Eiffel de Martin Bourboulon: d’amour et d’acier

2.5

Eiffel de Martin Bourboulon est le premier biopic sur le créateur de la tour qui domine tout Paris. A l’aide d’une histoire d’amour inventée en partie, le réalisateur tente de faire une grande fresque romanesque. Derrière un gros budget, il n’y a pourtant pas grand chose dans le film, l’amourette prenant le pas sur l’histoire filmée de la construction de l’œuvre d’acier titanesque. Heureusement les acteurs font le job, Romain Duris en tête, tout en nuances comme les lumières qui l’accompagnent tout le long du film.

Amour toujours 

Eiffel réside sur une promesse de casting : réunir Romain Duris et Emma Mackey (une des stars Netflix dans Sex Education). C’est cette histoire d’amour fictive (malgré ce A pour Adrienne que représenterait la tour Eiffel) qui est le cœur du film. En effet, la construction de la tour Eiffel n’est qu’un prétexte à conter cette histoire d’amour et d’acier. On le sent, et tout sent donc un peu le réchauffé. L’histoire d’amour empêchée n’est en effet pas très originale. Pourtant, celle de la construction de la tour Eiffel n’est pas banale et aurait pu être un beau récit de bataille. Un défi à la gravité, à l’époque. Un pari de grandeur. En effet, alors au sommet de sa carrière, Gustave Eiffel souhaite être désormais au sommet du monde ou du moins de la France.

Des hommes et de l’acier 

Les plus belles scènes du film sont celles où Eiffel/Duris est en train de créer seul dans la pénombre (toutes ces scènes sont dans une belle obscurité presque permanente, les instants de lumière étant rares). Ou encore celles où il est sur le chantier, galvanisant les troupes. Tous à ce moment-là lèvent la tête vers un défi commun. C’est tout de même plus intéressant que le combat de coqs entre Duris et Deladonchamps pour les beaux yeux d’Emma Mackey. Si l’histoire d’amour donne un certain souffle et rythme au film, elle le plombe également par des clichés agaçants. L’impossibilité de sa réalisation, la candeur des débuts, etc…

Sans vibration

Devenus adultes, Adrienne et Gustave pensent pouvoir enfin s’aimer vraiment mais rien n’est aussi simple. Le projet titanesque d’Efifel prend de plus en plus de place. On le voit dès le début dans son dialogue empêché avec sa propre fille. Pourtant, avec Adrienne, il se livre, il se lâche. Romain Duris offre un jeu nuancé à ce personnage au défi fou, qui est prêt à se jeter à l’eau littéralement pour concrétiser ses rêves. Or, si grâce à cela, Gustave Eiffel, le personnage, s’élève, le film, lui se laisse écraser par son ambition, son budget. Tout sent la reconstitution et rien ne vibre vraiment. Dommage.

Eiffel : Bande annonce

Eiffel : Fiche technique

Synopsis : Venant tout juste de terminer sa collaboration sur la Statue de la Liberté, Gustave Eiffel est au sommet de sa carrière. Le gouvernement français veut qu’il crée quelque chose de spectaculaire pour l’Exposition Universelle de 1889 à Paris, mais Eiffel ne s’intéresse qu’au projet de métropolitain. Tout bascule lorsqu’il recroise son amour de jeunesse. Leur relation interdite l’inspire à changer l’horizon de Paris pour toujours.

Réalisation : Martin Bourboulon
Scénario : Caroline Bongrand
Interprètes : Romain Duris, Emma Mackey, Pierre Deladonchamps, Alexandre Steiger, Armande Boulanger, Andranic Manet
Photographie : Matias Boucard
Montage : Virginie Bruant
Producteur : Vanessa Van Zuylen
Sociétés de production :  VVZ Productions, Pathé, M6, Constantin Film Produktion GmbH
Distributeur : Pathé
Date de sortie : 13 octobre 2021
Genre : Biopic
Durée : 109 minutes

France – 2020

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Chloé Margueritte
Chloé Marguerittehttps://www.lemagducine.fr/
Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

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