« Les êtres sauvages, commença-t-il. Ça m’a toujours paru un peu erroné de dire ça d’eux. Ils ne sont pas sauvages. En tout cas, pas comme la plupart des gens le conçoivent. Observez-les. Voyez comment ils sont les uns envers les autres. Ils sont plus dociles que nous. Je crois que c’est parce qu’ils savent d’emblée comment aimer et que nous, nous devons l’apprendre. Je vois cela en eux. Comment l’amour les rend dociles. Pas seulement entre eux. La nature. Son mystère. L’attraction de la lune. Le ciel. Toute l’atmosphère qui s’en dégage. C’est ce qui m’attire. Cette grande ouverture qu’ils offrent. C’est ce que j’essaie de ressentir quand je suis avec eux. Ce que j’essaie de voir et de saisir, si j’ai de la chance. Cette authenticité. »
« Il a produit de sa poche gauche un paquet de Soleil Levant. Ce que le ravitaillement nous réserve de temps à autre, ce sont des Milan d’or, et pour ce qui est de ces Soleil Levant, à cause de la présence de feuilles de grande renouée, je ne pourrais affirmer qu’elles sont bonnes, avec la meilleure volonté du monde ; cependant, une bouffée de leur fumée me procure une sensation de nicotine jusqu’au bout des doigts et un agréable fourmillement gagne tout mon corps. C’est bien là la plus grande jouissance du fumeur. Je sais comment m’en procurer. Il suffit de bourrer de riz perlé un paquet vide de ces Soleil Levant puis d’aller se tenir devant le débit de tabac du coin, d’attendre le moment où les passants ont disparu pour mettre prestement le paquet sous le nez de la buraliste. La seconde d’après le riz a été escamoté au profit de tabac. »
« Mais le cauchemar revint cette nuit-là. Il y avait des mois que je n’avais pas rêvé de l’exécution de la reine Anne, mais la vue du cadavre de Singleton me remit tout en mémoire. Par une belle matinée de printemps j’étais de nouveau sur le Tower Green (la partie ouest de la cour intérieure de la Tour où l’on décapitait les condamnés de sang royal et les nobles), parmi l’énorme foule entourant l’échafaud recouvert de paille. J’étais au premier rang, lord Cromwell ayant ordonné à tous ses protégés d’être présents afin qu’ils soient liés à la chute de la reine. Il se trouvait à deux pas, au premier rang lui aussi. Bien qu’il ait dû son ascension à son appartenance au groupe d’Anne Boleyn, c’était lui qui avait préparé l’accusation d’adultère ayant causé sa perte. Il avait l’air sévère et renfrogné, incarnation du courroux de la justice. »
« La Bête a faim. Elle avale l’air comme un cheval excité. Je regarde autour de moi : le siège vide à droite, la panier d’œufs de Bangley et la couverture avec le chasseur qui n’en finit pas de viser un faisan qui prend son envol. En tas contre la porte. Même à moitié sourd et les articulations raides Jasper était un meilleur copilote que la plupart des hommes. N’importe quel homme. Que les choses en soient réduites à : la vie condensée en une couverture miteuse. Le plomb qui n’atteindra jamais sa proie, l’oiseau qui ne retombera jamais mais aussi, le chasseur qui ne manquera jamais son coup. Qui ne perdra jamais rien. Dont le chien ne mourra jamais. »
Depuis les bureaux de l'US Robots sur Terre jusqu'à l'atmosphère gazeuse de Jupiter, depuis un astéroïde qui sert de base de lancement à un vaisseau unique jusqu'à la surface brûlée de Mercure, les nouvelles qui sont rattachées au cycle des Robots d'Isaac Asimov constituent une véritable épopée du futur de l'humanité, doublée d'un monument de la SF.
C'est derrière un aspect bucolique et poétique, que se cache le caractère humain du recueil de Tourgueniev Les Récits d'un chasseur. En décrivant aussi bien des serfs maltraités par leurs maîtres que des propriétaires ruinés, l'écrivain, dont ce recueil fut le premier succès, dresse un portrait fascinant et émouvant de la vie rurale en Russie.
Jean Giono était un grand romancier, mais aussi un fin observateur de son environnement provençal. Il écrivit de nombreux textes à visée purement descriptive, sortes de témoignages de ses contemplations de la nature et des hommes. Solitude de la pitié, son premier recueil de nouvelles, est un de ces assemblages d’impressions picturales, où l’on découvre cette humanité perdue dans son lien à la nature ; une nature qui est partout, et pourtant étrangère.
En 1842, Edgar Allan Poe publie Le Masque de la Mort Rouge. La nouvelle paraît d’abord dans un magazine, avant d’être reprise dans le recueil Nouvelles histoires extraordinaires, publié en France en 1857, avec une traduction de Charles Baudelaire en personne. Plus qu’une nouvelle fantastique, Le Masque de la Mort Rouge flirte avec plusieurs styles, en faisant un récit mémorable…
Le Chat noir est une nouvelle écrite par Edgar Allan Poe en 1843. Elle paraît d'abord dans les pages de l'hebdomadaire The Saturday Evening Post avant de paraître dans le recueil Nouvelles histoires extraordinaires en 1857 sous la houlette et la traduction de Charles Baudelaire. Cette étude, souvent glaçante, de la folie, mélange habilement réalité et fantastique dans un récit resserré et non dénué d'humour aussi noir que le héros à quatre pattes qui donne son titre à la nouvelle. L'occasion pour nous de parler d'Edgar Allan Poe à l'occasion de la série d'analyses "les géants en petit format".
En 1966, Dino Buzzati publiait Le K. Le recueil de nouvelles aujourd’hui mondialement connu paraît vingt-six ans après le roman à succès de l’auteur, Le Désert des Tartares (1940). Et pourtant, si les grands écrivains sont parfois davantage connus pour leurs romans que pour leurs œuvres courtes, Le K, ouvrage singulier, fait partie intégrante de la « légende Buzzati ». Le recueil se compose d’une cinquantaine de nouvelles fantastiques, surréalistes, voire oniriques, en faisant un véritable plaisir de lecture – d’une traite ou à lire de temps en temps.
"Viï" n’est sans doute pas la plus connue par chez nous parmi les nouvelles écrites par Nicolas Gogol. Mais c’est une oeuvre fantastique forte et complexe, où l’on retrouve le talent et les obsessions du grand écrivain.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »