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John Wick 2, un film de Chad Stahelski : Critique

B movie totalement vénère, John Wick 2 représente ce qui se fait de mieux en terme de cinéma d’action dans les productions US. La saga confirme son potentiel tout comme elle fait renaître un Keanu Reeves plus félin et charismatique que jamais.

Synopsis : John Wick est de nouveau obligé de sortir de sa retraite anticipée forcé par un ancien associé comptant prendre le contrôle d’une confrérie d’assassins internationaux. Ayant juré de l’aider, John se rend à Rome où il doit affronter certains des tueurs les plus dangereux au monde.

Shoot ‘Em Up

Après le succès surprise du premier épisode, certes perfectible sur sa forme répétitive et son pitch un peu ridicule mais qui s’imposait comme un shot d’adrénaline assez jouissif. Il était évident que les personnes derrières le projet n’allaient pas s’arrêter là avec John Wick et qu’ils compteraient embrayer sur une suite. Un projet au final assez risqué, car le premier fonctionnait surtout sur le fait qu’il sortait de nulle part et a donc pris son spectateur au dépourvu. Faire une suite entraîne donc des attentes qui se doivent d’être comblées. Il ne faut faire ni une redite, ni même trop s’éloigner de l’original pour que le public retrouve ce qu’il avait aimé dans le précédent film. Une tâche plus ardue qu’on ne pourrait le croire attendait donc les têtes pensantes qui ont mis au monde John Wick, la plupart revenant dans cette suite, et il faut reconnaître qu’ils s’y sont appliqués avec un grand-savoir faire.

Chad Stahelski se retrouve ici tout seul pour réaliser John Wick 2, son comparse David Leitch, qui reste quand même producteur du film, est parti suivre sa propre voie. Pourtant la réalisation ne souffre pas de ce départ, au contraire elle s’affine. Stahelski fait le choix de changer d’équipe technique avec un nouveau chef opérateur et monteur pour que l’ensemble gagne en cinégénie avec une meilleure gestion des éclairages et des cadres donnant un aspect beaucoup plus sérieux à l’entreprise. Même la musique très inspirée de Tyler Bates est mieux utilisée au sein du film, cette suite sachant aussi mieux gérer les silences pour certains passages sous tension. La mise en scène trouve donc l’opportunité d’être beaucoup plus inventive dans ses mises en situations des scènes d’action. On est loin de l’aspect répétitif du premier film, ici l’action se réinvente de scène en scène. Toujours avec ce même amour des chorégraphies, Stahelski reste près de son personnage et favorise les plans longs pour que l’on puisse totalement s’immerger avec les acteurs. Le réalisateur est clairement fasciné par la grâce féline de Keanu Reeves, ici impeccable en tueur taciturne au charisme inébranlable, et il fait de ses mouvements un vrai spectacle visuel, que ce soit sa manière de se battre, sa garde, sa façon de recharger une arme… etc. L’implication de l’acteur est totale d’autant plus que rare dans le cinéma américain qui a souvent recourt aux doublures pour les passages plus musclés. Ici le rapport entre le réalisateur et sa star est presque amoureux, on assiste à des danses funèbres élaborées et virtuoses qui ont une puissance cathartique fascinante. Comme cette longue fusillade sous des catacombes romaines qui, par sa gestion magistrale de la lumière et des chorégraphies, en est totalement hypnotique. Mais ce qui est d’autant plus admirable c’est que Stahelski a compris que c’est parfois par la simplicité que vient l’efficacité, comme le prouve une rixe au corps à corps dans un escalier qui offre une habile utilisation du champ/contre-champ.

Dans la conception de son univers, John Wick 2 digère aussi mieux ses influences. On pense fortement au cinéma d’action asiatique, avec John Woo, en tête mais il évoque aussi des cinémas plus posés et cérébraux comme lorsqu’il explore une paranoïa maladive que n’aurait pas renié un Hitchcock. Le monde criminel parallèle où évolue John Wick est au final assez proche du nôtre, notamment dans son inter-connectivité sidérante où l’on ne peut échapper au système. Avec habileté et intelligence, le scénario dépeint un monde dictatorial régit par la paranoïa et qui fait illusion par ses règles oppressives. Où le soit-disant monde civilisé n’est qu’une façade à un univers à l’animosité impossible à fuir, chacun traquant l’autre sans  le moindre scrupules. Jamais John Wick 2 ne néglige son fond au profit de sa forme, et même s’il reste très caricatural dans sa façon de dépeindre ses personnages ou que son univers plonge allègrement dans le kitsch, il assume sa condition et ne prend jamais son spectateur de haut. En ayant conscience de ses limites, il arrive même souvent à en jouer avec beaucoup de malice notamment à travers ses symboliques très imagées. La représentation d’une dette de sang dans cet univers a de quoi faire sourire de prime abord, mais se révèle quelques scènes plus loin assez bien pensée au final. Le film arrive même à tirer une certaine poésie de ses séquences par moments. Comme une scène de suicide inattendue qui vire dans un style baroque bien senti et mettant en valeur le sens de l’honneur déformé qui régit ce monde du crime. Cependant, le film n’évite pas non plus un premier quart d’heure trop caricatural, réintroduisant le personnage de façon peu subtile et évoquant le premier opus de manière bancale, laissant présager le pire pour la suite. Heureusement il n’en sera rien, malgré un casting qui ne brille pas par son talent en dehors de l’action, ou un passage en présence de Laurence Fishburne qui est particulièrement inutile. Il n’est là que pour tirer sur une certaine corde nostalgique.

John Wick 2 est une suite supérieure à son aîné en tous points. Plus abouti et virtuose sur sa forme tout en embrassant avec intelligence le kitsch de son univers. Le fond se révèle plus habile que prévu, même s’il est souvent handicapé par une écriture très stéréotypée. Néanmoins il explore des thèmes actuels et s’impose en œuvre paranoïaque bien plus consciente de ses enjeux qu’elle ne le laisse croire. La réflexion sur son héros se fait en finesse, l’érigeant en icône moderne qui, par son arsenal et son costume qui est partie intégrante de l’homme, en font un super-héros déviant. Au final, les rares petits défauts sont vite éclipsés par l’excellence du divertissement qui est proposé montrant avec hargne et maîtrise que la série B est un cinéma tout aussi noble qu’un autre. Avec ce John Wick 2, on se retrouve face à une saga qui a le potentiel d’être aussi culte que Die Hard ou l’Arme fatale en leur temps, surtout avec les promesses vertigineuses qui sont déjà faites pour le troisième chapitre. Film d’action comme les productions US n’en faisaient plus, et en revival explosif de l’actionner des années 80/90 aussi habile dans le fond que dans la forme avec une star au sommet de son art, John Wick 2 fait du bien là où il passe.

John Wick 2 : Bande annonce

John Wick 2 : Fiche technique

Titre original : John Wick: Chapter 2
Réalisation : Chad Stahelski
Scénario : Derek Kolstad
Interprétation : Keanu Reeves (John Wick), Riccardo Scamarcio (Santino D’Antonio), Ian McShane (Winston), Ruby Rose (Ares), Common (Cassian),…
Image : Dan Laustsen
Montage : Evan Schiff
Musique : Tyler Bates et Joel J. Richard
Décors : David Schlesinger
Costume : Luca Mosca
Producteur : Basil Iwanyk, David Leitch et Chad Stahelski
Société de production : 87Eleven, Lionsgate, PalmStar Media et Thunder Road Pictures
Distributeur : Metropolitan Filmexport
Durée : 122 minutes
Genre : Action
Date de sortie : 22 février 2017

Etats-Unis – 2017

Lion, un film de Garth Davis : critique

Réalisé par Garth Davis, Lion est le récit d’une histoire vraie et bouleversante. Porté par Dev Patel et Sunny Pawal, le film est une œuvre splendide et universelle prenant place dans une Inde meurtrie par la misère sociale.

Synopsis : Une incroyable histoire vraie : à 5 ans, Saroo se retrouve seul dans un train traversant l’Inde qui l’emmène malgré lui à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul dans l’immense ville de Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et adopté par un couple d’Australiens. 25 ans plus tard, Saroo est devenu un véritable Australien, mais il pense toujours à sa famille en Inde. Armé de quelques rares souvenirs et d’une inébranlable détermination, il commence à parcourir des photos satellites sur Google Earth, dans l’espoir de reconnaître son village. Mais peut-on imaginer retrouver une simple famille dans un pays d’un milliard d’habitants ?

