Happy Birthdead, un slasher qui renoue avec le genre de Christopher B. Landon

Happy Birthdead a cartonné dès la première semaine de sortie au États-Unis, détrônant au box office en première semaine d’exploitation Blade Runner 2049. Ce slasher-movie Blumhouse – n’ayant amassé que 71 millions – fonctionne à tous les points de vue et on vous dit pourquoi…

Synopsis : Tree Gelbman est une étudiante contrainte de vivre la même journée tout en étant confrontée à un tueur masqué. Elle doit donc vivre cette même journée encore et encore, afin de découvrir l’identité du tueur au masque de bébé.

Malgré un sujet très succinct: revivre le même jour jusqu’à arrêter de mourir, une mise en scène dynamique et maîtrisée digne d’un épisode d’une série TV (pour ne citer que « Life Serial » 05×06 de Buffy), et surtout les pointes d’humour quasi référencées, sans oublier le jeu de Jessica Rothe (La la land, Mary + Jane) inconnue jusqu’alors au bataillon, Happy Birthdead ne peut que faire mouche et ce auprès de tous les publics, malgré un habillage teenage éculé.

Who dunnit : quand Scream ou Destination Finale rencontre Un Jour sans fin 

Le réalisateur est le fils de l’acteur producteur Michael Landon (La Petite maison dans la prairie) et a déjà fait ses armes en travaillant aux scénarios de Paranormal Activity 2, 3, 4, jusqu’à réaliser le spin-off. Alors ce n’est pas certes un gage de qualité de prime abord, et pourtant, s’il y a des talents à signaler, il faut le faire : David F. Sandberg, Fede Alvarez, James Wan qui depuis plus d’une décennie est déjà culte grâce ses trois sagas, Saw, Insidious, The Conjuring… Christopher Landon en est à son troisième long métrage, après le film de fantômes de la saga créée par Oren Peli, (P.A. The Marked Ones), et le film de zombies (Manuel de survie à l’apocalypse zombie uniquement sur Netflix), il se tourne au slasher sur des bases et un fond « déjà-vu », le milieu post- teenage et la fac américaine. On comprend très vite qu’il a dévoré tous les opus de Destination Finale, tant le macabre est habilement tissé de dérision sur les possibles morts de Tree Gelbman. A la fois donc léger et sérieux dans ce qu’il traite, le long métrage, à l’humour noir salvateur, se calque sur le supplice d’une mort certaine en fin de journée si justice n’a pas été faite, jusqu’à possiblement user des clichés propres aux films d’horreur pour les contourner.

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Concernant l’article en lien ci-dessus, bon nombre sont donc d’usage. La fille qui tombe, l’autorité inefficace, le piège de la voiture, le message sur l’abstinence (très US by the way), la fausse fin, le couteau, le masque etc, en rajoutant la fausse cachette de la baignoire, se croire en sécurité chez soi, l’homosexuel qui se cache, la beuverie, la réconciliation avec la figure paternelle… De la part d’un cinéphile, la réception est plus compréhensible, d’autant plus que la référence à Sueurs Froides et l’escalier en spirale est évidente. Le plaisir devient coupable lorsque le titre « Confident » de Demi Lovato vient rythmer la séquence d’enquête durant laquelle Tree tente de démasquer les potentiels suspects. On est proche de la dynamique d’How to Get Away with Murder qui, sur une musique sexy et électrisante, restitue l’essence captivante d’un who dunnit agatha christinien. Cette séquence se termine par un effet de transition remarquable qui la replonge dans ce lit de départ étudiant. Les plus acariâtres se plaindront d’univers, figures ou détails déjà-vu : le médical, l’amphithéâtre, la course poursuite au parking ou la musique montée en puissance à la Bernard Hermann, circulaire angoissante très travaillée relativement stridente à la Death Silence qui utilisait les sonorités du jouet carrousel pour enfant, ponctuée ici de poussées abyssales. Le compositeur Bear McCreary compose essentiellement pour la télévision avec les bandes originales de Battlestar Galactica, Defiance, Davinci’s Demon, Marvel : Les Agents du S.H.I.E.L.D, Black Sails, Outlander ou encore Damien. Nous remarquerons que la séquence intérieure avec sa coloc est jouée en fond sur « Ophelia«  de The Lumineers proposant une brève rupture indie folk réconfortante.

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Il faut remarquer que le co-scénariste, Scott Lobdell, est spécialiste de science-fiction. Il a travaillé  sur nombre de comics notamment sur les albums de la franchise X-Men et soumet ici, un récit à la fois pêchu et ambitieux. S’adressant à la génération Y ayant baigné dans les séries américaines adolescentes où le campus universitaire est le principal lieu de tous les crimes (Dawson, Buffy, Beverly Hills, La Guerre des Stevens, Sauvé par le gong ou plus récemment Smallville, Community, Greek, Friday Night Lights…), Happy Birthdead s’articule comme une série MTV(+)/Netflix(-) avec le courage et les moyens d’un blockbuster. Critiquons le ressassé, mais remarquons l’ingéniosité aux multiples influences de ce pop corn slasher movie qui s’attaque à l’utile et l’agréable comme une oeuvre de Poe, Gautier, K. Dick ou Lovecraft ferait matière noble du concept freudien de l’inquiétante étrangeté.

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Nous ne sommes jamais laissés de côté et le plaisir donc coupable est entier. Christopher Landon propose un slasher movie plus intelligent qu’il n’y paraît. A la manière d’une fable un peu déconcertante, Happy Birthdead, confirmant que l’horreur est devenu le genre le plus rentable d’hollywood, s’adresse à tous ceux qui ne prennent pas le temps de renouer avec leur parent, de se regarder vraiment dans un miroir pour prendre conscience de toute la superficialité que notre société, régie par les apparences, nous conduit à admettre comme seule loi.  Mais aussi et surtout de faire le deuil des mauvais choix quitte à devoir lutter pour notre propre survie. Le prince charmant est loin d’être synonyme de beauté ou d’intelligence. Le grand méchant loup n’est pas seulement le psychopathe tueur en série. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois et notre anniversaire est loin d’être le plus beau jour de l’année. Ça tout le monde l’avait compris…

Happy Birthdead – Bande Annonce

Happy Birthdead – Fiche Technique

Titre original : Happy Death Day – Bonne fête encore ! (titre québéquois)
Réalisateur : Christopher B. Landon
Scénario : Christopher B. Landon et Scott Lobdell
Interprétation : Jessica Rothe (Tree Gelbman), Israel Broussard (Carter Davis), Ruby Modine (Lori), Annika Harris (Jodie), Rachel Matthews (Danielle), Charles Aitken (Gregory)…
Photographie : Toby Oliver
Montage : Gregory Plotkin
Musique : Bear McCreary
Décors : Gretchen Gattuso
Producteurs : Jason Blum, Angela Mancuso, Ryan Turek, John Baldecchi et Seth William Meier
Société de production : Blumhouse Productions pour un budget de 5 millions $
Distributeur : Universal Pictures
Durée : 95 minutes
Genre : horreur – slasher – thriller
Date de sortie : 13 octobre 2017 (usa) – 15 novembre 2017 (France)

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Antoine Mournes
Antoine Mourneshttps://www.lemagducine.fr/
Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?

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