Scream 7 : Madeleine de Proust arôme sang neuf

Ahhh Scream. Une saga qui n’en finit pas de renaître et de faire du nouveau avec du vieux (ou l’inverse ?). Une saga qui a marqué toute une génération et qui commence à en marquer une nouvelle. Alors, en tant que fan de la première heure, on se rue aux premières séances. Verdict !

Synopsis : Lorsqu’un nouveau Ghostface surgit dans la paisible ville où Sidney Prescott a reconstruit sa vie, ses pires cauchemars refont surface. Quand sa fille devient la prochaine cible, Sidney n’a d’autre choix que de reprendre le combat. Déterminée à protéger les siens, elle devra affronter les démons de son passé pour tenter de mettre fin une bonne fois pour toutes au bain de sang.

Une saga increvable

Avant de parler de ce septième opus, une double mise à jour est nécessaire. D’abord, il faut noter que Scream est la saga contemporaine et non interrompue (sous-entendu avec les mêmes acteurs et la même timeline) la plus prolifique encore en activité actuellement, avec celles des bolides de Fast and Furious. Par exemple, les James Bond ne comptent pas, puisqu’on utilise le personnage par cycles, pas plus que, dans le même genre qu’est le slasher, celle des Halloween, puisqu’on a maintes fois changé les personnages et qu’elle est constituée pour une bonne partie de remakes, reboots et autres termes associés. Débutée en 1996, 1997 et 2000 avec la première trilogie, continuée avec un opus solitaire en 2011 et relancée avec succès il y a quatre ans, voilà un exemple admirable de constance et de longévité.

Une gestation pour le moins compliquée

Cependant, ce dernier opus a subi maints soucis qui l’ont retardé, alimenté les rumeurs et fait craindre un film malade dû à cette gestation difficile. En effet, les stars des derniers opus ont quitté le navire. Melissa Barrera a été virée pour ses prises de position politiques et Jenna Ortega est partie pour soutenir sa partenaire. Conséquence directe : les réalisateurs des deux derniers opus, Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett, ont pris pareillement la poudre d’escampette, tout comme le cinéaste censé les remplacer, Christopher Landon, réalisateur des Happy Birthdead.

Pour parvenir à tourner ce septième épisode aux prémices semblant maudits, les producteurs ont donc fait revenir l’héroïne des premiers opus et second rôle du cinquième, Neve Campbell, ainsi que de nombreux autres anciens. Cela faisant d’ailleurs craindre un film rapiécé au trop-plein de fan-service. Pour couronner le tout, c’est le scénariste des deux premiers, Kevin Williamson, qui a été choisi pour mettre en scène le film, alors qu’il n’a réalisé qu’un seul film il y a vingt-cinq ans (Mrs. Tingle avec Helen Mirren). La boucle semblait bouclée. Alors, ce septième épisode est-il celui de trop et le film porte-t-il les stigmates de sa gestation chaotique ?

Chacun ses préférences

Avant d’y répondre, le petit jeu des comparaisons et des classements est amusant. Une telle saga qui dure dans le temps et s’étire sur près de trente ans a forcément des opus moins réussis ou appréciés. Il y a toujours le petit mouton noir ou l’épisode sous-estimé (et le surestimé, cela fonctionne aussi). Mais, bien sûr, c’est propre à chacun, et la seule chose qui fait peut-être quasiment consensus pour les fans comme pour les profanes demeure la suprématie de l’épisode original, le maître-étalon de la saga, celui qui hante encore tous les épisodes suivants et chacun des personnages. Celui auquel on ne manque jamais de faire référence.

L’auteur de ces lignes donnera le troisième (presque une parodie en plus d’être très avare en scènes sanglantes, même s’il était drôle) et le cinquième (piètre et paresseux redémarrage) comme les moins bons. Du bon côté, le second égalait presque le premier et le sixième poussait tous les curseurs de l’improbable en délocalisant malicieusement l’action à New York. Mais l’opus préféré ici, après l’original, est le quatrième, généreux et fou en tous points, et pourtant le moins performant au box-office. C’était aussi le premier épisode d’une seconde trilogie malheureusement abandonnée.

Un épisode dans le haut du panier

Alors où se situe ce septième épisode ? Eh bien dans la moyenne haute, et aussi sympathique que le sixième. Le retour de Sidney est parfaitement intégré à l’histoire et la présence de sa fille semble promettre la relève de celle, avortée, par Barrera et Ortega. Et, surtout, si on retrouve la petite bourgade de campagne comme théâtre de l’intrigue, bien des choses surprennent. Déjà, la sacro-sainte séquence d’ouverture est pleinement jouissive et réussie, et le fait — attention, spoiler — qu’un tueur meure, génialement, lors du premier acte est une première. Et le dernier acte, celui des révélations, propose des Ghostface originaux, malgré un mobile qui a, en revanche, rarement été aussi stupide.

On aime aussi beaucoup les mises à mort. Le créateur de la saga, Kevin Williamson, a dû vouloir prouver qu’il savait donner de sa personne dans ce qui fait l’une des composantes phares de la saga : les meurtres. Et on est gâtés, notamment avec celui de la pompe à bière et celui sur la scène de théâtre, particulièrement sadiques. Alors même si sa mise en scène n’est pas particulièrement remarquable, on se contente de ces petits plaisirs. Enfin, Scream 7 a aussi sa thématique. Et les deepfakes permettent de jouer admirablement avec les fantômes du passé. Côté légèreté, les notes d’humour fonctionnent plutôt bien, comme un vaudeville de l’épouvante avec des jump scares plutôt bien sentis.

Plaisir (non) coupable

Alors oui, quand on aime, on ne compte pas. Scream 7 est une sorte de madeleine de Proust du slasher assaisonnée au sang neuf. Et le plaisir de retrouver Neve Campbell et Courteney Cox pour un nouvel épisode n’est pas déçu. Un huitième opus — et pourquoi pas davantage — ne nous dérangerait pas si les surprises sont là, tout comme le fan-service qui fait partie intégrante de l’ADN des Scream. Cet opus est bien écrit, et malgré quelques ratés comme la scène foireuse et bourrée d’incohérences de la cuisine, ou le retour des jumeaux joués par Mason Gooding et Jasmin Savoy Brown qui se mêle mal au script. En dépit de ces réserves, les aficionados devraient s’éclater et ceux qui n’ont jamais aimé… ne devraient pas plus apprécier. Entre nostalgie et renouveau contemporain, voilà une saga increvable !

Bande-annonce – Scream 7

Fiche technique – Scream 7

Réalisateur : Kevin Williamson
Scénariste : Guy Busick
Production : Spyglass Entertainment & Paramount Pictures
Distribution : Paramount Pictures France
Interprétation : Neve Campbell, Courtney Cox, Isabel May, Jasmin Savoy-Brown, Mason Gooding, McKenna Grace, Asa Germann, Celeste O’Connor, Anna Camp, Joel McHale, David Arquette, Matthew Lillard, Scott Foley, …
Genres : Thriller – Épouvante – Comédie – Slasher
Date de sortie : 25 février 2026
Durée : 1h54
Pays de production : USA

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3.5

Festival

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