Nommé dans la catégorie « Meilleur film » aux Oscars, Lion remplit sur le papier toutes les cases du film à Oscars : histoire incroyable mais vraie portée par des acteurs mondialement reconnus et appréciés. Adapté du récit autobiographique de Saroo Brierley, Lion est réalisé par Garth Davis, qui n’avait réalisé jusqu’ici que quelques épisodes de la série Top of the Lake. Avant même sa sortie, Lion s’annonçait alors comme une œuvre forte, mais aussi comme le film calibré pour la récompense suprême du cinéma américain, les Academy Awards. Ainsi, on pouvait redouter un métrage larmoyant baignant dans le pathos et la facilité. Il n’en est rien. Lion est une œuvre sublime qui touche par sa sincérité et la magnifique odyssée qu’elle raconte. 

Sunny Pawal, véritable héros du film

Le marketing autour de Lion peut être considéré comme mensonger. Alors qu’on espère retrouver Dev Patel confronté aux tourments de son passé, on devra attendre plus de la moitié du film pour retrouver le casting présent sur toutes les affiches. La première partie du film se concentre sur l’épopée de Saroo, 5 ans, qui va se retrouver perdu dans un pays qu’il ne connaît pas, lui n’ayant que son prénom et le nom approximatif de son village en tête. Le récit de l’enfance de Saroo est magnifique et sublimé par une maîtrise soutenue de la mise en scène par Garth Davis. Chaque plan pourrait faire office de tableau, tant la composition de l’image est travaillée. Les paysages indiens sont retranscrits en toute beauté, et la caméra arrive à saisir l’esprit des rues et des décors qu’elle filme, sans jamais tomber dans la caricature. L’enfant Sunny Pawar est extraordinaire et du haut de ses 5 ans, il porte la première partie du film à merveille. On vit la descente aux enfers du petit Saroo, via son regard. On assiste alors, impuissants, à toutes les péripéties qui vont mener à le perdre encore plus. Si le récit de Saroo est extrêmement touchant, Lion touche avant tout par le portrait d’une Inde rongée par la pauvreté et la misère sociale. Comme le met en avant le générique du film, 80 000 enfants indiens disparaissent chaque année. Ce film se concentre sur une seule de ces histoires. Ainsi en dehors d’une incroyable histoire vraie, Lion est le récit social et factuel de la situation alarmante que connaît l’Inde. Chaque figure que va rencontrer Saroo pendant son périple, n’est ni bonne ni mauvaise. Lion évite une aventure aux personnages manichéens, Saroo rencontrera toute une galerie de personnages, où chacun est motivé par des raisons personnelles. Cette idée se confirmera avec le dialogue entre Saroo et sa mère adoptive, où elle explique les raisons de son adoption.

Tourments et quête identitaire 

La deuxième partie du film se déroule autour de l’introspection de Saroo, 25 ans plus tard, dans sa famille adoptive australienne. Dev Patel rayonnant, marque par son sourire constant qui va s’atténuer au fur et à mesure du déroulement de l’intrigue, l’hypocrisie de sa propre vie se dévoilant de plus en plus. Se sentant perdu, il va se lancer dans une quête identitaire, qui va le séparer de son entourage. On pourra reprocher à Lion la superficialité des personnages secondaires. Rooney Mara n’est qu’une astuce scénaristique pour extérioriser les tourments de Saroo, et les parents, incarnés par David Wenham et Nicole Kidman, ne sont que peu développés. Nicole Kidman incarne la seule dose de mièvrerie du film, qui arrivait jusqu’ici à ne pas se complaire dans le larmoyant. La relation entre Saroo et son frère adoptif aurait gagné à être développée, tant elle représente un point majeur du message du film. Le tourment de Saroo n’est pas assez marquant pour le spectateur, tant il a l’air de ne pas considérer sa famille adoptive comme légitime. Cette impression sera excusée plus tard lors d’un final attendu mais somptueux. Tout le sens de sa quête prend forme, et on ne peut ainsi qu’être ravi par la véracité de l’histoire.

Comparé à Slumdog Millionaire, Lion est une œuvre bien plus intimiste, transcendée par la splendide musique de Dustin O’Hallaran et Hauschka. Le film ne tombe que très rarement dans les clichés, et porte un message universel et bouleversant sur la famille et l’identité.

Bande-annonce : Lion

Lion : Fiche technique

Réalisateur : Garth Davis
Scénario :  Luke Davies d’après l’oeuvre de Saroo Brierley
Interprètes : Dev Patel, Rooney Mara, Nicole Kidman,  David Wenham, Sunny Pawar, Abhishek Bharate, Priyanka Bose
Directeur de la photographie  : Greig Fraser
Musique :  Hauschka et Dustin O’Hallaran
Chef monteur : Alexandre de Franceschi
Production : Ian Canning, Emile Sherman, Angie Fielder
Sociétés de production : See-Saw Films, Aquarius Films, Screen Australia, The Weinstein Company, Sunstar Entertainment
Société de distribution : SND
Genre : Drame, Aventure, Biopic
Durée : 105 minutes
Date de sortie : 22 février 2017

Etats-Unis – 2016

T2 Trainspotting, un film de Danny Boyle : Critique

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20 ans après avoir donné un coup de jeune au cinéma britannique grâce à l’esprit punk de Trainspotting, Danny Boyle en réunit toute l’équipe et imagine les retrouvailles de ses personnages devenus cultes pour toute une génération. Inéluctablement, l’énergie de la jeunesse n’est plus là.

Synopsis : Mark revient à Edimbourg, alors qu’il n’y avait plus mis les pieds depuis 20 ans. Il y retrouve Spud et Sick Boy, ses amis d’enfance, mais la rancœur de sa trahison va compliquer ces retrouvailles. Au même moment, Begbie, qui n’est pas prêt de lui pardonner, s’évade de prison.

Only Spud forgives

En 20 ans, le moins que l’on puisse dire de Danny Boyle est qu’il a changé de statut puisque, même s’il reste attaché à son Angleterre natale, où il a notamment tourné 28 jours plus tard, il est à présent connu pour les grands succès commerciaux qu’il a signé à Hollywood, dont le récent Steve Jobs. Il était donc difficile de croire qu’il gardait parmi ses projets les plus chers de réaliser la suite du film qui le révéla aux yeux du public international : Trainspotting, parangon du cinéma rock’n roll des années 90 mais aussi comédie noire sur la misère sociale d’une génération de jeunes écossais qui n’a que la drogue comme échappatoire. Et pourtant, il l’a fait! Il faut admettre que le roman Porno d’Irvine Welsh, paru en 2002, qui narrait  justement les retrouvailles entre les personnages de Trainspotting était un parfait terreau à cette suite. Sauf que le roman se déroulait 10 ans après la fin du premier film, le coche était donc raté et l’adaptation fidèle en devenait inenvisageable. Ce sont donc 20 longues années qui séparent la trahison de Mark envers ses « soi-disant amis » et leurs retrouvailles, et la nostalgie est donc plus forte, au point de devenir le principal moteur de ce film.

Quelle joie de retrouver ces figures que l’on a tant apprécié : On constate non sans ironie que les efforts de Mark pour se ranger dans les carcans de la société de consommation ont finalement le même effet que la drogue, on a de la peine pour Spud qui n’a pas réussi à se libérer de son addiction, et on s’amuse de voir Sick Boy conserver ses talents d’arnaqueur et Begbie toujours aussi borderline. Une joie d’autant plus grande que les acteurs ont peu changé (hormis Irvine Welsh, qui s’offre à nouveau un caméo) et reprennent parfaitement leurs rôles respectifs avec le même esprit et le même jeu qu’autrefois. Mais une fois ces personnages introduits, le scénario semble vite montrer ses limites, préférant jouer de sa propre mythologie à défaut de mettre sur pied une véritable dramaturgie. La mélancolie qui inonde nos chers ex-junkies désormais quadragénaires déteint immanquablement sur le public, au point de donner un arrière-gout d’amertume aux passages les plus funs. C’est en cela que ce qui apparait d’abord comme une limite de l’écriture se révèle en fin de compte – et c’est là le coup de génie – être la principale dynamique émotionnelle du film.

Danny Boyle l’avait annoncé : il a réalisé ce T2 « pour les fans ». Il est certain que si Renton, Sick Boy, Begbie et Spud ne vous évoquent pas les noms d’amis que vous souhaitez retrouver ou, pire encore, que vous voyez en Trainspotting un film has been, alors mieux vaut ne pas s’attarder sur sa suite pas comme les autres.

Sans jamais égaler le film de 96, l’émotion et l’humour sont au rendez-vous, c’est indéniable, on peut donc affirmer que l’héritage est assuré, et ce sans tomber dans la banale redite boursouflée. Pourtant, que les meilleurs passages soient autant de clins d’œil, certes bien amenés mais parfois lourdement appuyés – que les nombreux détracteurs qualifieront allègrement de fan-service – laissera sur le carreau les spectateurs désireux de découvrir quelque chose de réellement neuf. Même si cette écriture auto-référencée peut devenir par moments gênante, la mise en scène, qui se calque sur ce parti-pris fait d’allers-retours entre passé et présent, ne fait au contraire que souligner le talent de Danny Boyle. Sa façon de recycler les gimmicks qu’il a employés il y a vingt ans avec un souci de renouvellement est bel et bien la preuve de l’expérience qu’il a acquise depuis. Ainsi, cadrages décalés, éclairages monochromatiques et autres freeze frames se mêlent à des effets plus modernes, tantôt comiques tantôt superficiels, donnant à l’ensemble un sentiment de décalage pour le moins ambivalent qui lui-même entretient cette nostalgie omniprésente.

C’est tout un discours sociologique que Danny Boyle parvient à faire émerger de son travail. D’abord celui de dire que le vieillissement est -au moins pour la gente masculine ici- une tare difficile à vivre (une thématique déjà au cœur de son Steve Jobs). Alors que Mark n’avait, 20 ans plus tôt, en tête que de s’émanciper loin de cette jeunesse qu’il jugeait mortifère, il est à présent empli de regrets et souhaite en vain la revivre, alors qu’inversement ses amis qui n’ont pas su évoluer admettent avoir raté leur vie. Ce sentiment embarrassant de peur de la maturité et de voir ses bons souvenirs impossibles à reproduire s’avère être de plus en plus partagé par les hommes de son âge.  Boyle dit aussi ce qu’il pense du monde moderne, notamment à travers une déclinaison du monologue « choose life » qui a vocation à devenir tout aussi culte, dans laquelle le cinéaste dénonce de but en blanc cette aliénation qu’est la consommation massive d’informations qui apparaît à ses yeux comme aussi asservissante que les drogues dures. Enfin, Trainspotting 2 apparaît comme un long-métrage à l’énergie et au discours transgressif comme on n’en voit plus de nos jours. Définitivement, et même s’il ne parlera qu’aux fans du premier film, T2 Transpotting met un nouveau coup de pied à une industrie cinématographique qui ne propose plus que des produits aseptisés et nous rappelle, à sa façon, qu’il faut regarder en arrière pour trouver cette liberté de ton que l’on peine à retrouver aujourd’hui.

 T2 Transpotting : Bande annonce

T2 Transpotting : Fiche technique

Réalisation : Danny Boyle
Scénario : John Hodge, librement adapté des romans d’Irvine Welsh
Interprétation : Ewan McGregor (Mark Renton), Jonny Lee Miller (Sick Boy), Ewen Bremner (Spud), Robert Carlyle (Francis Begbie), Anjela Nedyalkova (Veronika), Kelly Macdonald (Diane)…
Photographie : Anthony Dod Mantle
Montage : Jon Harris
Musique : Rick Smith
Producteurs : Bernard Bellew, Danny Boyle, Christian Colson, Andrew MacDonald
Distribution (France) : Sony
Festival et Récompenses : Nomination à la Berlinale 2017
Durée : 123 minutes
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 1er mars 2017

Grande-Bretagne – 2016

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For Assia : Après Divines, Houda Benyamina va dépeindre une histoire d’amour sur fond de guerre en Algérie

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Houda Benyamina, qui a été couronnée par le prix de la Caméra d’or au dernier Festival de Cannes pour Divines, travaillerait sur son prochain long-métrage For Assia. Cette fresque historique devrait être le théâtre d’une très belle histoire d’amour entre un journaliste américain et une révolutionnaire algérienne.

La réalisatrice de Divines a évoqué son prochain projet cinématographique lors d’un entretien à Variety. For Assia devrait reposer sur la même thématique centrale que son précédent long-métrage Divines. L’importance de l’amour au milieu du chaos. La passion comme seule évasion pour fuir un quotidien cauchemardesque où l’avenir appartient déjà au passé.

L’amour plus fort que la guerre

Ce futur film devrait se dérouler en pleine période de la guerre d’Algérie. Les deux personnages principaux seront un journaliste américain et une révolutionnaire algérienne. For Assia sera un drame épique dans le contexte de l’indépendance de l’Algérie. La chronologie du film devrait s’étaler sur trois décennies. La cinéaste Houda Benyamina se serait inspirée des militantes du FLN Djamila Bouhired et Zohra Drif pour préparer ce film.

Cette histoire d’amour entre le journaliste et cette figure révolutionnaire sera inévitablement entachée par les conflits d’intérêts et les jeux de pouvoir.

Les cinéphiles qui avaient apprécié le biopic de Marco Turco sur la journaliste Oriana Fallaci ou les grands classiques La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo mais également Hiroshima Mon Amour d’Alain Resnais devraient être séduits par cette nouvelle œuvre de fiction de Houda Benyamina avec la guerre d’Algérie pour toile de fond.

Après avoir remporté la Caméra d’or avec Divines au dernier Festival de Cannes, Houda Benyamina pourrait être, avec toute l’équipe du film, la grande gagnante de la magnifique nuit des César du vendredi 24 février. Divines figure effectivement parmi les favoris pour cette grande soirée de la célébration du septième art en France.

For Assia serait actuellement en pré-production d’après des informations d’Allocine. Houda Benyamina aurait déjà rencontré James Franco ainsi que Robert Pattinson pour l’attribution du rôle du reporter américain.

Pour ce film, je vois un acteur qui aurait à la fois la profondeur de Michael Fassbender et la fantaisie de Tom Cruise dans Magnolia

En ce qui concerne le rôle féminin principal, l’héroïne révolutionnaire, Houda Benyamina souhaite donner sa chance et faire confiance à une jeune femme talentueuse et encore inconnue du grand public.

Ces femmes algériennes révolutionnaires étaient issues de différents milieux sociaux. Pour la jeunesse algérienne, elles représentaient des icônes fortes et charismatiques à la manière de Martin Luther King, Neslon Mandela et Malcolm X.

For Assia sera produit par Marc-Benoit Créancier pour le compte de la société Easy Tiger comme ce fut le cas pour Divines. Le calendrier de début de tournage est pour l’instant fixé au premier semestre 2018. Un triomphe aux César vendredi soir avec Divines pourrait peut-être accélérer les choses et propulser un peu plus Houda Benyamina vers les étoiles.

 

Split, un film de M.Night Shyamalan : Critique

Avec Split, pour son onzième film, le cinéaste M.Night Shyamalan (scénariste/réalisateur), habitué à la polémique, nous vend un ambitieux projet lié à Incassable (2000), du déjà vu qui finira par donner raison à ses détracteurs : fragile, prévisible, inconfortable, pire encore … ennuyeux.

Synopsis: Kevin a déjà révélé 23 personnalités, avec des attributs physiques différents pour chacune, à sa psychiatre dévouée, la docteure Fletcher, mais l’une d’elles reste enfouie au plus profond de lui. Elle va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres. Poussé à kidnapper trois adolescentes, dont la jeune Casey, aussi déterminée que perspicace, Kevin devient dans son âme et sa chair, le foyer d’une guerre que se livrent ses multiples personnalités, alors que les divisions qui régnaient jusqu’alors dans son subconscient volent en éclats.

Docteur Jekyll et Mister Hyde

Après une filmographie qui prête au débat avec des films de très mauvais goût (La Jeune fille de l’eau) ou relativement écolo-ingénieux (Phénomène) en passant par un nouveau type de super-héros très réussi (Incassable), Shyamalan a toujours tenté d’allier divertissement et auto-réflexivité avec des messages plus ou moins évidents sur différents sujets philosophiques, sociétaux ou cinématographiques. Si l’on remonte les intentions, l’inspiration concernant le personnage de James McAvoy lui serait venue en tournant Incassable. Mais la scène qu’il avait imaginée était trop intense par rapport au reste du film. Il a donc préféré l’écarter et en a fait un long-métrage à part entière bien des années plus tard. Difficile d’oublier l’inefficacité de The Visit par son procédé convenu et son scénario soporifique. On l’attend au tournant comme si sa réputation réclamait constamment un nouvel éclat. Il ne faudra pas s’attendre à être ébloui avec Split, car malgré des performances étonnantes et une mise en scène propre, le genre sombre dans la quintessence scénaristique du ridicule. On peut asséner le même « compliment » au dernier film de Gore Verbinski (A Cure For Life). Sa volonté du twist cousu d’avance empiète sur une nécessaire subtilité et transformant l’objet ici d’analyse en un exercice d’hommage sans réelle matière ni consistance (le huis clos de Room, le slasher de Psychose, la chronique lynchienne Lost Highway, le drame psychologique de Martin Scorsese Shutter Island, ou les thrillers noirs de David Fincher sans oublier Fight Club). Et il n’est pas anodin que ces derniers traitent de la schizophrénie comme résolution dramatique. Ici, les cartes semblent avoir été redistribuées à l’envers et nous semblons connaître la nature du mal qui pousse James McAvoy à kidnapper trois adolescentes, mais la réponse n’en est pas moins… inintéressante.

Passons sur la critique de la génération Y ayant tout à portée de main, superficielle et vierge de toute « réelle souffrance ». Passons sur l’emprisonnement, l’isolation ou l’impossibilité de l’extérieur déjà leitmotiv dans moult films d’horreur (Martyr, The Thing, Don’t Breathe…). Et focalisons-nous principalement sur la force principale du film, les multiples personnalités du personnage joué par l’acteur britannique, puisqu’il s’agit non pas d’une révélation, mais du premier contexte. Une vingtaine d’identités différentes pour un jeu un peu en dessous des talentueux Anthony Perkins (Psychose), Jack Nicholson (Shining), Tony Curtis (L’Etrangleur de Boston) ou Michael Shannon (Bug, Take Shelter). James McAvoy, déjà bipolaire dans Ordure! d’où nous ne citerons pas le plagiat au style de Danny Boyle, arrive par moments à atteindre certaines fulgurances et d’autres spectateurs le trouveront sensationnel. La jeune Anya Taylor-Joy déjà apparu dans The Witch ou le plus que décevant Morgane est tout aussi remarquable. Il est dangereux de statuer deux heures entières de film de genre bien à lui (du drame entertainment bien ancré dans le réel avec pointes de fantastique et d’horreur arrivant de nulle part sur intentions psychologiques) sur le trouble dissociatif d’identité. La volonté est donc clinique, puisque au centre du récit, mais également romanesque car intégrée dans un scénario tenant sur deux tickets de bus. Par ailleurs, montrer la scène d’introduction en voiture dans la bande annonce annule toute effet de surprise, car cette seule scène sans l’avoir découverte au préalable aurait eu quelque chose de grandiose et étouffant. Mais le choix de la vendre sur un format de marketing laissant peu de place à la respiration est aussi stupide que la plupart des bandes annonces massacrant le film en lui-même.

L’usage du flashback semble vouloir nous perdre ou nous donner les clés c’est selon, sauf que la simplicité du soi-disant « twist » (n’écoutez pas les médias qui emploie à tort ce mot) prévisible anéantit la profondeur de la scène de confrontation finale. D’autant plus, que le ressort du « he’s back » (il revient), gratuit comme toujours, participe une fois de plus à l’ennui enduré sur la dernière demi-heure. Et la question qui apparaît donc comme de l’herpès génital -c’est dire l’inconvénient- est la suivante « Pourquoi? » ou « A quoi bon? »

Pourquoi ce dépôt de gerbe sur le quai pour un retour au foyer? Pourquoi ce mysticisme cannibaliste gratuit? Pourquoi grimper autour d’une ouverture d’une porte pour redescendre juste après? Pourquoi ces choix de montrer la suggestion à la pédophilie? Pourquoi se distancier ensuite par rapport à Casey dans la voiture de police et son regard à la fois apeuré et vindicatif?

Pourquoi ce rappel soudain à l’épisode 6 de la première saison de Buffy contre les vampires dans lequel Xander se mut en hyène suite à un cas d’ensorcellement dans un zoo? Quoiqu’il en soit, les critiques sont similaires et de conclure… Profitons de la concomitance : Noël Murray, du site A.V. Club, affirme que, même si «l’analogie entre les hyènes et les cliques du lycée n’est pas aussi bien développée» qu’elle aurait pu l’être, «la narration est intéressante» et «quelques scènes sont vraiment dérangeantes et sinistres». Ici non au contraire, le maquillage en est risible. La BBC évoque «un élément surnaturel amené de façon maladroite» et mal expliqué mais un épisode qui reste néanmoins «extrêmement inventif» et qui bénéficie d’une «brillante interprétation de Nicholas Brendon, lequel transpire la menace dans chaque scène». Mikelangelo Marinaro, du site Critically Touched, délivre une critique plus négative et lui donne la note de D+, estimant qu’il y a une bonne idée de départ et quelques scènes vraiment convaincantes, certaines étant même inhabituellement sombres pour la saison 1, mais que l’exécution générale est mauvaise, que les «conséquences sont inexistantes» une fois l’épisode terminé, et que le «thème central ne tient pas très bien la route en termes de profondeur et de pertinence par rapport aux personnages principaux ». 

L’insert de fin faisant écho au personnage en fauteuil roulant (Mr Glass) dans Incassable avec l’apparition de Bruce Willis appelle à un cross-over entre la Horde et David Dunn. Alerte donc à la trilogie super-héroïque réaliste! En plus d’avoir le melon dur, avec des caméos juste rigolos pour faire comme le Gros Alfred, M.Night Shyamalan réalise une fois de plus un film relativement incompréhensible si l’on est pas dans sa tête, fragile et guère déstabilisant. Préférez le terme de drame super-héroïque à thriller psychologique et l’appréciation sera meilleure…

Split : Bande Annonce

Split : Fiche Technique

Réalisation : M.Night Shyamalan
Scénario : M.Night Shyamalan
Interprétation : James McAvoy (Dennis / Patricia / Hedwig / The Beast / Kevin Wendell Crumb / Barry / Orwell / Jade), Anya Taylor-Joy (Casey Cooke), Betty Buckley (Dr. Karen Fletcher), Haley Lu Richardson, (Claire Benoit), Jessica Sula (Marcia), Izzie Coffey (Casey à 5 ans), Brad William Henke (Oncle John), Sebastian Arcelus (le père de Casey)…
Image : Mike Gioulakis
Montage : Luke Franco Ciarrocchi
Musique : West Dylan Thordson
Décors : Mara LePere-Schloop
Costume : Paco Delgado
Producteur : Jason Blum, M. Night Shyamalan, Marc Bienstock
Société de production : Blinding Edge Pictures, Blumhouse Productions
Distributeur : Universal Pictures International
Durée : 117 minutes
Genre : Thriller Psychologique / Film de super-héros psychologique
Date de sortie : 22 février 2017
Avertissement : INTERDICTION AU – DE 12 ANS

Etats-Unis – 2017

Big Little Lies, une série de David E. Kelley : Critique du pilote

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Après le polar, la S-F ou la fantasy, HBO se lance dans le soap, avec un casting de stars du grand écran parmi lesquelles Reese Witherspoon, Laura Dern, Nicole Kidman et Shailene Woodley. Bénéficiant en plus du réalisateur de Dallas Buyers Club, Jean-Marc Vallée, pour le pilote, Big Little Lies nous emmène dans un cercle de mères aux foyers bourgeoises dont les relations vont très vite partir en éclat après un accident.

David E. Kelley n’en est certainement pas à son coup d’essai. Le scénariste américain ayant lancé la carrière de Neil Parick Harris avec Docteur Doogie à la fin des années 80, est également le cerveau derrière de nombreuses séries judiciaires ayant eu leurs heures de gloire à la fin des années 90 et au début des années 2000. Parmi celles ci, on compte The Practice ou la série des Boston Public et Justice, mais son plus gros succès reste bien évidemment Ally McBeal. Après un passage raté par la comédie avec The Crazy Ones, qui bénéficiait quand même de Sarah Michelle Gellar et Robin Williams, le voici qui débarque pour la première fois sur une chaîne câblée et plus précisément la grande HBO avec une mini-série répondant au nom de Big Little Lies.

