transformer ses idées en véritable souffle d'aventure, restant prisonnier d'un confort thématique déjà visible chez d'autres studios.
"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?
Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.
Nocturnal Animals est un film aussi envoûtant que frustrant. Grandiose sur sa forme et par son excellent casting mais empli de maladresses avec son manque flagrant de subtilité et son traitement parfois aléatoire.
Après Clint Eastwood, Ewan McGregor se lance-t-il dans une carrière de réalisateur ? L'essai est peu concluant avec cette adaptation trop littérale d'American Pastoral, roman de Philip Roth qui a reçu le prix Pulitzer à la fin des années 90. Un drame historique sur fond de crise familial dans lequel seuls les seconds rôles crèvent l'écran...
Critique du film Passengers, un blockbuster signé Morten Tyldum dans lequel le couple Chris Pratt/Jennifer Lawrence se livre à une romance certes classique mais fort sympathique... avant de se retrouver dans capharnaüm de clichés hollywoodiens.
Un film qui nous propose de découvrir comment un stand de sandwichs dans un petit village californien est devenu en moins de 20 ans le leader mondial sur le marché de la restauration rapide. Ce modèle de réussite capitaliste qu'est la franchise McDonald's est une pure incarnation du rêve américain et, par extension, une occasion de vanter les mérites de l'affairisme le plus cynique.
Hedi est à l'image du printemps arabe tunisien : une révolution enthousiaste mais difficile à mener jusqu'au bout. Coutumes et peur de se lancer dans la vie maintiennent longtemps Hedi, trentenaire chamboulé, au sol, les ailes comme coupées. Il croise des femmes, toutes différentes, qui ont une influence très pesante ou sont un vent de liberté sur son existence. Un film intéressant , mais pas complètement abouti, de Mohamed Ben Attia à découvrir en salles le 28 décembre.
Ballerina, joli film d'animation, ravira toute la famille grâce à ses personnages drôles et attachants, son histoire bien ficelée, son univers atypique et son message intelligent. Une belle réussite qui allie efficacement divertissement, humour, légèreté, aventure et culture.
Jim Jarmusch nous revient avec une oeuvre qui signe un retour à l'esprit de béatitude artistique qui marquait ses premières réalisations indépendantes au début des années 80. Parfaitement maîtrisé de bout en bout, Paterson apparaît comme l'aboutissement du travail d'un cinéaste qui n'a jamais voulu faire comme les autres. Que du bonheur.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.
Un escargot super-héros qui met deux semaines à sauver New York, des moutons grégaires militants ou encore une araignée dépressive parce que son costume de super-héros ne trompe personne : avec Bêtes comme nous, MO/CDM bâtit un bestiaire dont les pièges, souvent, relèvent des caractéristiques biologiques des protagonistes. Une idée simple, parfois exploitée jusqu’à l’usure, mais qui donne naissance à un recueil de gags souvent réjouissants.
Avant les flammes et les voitures incendiées, avant les débats télévisés et les certitudes assénées depuis les plateaux, il y avait une ville. Il y avait des habitants, des associations, des schémas existentiels souvent contrariés. Avec "Nanterre avant l’orage", Feurat Alani et Ulysse Gry remontent le cours des événements pour retrouver ce que l’actualité avait englouti : la vie elle-même.
« L’énergie n’est plus fournie désormais par des générateurs… mais par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire… et un champ d’éoliennes off shore. »