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Sherlock, saison 4, une série de Mark Gatiss et Steven Moffat : Critique

Il aura fallu attendre pas moins de trois ans pour connaître la suite à l’inoubliable cliffhanger venue clore la précédente saison de Sherlock. Trois nouveaux épisodes qui réussissent à mieux nous attacher aux deux héros pour rendre les adieux plus déchirants encore.

Synopsis : Hanté par l’idée que Moriarty ait pu survivre, Sherlock reprend son activité de détective tandis que John Watson élève la fille qu’il vient d’avoir avec sa femme Mary. D’enquêtes en enquêtes, ils seront chacun rattrapés par leur passé.

Le vent d’est emporte tout avec lui

Ils ont beau avoir été annoncés comme étant les derniers épisodes de la série par son créateur Steven Moffat, les trois épisodes qui composent cette quatrième saison restent fidèles aux mécanismes de ceux qui les ont précédés. C’est ainsi que le premier d’entre eux apparaît à priori comme une enquête au demeurant mineure, sans pour autant rien sacrifier à la qualité formelle qui participe à la renommée de cette adaptation moderne des romans d’Arthur Conan Doyle. « Episode de rodage », « démarrage difficile », voire « reprise ratée », The Six Thatchers a déçu, c’est inéluctable. Et pourtant, la seule joie de retrouver les personnages et leurs interprètes, un an après l’épisode spécial L’Effroyable Mariée, fait de ces 90 minutes un vrai plaisir pour les fans des détectives de Baker Street. Benedict Cumberbatch reste tout simplement magistral alors que l’on s’aperçoit que Martin Freeman a énormément changé par rapport à ce qu’il était cinq ans plus tôt. L’exploitation de la révélation du passé, jusque-là mystérieux, de Mary Watson, allant jusqu’à la mort de celle-ci, a même pu sembler quelque peu trop rapidement expédiée, au point de laisser planer le doute sur une baisse dans la qualité de l’écriture de la part des showrunners. Sans doute, la longue attente avait-elle, malgré elle, alimenté plus d’attentes, en termes de twists et d’enjeux, que ce que les créateurs ont jamais eu l’intention d’incorporer. Dès l’épisode suivant, ce doute est fort heureusement dissipé.

Bien que la seconde enquête dans laquelle se retrouve embrigadé Sherlock, impliquant un grand méchant interprété par l’excellent Toby Jones mais néanmoins assez caricatural, reprenne une structure pour le moins classique, elle profite d’un scénario tout simplement brillant. Il apparait dès lors que les événements du précédent épisode étaient indispensables à l’évolution vers laquelle devaient aller les personnages, et
la frustration de ne pas avoir vu le retour tant attendu de Moriarty est désormais derrière nous, laissant aux scénaristes les mains libres de développer la nouvelle intrigue. Grand bien leur en a pris car l’humour, le suspense et l’action parviennent à atteindre ce point d’équilibre qui a fait la renommée de la série. La relation entre Sherlock et Watson, qui avait pu paraitre délaissée dans le précédent épisode, redevient l’enjeu majeur, pour le plus grand plaisir de leurs fans.

Parce qu’elle n’a pas répondu aux attentes du public dès le premier des 3 épisodes, cette saison 4 a semblé avoir du mal à démarrer mais apparait au final comme un ensemble parfaitement cohérent et, une nouvelle fois, d’une excellente facture.

Difficile de ne pas revenir sur The Lying Detective sans évoquer la façon dont Mrs. Hudson (Una Stubbs) apparait comme un personnage purement badass, au point d’être à l’origine de la grande majorité des scènes comiques de l’épisode. D’avoir ainsi réussi à se faire succéder les retournements de situation sans jamais faire perdre la moindre crédibilité au récit est la preuve que les showrunners n’ont rien perdu de leur talent pour nous surprendre. Et, alors que s’émiettent les indices qui nous mènent vers un cliffhanger d’anthologie, cette enquête réussit à nous faire découvrir un serial killer tordu mais surtout à exploiter les personnages avec un brio remarquable. Pour ceux qui en ont douté, Sherlock est et reste un grande série… et ce n’est certainement pas la révélation à l’approche de son final qui nous fera dire le contraire.

Le suspense quant au coup de feu reçu par John à la fin du second épisode n’aura cependant pas duré longtemps, et que le troisième épisode débute par les aveux de Mycroft sur l’existence de cette sœur cachée pose rapidement les bases de ce Problème Final. Prenant la forme d’un « torture psychologique-porn », l’épisode 3 s’éloigne des schémas habituels mais n’en reste pas moins, et une fois de plus, brillant dans son écriture. La façon dont Eurus –la fameuse sœur– joue avec la corde sensible de Sherlock, Mycroft et John permettent aux spectateurs de pleinement profiter d’une exploration dans la psyché de ces individus alors que leur incroyable arrogance les avait rendus, tout du long des 9 précédents épisodes, impénétrables. Il aura donc fallu les confronter à une intelligence supérieure à la leur pour voir enfin Sherlock avouer son amour à Molly ou encore Mycroft reconnaitre son incompétence. Mais, comment satisfaire alors les cohortes de fans qui espéraient voir dans ce dernier épisode le grand retour –si allégrement teasé– de la némesis Moriarty ? Et bien tout simplement en confirmant sa mort via un flashback qui restera, à lui-seul, la meilleure scène de cette saison. Immanquablement, les showrunners ont su réunir tous les éléments qui ont fait le succès de Sherlock, les exploiter avec finesse et malice, et ne jamais se vendre aux demandes de la hype (en ressuscitant Moriarty). De l’excellent travail.

Allant s’achever sur un monologue qui fait littéralement entrer ses héros dans la légende, la quatrième saison de Sherlock apparait comme une parfaite conclusion à la meilleure des séries britanniques. Les adieux se font donc sans la moindre frustration… mais on ne dira pourtant pas non à quelques aventures supplémentaires du mythique détective à la casquette.

Sherlock, saison 4 : Bande-annonce

Sherlock, saison 4 : Fiche technique

Créateurs : Mark Gatiss et Steven Moffat
Réalisation : Rachel Talalay, Nick Hurran
Scénario : Mark Gatiss, Steven Moffat et Stephen Thompson, librement adapté des romans d’Arthur Conan Doyle
Interprétation : Benedict Cumberbatch (Sherlock Holmes), Martin Freeman (Dr John Watson), Una Stubbs (Mme Hudson), Mark Gatiss (Mycroft Holmes)…
Montage : Charlie Philips
Sociétés de production : Hartswood Films
Musique : David Arnold, Michael Price
Chaine de diffusion : BBC
Genre : Thriller
Format : 3 épisodes de 90 minutes

Grande-Bretagne – 2017

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Les 13 visages de Cate Blanchett pour le premier trailer de Manifesto

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Cate Blanchett métamorphosée va incarner 13 personnages différents dans le film Manifesto. Une première bande-annonce dévoile un film curieux et atypique.

Avant d’être un film, Manifesto est une expérience. Réalisé par le cinéaste expérimental allemand Julian Rosefeldt, Manifesto aura un panel de 13 personnages joué par la même actrice. Cate Blanchett sera le cœur du film, allant d’un rôle d’un vagabond, d’une professeur des écoles en passant par celui d’une présentatrice télé. Le film est un projet artistique, qui a été présenté en tant qu’installation artistique  dans des musées. Notamment au Musem fur Gegenwart à Berlin ou encore au Park Avenue Armor à New York. Le film est une aubaine pour Cate Blanchett qui va pouvoir démontrer tout son talent à travers de longs monologues. Manifesto sera diffusé pour la première fois lors du festival Sundance le 23 Janvier 2017. Aucune sortie n’est encore prévue en France.

On a récemment vu la talentueuse actrice dans le film Carol ou encore dans le drame historique Truth. Elle est également au casting de Thor : Ragnarok dans le role de la méchante Hela, prévu pour une sortie le 25 Octobre 2017. Enchaînant les tournages, Cate Blanchett jouera aussi dans Ocean’s Eight, le reboot feminin de la trilogie Ocean.

Bande-annonce de Manifesto :

Mars, une mini-série de Ron Howard et Brian Grazer : Critique

Pionnière d’un nouveau genre, la National Geographic Channel a dévoilé sur sa chaîne une série à mi-chemin entre série et documentaire, Mars, qui suit l’aventure spatiale de cinq astronautes en l’an 2033 sur la planète Mars.

Synopsis : En 2033, un équipage de 6 astronautes décolle à bord du vaisseau Daedalus en direction de la planète Mars, afin de devenir les premiers à poser le pied sur la planète rouge. (En parallèle de la fiction, des reportages réalisés en 2016 sont diffusés. Les difficultés d’un voyage vers Mars sont présentées par des scientifiques et ingénieurs, notamment Elon Musk, Andy Weir, Robert Zubrin et Neil deGrasse Tyson).

Nourrie par une volonté d’être la plus précise et authentique possible, la série documentaire au budget de 20 millions de dollars s’est entourée des plus grands noms du genre pour sa production, à commencer par le duo oscarisé Ron Howard (à la réalisation) et Brian Grazer (à la production) à qui l’on doit les films Apollo 13, Un homme d’exception, Da Vinci Code et la série Arrested Development.

