Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.
"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Xavier Giannoli est le réalisateur des rêves fous, des illusions qui perdurent jusqu'à la chute. Adapter Illusions perdues de Balzac ressemble donc chez lui à une évidence. Avec un grand casting, un sens du rythme et un propos un poil exagéré, il parvient à construire une gigantesque fresque. Fresque dans laquelle nous plongeons comme dans un tourbillon. En salles dès le 20 octobre 2021.
Basé sur une fameuse affaire juridique française du XIVe siècle, le dernier « jugement de Dieu » officiellement autorisé, le film met au prises trois personnages qui défendent leur honneur au péril de leur vie. Malgré les apparences, le cinéaste britannique n’a pas livré une fresque épique à la Kingdom of Heaven, lui préférant cette fois un surprenant conflit interpersonnel raconté sous trois angles, bien servi par des comédiens très convaincants. La greffe d’un anachronique sous-texte féministe est toutefois venu gâcher un projet prometteur…
Là ou Mourir Peut Attendre s'avère être un grand Bond, c'est peut-être pour la propension qu'il a à être pleinement conscient de son statut de conclusion. Une donnée inédite qui transforme ce 25ème film en un quelque chose de rarement vu dans la saga jusqu'alors. Bardé de scènes spectaculaires et surtout d'éléments qui parleront forcément aux fans purs et durs de la saga, Mourir Peut Attendre se révèle être une conclusion explosive aux 15 années de service de Daniel Craig et surtout un Bond qui marquera les esprits et qui fera date.
Eiffel de Martin Bourboulon est le premier biopic sur le créateur de la tour qui domine tout Paris. A l'aide d'une histoire d'amour inventée en partie, le réalisateur tente de faire une grande fresque romanesque. Derrière un gros budget, il n'y a pourtant pas grand chose dans le film, l'amourette prenant le pas sur l'histoire filmée de la construction de l'œuvre d'acier titanesque. Heureusement les acteurs font le job, Romain Duris en tête, tout en nuances comme les lumières qui l'accompagnent tout le long du film.
Tralala des frères Larrieu a beau être un film de genre, il est définitivement un film des frères Larrieu : inventif, drôle, solaire. Leur leitmotiv...
Mon Légionnaire a la vertu de ne pas idéaliser la figure du militaire, on est loin d'un American Sniper par exemple. Ici, l'ennemi est invisible et le corps à corps n'a pas lieu. On voit surtout comment le retour à la maison est terni par l'attente de ceux qui restent. Un film doux, mais qui peine à décoller, empêtré dans un quotidien un peu trop banal.
Présenté à Cannes, marquant une entrée fracassante dans le monde du cinéma de Dylan Penn, « Flag Day » marque le sixième passage de Sean Penn derrière la caméra. Adapté des mémoires de la journaliste américaine Jennifer Vogel, le film est une œuvre pleine d'émotions mais ne parvenant à se défaire de quelques écueils.
Guermantes est peut-être le film le plus libre de Christophe Honoré. Pourtant, le réalisateur plaide pour la liberté dans nombre de ses films. Cette ode à la vie, aux comédiens et à la beauté du geste est véritablement belle ! D'aucuns pourront la trouver vide de sens, pourtant, elle comble le vide laissé par des mois sans culture, sans humains, sans rencontres. Les comédiens y sont les rois du monde, mais d'un monde qui ne les regarde plus. Heureusement, Christophe Honoré en créateur magnifique est là pour les observer, les aimer, les laisser vivre, sans chercher à les modeler. Après sa diffusion sur France 5, le film est à découvrir au cinéma depuis le 30 septembre 2021.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.