Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Solo : A Star Wars Story est enfin là, et ce n'est pas si catastrophique cinématographiquement parlant. Néanmoins, difficile de passer outre l'amertume d'un divertissement insipide et paresseux, sans passion, qui démythifie totalement l'un des personnages les plus aimés de la saga.
Manifesto n'est pas l'OVNI qu'on décrit çà et là. Le film de Julian Rosefeldt est certes un film quasi-expérimental, mais le discours et les courants artistiques successifs qu'il illustre merveilleusement avec la complicité de Cate Blanchett restent tout à fait ancrés dans le temps, comme une réponse au constat de la matérialité accélérée de l'ère actuelle.
Elle nous avait laissé avec Le Ciel attendra, un film plutôt réussi sur la radicalisation de jeunes filles dans la France d'aujourd'hui. Pourtant, dans La Fête des mères, Marie-Castille Mention Schaar déçoit avec un film choral épileptique et souvent navrant sur la maternité dans "tous ses états".
Le Festival de Cannes 2018 vient de fermer ses portes et les sorties cinéma en salles hexagonales reprennent leurs cours. Mutafukaz, film d’animation franco-japonais, réalisé par Shōjirō Nishimi et Run, est un défouloir hybride et violent qui voit s’entremêler les univers hétéroclites de GTA, Clerks et d’Akira.
Portée par l'énergie du couple Jason Bateman-Rachel McAdams, Game Night est une comédie sympathique et ludique entre le Cluedo et After Hours de Martin Scorsese.
Suivant son propre cahier des charges, Deadpool 2 enchaîne les gags et les références avec un débit de mitraillette. Problème, il oublie au passage de raconter une histoire ou d'aborder un quelconque sujet, et devient finalement le reflet à peine déformé de ce qu'il voulait justement parodier.
Après plus de 20 ans de déconvenue, l'arlésienne de Terry Gilliam voit enfin le jour. C'est entre appréhension et excitation qu'on découvre un L'Homme qui tua Don Quichotte loin de nos attentes mais empreint d'une vraie passion de cinéma.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.