Non dépourvu de plans géniaux – notamment son duel final – et illuminé par le magnétisme de Lee Van Cleef, le film est néanmoins écrasé par le modèle leonien, dont tous les codes sont scrupuleusement respectés. Les suppléments sont généreux et sympathiques… mais eux aussi très imparfaits.
Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.
Des personnages nuancés, un Burt Lancaster extraordinaire et des paysages majestueux sont mis au service d’un récit évoquant la lutte à mort que se livrent deux cultures qui jamais ne pourront se comprendre. Le manichéisme n’a pas sa place ici : les adversaires sont renvoyés dos à dos alors qu’en arrière-plan le rêve américain se fracasse dans le sang et les cendres…
Un amour impossible de Catherine Corsini sort ce 20 Mars 2019 en DVD & Blu-Ray. C'est l'occasion de découvrir ou redécouvrir ce film adapté du roman éponyme de Christine Angot, âpre et sec comme à son habitude, mais que Catherine Corsini réussit à remettre d'une belle manière naturaliste dans un contexte historique, celui des années 50 et sur près de quarante années.
Le peintre Mathurin Méheut décrit les horreurs de la Première guerre mondiale à travers ses dessins et la correspondance qu'il entretient avec Marguerite, son épouse. Dans ce documentaire, le spectateur entrevoit le conflit à travers ses yeux et croquis, mais aussi par le biais d'un verbe, celui des lettres, tour à tour horrifiant et fort de la tendresse qu'il éprouve vis-à-vis de sa compagne.
Cold War fait partie des films marquants de l'année 2018. Nous vous en parlions déjà lors de sa projection à Cannes, et nous y revenons aujourd'hui à l'occasion de sa sortie en DVD/Blu-Ray cette semaine. L'occasion de replonger dans cette « Dolce Vita maudite », avec quelques bonus à la clé.
Carlotta Films nous permet de redécouvrir Jacques Rivette à travers un coffret intitulé "La Fiction au pouvoir". Au menu : Duelle, Noroît et Merry-Go-Round, trois longs métrages méconnus faisant la part belle à l'imaginaire et aux séquences longues. Si le pouvoir de fascination du cinéaste français demeure intact, ses films, assez radicaux dans leur démarche, souffrent d'un manque de rythme et d'enjeux.
Harlots procède par immersion : dans l'Angleterre georgienne, au sein du milieu de la prostitution, à l'intérieur de deux maisons closes rivales. Là-bas, outre les querelles sans merci animant deux matriarches obstinées, le spectateur découvre des plaies familiales béantes, des rapports au sexe et aux femmes révélateurs, mais aussi la résilience de femmes dont le seul tort est d'être mal nées.
Girl, premier film du réalisateur belge Lukas Dhont, sort en DVD/Blu-ray ce 19 février. Drame sensible et touchant, il aborde le thème du transgenre sous l'angle d'une courageuse quête d'accord avec soi-même et du rapport conflictuel au corps. Une oeuvre personnelle d'une grande délicatesse.
Burning, le thriller poétique de Lee Chang-Dong, sort enfin en DVD/Blu-ray ce 5 février. Adapté de la nouvelle Les Granges brûlées de Haruki Murakami, Burning mêle satire sociale et drame amoureux dans un film envoûtant. Retour sur une œuvre fascinante, à voir comme à redécouvrir.
À l'occasion de son come-back Blu-ray/DVD avec un formidable master haute définition édité par Rimini, retour sur Jugement à Nuremberg de Stanley Kramer, œuvre impressionnante de subtilité et justesse quant à sa représentation tout en nuances de l'un des procès de Nuremberg – celui des anciens magistrats du IIIe Reich nazi – prenant place dans une Allemagne marquée par l'Histoire et déjà touchée par les prémices de la guerre froide.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.