Lenny, un film de Bob Fosse : Critique

Synopsis : Après la mort du comique américain le plus célèbre et le plus controversé des années 60, un intervieweur recueille les témoignages de ses proches et tente de retracer sa vie… En écumant les cabarets, Lenny Bruce rencontre Honey, une stripteaseuse qui devient sa compagne. Ensemble, ils créent un duo qui flirte avec le politiquement incorrect, et Lenny devient un provocateur admiré pour ses saillies cinglantes contre la société américaine bien-pensante…

Qu’il est bon de découvrir le personnage de Lenny Bruce, humoriste satirique dans les années 50-60 très peu connu en France, grâce au film de Bob Fosse. Ne rien savoir et tout apprendre grâce à ce film relève d’une certaine joie, tant l’esthétique du réalisateur est léchée et plaisante. La caméra et l’image en noir et blanc, quoi que vieillie, embellissent les protagonistes de la plus belle manière qu’il soit. Bob Fosse filme les cabarets d’une manière intimiste et radieuse, avec cette fumée de cigarette, symbole de vie de Lenny, et nous fait découvrir le parcours agité d’un homme ayant fait polémique à de nombreuses reprises, car il faut rappeler que Lenny Bruce fut arrêté pour obscénité à de multiples reprises et placé sous la surveillance du FBI. Si une scène reste en mémoire, c’est bien celle du trip de drogue qui, sans son, bouleverse le spectateur, et s’avère frappante.
Valerie Perrine, qui interprète Honey Bruce, est quant à elle sublime et dégage un charme inégalable tant il est charnel et enjoueur.
Dustin Hoffman, sous son épaisse barbe noire, est lui aussi au sommet. Sa prestation est dantesque, et son jeu fait passer le spectateur du tout au tout en un instant : tantôt tragique, tantôt comique, retraçant un destin sacrifié et rocambolesque. L’acteur américain n’a en rien volé sa nomination aux Oscars de 1975. Lenny est un tour de force à inscrire au palmarès de Bob Fosse tant il prend aux tripes et passionne. On se plaît à voir de tels acteurs, et on se plaît à voir une réalisation nous faisant découvrir l’intime d’un être hors normes.

Aussi, si le film est si prenant, c’est grâce à la multitude de témoignages fictifs qui parsèment le films. Ils perdent le spectateur entre fiction et documentaire, même si Dustin Hoffman est là pour nous rappeler qu’il s’agit d’un biopic.

Cette sortie DVD est donc l’opportunité de voir un film marquant, un biopic sublime, magnifiquement interprété, et réalisé de manière monumentale. N’oublions pas que Bob Fosse est l’auteur d’autres grands films comme Que le spectacle commence, Palme d’Or en 1980, ou encore Cabaret.

Sortie en DVD & Blu-Ray du magnifique film de Bob Fosse, Lenny, en version restaurée

Réalisateur : Bob Fosse
Casting : Dustin Hoffman, Valerie Perrine, Jan Miner, Stanley Beck, Frankie Man, Rashel Novikoff, Gary Morton, Mark Harris…
Scénario : Julian Barry, adapté de sa propre pièce Lenny, jouée à Broadway.
Distributeur France du DVD : Wild Side.

Caractéristiques techniques des DVD : Master restauré HD – Format image : 1.85, 16/9ème compatible 4/3 – Format son : Français & Anglais DTS 2.0 & Dolby Digital 2.0 – Sous-titres : Français.

Caractéristiques techniques du Blu-Ray : Master restauré HD – Format image : 1.85 – Résolution film : 1080 24p – Format son : Anglais & Français DTS Master Audio 2.0 – Sous-titres : Français.

En terme de bonus : Bruce Surtees, Prince of Darkness : entretien avec Darius Khondji sur le travail de la lumière dans le film (26 minutes) • Bande-annonce originale

À retrouver également dans le coffret : Le livre Seul sur Scène est un livre exclusif de 200 pages sur le film Lenny et sa genèse, spécialement écrit pour cette édition par Samuel Blumenfeld, illustré de photos et de documents d’archive rares.

Durée du film (DVD) : 1h47.
Durée du film (Bu-Ray) : 1h51.

Le film sort en édition Blu-ray + DVD + Livre le 30 Mars 2016 au prix public indicatif de 29,99 euros.

Lenny : Bande-annonce Extrait « Nigger »

https://www.youtube.com/watch?v=t4jWxo8X8zs&feature=youtu.be

 

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Signes de vie, de Werner Herzog : à perdre la raison

Exploration à bas bruit des frontières de la rationalité humaine ? Faille spatio-temporelle où l’Homme quitte le sentier d’un destin médiocre ? Pas de doute, le cinéma de Herzog est déjà en place.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Voyage à deux : le désenchantement conjugal

Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

Le Réveil de la Momie : ni morte ni réveillée

Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.
Zoran Paquot
Zoran Paquothttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant lillois passionné de cinéma, ayant plusieurs courts-métrages à mon actif, je baigne dans cet art depuis ma plus tendre enfance, grâce à un père journaliste m'ayant initié au visionnage intensif de films, mais également friand de théâtre, et d'arts en général. Admirateur de Nicholson, fou de Jim Carrey et fervent défenseur du cinéma français. Mon film culte ? Vol au-dessus d'un nid de coucou, Milos Forman, 1975.

Natura : Se perdre pour renaître

S'il est de coutume de penser que la beauté est intérieure, "Natura" nous invite à une tout autre mise en perspective : celle d'un environnement naturel à la fois hostile et sublime, qui finit par agir comme un miroir. Une traversée du massif vosgien qui tient à la fois du conte et de la survie, où une femme cherche, dans l'épaisseur de la forêt, quelque chose qui ressemble à une seconde naissance. Mickael Perret réussit à explorer ce décor dans ce qu'il a de plus brut et de plus étrange. Un premier film audacieux et ambitieux, porteur de grandes promesses.

Sirāt : l’odyssée des damnés

Prix du jury au Festival de Cannes 2025, Oliver Laxe prolonge son cinéma de l’épreuve et de la foi dans un road-trip halluciné au cœur du désert. Entre communauté de teufeurs, deuil intime et bascule métaphysique, "Sirāt" interroge l’errance contemporaine dans un monde vidé de repères. Une expérience sensorielle radicale, portée par les corps, la musique et un monde au bord de l’effondrement.

Once upon a time in Gaza : l’Espoir, le Vice et la Trahison

"Once Upon a Time in Gaza" des frères Nasser est une tragi-comédie saisissante mêlant fraternité contrariée, satire sociale et résistance artistique. Entre fable noire et cinéma engagé, le film dresse un portrait poignant et absurde de la vie à Gaza, où chaque geste devient un acte de survie sous un ciel d’oppression.