"A Short Story", le court-métrage tourné par Bi Gan en 2022, suit un chat sans maison en quête de la chose la plus précieuse au monde. Une fable minuscule, tournée avec une précision d'orfèvre, mais l'un des gestes de cinéma les plus bouleversants de son auteur, qui reste gravé bien après le générique.
« Et cela résonne : un système contribue à l’évolution d’un système plus large, duquel il reçoit aussi sa propre nourriture. Ainsi un bâtiment contribue à la dynamique de la ville dans laquelle il se situe. Cette même ville lui fournit sa « nourriture » : ses services, infrastructures et règlements. »
Dans "Mi Amor", Guillaume Nicloux assume sa radicalité : un pacte irrévérencieux avec le spectateur, un scénario qui semble s'écrire sous nos yeux, une mise en scène voluptueuse et des acteurs magnétiques (Pom Klementieff, Benoît Magimel).
Conte de Noël captivant, mélange bien dosé de magie et de réalisme, Le pupille est le dernier court-métrage d’Alice Rohrwacher. A travers une œuvre à l’esthétique soignée, la réalisatrice suit le quotidien d’orphelines élevées par des sœurs en pleine Italie mussolinienne.
Dans un film habité et glamour, Maïwenn réussit le tour de force de rendre fluide, ardent et désirable le genre du film d’époque. Jeanne du Barry, le nouvel opus de Maïwenn retraçant l’ascension d’une femme de la plèbe en favorite de Louis XV, irradie de souffle romantique et de liberté sauvage.
S'il est des regards qui électrisent. Gaspard Ulliel en possédait un. L'acteur n'était pas que cela puisqu'il était très souvent vibrant comme lorsqu'il interpréta un écrivain venu annoncer sa mort prochaine à sa famille dans Juste la fin du monde. Xavier Dolan, le réalisateur du film, a d'ailleurs écrit à son sujet (sur son compte Instagram) : « Ton rire discret, ton œil attentif. Ta cicatrice. Ton talent. Ton écoute. Tes murmures, ta gentillesse. Tous les traits de ta personne étaient en fait issus d’une douceur étincelante ». C'est en ces quelques mots, énoncés comme autant de qualités, que l'on peut décider de rendre hommage à un grand acteur qui, même à 37 ans, a marqué de nombreux films et a reçu deux César dans sa bien trop courte carrière. Il devait tourner un film avec Bertrand Bonello, La Bête, huit ans après son rôle dans Saint Laurent. Gaspard Ulliel est mort des suites d'un accident de ski le 19 janvier 2022, à l'aube d'une carrière qui s'internationalisait. On entend alors plus fort ces mots qu'il prononça dans Juste la fin du monde : « Et qu'est-ce qu'ils feront quand je leur dirai que je m'en vais, que je ne reviendrai pas, de manière définitive... ?». Et si comme dans Il était une seconde fois (série d'abord diffusée sur Netflix et visible depuis le 19 janvier sur le site d'Arte), nous nous plongions dans le passé pour (re)découvrir la filmographie éclectique de l'acteur français ? Hommage.
Alors que les salles de cinéma sont toujours fermées au public, certains membres de la rédaction du Magduciné font un petit tour d'horizon à propos du cinéma français actuel et son rapport avec le grand public sur ces dernières années.
Jean-Pierre Bacri est mort à l'âge de 69 ans. Cet acteur souvent qualifié d'authentique et bougon a surtout marqué par des films qui le sont tout autant. Discret sur sa vie privée, peu présent à l'écran (il n'était pas boulimique de films), l'acteur a su nous toucher en plein cœur. Portrait en forme d'hommage.
Les salles de cinéma n'ont pas été citées dans un premier temps dans les discours officiels (et plus largement la culture) puis sont finalement restées fermées le 15 décembre dernier. La lumière n'a pas éclairé le bout du tunnel des salles obscures. Au-delà de la question sanitaire et politique qui laisse place ou non à la culture, c'est quoi la salle de cinéma ? Si pour Mathieu Kassovitz, les salles se sont "pas essentielles" en temps de crise, d'autres comme Nicolas Maury crient dans la nuit pour leur réouverture. Dans 44 lettres adressées aux spectateurs et spectatrices par les gens du métier, le cinéma redevient essentiel. Pour les cinéphiles que nous sommes, elle est un lieu où être à sa place, où le rêve se déploie. A travers différentes expériences de cinéma en salle, j'ai décidé, moi aussi, d'adresser une lettre d'amour au 7e art et aux découvertes lumineuses dans l'obscurité.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »