PIFFF 2016, acte deux: des monstres sacrés et de sacrés monstres!

Pour son deuxième jour, le PIFFF interroge sur la vie, la mort, la folie, l’amour… un beau programme en perspective !

En compétition I Am Not a Serial Killer de Billy O’Brien : Comme il est bon de retrouver Christopher Lloyd ! Celui qui (malgré lui ?) restera au regard de l’histoire comme l’éternel Doc Brown nous rappelle quel grand acteur il est. Depuis le point de vue du personnage principal, il n’apparait pourtant dans les premières minutes que comme le brave petit vieux que l’on a tous dans notre voisinage, mais au détour d’un twist -qui arrive bien trop vite- il se transforme en un serial killer si redoutable que le terme de boogeyman semble presque plus approprié. Et pourtant, l’essentielle qualité de ce thriller psychologique n’est pas cet effrayant antagoniste mais bien l’antihéros incarné par Max Records. Et soyez sûr que le jeune Max de Max et les Maximonstres a lui aussi bien vieilli! Incarnant brillamment un sociopathe en puissance -certes loin d’imposer la tension que pouvait installer d’un simple regard  Ezra Miller dans We Need to talk about Kevin– mais dont l’évolution au contact de sa némésis grabataire est décrite avec minutie. Entre fascination morbide et descente en enfers, cette relation ô combien malsaine oscille entre J’ai rencontré le Diable et la saison 4 de Dexter. Que du bonheur, donc. Mais, l’argument fantastique qui viendra s’affirmer dans les dernières minutes et qui, en une scène et sous prétexte d’incarner symboliquement les impulsions criminelles du personnage principal, va transformer le tueur méphistophélique en figure pathétique. Alors que l’horreur était né du réalisme de la mise en page, il est bien dommage d’achever ce film dans un happy-end aussi invraisemblable.

Séance culte Twin Peaks : Fire Walk with Me de David Lynch (1992) : Que dire du film tiré de la série culte? Est-il indispensable ou anecdotique? S’agit-il d’un film de commande carburant au fan-service ou un film d’auteur à la qualité plastique indiscutable? Il semble impossible de juger de façon objective un tel objet cinématographique. Et, après tout, poser des mots sur le cinéma de Lynch, c’est déjà aller contre le travail de Lynch. On en reparle à l’occasion de la saison 3?          Julien

En Compétition Realive de Mateo Gil : En 2023, Marc Jarvis est atteint d’un cancer incurable. N’acceptant pas son sort, il refuse de mourir à l’agonie et décide de faire congeler son corps, dans l’espoir qu’on puisse le guérir dans le futur. Réveillé soixante ans plus tard, les imperfections de sa résurrection vont l’amener à reconsidérer son passé et son envie de vivre. Et c’est le point de départ de Realive, relecture futuriste du mythe de Frankenstein et véritable réflexion sur la nécessité de la cryogénisation. On connaissait Mateo Gil pour son remarquable western Blackthorn et sa collaboration scénaristique avec Alejandro Amenábar (Tesis, Ouvre les yeux, Mar adentro et Agora) il nous livre ici une oeuvre de science-fiction magistrale qui pointe du doigt le prochain enjeu de la médecine moderne. Mais plus encore, le cinéaste nous met face à nos considérations émotionnelles et notre rapport au passé, dont la romance perdue du personnage principal est le principal mal de son existence. La mise en scène nous livre également quelques beaux moments de grâce, notamment dans ces flashbacks qu’un Terrence Malick ne renierait pas. Tout ceux qui ont apprécié la beauté et l’intelligence de I Origins vont adorer la richesse philosophique et la sincérité de Realive. Récemment récompensé du Grand Prix aux Utopiales de Nantes (festival international de science-fiction), Realive peut également prétendre à la plus haute distinction du PIFFF.   Kevin L.

Hors compétition David Lynch The Art Life, de Jon Nguyen, Olivia Neergaard-Holm, Rick Barnes : Les réalisateurs de ce documentaire très onirique essaient de rester au plus près du style du cinéaste dont ils tentent de brosser le portrait. En résulte une forme somptueuse qui jongle entre les passages très graphique où l’on voit Lynch peindre dans son studio et les images d’archives sur sa jeunesse ou ses travaux, le tout sur une voix-off du cinéaste qui nous accompagne à travers sa jeunesse. Tenter de comprendre d’où vient l’imagination du personnage à travers son parcours est un exercice fascinant mais qui dans la cas présent se révèle incomplet. David Lynch The Art Life  termine là où il aurait dû commencer, c’est lorsque que David Lynch commence à évoquer son travail sur Eraserhead, son premier long métrage que l’on quitte ce dernier alors que son voyage commence et devient bien plus passionnant pour le spectateur. Ses anecdotes de jeunesses sont intéressantes mais on en fait vite le tour et ce n’est pas ce que l’on attend de ce documentaire qui se concentre plus sur la vie du cinéaste que sur son art. C’est relativement dommage car cela donne à ce documentaire plein de qualités, un aspect anecdotique et inachevé.  Fred

Festival

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