Réaliste, dramatique et émotionnelle, l’ambition de Mars est de montrer en grandeur nature ce à quoi cette planète ressemblerait si l’espèce humaine venait à l’occuper, permettant ainsi à ses téléspectateurs de vivre une expérience authentique et unique. La dualité narrative entre la fiction et le documentaire aidant en ce sens, révèle toute la complexité du projet que présente l’exploration et la colonisation de la planète rouge. Les téléspectateurs qui se retrouvent alors plongés dans les méandres interplanétaires vécues par nos personnages, s’attachent à eux et s’instruisent en parallèle sur les tenants et aboutissants d’une éventuelle colonisation.

La pléthore d’experts alloués dans la partie documentaire pour transmettre ces informations astrophysiques est de plusieurs ordres : anciens astronautes de la NASA comme la renommée Mae Jemison et le commandant de la mission Apollo 13 de 1970, James Lovell; astronomes; ingénieurs spécialisés dans l’aérospatial; le romancier Andy Weir connu pour son roman adapté en film (avec Matt Damon) Seul sur Mars; l’astrophysicien Neil deGrasse Tyson; et le milliardaire ingénieur et PDG des sociétés SpaceX (spécialisée dans l’astronautique et le vol spatial) et Tesla, constructeur automobile de luxe, Elon Musk. Garants de la véracité des faits dépeints dans la partie fictionnelle de la série, l’expertise apportée par ces grands pontes scientifiques permet de mieux apprécier le voyage de nos héros. Cette authenticité se ressent d’ailleurs dans le langage, les images et les épreuves expérimentées par les personnages. En exemple, la construction de la fusée Daedalus qui transporte nos astronautes a été fondée sur une technologie bien réelle. Les producteurs de la série ont aussi réussi à répliquer la topographie martienne en s’expatriant pour le tournage des scènes situées sur Mars au Maroc (où on retrouve un paysage semblable aux vallées de Mariner qui est un vaste système de canyons sur Mars) ou à Budapest. Un vrai lieu est d’ailleurs évoqué dans la série : Olympus Mons, qui est la montagne la plus grande de la planète rouge. C’est sous cette montagne que l’on trouve les tunnels de lave (« lava tubes » en anglais) qui permettraient de fournir un abri et une protection contre les radiations cosmiques. Ainsi, si on prend en considération la rapidité avec laquelle l’Homme détruit la Terre et la surpeuple, si l’humanité est un jour amenée à aller s’installer sur Mars, elle vivrait dans ces tunnels.

La recherche spatiale et l’expérimentation dans ce domaine sont de fait expliquées et contextualisées au travers d’images d’archives et d’interviews de brillants experts. Toutefois, il faut se demander si le réalisme voulu par les créateurs n’est pas sacrifié par tout le drame entourant la vie des personnages dans la série. En effet, suite à un incident technique qui intervient dès le début de l’épisode pilote l’aventure des astronautes de Daedalus, ceux-ci se retrouvent vite menacés. Et cette infortune inattendue a pour résultat la quête par nos héros de ressources leur permettant de survivre. Portée par la superstar de la chanson coréenne Jihae qui campe pour l’occasion deux rôles importants: celui des jumelles Hana, l’astronaute, et Joon, la « capsule communicator » (contrôleuse de communication), la série Mars semble faire un clin d’œil aux frères jumeaux Scott et Mark Kelly que l’on retrouve d’ailleurs dans le documentaire. Tous deux véritables astronautes à la NASA, ils acquièrent la notoriété en se prêtant à une expérience inédite : tandis que Scott Kelly passe près d’un an en orbite (de Mars 2015 à Mars 2016), son frère Mark Kelly (aujourd’hui astronaute retraité) participe, lui, au sol à la mission. L’étude consistant à recueillir des données sur les deux frères monozygotes (qui ont le même patrimoine génétique) et à opérer des points de comparaison sur les effets physiologiques d’un voyage à long terme dans l’espace.

Présenté sous le format de six épisodes, Mars est indéniablement une série fascinante. Le travail réalisé derrière -ne serait-ce que la partie documentaire (plus de 100 heures d’images d’archives et des interviews d’experts à travers le monde)- atteste de la volonté des producteurs de fournir un travail de qualité, authentique et précis dans ses faits. Néanmoins, on reste perplexe sur le produit final, et en particulier sur la partie scriptée du show qui manque de dynamisme. Doit-on cet échec au manque d’expérience des acteurs de la série (même un « doyen » comme Olivier Martinez peine à convaincre dans son rôle) ? Pas forcément, puisque le scénario lui-même se révèle particulièrement faible. L’histoire d’amour entre Javier Delgado et Amélie Durand par exemple est reléguée au centième plan et n’intéresse de toute façon pas plus que ça; les dialogues semblent souvent forcés et le danger constamment présent sur cette planète inhospitalière et qui est donc censé laisser les téléspectateurs sur le qui-vive est très mal exploité. Au final, une série peu captivante mais qui aura le mérite d’aborder un thème complexe et essentiel sur le devenir de l’Homme.          

Mars : Bande Annonce

 Mars : Fiche Technique

Création : Ben Young Mason, Justin Wilkes
Réalisation : Ron Howard
Scénario : Ben Young Mason, Justin Wiles, André Bormanis, Mickey Fisher, Karen Janszen, Stephen Petranek, Jonathan Silberberg, Paul Solet
Interprétation : Jihae (Hana Seung et Joon Seung), Alberto Ammann (Javier Delgado), Clementine Poidatz (Amélie Durand), Anamaria Marinca (Marta Kamen), Sammi Rotibi (Robert Foucault), Olivier Martinez (Ed Grann), Nicholas Wittman (Oliver), Kata Sarbo (Ava Macon), Ben Cotton (Ben Sawyer)
Direction artistique : Karen Wakefield
Musique: Warren Ellis, Nick Cave
Production : Imagine Entertainment, Radical Media, Zak Productions
Sociétés de production : National Geographic Channel
Distribution : National Geographic Channel
Genre : Docu-fiction, Aventure, Drame, Science-Fiction
Langue : Anglais
Etats-Unis, 2016

Ryan Land : dix films de Gosling à ne pas manquer

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À l’occasion de la sortie imminente du phénomène La La Land sur nos écrans, LeMagduCiné vous propose une petite sélection non-exhaustive des films qui ont marqué la carrière de Ryan Gosling, superstar sexy à la filmographie déjà bien remplie.

Alors qu’il se destinait au départ à une carrière de danseur, le jeune Ryan devient vite l’un des poulains de l’écurie Disney. Rapidement, il fait ses preuves dans le showbizz et apparaît au générique de plusieurs séries. À cette époque, il tourne dans quelques productions mineures, comme Fais-moi peur, Chair de Poule, Frankenstein and Me, ou encore Psi Factor : Chroniques du paranormal, et prête même ses traits à Hercule dans une fiction de seconde zone pour adolescents… Des débuts peu glorieux mais qui porteront finalement leurs fruits à l’aube des années 2000, où l’acteur, âgé d’une vingtaine d’années, commence à percer au cinéma. Depuis, sa réputation n’est plus à faire : playboy sexy pour les uns, comédien minimaliste pour les autres, Gosling déchaîne les passions et sait faire parler de lui, d’autant qu’il multiplie les activités. Chanteur dans le groupe Dead Man’s Bones, réalisateur (il passe derrière la caméra en 2014 et signe Lost River) et producteur : cet homme aux multiples casquettes, récemment récompensé du Golden Globe du Meilleur Acteur dans un film musical pour sa performance dans La La Land, occupe une place de choix sur les écrans depuis plus de quinze ans. Petit florilège de ses rôles les plus marquants :

Danny Balint (The Believer) de Henry Bean, 2001

Si la performance d’Edward Norton en skinhead néonazi dans American History X reste une référence absolue en la matière, d’autres acteurs s’y sont ensuite essayés, comme le jeune Ryan Gosling, qui se glisse dans la peau d’un juif antisémite désireux d’intégrer un groupuscule néonazi en dépit de ses origines. Premier rôle de grande ampleur pour l’acteur, Danny Balint offre la possibilité à Gosling de montrer l’étendue de son talent en interprétant un héros torturé en proie à un fort conflit intérieur, tiraillé entre sa haine du peuple juif, son goût prononcé pour la violence et la destruction, mais aussi ses racines identitaires qu’il refoule. Complexe et ambigu, le personnage est très justement incarné par un Ryan Gosling alors peu connu qui électrise déjà la critique. Sur le site Rotten Tomatoes, les internautes soulignent sa prestance, sa présence brute de décoffrage, son énergie physique ainsi que son jeu à la fois très intelligent et viscéral qui fascine par sa nuance ;  et certains journalistes sont conquis, comme Peter Travers de Rolling Stone qui évoque une prestation « osée et intrépide ». Pour ce film, Gosling remporte même le prix du « Meilleur acteur étranger » à la Russian Guild of Film Critics, première récompense d’une longue liste.  Sa carrière est lancée.

Calculs meurtriers (Murder by Numbers) de Barbet Schroeder, 2002

L’année suivante, Ryan Gosling troque son crâne rasé et ses Dr. Martens pour un blouson en cuir rouge, un sourire charmeur et une coiffure en pétard en prêtant ses traits à un jeune lycéen séducteur et populaire à l’insolence malicieuse qui décide de préparer en secret un meurtre parfait avec l’aide d’un camarade introverti et légèrement allumé (Michael Pitt). Présenté en sélection officielle lors du festival de Cannes en 2002, ce long métrage, qui signe la première vraie collaboration prestigieuse de Gosling avec un  réalisateur de renom, offre de la visibilité au jeune comédien et lui permet de changer de registre. Même si la critique n’est pas séduite par le résultat, Calculs Meurtriers reste un film sympathique qui vaut pour la performance de ses acteurs. Pour l’anecdote, Gosling et Sandra Bullock ont vécu en couple durant un an après s’être rencontrés sur le tournage, et ce en dépit de leurs seize ans de différence !

