Non dépourvu de plans géniaux – notamment son duel final – et illuminé par le magnétisme de Lee Van Cleef, le film est néanmoins écrasé par le modèle leonien, dont tous les codes sont scrupuleusement respectés. Les suppléments sont généreux et sympathiques… mais eux aussi très imparfaits.
Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.
Des personnages nuancés, un Burt Lancaster extraordinaire et des paysages majestueux sont mis au service d’un récit évoquant la lutte à mort que se livrent deux cultures qui jamais ne pourront se comprendre. Le manichéisme n’a pas sa place ici : les adversaires sont renvoyés dos à dos alors qu’en arrière-plan le rêve américain se fracasse dans le sang et les cendres…
En ne sachant pas choisir son camp, La Falaise Mystérieuse est un film à demi. Moitié film d'amour, moitié film fantastique, il ne parvient ni à faire sourire ni à faire peur et tombe à plat. Reste Gail Russel, toujours aussi belle et légère, montrant qu'une grande carrière l'attendait si la mort ne s'en était pas mêlée.
À la surprise générale, ce film sur lequel personne n’aurait parié, pas même son producteur Burt Lancaster, s’est imposé comme un immense succès critique et un triomphe public international.
Dans Vivre, film faisant partie de la glorieuse période des années 50, Akira Kurosawa dresse le portrait d'un bureaucrate qui apprend qu'il n'a plus que six mois à vivre. Échappant au piège du mélo pathétique, Kurosawa signe un de ses grands films et nous donne quelques séquences inoubliables.
En dressant le portrait sensible d'un homme mis sous tutelle par ses enfants parce qu'il est terrifié par la perspective d'une explosion nucléaire, Akira Kurosawa attaque la société japonaise de son temps, trop insouciante et perdant ses repères.
Une fois de plus, Akira Kurosawa prend le prétexte d'une enquête policière pour faire une œuvre très sociale, plongeant le spectateur dans les bas-fonds d'une société japonaise d'après-guerre que l'influence de l'occupant américain transforme en profondeur.
L'Atelier d'images et The Corporation éditent en dvd et blu ray "Jeanne d'Arc" dans sa version longue (comprenez celle du réalisateur) restaurée : retour sur le beau film de Victor Fleming - réalisateur d'"Autant on emporte le vent" et du "Magicien d'Oz" -, avec au casting Ingrid Bergman !
Porté par un Dustin Hoffman fabuleux, Lenny, film réalisé par Bob Fosse et plutôt méconnu en France, sort en DVD et Blu-Ray grâce à Wild Side, le 30 mars 2016.
Love Streams, le pénultième film de John Cassavetes (si on compte son remplacement au pied levé d'Andrew Bergman pour la réalisation de Big Trouble) est un film-somme, un film-testament, une oeuvre où on retrouve tout ce qui fait la singularité et la beauté de ses films. lumineuse par la présence de Gena Rowlands, crépusculaire par le contexte de sa réalisation. Critique
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.