"A Short Story", le court-métrage tourné par Bi Gan en 2022, suit un chat sans maison en quête de la chose la plus précieuse au monde. Une fable minuscule, tournée avec une précision d'orfèvre, mais l'un des gestes de cinéma les plus bouleversants de son auteur, qui reste gravé bien après le générique.
« Et cela résonne : un système contribue à l’évolution d’un système plus large, duquel il reçoit aussi sa propre nourriture. Ainsi un bâtiment contribue à la dynamique de la ville dans laquelle il se situe. Cette même ville lui fournit sa « nourriture » : ses services, infrastructures et règlements. »
Dans "Mi Amor", Guillaume Nicloux assume sa radicalité : un pacte irrévérencieux avec le spectateur, un scénario qui semble s'écrire sous nos yeux, une mise en scène voluptueuse et des acteurs magnétiques (Pom Klementieff, Benoît Magimel).
A peine les festivités digérées que le deuil continue de frapper à notre porte. Elle est belle la transition énergétique, économique, écologique. Économisons notre énergie, retournons à l'école. Ça tombe bien, Gaumont distribue Mon maître d'école. Le retour est morose et l'espoir au prochain carrefour. Des icônes nous quittent, au point de ne plus savoir comme fermer le robinet des désillusions.
Le mois de Décembre commence et avec lui l'année 2015 touche à sa fin. A l'occasion de la Cop 21, notre rédaction s'attarde un instant sur l'impact problématique du cinéma sur notre environnement.
J’appelle alors tous ceux qui le veulent et le peuvent à remplir de nouveau les salles de cinéma, à vibrer, à apprendre, à comprendre. J’espère croiser vos visages avant les séances, dans le noir, et aussi quand la lumière se rallume, voir cette petite lueur qui me relance dans la vie. Bref, voir vos visages ailleurs que sur les affiches-hommages aux victimes et pouvoir répondre un sourire à vos sourires, une larme à vos larmes. Les questions viennent, les analyses aussi. L’émotion reste pourtant intacte chez moi, car je laisse à ceux dont c’est le métier le soin d’analyser. Je vous ai partagé ma solitude, rien de plus. A bientôt dans les salles, dans la rue, avec mes critiques, mes découvertes. Relevons la tête, allons au cinéma !
Maïwenn nous l'a affirmé hier soir lors d'une projection en avant première de Mon Roi : "on doit avoir envie de tomber amoureux en sortant". Pourtant la réalisatrice nous parle avec éclat d'une histoire d'amour passionnelle, obsessionnelle qui tourne mal
« A l’origine, nous étions des êtres doubles : chaque humain était constitué de deux personnes, unies en un seul corps gigantesque. Notre force et nos capacités étaient d’autant plus grandes et notre pouvoir était tel que nous cherchâmes à rivaliser avec les dieux… »
Dans "L’Âge des inutiles", David Da Silva croise Donald Trump, la Silicon Valley, l’intelligence artificielle et le cinéma pour poser une question simple mais inquiétante : et si le progrès que nous célébrons préparait déjà notre propre déclassement ? Non pas la grande apocalypse mécanique promise par la science-fiction, mais quelque chose de plus discret et rationnel : un monde où l’humain deviendrait peu à peu l’élément le moins rentable du système.
Un sex-shop, une vendeuse qui en a vu d’autres et Hugo, collègue aussi candide qu’intarissable : il n’en faut guère davantage pour transformer godes, porno, fantasmes et petites misères sexuelles en machine à gags. Sans prétendre révolutionner la gaudriole, cette BD trouve son meilleur carburant dans le télescopage entre la banalité du commerce et ce que ses produits ont de délicieusement embarrassant.