The United States of Leland de Matthew Ryan Hoge, 2003

Cette fois, l’acteur revient sous les traits d’un jeune homme perturbé, incarcéré dans un centre de détention juvénile après avoir poignardé à mort un handicapé. Comme dans ses précédents films, Gosling porte à l’écran un héros à la personnalité sombre et tortueuse, difficile à cerner, à la fois lunaire et imprévisible. Introverti et renfermé, le protagoniste intrigue et suscite la curiosité du spectateur, ce qui se retrouve souvent dans les rôles que choisit l’acteur (Stay, La Faille, Love and Secrets). Bizarres, insaisissables, mentalement instables et souvent brillants, les héros goslingiens se profilent peu à peu : on commence à distinguer un schéma récurrent, à certaines exceptions près. C’est l’inquiétante étrangeté, le charisme mutique et la timidité attachante qui priment. Nominé à Deauville et Sundance, The United States of Leland a la facture d’un bon film indépendant et explore des dimensions psychologiques intéressantes.

N’oublie jamais (The Notebook) de Nick Cassavetes, 2004

2004 marque un premier grand tournant dans la carrière du jeune acteur qui explose auprès du public grâce à son rôle dans le très plébiscité N’oublie Jamais, drame romantique déchirant devenu culte où Gosling incarne un jeune homme plein de vie et de malice prêt à tout pour conquérir la femme de ses rêves dans une Amérique où l’insouciance de l’entre-deux-guerres instaure un climat bon enfant et agréable. Le film, qui aborde des thèmes graves comme les différences de milieux sociaux ou la maladie, dépeint avec émotion la force d’un amour aussi impossible qu’éternel et hisse le comédien au rang de star. Adoubé par le milieu, il est gratifié du titre de « Révélation de l’année » lors de la ShoWest Convention (aujourd’hui CinemaCon) et tape dans l’oeil de toutes les jeunes filles, à tel point qu’il rafle plusieurs prix aux MTV Movie Awards et aux Teen Choice Awards. Pour couronner le tout, Rachel McAdams, sa partenaire à l’écran, devient aussi sa petite amie à la ville, ce qui fait d’eux le couple le plus en vue du moment.

Half Nelson de Ryan Fleck, 2006

Désormais coqueluche des adolescentes et véritable sex symbol, Ryan Gosling fait le choix de casser son image de jeune premier en s’orientant vers des projets moins mainstream et plus graves, opportunité pour lui de renouer avec les héros sombres et tourmentés qu’il aime jouer. Ici, il porte à l’écran le combat d’un professeur idéaliste confronté à son incapacité à changer les choses dans un monde à l’égard duquel il finira par être désabusé. Dépressif, accro au crack et suicidaire, ce protagoniste lutte avec ses démons et va nouer une relation d’amitié avec l’un de ses élèves. Cette quête de rédemption et cette course au salut, Gosling l’incarne une fois de plus avec une fragilité touchante et une grande subtilité. Cette performance sur le fil, qui témoigne d’une grande maturité, à nouveau saluée par le public et la critique, vaut à Gosling de remporter de très nombreux prix dont le celui de la « Meilleure performance masculine » par la National Board of Review et aux Independent Spirit Awards. Il est aussi couronné meilleur acteur lors de plusieurs festivals, comme à Seattle, à Stockholm et Las Palmas. Il décroche au passage sa première nomination aux Oscars et rentre définitivement dans la cour des grands.

Une fiancée pas comme les autres (Lars and the Real Girl) de Craig Gillespie, 2007

Gosling entame ensuite une période d’enlaidissement professionnel et prend quelques kilos pour les besoins d’un film au pitch étrange, Une fiancée pas comme les autres. Là encore, il y campe un héros dérangé au passé trouble dont la timidité maladive et les blocages sociaux le condamnent à une vie de solitude, isolement auquel il tente de remédier en nouant une histoire d’amour intense et plus vraie que nature avec Bianca, une poupée gonflable qu’il prend pour une femme bien vivante. Dégarni, moustachu et totalement renfermé sur lui-même, ce protagoniste très particulier s’avère aussi farfelu qu’attachant et confirme que Ryan Gosling excelle dans ce genre de registre doux-amer. Chanteur à ses heures, le comédien va jusqu’à pousser la chansonnette pour les besoins d’une scène atypique et met au point un jeu plutôt déconcertant, en adoptant de multiples tics et en développant une gestuelle empotée et gauche qui dénote avec l’image qu’il renvoie habituellement. Ce changement, certes radical, n’empêche pas pour autant le comédien de remporter le Satellite Award du Meilleur acteur et d’être nominé aux Golden Globes. De cette époque, Gosling avouera avoir pris du poids à plusieurs reprises, y compris en 2009 pour Lovely Bones de Peter Jackson dont il sera finalement renvoyé et remplacé par Mark Wahlberg, le cinéaste l’ayant jugé trop gros pour le rôle !

Ryan Gosling reprend « Love » de Nat King Cole dans Une fiancée pas comme les autres

Blue Valentine de Derek Cianfrance, 2010

Toujours chauve et bedonnant, Gosling devient ensuite la muse de Derek Cianfrance et se glisse dans la peau d’un prolétaire sans ambition dont l’histoire d’amour passionnelle avec Michelle Williams s’étiole au fur et à mesure qu’il s’enlise dans un quotidien médiocre. Loser, alcoolique sur les bords mais surtout mari vaincu voire émasculé, Gosling continue de rompre avec son image d’homme idéal et livre une performance déchirante où transparaît une forte émotion. Sorte de mise à nu cinématographique, Blue Valentine marque le début d’une belle collaboration entre Gosling et Cianfrance et assoit l’acteur comme un pilier du cinéma indépendant américain : il fait des choix audacieux et personnels qui sortent des sentiers battus, collabore avec des auteurs (Refn, Chazelle) et développe un réel univers grâce à une filmographie soigneusement étudiée. Présenté à Sundance, le film fait l’objet d’un grand succès critique et vaut à Gosling une seconde nomination aux Golden Globes.

Drive de Nicolas Winding Refn, 2011

Onde de choc chez les cinéphiles en 2011 avec la bombe Drive, ovni cinématographique du danois Nicolas Winding Refn où l’acteur livre une composition minimaliste et quasiment muette en réinventant la figure du super héros taiseux et taciturne qui vient en aide à la veuve et l’orphelin en dérouillant quelques badasses au passage. Ce film, qui a reçu le prix de la Mise en Scène lors du 64ème festival de Cannes, nous montre un Gosling mutique et viril et impose le comédien comme une sorte d’archétype hollywoodien, celui du héros muet, inexpressif et énigmatique, la force tranquille menaçante, registre qu’il reprendra ensuite dans Gangster Squad ou encore Only God Forgives. Ces longs métrages, qui laissent apercevoir une autre facette de Ryan Gosling, le consacrent au rang de superstar et font de lui une vedette de premier ordre que les réalisateurs s’arrachent. Récompensé du « New Hollywood Award » au festival de Deauville, l’interprète a gagné ses galons et symbolise la relève : il accède au statut d’icône, c’est la consécration.

The Place Beyond the Pines de Derek Cianfrance, 2012

La gloire et la célébrité n’empêchent pas Gosling de rester fidèle à ses orientations artistiques puisqu’il retourne travailler sous la houlette de Cianfrance dans The Place Beyond the Pines, mélodrame ambitieux qui suit successivement deux générations de garçons lutter contre leur destin et leur hérédité. Succès d’estime, le long métrage est surtout élémentaire pour Ryan Gosling sur le plan personnel car il marque sa rencontre avec Eva Mendes, sa partenaire à la ville dont il a aujourd’hui deux filles, mais c’est aussi à cette période qu’il a noué des liens importants avec ceux qui deviendront sa famille de cinéma, comme Christina Hendricks (Drive) ou encore Ben Mendelsohn, trois personnes importantes à qui il confiera des rôles dans son film Lost River.

The Nice Guys de Shane Black, 2016

Ryan Gosling refuse de se cantonner à un genre et d’être mis dans une case. En 2016, il s’autorise donc un buddy-movie sous la direction de Shane Black (L’arme Fatale, Kiss Kiss Bang Bang) et s’amuse à camper un loser magnifique, véritable bras cassé (au propre comme au figuré) qui sera amené à faire équipe avec Russell Crowe pour résoudre un enquête. Ce duo dysfonctionnel de détectives ratés fait des merveilles. La comédie, qui a été présentée au dernier festival de Cannes, a remporté les faveurs d’un public aussi hilare que conquis. Une parenthèse légère et décalée dans la carrière de l’acteur décomplexé qui ose tout.

En 2017, Ryan Gosling n’en finira pas non plus de nous surprendre puisqu’il ajoutera à sa filmographie déjà bien éclectique une comédie musicale avec La La Land, avant de figurer au casting du prochain Terrence Malick intitulé Song to Song puis d’endosser le rôle de l’officier K dans Blade Runner 2049 (première incursion dans le genre de la SF pour Gosling) ; enfin, il retrouvera Damien Chazelle pour le tournage d’un biopic sur Neil Armstrong.

 

Retro Stephen King : La Ligne Verte, un film de Frank Darabont

Devenu un véritable classique du cinéma américain, l’adaptation cinématographique du roman éponyme de Stephen King, La Ligne Verte, est un film captivant et bouleversant qui donne à réfléchir sur la condition humaine.