Sur le papier Big Little Lies frappe fort, en plus d’un showrunner ayant un certain nombre de galons, on retrouve le québécois Jean-Marc Vallée à la réalisation. Du beau monde à la création, mais c’est devant la caméra que Big Little Lies étincelle avec son casting 5 étoiles. Reese Witherspoon, Nicole Kidman, Shailene Woodley, Laura Dern, Adam Scott, Alexander Skarsgard ont de quoi attirer un certain nombre de spectateurs, peu importe le sujet de la série.  Le sujet parlons-en, il n’est pas difficile de faire un rapprochement entre ce nouveau produit estampillé HBO et Desperate Houseviwes. Les deux séries commencent par une mort, et ses personnages principaux sont composés majoritairement de femmes au foyers. Si la série de Marc Cherry offrait une certaine diversité sociale parmi ses personnages de femmes, les protagonistes de Big Little Lies se trouvent être du même milieu social. Exit également la banlieue de Wisteria Lane, pour faire place à la plage de Monterey, ville touristique du nord de la Californie. Plus huppée, Big Little Lies l’est donc clairement, et la production de la série va dans ce sens.

Comme dit précédemment, la série commence par une mort, un meurtre en l’occurrence. Meurtre qui va rester mystérieux tout le long de ce pilote, mais dont certains indices vont désigner les personnes impliquées. Ce pilote va donc suivre un schéma assez classique, et exploité par HBO dans True Detective par exemple, une alternance entre des interrogatoires de personnages secondaires et témoins avec les différents éléments qui ont contribué à aboutir à ce mystère.  Deux éléments capitaux vont donc avoir lieu dans ce pilote et pourraient expliquer ce meurtre. Le premier est l’arrivée de Jane Chapman, interprété par Shailene Woodley, une jeune mère célibataire qui à première vue n’a pas grand chose à voir avec les autres femmes de la communauté, parmi lesquelles l’influente Madeleine Mackenzie campé par Reese Witherspoon, qui va très vite faire amie-amie avec Jane, et l’intégrer à son univers. Si Madeleine possède une certaine emprise sur la communauté de Monterey, ce n’est évidemment pas la seule, et Renata Klein, le personnage de Laura Dern, ne vas pas nous faire dire le contraire. Carriériste hautaine, elle semble opposée au petit groupe de Madeleine, par son refus d’être une femme au foyer. Le fait qu’elle prenne Jane pour une nounou montre clairement le gouffre qui la sépare de le jeune femme. Pour l’épauler, Madeleine peut cependant compter sur sa meilleure amie Celeste, un peu cougar sur les bords, jouée par Nicole Kidman, qui attise les convoitises à cause de son très jeune mari joué par Alexander Skarsgard. Ce premier épisode permet donc de faire un état des lieux des différents protagonistes, on arrive assez vite à cerner leurs caractères respectifs.

D’un autre côté, il y a une chose pour lesquelles ces femmes s’accordent, c’est l’amour pour leurs enfants. Ce sont toutes des mères, certaines ayant des problèmes avec des enfants adolescents, d’autres essayant de s’affirmer comme mère. C’est sur ce point que Big Little Lies va beaucoup jouer : le meurtre aura lieu pendant une collecte de fonds pour l’école, et le pilote se déroule pendant la journée d’orientation, une sorte de pré-rentrée. C’est d’ailleurs au cours de cette journée, que va se passer l’événement qui va cristalliser les relations entre le camp de Madeleine et celui de Renata. La fille de Renata aurait été étranglée par Ziggy, le petit garçon de Jane. Une marque sur le coup de la jeune fille comme seule preuve, Jane n’hésitera pas à défendre son fils. La méthode de la maîtresse qui demande à la petite fille de désigner le responsable mettra très vite le feu aux poudres. Une atmosphère assez crispante plane sur ce pilote, et le manque de véritable touche d’humour joue en sa défaveur.

Le pilote de Big Little Lies peine à véritablement convaincre. Si son statut de mini-série est certainement un plus, qui évitera à la série trop de digression, ce premier épisode ne donne pas suffisamment de clés pour s’intéresser au mystère. L’accident reste pour le moment très vague, les quelques bribes d’interrogatoires montrent uniquement une certaine rancœur pour les personnages principaux. Ces mêmes personnages, qui même si pour la plupart sont très bien interprétés, manquent cruellement d’empathie. La seule protagoniste véritablement attachante au bout de ses 45 premières minutes est Jane Chapman, par son plongeon dans ce monde qui lui semble diamétralement opposé. L’un des gros points forts de ce pilote reste cette projection des mères à travers leurs enfants, un point de vue qui évitera une redondance avec d’autres oeuvres et qui offrira certainement une originalité bienvenue à Big Little Lies, qui se présente majoritairement comme un soap avec son petit mystère à résoudre. La réalisation de Jean-Marc Vallée est propre et distinguée collant à la perfection avec l’univers dans lequel évolue la série.

Synopsis :  Un meurtre secoue la petite ville de Monterey. Parmi les personnes impliquées se trouve 3 mères de familles. Madeleine est une personne influente dans la petite communauté et possède quelques problèmes avec sa fille adolescente qui se rapproche de sa belle-mère. Celeste, quant à elle, attire la jalousie du fait de son mariage avec un homme plus jeune qu’elle. Jane, pour finir, est une mère célibataire qui vient d’arriver, et dont le fils aurait lors du premier jour d’école essayé d’étrangler la fille de Renata Klein une carriériste aux dents longues.

Big Little Lies : Bande annonce

Big Little Lies : Fiche Technique

Créateur : David E. Kelley ( basé sur le roman Big Little Lies de Liane Moriarty)
Réalisation : Jean-Marc Vallée
Scénario : David E. Kelley
Interprétation : Reese Witherspoon (Madeleine Mackenzie), Nicole Kidman ( Celeste Wright), Shailene Woodley ( Jane Chapman), Laura Dern ( Renata Klein), Alexander Skarsgard ( Perry Wright), Adam Scott (Ed Mackenzie), Zoe Kravitz ( Bonnie Carlson)
Directeur de la photographie : Yves Bélanger
Musique : Susan Jacobs
Production : David E.Kelley, Liane Moriarty, Barbara A. Hall, Jean-Marc Vallée, Reese Witherspoon, Nicole Kidman
Sociétés de production : Pacific Standard, Blossom Films
Genre : Soap, drame, policier
Format : 7 x 50 minutes
Chaîne d’origine : HBO
Diffusion aux USA : 19 février 2017

Etats-Unis 2017

 

Une suite en préparation pour Les Petits mouchoirs !

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Après le succès de sa comédie Les Petits mouchoirs, Guillaume Canet va revenir derrière et devant la caméra pour la suite des aventures de la désormais fameuse bande d’amis parisiens.

Alors que Rock’N Roll, le dernier film de Guillaume Canet, fait rire dans les salles obscures, une actrice des Petits mouchoirs a gaffé. Une suite est bel et bien en préparation pour Les Petits mouchoirs. Valérie Bonneton, qui jouait le rôle de Véro l’épouse de Max, a lâché le morceau lors d’un interview au magazine Télé 7 jours, publié lundi dernier. Elle révèle « L’an prochain, je retrouverai la bande des Petits Mouchoirs pour tourner la suite, toujours réalisée par Guillaume Canet ». Quelle bande ? Elle parle sûrement de toute l’équipe d’amis acteurs qui composaient le premier film. Ainsi, on devrait retrouver François Cluzet, Benoît Magimel, Gilles Lellouche, Marion Cotillard, Pascale Arbillot, Laurent Lafitte, Louise Monot et Guillaume Canet pour ce second volet.

