Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Malgré le talent évident de la réalisatrice Kelly Reichardt, et la force de son casting 5 étoiles, Certaines femmes ennuie. Par son approche trop mécanique, il tourne en rond pour n'être qu'un exercice de style joli mais qui sonne un peu creux.
Deux ans après Pas son genre, Lucas Belvaux est de retour sur grand écran avec Chez Nous, film contesté avant même sa sortie. Alors, coup de génie ou coup dans l'eau ? Chacun en tirera ses propres conclusions, mais impossible de nier le talent des acteurs qui composent le casting.
Gore Verbinski se venge de son expérience avec les gros studios dans A Cure for Life. Une oeuvre radicale et jusqu'au boutiste qui s'impose par sa mise en scène somptueuse et comme étant une adaptation indirecte du célèbre jeu vidéo BioShock.
Après le thriller (Ne Le Dis à Personne, Blood Ties) et le film générationnel (Les Petits Mouchoirs), Guillaume Canet, après sa première réalisation Mon Idole, revient à la comédie avec Rock'N roll, où le spectateur est plongé au plus près de sa crise de la quarantaine. Film nombriliste ou farce réussie?
Alibi.com est finalement une comédie à l'humour gras mais bien rythmée, qui malgré une formule bien trop classique, connaît quelques séquences inspirées.
La peur de l'inconnu, d'être coupé du monde avec un père angoissant et le sentiment d'être suivi par le diable en personne, c'est la base de toutes les frayeurs enfantines. C'est aussi le point de départ du nouveau film de Gilles Marchand. Réussit-il à nous faire partager le trouble de ce jeune garçon ou livre-t-il un film trop abstrait pour marquer les esprits?
Noces a l'honnêteté de ne pas enjoliver son constat sur la condition féminine en suivant le destin de Zahira belgo-pakistanaise pour laquelle on prévoit un mariage arrangé et un retour à la case départ. Mais à qui le film s'adresse-t-il vraiment ? Et ne prêche-t-il pas que des convaincus ? Réponse dans notre critique et en salles dès le 22 février.
Les Derniers Parisiens est un film passionnant, au cœur de son sujet. Dans les rues de Pigalle, Hamé et Ekoué filment des gens avant tout, portés par les interprétations de Reda Kateb et Slimane Dazi.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.