Dans la Lettonie soviétique, une adolescente issue d’une famille russe de Vieux-Croyants découvre le basket comme une sortie possible hors de son isolement. Avec Ulya, Viesturs Kairišs imagine le chemin intérieur qui mène Ouliana Semionova vers elle-même.
Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.
"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Malgré ses gimmicks, ses effets visuels clinquants qui ne sont jamais vains, le film de Darren Aronofsky est une vraie réflexion sur la dépendance et sa provenance originelle, un American Way of Life en faillite.
Une Jeanne d'Arc dansant à la fois sur le son d'un long poème médiéval chanté en yaourt, et sur celui d'une bande son death-breakcore-baroque. A voir pour entrer dans la folie ambiante, ou pour s'en préserver.
Chéri est un film délicat et chic qui relate l'histoire d'amour tragique d'un jeune dandy et d'une courtisane vieillissante dans le Paris baroque du début du XXe siècle. Adapté d'un roman de Colette, le long métrage séduit par ses acteurs, son humour feutré, ses décors travaillés et son récit langoureux.
Malgré un propos peu nuancé, Seven Sisters reste un divertissement SF efficace et maîtrisé qui s'impose par sa réalisation solide et son très bon casting.
Critique de Wind River film écrit et réalisé par Taylor Sheridan : un western moderne, sombre et poétique, un thriller efficace, un portrait lucide mais pessimiste de la société américaine à deux vitesses...
Une famille syrienne parle de conflit, de guerre, sans jamais parler clairement de Syrie. C'est que le film s'intéresse bien plus aux conflits intérieurs des personnages. Une réussite en demi-teinte portée par un dispositif presque théâtral. En salles le 6 septembre 2017.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.