Sorti en 2010, le film a été un énorme succès, réunissant plus de 5,5 millions de français dans les salles obscures. Sollicité pour une suite, Guillaume Canet avait préféré réaliser Jappeloup (2013), Blood Ties ( 2013) et Rock’N Roll (2017). Le réalisateur était resté jusque là assez évasif quant à une éventuelle suite des Petits Mouchoirs. En janvier, il confie dans l’édition janvier-février de Première « J’y réfléchis… De toute façon, je n’ai jamais réussi à écrire un film sans avoir sorti l’autre». Si le réalisateur n’a encore rien confirmé, le projet serait bien plus avancé qu’il n’y parait. Les Petits mouchoirs raconte les vacances d’un groupe d’amis au Cap-Ferret alors qu’un de leur pote se trouve à l’hôpital dans le coma. On peut attendre du second volet de nouvelles péripéties et bouleversements familiaux pour la bande d’amis.

Espérons que le tournage de la suite ne soit pas aussi éprouvant qu’il ne l’a été lors du premier opus, pour Guillaume Canet. En effet, il a déclaré en 2014 « J’aime bien son aspect comédie mais j’ai livré trop de choses personnelles« . « C’est un peu comme si dans un dîner, quelqu’un vous raconte un moment important de sa vie en chialant : si vous ne connaissez pas bien cette personne, ça peut être embarrassant » Le réalisateur ajoute « J’ai perdu un pote, comme dans le film, deux jours avant sa sortie ». Guillaume Canet avait notamment fait part de son mécontentement jugeant la promotion du film « Putassière ».

Bande-annonce Les Petits mouchoirs :

Spawn : Kevin Smith prépare une série télévisée centrée sur les deux détectives Sam et Twitch

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L’acteur et réalisateur américain Kevin Smith travaillerait au développement d’une série télévisée qui va réjouir les fans du comics américain Spawn de Todd McFarlane. Préparez-vous à une plongée dans l’Enfer du crime, du passage à l’acte et sur les origines du Mal.

Kevin Smith plancherait actuellement sur une fiction pour les besoins du petit écran. Les œuvres majeures de Kevin Smith en tant que réalisateur sont la saga Clerks, Jay et Bob contre-attaquent, Tusk, Red State, Zack et Miri font un porno ou bien encore Dogma. Le cinéaste derrière la saga Clerks devrait donc s’atteler dans les prochains mois à un projet infernal (à tous les sens du terme) pour le plus grand bonheur des fans du comics Spawn. Selon des informations de Deadline, BBC America aurait confié à Kevin Smith le soin d’écrire, de réaliser et de produire une série télévisée entièrement basée sur les aventures des inspecteurs Sam et Twitch.

Les épisodes pourraient suivre le canevas et l’intrigue des comics américains Sam and Twitch publiés au début des années 2000. Cette bande dessinée est en réalité un spin-off de l’œuvre majeure de Todd McFarlane, Spawn. Sam Burke et Twitch Williams sont deux détectives travaillant à la brigade criminelle. Ils sont apparus pour la toute première fois en 1992 dans un numéro de Spawn en tant que personnages secondaires. Leurs investigations les entraînent dans les bas-fonds de la ville, en pleine fange. Sam et Twitch se retrouvent confrontés au quotidien face aux criminels de la pire espèce qui semblent avoir perdu tout sens moral et dont la santé mentale s’est fait la malle depuis belle lurette. Certains crimes particulièrement atroces et inhumains pourraient même les mener sur les voies de l’occulte et du paranormal. L’Enfer sur terre au fond d’une allée sombre est malheureusement la dure réalité des deux enquêteurs de choc Sam et Twitch entre un donuts, une tranche de pizza tiède et une tasse de café froid avalés en quatrième vitesse.

Les fans hardcore du anti-héros démoniaque à la cape rouge et aux chaînes acérées qui mène la dent dure au clown Violator – suppôt de Satan à ses heures perdues – attendent avec impatience un caméo du personnage maudit, Al Simmons-Spawn, dans la future série Sam and Twitch.

Todd McFarlane avait lui-même évoqué depuis de nombreux mois ses envies et son désir de revoir l’univers de Spawn adapté dans une nouvelle fiction.

Le célèbre comics avait déjà été transposé au cinéma par Mark Dippé en 1997, qui avait auparavant travaillé sur les effets visuels de Terminator 2 et Jurassic Park notamment. Même si la trame narrative était très respectueuse du comics original, le film manquait clairement de souffle. Il faut dire que la période à Hollywood, à la fin des années 1990, n’était pas aussi porteuse de projets marquetés et extrêmement travaillés avec de gros budgets et des effets spéciaux colossaux comme la vague des films DC et Marvel de ces dix dernières années. HBO avait également diffusé une série animée Spawn à la fin des années 1990 d’une très grande qualité. Ce programme s’étalait sur trois saisons pour un total de 18 épisodes.

La présidente de BBC America, Sarah Barnett, s’est exprimée dans les médias américains sur ce projet de série télévisée avec Kevin Smith basé sur les deux personnages créés par Todd McFarlane.

Je suis tombée par chance sur Kevin Smith au festival de Sundance. Il est extrêmement enthousiaste pour ce projet et surexcité à l’idée de travailler sur cette série. Sam and Twitch devrait être terrifiant et comporter des séquences d’humour macabre. […] Une intrigue différente sera abordée dans chaque épisode. Ils disposeront tous d’une fin fermée même si certains aspects de l’intrigue et des personnages seront séquencés et étalés au fil des épisodes.

Columbo, Maigret, Derrick et les flics de choc de True Detective n’ont qu’à bien se tenir. Sam et Twitch risquent de déménager. Le programme en cas de succès pourrait même bousculer les codes du genre de la série policière. Sam and Twitch risque de s’apparenter à du très bon X-Files ou à la série mythique des années 1990, MilleniuM, avec Lance « Bishop » Henriksen.

Spawn de Mark Dippé – Bande-annonce (VF) :

Certaines femmes, un film de Kelly Reichardt : Critique

Avec Certaines femmes, Kelly Reichardt ne parvient pas à transcender le portrait de femmes et signe une œuvre contemplative et froide qui malgré ses élans poétiques, ne nous confronte qu’à l’ennui.

Synopsis : Quatre femmes font face aux circonstances et aux challenges de leurs vies respectives dans une petite ville du Montana, chacune s’efforçant à sa façon de s’accomplir.

La tranquillité du quotidien

Kelly Reichardt s’est, depuis quelques années déjà, imposée comme une portraitiste de talent notamment pour exprimer avec une rare délicatesse l’intime et le mal être de ses personnages. Composant un cinéma féminin régi par l’abstrait et la poésie, elle a apporté des œuvres parfois difficiles d’accès pour son spectateur mais contenant de formidables joyaux pour celui qui avait le courage de s’y laisser bercer. Pourtant avec un style pareil à aucun autre et ses thématiques auteuristes appuyées, elle commence à devenir la caricature d’un cinéma indépendant américain qu’elle avait jusque là si bien évité. Mais allant de plus en plus loin dans l’épure et l’abstraction, elle cédait à une froideur qui marquait déjà une cassure avec son spectateur lors de son précédent film, Night Moves, réflexion écolo beaucoup trop statique menée par Jesse Eisenberg et Dakota Fanning.  Son dernier film, Certaines femmes, s’inscrit dans cette logique et peine à convaincre.

Visuellement, Reichardt n’a rien perdu de son talent. Filmant ses personnages avec une grâce désespérée, elle transcende la condition très terre-à-terre de leur quotidien pour en faire quelque chose de tourmenté et crépusculaire. La sublime abstraction qui émane des plans rappelle les plus belles heures de la peinture impressionniste. Le travail sur les cadres et leur composition est assez impressionnant surtout dans sa manière de capter le mouvement mais surtout son absence. Malgré le quotidien chargé des personnages, celui-ci semble figé dans le temps, voué à se répéter à l’infini. Il y a une vraie poésie des images qui émane de l’œuvre et même si on parvient à l’admirer, sa froideur rugueuse empêche de pleinement s’y investir. Le rythme en devient très lourd par son approche mécanique du film choral, les récits s’enchaînant laborieusement sans vraiment de liens logiques. Surtout que les films chorals ont tendance à manquer d’émotion car l’on ne passe pas assez de temps avec les personnages pour se sentir concerné par eux. Ici, c’est le cas et le choix n’apparaît pas des plus judicieux, surtout traité de manière aussi quelconque. Le film loupe le coche d’un drame profond pour n’être qu’un exercice de style qui finit par tourner en rond.

