Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.
"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Projet étonnant à mi-chemin entre plusieurs genres, ce film, coécrit par un tandem de scénaristes français et porté par l’interprétation épatante de Matt Damon, se plaît à tromper les attentes du spectateur. S’il n’est pas dépourvu de faiblesses, il prouve en tout cas que McCarthy, six ans après l’Oscar remporté avec Spotlight, ne s’est pas reposé sur ses lauriers.
NTM est souvent associé aux seuls noms de JoeyStarr et Kool Shen, pourtant à l'origine, ils étaient 33 ! Suprêmes retranscrit cette fougue du groupe, l'esprit borderline du duo de rappeurs. Le tout est raconté avant la gloire ou du moins les premières grosses scènes. C'est au corps à corps que NTM se produit d'abord devant un public. Un biopic habité et punchy ! A découvrir en salles le 24 novembre prochain.
Les Intranquilles de Joachim Lafosse est un film faussement linéaire et convenu, et porte au contraire la marque de fabrique du cinéaste qui sait nager dans les eaux troubles, joliment, intensément.
First Cow de Kelly Reichardt représente une facette de plus dans l’œuvre versatile et magistrale de la cinéaste. Adapté du roman de son coscénariste Jon Raymond, le film aborde les thèmes récurrents de son cinéma, et sa passion inassouvie pour l’Amérique.
Trois ans après Galveston, Mélanie Laurent remet sa casquette de réalisatrice pour Le Bal des folles, une adaptation qui ne sera pas visible en salles mais directement sur la plateforme d'Amazon Prime. Dommage car cette fresque ambitieuse aurait mérité un déploiement sur grand écran.
François Ozon est un réalisateur prolifique. Ses œuvres sont donc parfois ratées, comme c'est le cas de Tout s'est bien passé. Dommage car cette adaptation du livre éponyme d’Emmanuèle Bernheim, publié en 2013 et dans lequel elle raconte comment elle a aidé son père à mourir, aurait pu être un bon film. En salles dès le 22 septembre.
Hommage en mots et en images à Thierry Metz, poète contemporain, manœuvre puis ouvrier agricole, mort à 40 ans, auteur d’une œuvre exceptionnelle. Vagabondage à la Pessoa, prose poétique ou haïkus, son voyage intérieur est accueilli et recueilli dans un film déroutant aux limites du documentaire.
On pourrait croire à son générique un poil décalé que L'Origine du monde (première réalisation du souvent drôle Laurent Lafitte) va être une comédie au-dessus du lot. Mais, très vite, dès la scène d'ouverture en vérité, on tombe dans les habitudes et les aléas de l'humour potache. Si bien que l'irrévérence laisse place au déjà-vu. On l'avait diagnostiqué il y a quelques mois, la comédie française n'a pas terminé de s'embourgeoiser...
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.