Synopsis : Paul Edgecomb, pensionnaire centenaire d’une maison de retraite, est hanté par ses souvenirs. Gardien-chef du pénitencier de Cold Mountain en 1935, il était chargé de veiller au bon déroulement des exécutions capitales en s’efforçant d’adoucir les derniers moments des condamnés. Parmi eux se trouvait un colosse du nom de John Coffey, accusé du viol et du meurtre de deux fillettes. Intrigué par cet homme candide et timide aux dons magiques, Edgecomb va tisser avec lui des liens très forts.

Cinq ans après le film oscarisé Les Evadés, Frank Darabont remit le couvert avec une nouvelle adaptation cinématographique d’une des œuvres de Stephen King, La Ligne Verte. Peu avare de critiques sur chacune des adaptations théâtrales ou cinématographiques de ses romans, le légendaire auteur a sensiblement salué le travail effectué par le réalisateur Frank Darabont (à qui l’on doit notamment The Mist et The Walking Dead) sur son roman-feuilleton The Green Mile (La Ligne Verte en français) sorti en 1996 et édité initialement en six épisodes.

A la différence des Evadés qui recentre son intrigue sur les prisonniers de « Shawshank », La Ligne Verte est racontée selon le point de vue des gardes de prison, et plus précisément du chef des gardiens du couloir de la mort du pénitencier « Cold Mountain » de Louisiane, Paul Edgecomb (joué par Tom Hanks). Le film qui s’ouvre sur Edgecomb vivant dans une maison de retraite, amorce l’intrigue quand le retraité narre à une de ses camarades de pensionnat l’année bouleversante de 1935, où il rencontra John Coffey (Michael Clarke Duncan), accusé du meurtre de deux petites filles. C’est donc sous forme de flashbaks que l’on découvrait l’un des films phares du cinéma américain.

Le bloc E où se situe le couloir de la mort, intitulé dans le film éponyme « la ligne verte » trouve son surnom dans la couleur du sol qui sert de dernier chemin emprunté par les condamnés à mort, avant leur exécution sur la célèbre chaise électrique « Old Sparky ». Superviseur de ce bloc, Edgecomb est un homme marié et père de famille compatissant qui traite ses condamnés avec dignité et de la manière la plus humaine possible. Entouré de trois collègues tous aussi fiables que lui (Brutus « Brutal » Howell, Harry Terwilliger et Dean Stanton, joués respectivement par David Morse, Jeffrey DeMunn et Barry Pepper), Paul n’a qu’un seul trublion sous ses ordres, Percy Wetmore (interprété par Doug Hutchinson) qui n’est autre que le neveu de la femme du gouverneur et essaiera de saper l’autorité et l’ordre du bloc E par son antipathie, sa malveillance et son sadisme. C’est d’ailleurs lui qui met les pendules à l’heure des téléspectateurs qui ne voient en La Ligne Verte dès ses premières minutes qu’une triste histoire.

En effet, outre ses éléments surnaturels découverts au fil du film, l’intensité dramatique de La Ligne Verte se superpose parfois avec l’horreur et la morbidité de certaines scènes. Comme en témoigne l’exécution du prisonnier au bon cœur Edouard Delacroix (Michael Jeter) qui est tué dans d’atroces souffrances. Ainsi, fait symptomatique dans les œuvres de Frank Darabont qui aime présenter les choses avec détails, alors que l’on découvre étape par étape lors d’une répétition comment est fait une exécution sur chaise électrique (on rase le dessus du crâne pour y déposer une éponge préalablement mouillé pour permettre une électrocution plus rapide), c’est avec effroi que l’on assiste à la mort du maître de la souris Mr Jingles, dont la tête ne fut pas mouillée. Darabont réussit ici avec brio et de manière troublante (l’explosion des ampoules, les tonnerres, les cris de joie du diabolique William « Billy the Kid » Wharton) à présenter l’inhumanité de certains personnages et le sort tragique de ses détenus. Outre Delacroix et Wharton, on retrouve derrière les barreaux l’indien Arlen Bitterbuck et, plus tard, John Coffey. Accusé d’avoir tué deux jeunes filles, le colosse John Coffey se révèle rapidement être un homme d’une extrême gentillesse. Simple d’esprit, poli et plutôt vulnérable (Coffey, dont le nom se dit comme le café -en anglais- mais ne s’écrit pas pareil, a peur du noir), ce grand enfant à la carrure imposante attise la curiosité de Paul Edgecomb qui se persuade vite de son innocence.

Toutefois, le film prend une toute autre dimension quand Coffey réalise un miracle en guérissant Paul Edgecomb qui souffre d’une infection urinaire. Le thème du surnaturel tant précieux et capital aux œuvres de Stephen King est donc parfaitement respecté dans cette adaptation qui se rapproche fortement du roman éponyme de 1996. Aussi, bien que l’on dénombre un certain nombre d’inconsistances dans la version cinématographique (comme le fait que la femme de Paul Edgecomb meurt lors d’un accident de bus dans le roman ou l’absence du nemesis de Paul, Brad Dolan, du film), La Ligne Verte surprend par sa presque parfaite narration Stephen King-esque. Le mécanisme surnaturel est par ailleurs enclenché de façon crescendo au fur et à mesure des sublimes trois heures du film, et se superpose brillamment à l’aspect religieux du film. Ainsi, persuadé que Coffey a été touché par Dieu, Edgecomb rencontre une crise de conscience sans pareil et qui le transformera à jamais. Comment pouvait-il permettre et participer à l’exécution d’un envoyé de Dieu ? La voie choisie par le chef des gardes face à ce dilemme atteste de la grandeur de son âme. Il propose à Coffey de l’aider à s’enfuir (fait manquant par ailleurs dans le livre de Stephen King) avec l’aide de son collègue Brutus Howell, mais Coffey refuse l’offre, ne voulant pas causer de problèmes aux gardiens et fatigué de la laideur du monde et de la violence des hommes.

L’élément central du film est sans aucun doute la relation entre Paul Edgecomb et John Coffey, magistralement joués par les acteurs Tom Hanks et Michael Clarke Duncan. Le regretté Michael Clarke Duncan qui s’était fait remarquer un an plus tôt dans Armageddon avait d’ailleurs pris des cours pour perfectionner son rôle de John Coffey, véritable pierre angulaire du film. Avec quatre nominations aux Oscars de l’an 2000 dont celui du meilleur film et du meilleur scénario adapté, Michael Clarke Duncan s’imposa face à son camarade Tom Hanks pourtant tout aussi splendide, avec une nomination pour « meilleur acteur dans un second rôle » aux Oscars et aux Golden Globes. En outre, Tom Hanks dont le talent n’est plus à démontrer et Michael Clarke Duncan qui nous offre la plus grande performance de sa courte carrière, sont soutenus par d’émérites acteurs. On pense là à Doug Hutchinson et Sam Rockwell qui réussissent à faire de leurs personnages des antagonistes particulièrement malfaisants, et aux acteurs David Morse, Michael Jeter et Bonnie Hunt qui apportent la touche d’humanité et de douceur nécessaire à la délicate balance réalisée par Darabont, entre le bien et le mal.

Basé sur l’oeuvre éponyme Stephen King, La Ligne Verte est un film poignant produit par Frank Darabont qui réalise un classique du cinéma américain. De John Coffey à Paul Edgecomb, en passant même par la souris Mister Jingles, l’investissement émotionnel qu’apporte cette adaptation cinématographique à ses spectateurs fait de lui un indiscutable chef d’oeuvre. Porté par un script d’une qualité supérieure et d’un casting grandiose et talentueux, La Ligne Verte rend honneur au roman éponyme de Stephen King qui dit d’ailleurs de ce film dans son making of, qu’il s’agit du meilleur scénario jamais adapté d’une de ses œuvres.

La Ligne Verte : Bande Annonce

La Ligne Verte : Fiche Technique

Titre original : The Green Mile
Réalisateur : Frank Darabont
Scénario : Frank Darabont (d’après le roman de Stephen King)
Interprètation : Tom Hanks, Michael Clarke Duncan, David Morse, Sam Rockwell, Doug Hutchison, Bonnie Hunt, James Cromwell, Michael Jeter, Graham Greene, Barry Pepper, Jeffrey DeMunn, Patricia Clarkson, Harry Dean Stanton, Gary Sinise, William Sadler, Dabbs Greer
Musique : Thomas Newman
Photographie : David Tattersall
Monteur : Richard Francis-Bruce
Producteurs : Frank Darabont, David Valdes
Décors : Terence Marsh
Distributeur : Warner Bros. Pictures
Genres : Fantastique, Drame
Durée : 188 minutes
Date de sortie:  1er mars 2000

Etats-Unis – 1999

Trois nouvelles photos et un synopsis officiel pour Logan

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La dernière aventure de Wolverine incarné par Hugh Jackman se profile à travers trois nouvelles photos portraits et un synopsis qui nous en révèle plus sur le film de James Mangold.

Après avoir incarné 9 fois le personnage Wolverine, Hugh Jackman rempile pour pour un dernier et ultime volet. S’annonçant plus sombre et violent que les anciennes productions Marvel, Logan sera Rated-R. Cela marque la deuxième fois que la Fox produit un film Marvel Rated-R, avec Deadpool en 2016.