S’intéressant à la solitude inhérente au genre humain, la cinéaste se focalise sur le destin de trois femmes isolées au sein de leurs propres vies. Dans le premier segment on voit une femme qui peine à exister en dehors de son travail, un travail où elle a du mal à s’épanouir en raison de sa condition de femme. Dans le second, c’est une femme qui ne trouve plus sa place au sein de sa famille et qui se berce dans l’illusion de construire un foyer tandis que dans le dernier tiers, on suit une femme isolée des gens, en quête désespérée d’un contact humain. Les deux premières histoires, surtout la seconde, peinent vraiment à accrocher le spectateur par leur aspect presque dérisoire. Dans la première partie, c’est le personnage secondaire qui se révèle plus intéressant que le personnage que l’on est censé suivre, à tel point qu’il semble totalement déconnecté du récit. Le problème du segment autour du personnage de Michelle Williams, le deuxième, c’est qu’il se révèle relativement attendu. Son économie des mots est admirable mais la moralité et la substance du propos sont connues avant même que l’histoire ne se lance, enlevant tout intérêt. Il n’y a que le dernier acte qui parvient à exister car c’est le seul qui arrive à se lover dans le forme abstractive de Reichardt. Elle magnifie cet amour qui n’ose s’exprimer et c’est là qu’elle dépeint vraiment le vertige terrifiant de la solitude. Le casting fait de son mieux pour nous maintenir éveillé et il faut reconnaître qu’il fait du bon boulot. Laura Dern, Michelle Williams et Lily Gladstone rivalisent de justesse pour nous faire nous attacher à leur personnage et parviennent toujours à apporter un semblant d’âme à ceux-ci. Ce qui n’était d’ailleurs pas forcément perceptible à l’écrit. Les trois sont soutenues par des seconds rôles forts, dont on retiendra l’excellent Jared Harris, brillant de naïveté et de pathétisme, et Kirsten Stewart au charisme toujours aussi éblouissant.

Certaines femmes apparaît comme la confirmation que Kelly Reichardt se répète malgré son talent plus qu’évident. Le film est somptueux par sa réalisation et solide grâce à la justesse de son casting. Mais en dehors de ça, on se heurte à une œuvre bien trop froide et mécanique pour que l’on puisse s’y investir. Seule la dernière histoire du récit parviendra à éveiller l’émotion du spectateur qui regardait jusque là ces quotidiens statiques, d’un ennui poli. Beaucoup trop lent et probablement beaucoup trop long aussi, le propos de Certaines femmes ne survit que rarement à sa forme abstraite qui évapore sa substance, à savoir l’émotion humaine dans sa forme la plus brute. Reste un exercice de style tout juste moyen qui est certes joli mais qui sonne creux et tourne en rond.

Certaines femmes : Bande annonce

Certaines femmes : Fiche technique

Titre original : Certain Women
Réalisation : Kelly Reichardt
Scénario : Kelly Reichardt, d’après le recueil de nouvelles Both Ways Is the Only Way I Want It de Maile Meloy
Interprétation : Laura Dern (Laura Wells), Michelle Williams (Gina Lewis), Lily Gladstone (Jamie), Kristen Stewart (Beth Travis), Jared Harris (William Fuller),…
Image : Christopher Blauvelt
Montage : Kelly Reichardt
Musique : Jeff Grace
Décors : Pamela Day
Costume : April Napier
Producteur : Neil Kopp, Vincent Savino et Anish Savjani
Société de production : Film Science et Stage 6 Films
Distributeur : LFR Films
Durée : 107 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : 22 février 2017

Etats-Unis – 2016

Premières photos de tournage pour Robin Hood : Origins

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Après Kevin Costner et Russell Crowe, c’est au tour de Taron Egerton (Kingsman)  d’endosser le costume du célèbre prince des voleurs dans Robin Hood : Origins, un reboot qui s’attardera sur les jeunes années de Robin des Bois. Le tournage a commencé en Croatie, et les premières photos circulent déjà sur la toile. De quoi ravir les curieux.

Un version engagée 2.0

Robin des Bois est un mythe qui fait les choux gras du cinéma épique depuis bien des décennies, et ce n’est pas prêt de s’arrêter ! En 2018 sortira sur nos écrans une énième adaptation, basée cette fois sur les jeunes années du héros. Interprété par Taron Egerton, acteur britannique révélé par la comédie d’espionnage Kingsman, Robin des Bois sera apparemment montré sous un nouveau jour, comme l’explique le producteur Basil Iwaynk :

« Nous allons raconter l’histoire d’un gamin qui part à la guerre en pensant qu’il va se battre pour une noble cause et participer à de grandes Croisades, avant de réaliser qu’en réalité, tout ça, c’est n’importe quoi. Il retourne à Sherwood avec des sortes de troubles, victime d’un stress post-traumatique. Il comprend qu’on lui a menti et il réintègre une société fracturée dont il ne fait plus réellement partie et dans laquelle il ne se reconnaît plus. Il constate que les pauvres se sont appauvris, et que les riches se sont enrichis. »

Ces propos engagés, qui laissent penser que le projet sera très ancré dans un contexte social, sont relayés et étayés par ceux du réalisateur Otto Bathurst qui s’est exprimé lors d’une conférence de presse peu avant le début du tournage :

« Lorsque j’ai commencé à vraiment me renseigner sur le personnage et sa légende, j’ai compris que l’histoire avait une réelle résonance avec le contexte actuel, plus que jamais en fait. Selon moi, faire un film, c’est présenter un reflet de ce qui se passe dans la société, faire ressortir une dimension humaine. Donc, au delà du caractère très divertissant de mon film, il y aura un propos, je le fais dans un but précis. Il y aura un sous-texte sur le gouvernement, la corruption et le pouvoir, mais aussi sur la nécessité d’apporter du changement à la société, dirigée par 1% de la population. Le message, c’est d’avoir le courage de se battre, de s’ériger contre cet état de fait. A mon sens cela a toujours été le sujet de Robin des Bois, mais ça le sera encore davantage dans ma version« .

Action et divertissement

Le film, qui n’en demeure pas moins un blockbuster avant tout, ne sera pas dépourvu d’action pour autant, comme en attestent les dires du scénariste Joby Harold, dont la volonté première a été de toucher un maximum de spectateurs en donnant à son script une dimension allégorique et contemporaine qui s’inscrit parfaitement dans l’ère du temps et qui reflète le dynamisme d’une jeunesse révoltée, entre rage, colère et énergie. Le projet, décrit comme âpre et réaliste, adopte un point de vue nouveau et différent sur le héros, et ce n’est pas Taron Egerton qui dira le contraire, puisqu’il se réjouit du côté très sombre et rude de Robin Hood : Origins dans une interview accordée à Collider, précisant :

« Contrairement à l’image assez sage et propre que l’on se fait de Robin des Bois, ici, ce sera une version plus drôle, plus virile, moins niaise. Enfin, on ne chantera pas dans les bois autour d’un feu ! Ce sera très « anti-establishment ». Et ce que j’apprécie aussi, c’est que Robin n’est pas parfait, il fait des erreurs : on revisite le mythe de manière réaliste. »

Le tournage, qui a débuté fin janvier en Hongrie et qui se poursuit actuellement en Croatie, est supposé durer quatre mois et demi, pour une sortie prévue en Mars 2018 au cinéma. Sur les premières photos, on peut y voir Taron Egerton et  Eve Hewson (dans le rôle de Belle Marianne) en train de filmer une scène de liesse, entourés de plusieurs soldats victorieux.

On retrouvera au casting de cette épopée médiévale à la sauce moderne Taron Egerton dans le rôle titre, Jamie Foxx en Petit Jean, Jamie Dornan sous les traits de Will Ecarlate, Eve Hewson dans la peau de la Belle Marianne, pendant que Ben Mendelsohn jouera le méchant Shériff de Nottingham et que Paul Anderson incarnera un personnage dont l’identité n’a pas encore été dévoilée. Sous la houlette du réalisateur de Peaky Blinders et coproduit par Leonardo DiCaprio, nul doute que ce Robin Hood : Origins suscite déjà la curiosité grâce à son positionnement résolument innovant.

Chez nous, un film de Lucas Belvaux : Critique

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Pouvoir des extrêmes et « endoctrinement » dans Chez Nous, nouveau film contesté de Lucas Belvaux.

