Avec Primetime, Lance Oppenheim transforme les dérives d’une émission américaine controversée en thriller trouble et formellement radical, porté par un Robert Pattinson impressionnant.
Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Les névroses sont souvent belles à filmer et passionnantes à l'écran. Dans Si tu voyais son coeur, elles ne sont pas toujours captivantes malgré une bonne mise en scène de Joan Chemla.
Film après film, le Sud-Coréen Hong SangSoo décrypte un sujet unique : l'amour. Avalées à coups de soju, les paroles que ses protagonistes s'échangent dans un format très rohmérien, sont encore plus précises et plus touchantes dans Seule la plage la nuit, qui a valu l'Ours d'argent de la meilleure actrice à sa muse, Kim Minhee.
Avec Un jour mon prince, Flavia Coste réussit un premier film iconoclaste dans lequel l'univers du conte de fées et la réalité se télescopent pour aboutir à la quête initiatique de deux fées aussi attachantes que hautes en couleurs.
Avec Normandie Nue, le réalisateur des Femmes du 6e étage, livre un scénario plutôt paresseux dans lequel quelques réflexions pertinentes et parfois drôles se sont glissées. Bien trop maigre et simpliste, malgré les efforts de François Cluzet ou encore Gregory Gadebois pour représenter la France oubliée, soit le monde paysan, aux côtés du réalisateur Philippe Le Guay. Le film sort en salle le 10 janvier 2018.
Disponible sur Netflix depuis fin 2017, The Book of Love est une mièvrerie abominable marquée par la collaboration entre Justin Timberlake (qui signe la BO) et Jessica Biel (actrice et co-productrice).
Sous les contours d’un scénario un peu trop scolaire, Burn Out arrive tout de même à relever la tête grâce à son réalisateur, qui démontre un talent visuel dans des scènes de course pleines d’adrénaline et la mise en tension organique de son personnage.
Le biopic des grands hommes n'est jamais chose aisée. L'interprétation de Winston Churchill par l'immense Gary Oldman est pourtant magistrale, et la réalisation de Joe Wright inventive et dynamique. Une vision hagiographique du personnage, sans pour autant perdre toute objectivité.
Avec Le grand jeu, le génial scénariste Aaron Sorkin passe derrière la caméra pour mieux parler de lui. Davantage intéressé par Molly Bloom que par son parcours, Le grand Jeu rattrape ses scories par une Jessica Chastain extraordinaire et un dispositif stimulant à défaut d'être pleinement abouti.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.