Le film sera fortement inspiré du comics Old Man Logan. Un comics où l’ancien X-Men se retrouvait dans un futur post apocalyptique. A travers sa bande-annonce, publiée le 20 octobre 2016, Logan s’affichait comme un film puissant prêt à dépoussiérer les traditionnels films de super-héros.  Prévu pour une sortie le 1 mars 2017, Logan sera dévoilé pour la première fois hors compétition au Festival de Berlin en février prochain. On retrouve au casting Hugh Jackman et Patrick Stewart dans la peau de Wolverine et Professeur Xavier. Mais aussi la jeune Dafne Keen qui va incarner X-23 alias Laura Kinney et Stephen Merchant pour le rôle du mutant Caliban.

Synopsis :

Dans un futur proche, un Logan épuisé prend soin d’un Professeur X malade dans un recoin de la frontière mexicaine. Mais les tentatives de Logan de se cacher du monde et son héritage sont bouleversés lorsqu’une jeune mutante arrive, poursuivie par les forces du mal.

Bande-annonce de Logan : 

7ème éditions du Festival Nikon : Je suis une rencontre

A l’occasion de la 7ème édition du Festival Nikon, un membre de la rédaction y participe pour la deuxième fois. Retour sur un incontournable du court qui grimpe qui grimpe..!

Après le Nikon Photo Contest, concours international organisé depuis 1969, la marque japonaise (qui souffle cette année ses 100 bougies) décide d’agrandir son rayonnement en proposant un festival de courts métrages. C’est en réalité Nikon France qui en est responsable, mais tuons le détail ! En 2010 apparaît donc sur internet ce nouveau concours amateur de vidéos. Et fort des premières éditions et du nombre croissant de films de 140 secondes, les prix se diversifient : deux (Jury et Public), puis quatre (des Ecoles et de la Mise en scène) et à présent 7 (Canal +, des Médias, 360°), parmi pas moins de 1272 projets vidéographiques. Le principe est simple, un mot, un thème pour développer une histoire compréhensible, poignante, d’une qualité à présent professionnelle.

Parmi les thèmes donnés, il y a eu (dans l’ordre des éditions) :

« un héros » – « l’avenir » – « fan » – « un souvenir » – « un choix » – « un geste », et cette année « une rencontre ». Les présidents du jury sont des personnalités du 7ème art. Après François Ozon, Charles Berling, Michel Hazanavicius ou encore Jacques Gamblin, Cédric Klapish est à la tête pour cette 7ème édition. On connait le goût du jury pour le comique satirique subtil avec Je suis Prête qui a remporté le Grand Prix la 3ème année ou décalé avec Je suis un vague souvenir l’année suivante ; pour l’histoire et l’actualité avec Je suis Tunisie 2045 (Prix de la Mise en scène l’année dernière) sur les problématiques de l’émigration ou Je suis une poignée de main qui recontextualise sous un angle léger et humoristique Bill Clinton qui rapproche Yitzhak Rabin et Yasser Arafat lors des accords d’Oslo… Sans grande surprise, beaucoup de courts ont décidé de traiter le terrorisme en faisant écho au 13 novembre 2015 notamment. Parmi ceux là, citons Je suis Fidèle, Je suis un ange? ou Je suis une date… Nous n’avons pas regardé tous les films, il faudrait 2 jours et demi, mais nous avons deux coups de coeur que nous souhaitons déjà voir parmi les 50 finalistes le 25 janvier prochain, Je suis un putain de champ de bataille et Je suis une femme amoureuse.

Nous sommes une trentaine de rédacteurs, et un seul a retenté sa chance. Venez découvrir Je suis les Hommes de vos vies de notre responsable séries !!!

Interview d’un des membres du jury

Rétro Stephen King : La presseuse diabolique, un film de Tobe Hooper

Si ce DTV est davantage connu sous son titre original The Mangler, c’est assurément parce que le concept de « presseuse diabolique » est purement ridicule. Comment espérer alors que le film ne le soit pas tout autant ?

Synopsis : La blanchisserie Blue Ribbon est le théâtre de nombreux accidents mortels autour d’une énorme presseuse à vapeur. L’inspecteur Hunton est persuadé que le directeur lui cache la véritable nature de cette machine.

Vous vous presserez de l’oublier

Qu’a-t-il pris à Anat Singh (producteur sud-africain prolifique et connu autant pour ses films d’exploitation que ses films politiquement engagés) de croire que la nouvelle La Presseuse, contenu dans le recueil Danse Macabre, avait le moindre potentiel cinégénique ? On sait Stephen King friand de récits mettant en porte-à-faux des hommes et des objets du quotidien devenus hors de contrôle, incarnant la déshumanisation de notre société, et on imagine que ce court récit lui fut personnel puisqu’il l’écrivit en 1972, alors qu’il travaillait lui-même dans une blanchisserie. L’allégorie entre la machine tueuse et le travail à la chaîne y est même évident. Cette histoire avait, en version écrite, de quoi ravir au moins les fans. Mais de là à imaginer que l’on puisse la porter à l’écran en espérant donner une puissance iconique similaire à celle de l’automobile de Christine à un énorme mécanisme à vapeur, le projet était éminemment casse-gueule. Sans doute le producteur a-t-il fait une confiance aveugle à Tobe Hooper, qui reste depuis Massacre à la tronçonneuse une figure incontournable dans le domaine horrifique et qui adapta déjà un Stephen King pour la télévision, avec Robert Englund au casting. Mais rien n’y fait : Le caractère grotesque du postulat de départ ne pouvait aboutir qu’à un film improbable.

Encore eut-il fallu que Tobe Hooper prenne en compte cet aspect risible inhérent à l’idée de mettre en scène un slasher dont le boogeyman serait un gros tas de ferraille immobile,  soit en  essayant d’en faire la parabole de l’industrie hollywoodienne; soit en teintant son film d’un certain humour absurde. Mais, au contraire, il va bâtir son scénario comme une enquête policière au premier degré. Impossible d’ailleurs de ne pas penser que le buddy-movie sur lequel il insiste en multipliant les dialogues entre ce flic sceptique et son ami new-age qui le met en garde contre la menace surnaturelle, ne cherche pas à profiter du succès que rencontre alors X-Files et en particulier de « l’effet Scully » qui nous aide tant bien que mal à entrevoir le peu de réalisme que peut avoir cette histoire de sacrifice humain. Qui essaie en tous cas. La conséquence directe de ces scènes –fort mal écrites d’ailleurs–  est finalement de donner bien trop d’explications absentes du support original et qui viennent en amoindrir la portée horrifique. Dans la peau de cet inspecteur taciturne, Ted Levine livre une prestation assez mitigée, celle d’un stéréotype ringard bien trop monolithique pour susciter la moindre empathie. Ce film qui est le seul dont il est en tête d’affiche de toute sa carrière (qui contient toutefois des petits rôles dans Heat, Fast and Furious ou encore Shutter Island…) n’aura clairement pas été pour lui l’occasion de briller.

Quand bien même il aurait profité d’un cinéaste inspiré et d’acteurs convaincants, The Mangler était par nature destiné à être un film déraisonnable. Ajoutez à cela une mise en scène brouillonne et des personnages insupportables, et vous obtenez ce nanar qui ne s’assume pas.

Penchons-nous plutôt sur les deux arguments qui se voulaient les plus « alléchants » de ce long-métrage : Robert Englund et la fameuse presseuse. Celui qui restera à jamais Freddy Krueger se voit affublé d’un rôle de patron tyrannique qui n’était qu’un personnage secondaire dans la nouvelle originale (preuve supplémentaire que le film n’a été financé que sur son nom). Son exercice de cabotinage outrancier est clairement l’élément qui fait basculer cette série Z bien bancale vers l’état de pur nanar. Le voir ainsi en ersatz de dictateur nazi qui passe son temps à gueuler sur ses employés, tous aussi demeurés les uns que les autres, rend parfaitement risible ce qui, dans l’esprit de Stephen King, était porteur d’une certaine charge sociale. Et pourtant, ce personnage, à la tête d’une petite entreprise elle-même filmée comme un endroit glauque, voire morbide (irréaliste s’agissant d’une blanchisserie, convenons-en), fait également du film un conte gothique, qui se voudrait même faustien. Mais encore une fois, la bouffonnerie désespérée à laquelle se livre Englund fait s’effondrer les quelques efforts de la direction artistique pour faire de cet endroit un décor angoissant. Reste la machine. Les quelques scènes où on la voit broyer des ouvriers sont finalement trop rares (à peine trois morts, trop peu pour parler de slasher en fait) mais possèdent une certaine tension dans leur longueur et des effusions de sang où l’on retrouve quelque peu l’auteur de Massacre à la Tronçonneuse.

Mais que dire de la fin ? Est-ce là la manifestation de cet humour nonsensique qui manquait à ce qui l’a précédée, ou une vraie volonté de faire peur, plombée par des effets spéciaux dérisoires et une mise en scène digne d’un épisode de Scoubidou ? Malheureusement, il semble évident que la seconde option soit la bonne interprétation à en faire. La course-poursuite qui s’engage entre les personnages et la presseuse géante devenue animée est un passage visuellement immonde et consternant d’illisibilité, à tel point que sa conclusion reste assez incertaine. Il n’aura pas fallu attendre ces dernières minutes pour se convaincre de la nullité de cette adaptation, puisque la bêtise contenue dans chacune de ses lignes de dialogues et le traitement aléatoire de ses personnages secondaires viennent nous rappeler pourquoi les distributeurs français ont eu la décence de nous en épargner une diffusion en salles, et auront même attendu pas moins de 5 ans avant de  la sortir en DVD.

