Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Véritable succès au box-office en Amérique du Sud, No Dormirás de Gustavo Hernandez suit une troupe d'acteurs explorant les effets de l'insomnie. Malgré un point de départ original et alléchant, le film sombre très vite dans une horreur beaucoup trop consensuelle.
Manhattan Stories de l'Américain Dustin Guy Defa est un film de la mouvance du mumblecore typique de Sundance, mais qui se distingue par un mix habile entre légèreté du dispositif, sa drôlerie, même, et le sérieux qui est accordé aux sentiments et à l'intimité des personnages et surtout à leurs interactions pas toujours facile.
Dwayne Johnson est de retour pour jouer le rôle du tas de muscles super cool sauveur du monde, mais dans Rampage : Hors de contrôle il se fait malencontreusement voler la vedette par George, un gorille albinos de près de 10 mètres de haut s'amusant à semer le carnage dans Chicago en compagnie d'un loup porc-épic et d'un crocodile phacochère.
Après le succès critique et public de Dernier Train pour Busan, le réalisateur coréen Yeon Sang-ho revient avec Psychokinesis, un film de super-héros bien différent des Marvel, sorti en France sur Netflix.
A ne pas confondre avec la comédie US avec Amy Schumer sortie l'année dernière, Larguées est le premier long métrage de l'autre duo à l'origine de Connasse. Noémie Saglio avait déjà grossi le trait dans Telle mère, telle fille avec Cottin et Binoche. Ici, Eloise Lang dépeint grossièrement des figures manichéennes et perd rapidement le contrôle de son navire à défaut de l'écriture et de la direction d'acteurs. Un feel good movie carte postale décomplexant, mais pas maîtrisé.
Avengers : Infinity War amorce la conclusion de cette phase 3 avec savoir-faire, dominé surtout par son méchant très réussi. Un Thanos plus nuancé qu'escompté qui apporte au film un supplément d'âme et une gravité inespérée.
Pierre Lapin, le personnage créé par l'auteure pour enfants Beatrix Potter, devient le héros de ce film éponyme, mêlant scènes de prise de vue réelles et animation.
Dans une version longue inédite en salles, Mai 68 La Belle Ouvrage est un documentaire qui recueille deux heures de témoignages sur la violence de la répression policière qui s'est abattue sur les étudiants, et même parfois sur de simples passants, lors des manifestations parisiennes.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.