Synopsis : Pauline, infirmière à domicile, entre Lens et Lille, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père ancien métallurgiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines municipales.

Avant même sa sortie en salles et avant même qu’il ne soit vu par qui que ce soit, Chez Nous est déjà source de polémique et d’une levée de boucliers de la part des militants et élus d’extrême droite. Seule la bande-annonce est sortie et pourtant, le film est sujet à de nombreuses critiques. Alors, que vaut le nouveau long-métrage de Lucas Belvaux, deux ans après Pas son genre ?

Au programme du nouveau film de Belvaux, casting 4 étoiles, endoctrinement et milieu populaire. Comme à son habitude, et comme il aime le faire, Lucas Belvaux vient poser sa caméra dans le nord de la France, dont il se sent plus proche, en raison de ses origines belges. En cette année 2017, année d’élection présidentielle française, le réalisateur prend de gros risques en abordant ce thème qu’est le populisme et l’attrait des extrêmes de la part de personnes qui se cherchent politiquement parlant. Comme une suite directe du personnage de Pas son genre, Emilie Dequenne flamboie une nouvelle fois, même si sa force de jeu est amoindrie par celle de ses collègues de jeu, Catherine Jacob, André Dussolier et Patrick Descamps en tête. Ce dernier, acteur récurrent des films de Belvaux, ne cesse de nous impressionner, bien que son rôle ne soit que secondaire. Avec André Dussolier, ils dégagent un charisme fou, dans lequel vient se fondre une personnalité complexe, parfois ambiguë. Difficile de cerner les intentions de chacun, entre désir de réussite et beaux discours.
La belle surprise vient également du côté de Guillaume Gouix, acteur montant du cinéma français récemment aperçu dans Braqueurs, Les Anarchistes ou encore Enragés. Ancien néo-nazi prêt à re-sombrer à tout moment dans la haine et la violence, Stéphane (son personnage) incarne tout ce que l’on déteste, nous faisant hésiter entre once de compassion et dégoût absolu. Son cynisme, mêlé à des sentiments radicaux enfouis au plus profond de lui nous font osciller à son égard.
S’offre donc à nous une pléiade d’acteurs incarnant des personnages tous bien distincts et ancrés dans des réalités qui leur sont propres, avec des passés plus ou moins douteux pour certains. Le principe de ne pas connaitre le passé de chacun, afin de laisser régner des parts d’ombre, est à la fois intéressant mais également glaçant. Mais même s’il s’avère excellent, ce n’est pas pour son casting que l’on s’intéresse à Chez Nous, mais bien pour ses propos et pour les sujets soulevés.

Contrairement à ce que tout le monde laisse sous entendre, Chez Nous n’est pas un film à proprement parler sur le Front National. Certes, des personnages, comme celui de Catherine Jacob, font directement penser à Marine Le Pen, ou bien les noms de partis ainsi que les logos sont des miroirs déformants de la réalité, mais le long-métrage est à appréhender comme un film sur les extrêmes, et sur les endoctrinements. La notion d’extrême droite pourrait aisément être remplacée par le djihadisme.
Par son point de vue, Lucas Belvaux ne peut pas être objectif, comme il se défend de l’être, mais il parvient tout de même à garder un certain recul sur les sujets filmés, sans pousser les traits ou faire de ses personnages des caricatures, à l’exception de celui d’Anne Marivin, trop poussé à l’extrême (dans tous les sens du terme). Le propos n’est en rien manichéen et ne vise pas à diaboliser qui que ce soit. Les mauvaises langues diront que Chez Nous advient comme une critique des propos/idées du Front National, mais ce n’est en rien cela. Le long-métrage de Belvaux s’intéresse au déclin, et non pas au sort final. On cherche à comprendre les raisons, ce qui vaut à certaines personnes, apolitiques de base, de virer dans les extrêmes. Ainsi, des stratégies de communication sont dépeintes, tout comme le choix des représentants, mûrement réfléchi afin de correspondre un maximum aux attentes des citoyens. De cela se dégage toute la puissance de Chez Nous.
Et lire dans certaines critiques que Chez Nous fait le jeu du Front National est une aberration absolue. Il faut être honnête, en avouant que le film ne lui fait pas bonne presse, mais les spectateurs sauront prendre du recul sur ce qu’ils sont en train de voir. Au mieux, le film confortera les électeurs frontistes dans leurs positions. Comme l’a dit Belvaux à plusieurs reprises, « Les élus Frontistes de notre société sont plus caricaturaux que mes personnages. » Chacun tirera les leçons qu’il souhaite du film.

Enfin, Chez Nous s’inscrit parfaitement dans la filmographie de Lucas Belvaux. Par des nuits américaines, des séquences grisâtres, parfois bleutées, et de longs plans donnant libre voie à ses acteurs, le réalisateur ne cesse de structurer ses codes cinématographiques. Les similarités avec 38 témoins et Pas son genre sont très facilement reconnaissables, et ce pour notre plus grand plaisir.

Que l’on soit contestataire ou bienveillant par rapport à ce film, Chez Nous est à voir pour s’en faire un avis bien tranché, au détriment de ce qu’ont pu dire les politiciens sur les plateaux de télévision. Lucas Belvaux a réussi son coup grâce à des acteurs toujours magistralement dirigés et un propos qui tient la route.

Chez Nous : Bande-annonce

Chez Nous : Fiche technique

Réalisateur : Lucas Belvaux
Scénario : Lucas Belvaux, Jérome Leroy
Interprétation : Emilie Dequenne, André Dussolier, Guillaume Gouix, Catherine Jacob, Anne Marivin, Patrick Descamps, Stéphane Caillard…
Photographie : Pierric Gantelmi d’Ille
Montage : Ludo Troch
Musique : Frédéric Vercheval
Direction artistique : Frédérique Belvaux
Producteurs : David Frenkel, Patrick Quinet
Sociétés de production : Synecdoche, Artemis Productions
Distribution (France) : Le Pacte
Budget : 5 340 000 €
Durée : 118 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : 22 février 2017

France, Belgique – 2017

Berlinale 2017 : Le palmarès complet

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La Berlinale 2017 vient de s’achever et de dévoiler son palmarès remis par le jury présidé par Paul Verhoeven. Un beau palmarès plein de surprises qui nous rappelle que Berlin est plus enclin à récompenser les femmes que Cannes.

L’Ours d’Or a été remis à la hongroise Ildikó Enyedi pour son film On Body and Soul (ou Testről és lélekről en hongrois). Une étrange histoire d’amour, puisqu’elle prend place dans l’un des décors les moins glamours imaginables : Un abattoir. On comprend que ce décalage ait plu à Verhoeven.  Sa date de sortie en France n’est pas encore déterminée.

Le Grand prix du jury revient à Félicité, film du portugais Alain Gomis. Ce portrait de femme tourné à Kinshasa sortira chez nous le 29 mars.

Le Prix Alfred Bauer a été remis à la polonaise Agnieszka Holland pour son film Pokot. Un thriller annoncé comme subversif dont la date de sortie en France n’est pas encore déterminée.

L’Ours d’argent du meilleur réalisateur revient à l’inénarrable Aki Kaurismäki, pour son film L’autre côté de l’espoir qui sortira en France le 15 mars.

L’Ours d’argent du meilleur acteur est remis à l’autrichien Georg Friedrich (autrefois découvert par Michael Haneke) pour sa prestation dans Helle Nächte où il incarne un homme qui se rapproche de son
père via un road-trip bucolique. Sa date de sortie en France n’est pas encore déterminée.

L’Ours d’argent de la meilleure actrice a été attribué à la coréenne Kim Min-hee (vue récemment dans Mademoiselle) pour sa performance dans On the Beach at Night Alone, le prochain film de Hong Sangsoo dont la date de sortie en France n’est pas encore déterminée.

L’Ours d’argent du meilleur scénario a été remis aux chiliens Sebastián Lelio et Gonzalo Maza pour Una mujer fantástica, le drame d’une transgenre rejeté par la famille de son défunt mari. Sa date de sortie en France n’est pas encore déterminée.

L’Ours d’argent pour la contribution artistique est revenu à la monteuse roumaine Dana Bunescu pour son travail sur le film Ana, mon amour qui sortira en France le 3 mai.

L’Ours d’or du meilleur court-métrage a été remis à Cidade Pequena du portugais Diogo Costa Amarantes.