La presseuse diabolique : Fiche technique

Titre original : The Mangler
Réalisation : Tobe Hooper
Scénario : Tobe Hooper, Stephen Brooks et Peter Welbeck d’après la nouvelle La Presseuse de Stephen King
Interprétation : Ted Levine (Inspecteur John Hunton), Robert Englund (William ‘Bill’ Gartley), Daniel Matmor (Mark Jackson), Jeremy Crutchley (J.J.J. Pictureman / Mortician), Vanessa Pike (Sherry Ouelette)…
Photographie : Amnon Salomon
Montage : David Heitner
Costumes : Moira Anne Meyer
Musique : Barrington Pheloung
Production : Anant Singh
Société de production : New Line Cinema, Allied Film Production, Distant Horizons et Filmex Pty. Ltd…
Société de distribution : New Line Cinema
Durée : 98 minutes
Genre : Horreur
Date de sortie : Juin 2000 en DVD

Etats-Unis – 1995

 

 

Rétro Stephen King : Les Langoliers, un téléfilm de Tom Holland

Les Langoliers de Tom Holland est une adaptation plutôt moyenne de l’œuvre de Stephen King qui mériterait vraiment un remake pour être encore aujourd’hui l’un de ses meilleurs courts !

Synopsis : Certains des passagers du vol régulier Boston-Los Angeles se sont assoupis dans la cabine. À leur réveil, ils découvrent avec effroi qu’ils ne sont plus que dix à bord et que l’appareil navigue en pilotage automatique. L’équipage, comme la plupart des passagers, a mystérieusement disparu. Les liaisons radio sont coupées, tout n’est qu’obscurité et silence. Heureusement, le commandant Engle, pilote de ligne en déplacement personnel, parvient à prendre les commandes de l’appareil et à atterrir sans encombres. A l’aéroport, les rescapés de cet étrange voyage entrent dans un terminal aussi vide et déserté que l’appareil qu’ils viennent de quitter…

Les Langoliers est une adaptation assez inégale de la nouvelle éponyme de Stephen King issue du recueil Minuit 2 (Four past Midnight – et non Two). Cette histoire surprenante ne suit pas complètement la trame du livre, ce qui lui confère une bonne dose de surprises tantôt agréables, tantôt un peu moins… La psychologie des personnages, inhérente aux œuvres du King, est respectée et relativement approfondie  les rendant intrigants voire très intéressants pour certains malgré une mise en scène parfois décevante et surjouée. Dean Stockwell (l’Amiral « Al » Calavicci de la série Code Quantum) est pour sa part formidable et on retrouve avec délice des personnages qui sont la marque de l’auteur : un écrivain de l’étrange, une enfant aux capacités particulières ou encore un afro-américain plutôt balèze du nom de « Don Gaffney » (qui rappelle bizarrement John Coffey de La Ligne Verte). Toutes ces petites choses nous entraînent pas à pas dans le monde macabre du King !

Malheureusement, l’image est assez fade et l’atmosphère peu attrayante. Il faut dire que Les Langoliers est un téléfilm de 1995 et qu’il a mal vieilli. Et le choix musical n’arrange rien ! Du coup, on se croirait par moment dans un épisode des Contes de la Crypte. Les gros plans se succèdent de façon disgracieuse et nuisent à la crédibilité des personnages. Et les effets spéciaux qui interviennent vers la fin du film  et c’est tant mieux sont absolument épouvantables ! Ceci est d’autant plus dommage que l’atout du film est réellement son parti-pris de jouer sur les non-dits, l’illusion et l’abstrait. Là où le livre introduisait les créatures chimériques dès le début, Les Langoliers laisse planer le doute et la paranoïa qui dévore peu à peu les personnages.

Pour autant, le suspense de l’histoire ne décevra pas les amateurs des romans de l’auteur. Car malgré ces quelques fausses notes, le récit est vraiment bien ficelé et reste fidèle au texte. Le sujet est intemporel et la métaphore des Langoliers, vilaines bêbêtes dévoreuses du temps et de l’espace, traduit âprement nos peurs ancestrales : la fatalité, la mort, l’Apocalypse (très vite, les plus grandes villes disparaissent de la surface de la Terre) et, finalement, l’absurdité de la vie.

Les Langoliers est loin d’être un grand film/téléfilm mais il a le mérite d’être particulièrement fidèle à l’œuvre de Stephen King. En outre, l’histoire s’étale sur trois heures sans toutefois que l’ennui s’installe et la fin ne décevra pas les lecteurs tant la peur et l’angoisse omniprésentes dans le livre transparaissent aussi à l’écran.

Les Langoliers : Bande-annonce

Les Langoliers : Fiche technique

Titre original : The Langoliers
Réalisateur : Tom Holland
Scénario : Tom Holland (d’après Stephen King)
Interprètes : Patricia Wetting, Dean Stockwell, David Morse, Mark Lindsay Chapman, Frankie Faison, Baxter Harris, Kimber Riddle, Bronson Pinchott
Musique : Vladimir Horunzhy
Photographie : Paul Maibaum
Monteur : Ned Bastille
Producteurs : Mitchell Galin, David R. Kappes
Producteur délégué : Richard P. Rubinstein
Distributeur : Delta Video
Genres : Fantastique, Épouvante-horreur, Drame
Durée : 2 épisodes de 90 minutes

Etats-Unis – 1995

 

Harmonium, un film de Koji Fukada : critique

A la fois différent et familier dans l’univers du cinéma japonais, Harmonium est un film remarquable qui révèle Kôji Fukada à un plus grand nombre de cinéphiles.

Synopsis : Dans une discrète banlieue japonaise, Toshio et sa femme Akié mènent une vie en apparence paisible avec leur fille. Un matin, un ancien ami de Toshio se présente à son atelier, après une décennie en prison. A la surprise d’Akié, Toshio lui offre emploi et logis. Peu à peu, ce dernier s’immisce dans la vie familiale, apprend l’harmonium à la fillette, et se rapproche doucement d’Akié…

Broken

Récompensé par le prix du jury de la section Un certain regard au dernier festival de Cannes, ce film japonais doit en effet son intérêt à un certain regard, ou plus exactement un certain point de vue de son auteur sur un drame familial somme toute assez peu extraordinaire.

Certes, chaque point de vue est particulier, mais Kôji Fukada réunit dans Harmonium un film du quotidien qui pourrait faire penser à Ozu, ou à Kiyoshi Kurosawa (celui de Tokyo Sonata, plus précisément), et un film de genre comme pourrait faire dans une certaine mesure Hideo Nakata (Ring, Dark Water) ou encore… Kiyoshi Kurosawa (Kaïro ou Real et Shokuzai, récemment).

Installée dans un ronron tout ce qu’il y a de plus nippon, tout en silences et délicatesse, la famille de Toshio (Kanji Furutachi) voit son équilibre perturbée lorsqu’un jour, un ami du maître de maison, Monsieur Yakasa (Tadanobu Asano, vu récemment dans Vers l’autre rive, l’avant-dernier Kurosawa, encore lui !) fait irruption dans le cercle familial. Irruption est le mot, l’étranger apparaît devant l’atelier de Toshio, raide comme un piquet dans ses habits endimanchés et incroyablement immaculés, inquiétant déjà, trop propre pour être honnête. Yakasa sort d’une incarcération de dix ans, mais Toshio l’embauche, le présente à sa femme Akie (Mariko Tsutsui), et à sa fillette Hotaru (Momone Shinokawa), comme étant un ami de longue date. Yakasa dort et dîne avec la famille, et ses grosses lampées goulues et bruyantes au petit déjeuner contrastent quelque peu avec le calme religieux habituel de la famille, et fait déjà entrevoir l’ogre qui semble sommeiller en lui…

La mise en scène du cinéaste est splendide, avec les images au cordeau de Kenishi Negishi, et précise, amenant de manière progressive des nuances dans le tableau initial en apparence si lisse. L’arrivée de M. Yakasa dessine en creux les manquements, les absences et les solitudes au sein de la famille, parmi le couple, et même avec l’enfant. Dans une des très belles scènes du film, par exemple, on aperçoit Horatu, la fillette, seule au parc. Sous la houlette, pour ne pas dire la pression, de sa mère, elle s’exerce continuellement sur l’harmonium familial pour une représentation dans leur communauté religieuse protestante (encore une image iconoclaste au royaume du shintoïsme). Les images montrent une passion de la fillette pour cet instrument, et pourtant dans la scène du parc, on s’aperçoit grâce à Monsieur Yakasa qui semble l’épier, qu’elle séchait son cours d’harmonium. A peine deux phrases ont été échangées entre eux, et beaucoup est dit, la souffrance de la petite, l’inattention des parents, la forte prégnance de Yakasa…Tout est à l’avenant, et l’attirance mutuelle qui semble rapprocher le visiteur et Aike, la maîtresse de maison, est là également pour traduire toutes les frustrations, tous les non-dits qui  flottent dans cette maison…

Et c’est ainsi que le film finit par atteindre une sorte d’aqmé en son milieu, de trop de tensions accumulées. Un plus haut qui laisse personnages et spectateurs groggy, et qui débouche sur une longue ellipse dans le temps. Les cartes sont rebattues, et on ne peut nier qu’il y a un léger flottement dans le début de cette deuxième partie. Mais Kôji Fukada se ressaisit très vite, et de nouveau, le film retient toute notre attention. Frontalement plus sombre, et on comprendra vite pourquoi, le film aborde des rivages plus dangereux, et il n’y a qu’à écouter le cliquetis d’une pince à ongles dans un moment plus qu’inopportun pour se rendre compte que les personnages sont au bord de basculer dans une perte de contrôle assez terrifiante.

