Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Martin Zandvliet signe un film de guerre au ton grave et aux scènes éprouvantes. Le drame historique qu'il nous décrit pose de nombreuses questions morales délicates. Comment le jeune réalisateur danois parvient-il à exploiter ces sujets complexes?
Au sein du centre de rééducation, entre peines, douleurs et éclats de rires, Patients, premier film en tant que réalisateur de Mehdi Idir et Grand Corps Malade directement adapté du livre de ce dernier, est une des plus belles réussites de ce début d'année.
Film boursouflé de Denzel Washington, qui met... Denzel Washington dans tous les plans, Fences est pourtant susceptible de rafler tous les Oscars. Un théâtre filmé qui est loin de rendre service à l'excellent texte du dramaturge August Wilson
Revival de l'actionner des années 80/90, John Wick 2 est un divertissement explosif et virtuose qui à le bon goût de ne pas délaisser le fond sur la forme. Avec un Keanu Reeves au sommet de son charisme, une suite qui est en tout point supérieure à son aîné.
Avant même sa sortie, Lion s’annonçait alors comme une œuvre forte, mais aussi comme le film calibré pour les Oscars. Ainsi on pouvait redouter un métrage larmoyant baignant dans le pathos et la facilité. Il n’en est rien. Lion est une œuvre sublime qui touche par sa sincérité et la magnifique odyssée qu’elle raconte.
Plutôt que faire un remake de son film culte de 1996, Danny Boyle a fait le choix de signer une oeuvre, chargée de mélancolie, sur le poids des années. Et si voir les personnages regretter de ne plus pouvoir revivre comme vingt ans plus tôt a l'effet pervers de rappeler aux spectateurs qu'ils ne verront pas une suite aussi folle que le premier film, c'est bien là le meilleur moyen de nous faire partager leur nostalgie d'un temps définitivement révolu.
Après l'amère déception de The Visit, que cherche à nous prouver Night Shyamalan? Qu'il est maître en puzzle bon marché, modestement égoïste à ne penser qu'à son plaisir de rétro-spectateur avant le nôtre? Avec Split qui se veut horriblement divertissant, le cinéaste s'embourbe de ce qu'il fait de mieux, noyer un faux poisson pour davantage de clichés rébarbatifs. Du moment qu'il comprend ce qu'il fait...
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.