Critiques films

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

La Ballade de Bruno (1977) de Werner Herzog : cavale sans issue

Ecrit en quatre jours, le film assume sa part d’improvisation et de libre déambulation dans les franges oubliées et désabusées de la société, de part et d’autre de l’Atlantique. Cette œuvre déroutante, à la lisière de plusieurs genres et à la mise en scène quasi-documentaire, est un des films les plus crus et les plus singuliers d’une carrière pourtant placée sous le signe de l’imprévisibilité.

Christy : Frapper pour exister

Boxeuse pionnière, survivante de violences conjugales, femme contrainte de cacher son identité pendant des années — l'histoire de Christy Martin avait tout pour devenir un grand film. David Michôd et Sydney Sweeney n'auront su en tirer qu'un biopic sportif honorable, trop lisse pour être vraiment marquant.

Scream 7 : Madeleine de Proust arôme sang neuf

Ahhh "Scream". Une saga qui n'en finit pas de renaître et de faire du nouveau avec du vieux (ou l'inverse ?). Une saga qui a marqué toute une génération et qui commence à en marquer une nouvelle. Alors, en tant que fan de la première heure, on se rue aux premières séances. Verdict !

Les nains aussi ont commencé petits (1970) de Werner Herzog : anarchie en Absurdie

Le titre du film sous forme de boutade loufoque illustre parfaitement le propos de cet essai parfaitement indéfinissable. Expérimental, anarchique et imparfait, il livre pourtant déjà plusieurs clés de la personnalité de Herzog… et ouvre la porte aux chefs-d’œuvre à venir.

L’Énigme de Kaspar Hauser (1974) de Werner Herzog : gloire aux inadaptés

Ce quatrième film de Werner Herzog est une ode aux personnages d’inadaptés qui lui sont chers. L’enfant sauvage, vierge au monde, y est célébré de manière poétique comme la dernière forme d’innocence, brisée par une société humaine gâtée.

Pillion : Bad (BDSM) Romance

Mettre en images une romance gay avec en option le milieu du sadomasochisme et du bondage est un pari très risqué. Il faut à tout prix éviter d'être dans le jugement et surtout contourner toute forme de voyeurisme ou de graveleux. Harry Lighton s'en sort avec les honneurs en se jouant de la plupart des obstacles inhérents à un tel postulat, à une séquence trop crue et trop longue près. "Pillion" se révèle pourtant aussi touchant et parfois cocasse que son contexte est particulier et réservé à un public averti.

Marty Supreme de Josh Safdie : quand la frénésie devient principe

Avec Marty Supreme, Josh Safdie poursuit l’énergie frénétique qui a fait la signature des Safdie, porté par une performance impressionnante de Timothée Chalamet. Virtuose, tendu, saturé de musique et de mouvement, le film impressionne par sa maîtrise formelle. Reste à savoir si cette démonstration spectaculaire parvient à ouvrir une véritable brèche émotionnelle.

Woman and Child : au pays des mensonges

Après le succès critique de "Leïla et ses frères" à Cannes en 2022, le cinéaste iranien Saeed Roustaee revient avec "Woman and Child", un drame social poignant sur le deuil maternel et le patriarcat. Porté par la performance magistrale de Parinaz Izadyar, ce quatrième long-métrage explore les fractures d'une société iranienne tiraillée entre mensonge social et quête de justice. Une œuvre sous contrainte qui, malgré la censure, affirme la puissance d'un cinéma de résistance.

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