Il y a cependant de la douceur aussi dans cette deuxième partie, apportée par un personnage d’artiste, comme un prolongement de l’auteur lui-même, car ce personnage ne dit-il pas lorsqu’il dessine que « dessiner lui sert à changer sa vision du monde », soit ce certain regard dont il était question au début de cet article…

Parfois trop minimaliste pour susciter une véritable empathie avec les personnages, Harmonium n’en est pas moins émouvant par la beauté des images, par l’utilisation des couleurs, celles du Japon, le rouge de la fureur et le blanc du deuil et de l’apaisement ; émouvant aussi par  la beauté d’un Tokyo privatisé, vidé de toute autre présence que celle des protagonistes, et émouvant encore par  la beauté de la mise en scène de Kôji Fukada, une mise en scène qu’il revendique rohmérienne, notamment avec un récit dessiné au scalpel et des acteurs qu’il a su rendre généreux.   

Harmonium : Bande annonce

Harmonium: Fiche technique

Titre original : Fuchi ni tatsu
Réalisateur : Kôji Fukada
Scénario : Kôji Fukada
Interprétation : Mariko Tsutsui (Akié), Tadanobu Asano (Yasaka), Kanji Furutachi (Toshio), Takahiro Miura (Atsushi Shitara), Momone Shinokawa (Hotaru jeune), Kana Mahiro (Hotaru adolescente), Taiga (Takashi Yamakami)…
Musique : Hiroyuki Onogawa
Photographie : Ken’ichi Negishi
Montage : Kôji Fukada, Julia Gregory
Producteurs : Masa Sawada, Hiroshi Niimura, Tsuyoshi Toyama
Maisons de production : Production : Comme des Cinémas, Nagoya Broadcasting Network, Coproduction :MAM Films
Distribution (France) : Version Originale/Condor
Récompenses : Prix du Jury, Section un Certain Regard au Festival de Cannes 2016
Durée : 118 min.
Genre : Drame
Date de sortie : 11 Janvier 2017

Japon, France – 2016

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Festival de Gérardmer 2017 : Présentation de la sélection

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À la fin du mois, le festival de Gérardmer, le plus grand festival de cinéma de genre de France fait son retour pour sa 24ème édition. LeMagduCiné sera bien évidemment présent pour la 3ème fois consécutive. Mais avant de se frotter à la neige et aux festivaliers vosgiens, il est temps de faire un petit point sur la sélection de cette année qui a été dévoilée vendredi 13 (quoi de plus normal pour un festival fantastique).

Cette année 10 films vont se disputer le très convoité Grand Prix, qui sera remis par un jury entièrement français présidé par Jean-Paul Rouve et dans lequel on retrouvera notamment Audrey Fleurot, le réalisateur Louis Leterrier et le groupe de pop-rock Aaron. Un jury qui peut surprendre par sa faible proximité au cinéma de genre. Le festival aura cependant l’honneur de recevoir le réalisateur japonais Kiyoshi Kurosawa pour un hommage avec une programmation de 7 films dont les classiques Kaïro et Séance. Le cinéaste viendra également présenter son nouveau film (un film français !), Le secret de la chambre noire, hors compétition.

Pour revenir sur les 10 films de la compétition, certains ont déjà été présentés dans d’autres festivals, c’est le cas évidemment de Grave qui a déjà remporté l’octopus d’or à Strasbourg et l’œil d’or à Paris, et qui part donc largement favori. À ses côtés, Jeeg Robot, Under the shadow ou Realive ont déjà fait leurs preuves lors des deux festivals cités précédemment. Mais la sélection laisse présager de nombreuses autres surprises avec notamment Split, le nouveau film du maître du twist M Night Shyamalan, la révision du classique de Jane Austen avec des zombies, Orgueils et Préjugés et Zombies, ou encore des films comme The Girl with all the gifts et The Autopsy of Jane Doe.

Hors-compétition, on notera la présence du nouveau Underworld, du documentaire consacré à David Lynch ou encore l’adaptation de la BD franco-belge Seuls, racontant l’histoire d’une bande de jeunes adolescents dans un monde sans adultes.

COMPÉTITION OFFICIELLE LONGS MÉTRAGES

CLOWN de Jon Watts ( Etats-Unis)

Synopsis : Lorsque le clown engagé pour animer l’anniversaire de son fils lui fait faux bond, un père de famille qui travaille comme agent immobilier doit prendre la relève. Il trouve par hasard un vieux costume de clown dans le sous-sol d’une maison qui vient d’être mise en vente et il revêt le déguisement pour assurer le spectacle. Le lendemain de la fête, il réalise qu’il n’arrive plus à se débarrasser du costume alors devenu une seconde peau…

GRAVE de Julia Ducournau ( France, Belgique) (L’avis de la rédaction)

Synopsis : Dans sa famille, tout le monde est vétérinaire et végétarien ! À seize ans, Justine est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école vétérinaire où étudie également sa sœur aînée. Mais Justine à peine installée, commence le bizutage des premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Et Justine découvre sa vraie nature.

ON L’APPELLE JEEG ROBOT de Gabriele Mainetti (Italie) (L’avis de la rédaction)

Synopsis : Poursuivi par la police dans les rues de Rome, Enzo doit plonger dans les eaux du Tibre dans lesquelles il est contaminé par une substance radioactive. Alors doté de superpouvoirs, il décide de mettre ceux-ci au service de ses activités criminelles. Du moins jusqu’à ce qu’il rencontre Alessia, une jeune femme fragile, persuadée qu’il est l’incarnation de Jeeg Robot, le héros de manga japonais venu sur Terre pour sauver le monde. Mais Enzo devra d’abord affronter Fabio dit « le Gitan », un psychopathe mafieux qui travaille pour la Camorra…

ORGUEIL ET PRÉJUGÉS ET ZOMBIES de Burr Steers (Etats-Unis, Angleterre)

Synopsis : Depuis une cinquantaine d’années, l’Angleterre victorienne subit une mystérieuse épidémie : des zombies battent la campagne, dévorant les vivants pour prolonger leur existence tout en contaminant ceux qu’ils ne tuent pas immédiatement. Pour protéger ses cinq filles, Mr. Bennet les a envoyées toutes jeunes en Chine se perfectionner dans les arts martiaux. Lors d’une sanglante attaque, Elizabeth, la plus douée d’entre elles, doit faire alliance contre son gré avec le beau Mr. Darcy, un arrogant gentleman tueur de zombies émérite. Mettant de côté leur orgueil et leurs préjugés, ils décident de combattre ensemble cette terrifiante menace.

REALIVE de Mateo Gil (Espagne, France) (L’avis de la rédaction) 

Synopsis : Marc Jarvis subit un choc brutal lorsqu’il apprend, à l’âge de 32 ans, qu’il est atteint d’un mal incurable et qu’il ne lui reste qu’un an à vivre, au mieux. Ne pouvant accepter sa mort prochaine, il décide de se faire cryogéniser. Même si elle désapprouve la décision de Marc, Naomi, le grand amour de sa vie, l’accompagne dans sa démarche. Soixante ans plus tard, la société Prodigy Health Corporation réussit à le réanimer. Malgré les complications médicales qui suivent son retour à la vie, le corps de Marc a une furieuse envie de vivre quand son âme a du mal, elle, à retrouver la simple envie de guérir.

RUPTURE de Steven Shainberg ( Etats-Unis)

Synopsis : Renée Morgan, une mère célibataire, n’a jamais pu apprendre à être forte. Un jour, après avoir laissé son fils à l’école, elle est brutalement enlevée et jetée dans un camion qui part en trombe et roule pendant des jours. Elle n’a aucune idée d’où on l’amène, mais de toute évidence, on l’amène très loin… Le camion finit par arriver dans un vaste établissement, possiblement pharmaceutique ou gouvernemental. Un homme mystérieux la questionne sur son passé médical et sur ses peurs. D’autres personnes arrivent, d’autres personnes l’observent. Mais pourquoi elle ? Et que veulent ces gens ? La réponse à ces questions ira bien au-delà de tout ce qu’elle aurait pu imaginer…

SPLIT de M.Night Shyamalan ( Etats-Unis)

Synopsis : Les fractures mentales des personnes présentant un trouble dissociatif de la personnalité ont longtemps fasciné et interrogé la science. Il se dit même que certains peuvent développer des attributs physiques spécifiques pour chacune de leurs personnalités, une sorte de prisme cognitif et physiologique à l’intérieur d’une seule et même personne. Kevin a déjà révélé au docteur Fletcher, sa psychiatre dévouée, 23 personnalités avec, pour chacune, des attributs physiques différents. Mais l’une d’elles reste encore enfouie au plus profond de lui. Elle va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres. Poussé à kidnapper trois adolescentes, dont la jeune Casey aussi déterminée que perspicace, Kevin devient dans son âme et sa chair le foyer d’une guerre que se livrent ses personnalités multiples, en même temps que les divisions qui jusqu’alors régnaient dans son subconscient volent en éclats.

THE AUTOPSY OF JANE DOE de André Øvredal (Royaune-Uni)

Synopsis : Le médecin légiste Tommy Tilden et son fils Austin gèrent une morgue familiale dans la petite ville de Virginia. Dans le cadre d’une enquête de routine, le shérif local leur amène le corps d’une inconnue – dénommée Jane Doe par défaut – retrouvé dans le sous-sol d’une maison où plusieurs meurtres ont été commis. Quand ils décident de procéder à l’autopsie, ces professionnels aguerris vont aller de découvertes en découvertes de plus en plus macabres, tandis que des événements surnaturels ne tardent pas à survenir autour d’eux.

THE GIRL WITH ALL THE GIFTS  de Colm McCarthy  (Royaume-Uni)

Synopsis : Au fin fond de la campagne anglaise, une base militaire héberge et retient prisonniers un groupe d’enfants peu ordinaires qui, malgré le fait d’avoir été infectés par un agent pathogène « zombie » qui a décimé la planète, demeurent capables de penser et de ressentir des émotions. Lorsque la base est attaquée, l’une d’entre eux, Mélanie, réussit à s’échapper en compagnie de son professeur, de deux soldats et d’une biologiste qui ne voit en elle qu’un cobaye indispensable à la découverte d’un vaccin. Dans une Angleterre dévastée, Mélanie doit découvrir qui elle est vraiment et décider ainsi de son propre sort comme de celui de l’humanité tout entière.

UNDER THE SHADOW de Babak Anvari ( Royaume-Uni, Qatar, Jordanie, Iran)

Synopsis : Téhéran, 1988. Dans le conflit qui oppose l’Iran à l’Irak, voilà huit ans que la ville est la cible de bombardements. Après le départ de son mari au combat, Shideh doit élever seule leur fille Dorsa. Quand le toit de leur immeuble est touché par un missile qui – miraculeusement – n’explose pas, Shideh semble progressivement perdre pied au fur et à mesure du comportement de plus en plus étrange de Dorsa. Essayant de trouver un sens à ces changements soudains chez sa fille, Shideh apprend par un voisin superstitieux que ce missile a dû transporter avec lui un djinn, une force surnaturelle qui voyage avec le vent et qui cherche depuis à posséder sa fille. Shideh n’a alors d’autre choix que celui d’affronter l’esprit malveillant pour réussir à sauver Dorsa.

HORS-COMPÉTITION

David Lynch The Art of Life de Jon Nguyen ( Etats-Unis)
Fear Itself de Charlie Lyne ( Royaume-Uni)
Incarnate de Brad Peyton ( Etats-Unis)
Interchange de Dain Iskandar Said ( Malaisie)
Keeper of Darkness de Nick Cheung (Hong-Kong)
Le secret de la chambre noire de Kiyoshi Kurosawa ( Japon,France)
L’enfer des zombies de Lucio Fulci ( Italie)
Prevenge de Alice Lowe ( Royaume-Uni)
Sam was here de Christophe Deroo ( France, Royaume-Uni)
Seuls de David Moreau ( France)
The Void de Jeremy Gillespie et Steven Kostanki (Canada)
Underworld : Blood Wars de Anna Foerster ( Etats-Unis)
Viral de Henry Joost et Ariel Schulman (Etats-Unis)
Holidays une anthologie de 8 courts métrage (Etats-Unis)
Kiyoshi Kurosawa ( Charisma, Kaïro, Séance, Real, Vers l’autre Rive, Loft, Rétribution)

LA NUIT DÉCALÉE

Terra Formars de Takashi Miike (Japon)
The Lure de Agnieszka Smoczynska (Pologne)

NUIT PHANTASM

Phantasm I et II de Don Coscarelli ( Etats-Unis)

COMPÉTITIONS COURTS-MÉTRAGES FRANCOPHONES

Le Plan de Pierre Teulières
Limbo de Konstanina Kotzamani
Marée Basse de Adrien Jeannot
Margaux des Films de la Mouche
Please Love me forever de Holy Fatma

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Rétro Stephen King : Les Evadés, un film de Frank Darabont : Critique

Avant d’initier la valse des zombies de The Walking Dead sur la chaine AMC, Frank Darabont portait à l’écran une nouvelle méconnue du romancier de l’horreur : Rita Hayworth and The Shawshank Redemption (Les Evadés). Ou comment voir Morgan Freeman et Tim Robbins se donner la réplique dans un drame carcéral typé 50’s prônant l’espoir et l’abnégation comme seules voies de rédemption.

S’il n’incarne aujourd’hui qu’un des nombreux showrunner à s’être fait débarquer d’une série populaire pour cause de différents créatifs (l’excuse typique à Hollywood), Frank Darabont n’en a heureusement pas toujours été ainsi. Jeune premier des années 1980 à la recherche de succès, l’américain s’échina initialement à vouloir percer dans le milieu horrifique. Après un court-métrage directement inspiré de la nouvelle Chambre 312 de Stephen King, il fait ses classes auprès de Chuck Russell (The Blob, Les Griffes de la Nuit) et Chris Walas (La Mouche 2). Un parcours haut en couleur, qui de son aveu n’est mu que par une intention tout autre : obtenir le respect de la profession et lui permettre de concrétiser un vieux rêve ; l’adaptation d’une autre nouvelle du romancier de l’horreur, cette fois-ci sur grand écran : Rita Hayworth and The Shawshank Redemption (Les Evadés en VF). Le pitch ? Une odyssée carcérale nichée en plein milieu des années 50 voyant 2 prisonniers que tout oppose, se rapprocher et desceller malgré l’enfer ambiant, une petite dose d’espoir (salvatrice). Autant dire une interlude humaniste dans le vivier horrifique du romancier qui sous ses atours de drame carré, recèle bien plus qu’il n’y paraît. Une manne qui n’a pas dû échapper au réalisateur, entre temps adoubé en personne par King, et dont l’opiniâtreté lui permettra de signer l’un des films les plus appréciés de tous les temps.

Vol au dessus d’un nid de coucou

Bien sur à l’époque, rien n’indiquait que le film deviendrait un succès d’estime auprès des cinéphiles. Loin de là même. Happé dans le tourbillon généré par Forrest Gump sorti quelques mois avant, Les Evadés sera ce qu’on appelle plus communément dans le jargon, un four. Il n’empêche que ses nominations aux Oscars commenceront gentiment à l’imposer en outsider et permettront même une certaine réévaluation de l’oeuvre originale. Car pour beaucoup, cette histoire de relation fraternelle derrière les barreaux ne sera qu’une itération de plus dans le genre du drame carcéral. Mais là où le génie de King et celui de Darabont s’affirment, c’est bel et bien en ayant pris le soin de se détourner de ce modèle et en imposant au sein du récit, le seul sentiment que n’éprouvent plus les prisonniers au sein de leur geôle : l’espoir. Ainsi, qu’il soit transmis par la grâce des répliques, le score musical composé par Thomas Newman ou l’image jamais soumise à l’obscurité, l’espoir habite tous les plans du film et se mélange très vite à l’abnégation et la persévérance, deux autres sentiments majeurs du récit.  Autant dire une belle trouvaille du romancier, qui n’en oublie pas son crédo horrifique, en dépeignant au milieu de ces moments de grâce, des pointes d’effroi non dissimulées comme lors d’une session de violence voyant le gardien chef molester un prisonnier criard ou que le héros Andy Dufresne est la cible d’attaques répétées d’autres détenus. Mais on sent bien que Darabont, non content de pouvoir adapter son maître, est un homme éminemment positif dans l’âme. Son sens de la mise en scène et de la composition incarne presque tout le temps cette alternative à l’horreur quotidienne. On ressent ainsi de nombreuses fois la camaraderie, la malice, la fronde, ce cheptel de sentiments irrémédiablement liés à l’amitié et somme toute à la joie, quitte à proposer carrément plusieurs franches rigolades. Un contraste qui amuse tant par sa surprise, que par sa cohérence : en voulant montrer qu’une prison n’empêche pas le lien social, les rêves ou le confort, Darabont propose une tranche de vie sincère, humaniste et belle. Le contraste en est d’ailleurs tellement appuyé que lorsqu’on s’attarde sur l’extérieur de la prison (la société donc), les scènes en plus d’être furtives sont beaucoup plus dures aussi bien en terme d’émotions que de récit, ce qui renforce en substance cette idée que Darabont transmet à travers son film : pour quiconque y croit, l’espoir peut se trouver n’importe où.

En sacralisant l’espoir et la persévérance au détriment de l’horreur quotidienne d’une prison, Frank Darabont, bien aidé par Stephen King, signe une œuvre à la beauté singulière et au cachet inégalable. Un chef d’œuvre d’émotions, de délicatesse et de douceur à voir absolument.

Les Evadés : Bande-Annonce (VOST)

https://www.youtube.com/watch?v=45Sss4oNd5k

Synopsis : En 1947, Andy Dufresne, un jeune banquier, est condamné à la prison à vie pour le meurtre de sa femme et de son amant. Ayant beau clamer son innocence, il est emprisonné à Shawshank, le pénitencier le plus sévère de l’Etat du Maine. Il y fait la rencontre de Red, un Noir désabusé, détenu depuis vingt ans. Commence alors une grande histoire d’amitié entre les deux hommes…

Les Evadés : Fiche Technique

Titre original : The Shawshank Redemption
Titre français : Les Évadés
Réalisation : Frank Darabont
Scénario : Frank Darabont, d’après le roman Rita Hayworth et la Rédemption de Shawshank, de Stephen King
Décors : Terence Marsh
Costumes : Elizabeth McBride
Photographie : Roger Deakins
Montage : Richard Francis-Bruce
Musique : Thomas Newman
Production : Niki Marvin, Liz Glotzer et David V. Lester
Société de production : Castle Rock Entertainment
Société de distribution : Columbia Pictures
Budget : 25 000 000 $
Langue originale : anglais
Format : Couleurs Technicolor – 1,85:1 – Dolby / SDDS – 35 mm
Genre : Drame
Durée : 142 minutes
Dates de sortie :
•  États-Unis : 23 septembre 1994
•  France : 1er mars 1995

Etats-Unis – 1994