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Fast and Furious 8, un film de F. Gary Gray : Critique

Non content d’avoir imposé la vulgarité comme mètre-étalon du blockbuster moderne, Vin Diesel persiste et signe dans le divertissement décérébré pour livrer Fast and Furious 8, le 8ème volet de ses loustics camés à l’essence. Ceci dit, point de barons du crime à saper cette fois, mais une cyber-terroriste bien décidée à provoquer la Troisième Guerre Mondiale. Bref, autant dire une intrigue à la Mission Impossible, qui coupée à une massive dose d’impertinence font de ce film, l’opus le plus clivant de la saga, tiraillé entre bêtise (ultra) crasse et plaisir (très peu) régressif.

Cela semblait inévitable quand on y pense. Après avoir fait de Dubai, le lieu d’une de leur énième cascade mongoloïde et fait ses adieux à Paul Walker (ce qui n’aura pas manqué de faire pleurer dans les chaumières), le 7ème opus de la franchise avait tout des airs de fin. La voir donc revenir semblait à bien des égards, curieux. Et autant dire que passé le postulat de voir Diesel être passé du coté obscur, la curiosité a laissé place à bien pire : la déception…

fast-furious-8-vin-diesel-est-mechantUn monument de beauferie…

Car oui, ne tournons pas autour du pot plus longtemps : ce FF8 est une franche déception. Non pas que ses prédécesseurs aient tous demeurés des modèles de cinéma, mais ils avaient au moins le mérite de pouvoir compter sur une exécution solide et par dessus tout, une âme. Celle-ci évaporée à l’issue du final lacrymal du 7ème, on se demandait bien comment le patriarche Dom allait pouvoir ruser son monde et justifier la légitimité de cette nouvelle aventure. Sans surprise, il n’y arrive pas. La faute à plein d’éléments mais surtout un, souvent moqué dès lors qu’on cause F&F : le scénario. Incohérent et virant dans l’infâme soap-opera, (et encore on est gentils puisque les télénovelas semblent plus approprié ici), l’histoire plonge dans le paradoxe tellement elle se veut sérieuse quand sa résolution ne l’est pas. fast-furious-8-Dwayne-JohnsonEntre un Dwayne Johnson devenu par la force des choses un bisounours tout juste bon à faire du lancer de torpilles et donner de gnons, un Vin Diesel aussi charismatique qu’une armoire Ikea et une ribambelle de personnages tous plus indigents les uns que les autres, c’est à se demander comment on a su s’attacher à toutes ces faces de gaufres. La palme revenant ainsi à Jason Statham, pourtant ici méchant qui parvient à s’arroger les meilleurs moments et punchlines du film, et le tout sans forcer. Ce qui fatalement amène la question que de se demander pourquoi la franchise, rompue à ces numéros d’équilibriste en est tombée au point de sacraliser et rendre plus charismatique, un méchant ? Le film n’aura pas le temps d’y répondre, sans doute trop occupé à se foutre de son spectateur. Et pour cause, car cette 8ème cuvée surfe sur une intrigue tellement paradoxale qu’elle n’hésite jamais à sacrifier ce sur quoi elle a bâti sa renommée : les caisses. C’est bien simple : sur 2h20 de métrage, on verra plus souvent le crew se pavaner dans des bureaux high-techs, des avions, ou même des prisons que derrière un volant. Et, si sur la forme, ça n’a l’air de rien, sur le papier, ça défriche tout un pan de la « mythologie » (bon sang, on écrit vraiment ce mot là, quel drame!) de la team à Baboulinet et consorts. Fini en effet ces jeunes paumés qui font péter la nitro dans leurs engins et place aux similis agents secrets, rompus à empêcher une Troisième Guerre Mondiale tout ça pour pouvoir scander en choeur à la fin : Viva la famille. C’est gros. C’est trop gros. Mais…

Un défouloir 100% azimuté

… On aurait tort de cracher sur cette franchise, car il faut bien avouer que dans le vivier des méga-productions US, Fast and Furious fait plus que jamais office d’anguille. Tour à tour remake de Point Break, défouloir motorisé, heist-movie et finalement ersatz de Mission Impossible fast-furious-8-course-poursuitecoupé à la nitro, la franchise à Vin Diesel a fait crisser pas mal de dents (et de pneus) en course. Quitte à envoyer bouler le tout dans le mur de la bienséance ou de la logique pure. Et c’est bien pour ça, cette adaptabilité, que le chaland y a trouvé son compte depuis toutes ces années. En ce sens, difficile donc de faire la fine bouche devant cet opus, tant il prend un malin plaisir à condenser tous les poncifs de la saga, en l’occurrence mêler intrigue d’un Mission Impossible dans le carcan d’une famille ultra dys-fonctionnelle.. Et rien que pour ça, on en profite. Charlize Theron en méchante qui surnage, Statham qui fait office de caution cartoonesque de l’ensemble et Dwayne Johnson toujours là pour montrer les poings, bref, on assiste à un festival de mauvais gout ininterrompu. Mais, grâce du cinéma oblige, cet amas de beauferie se transforme alors en une sucrerie pop, infusée à la connerie, jamais absente dès lors qu’il est question de faire monter l’adrénaline. Résultat, on se prend au jeu de se passionner devant les aventures délirantes de Baboulinet qui passe du coté obscur, et se met en tête d’échapper à un sous-marin sur la banquise ; ou de survivre à une apocalypse de voitures zombies en plein New York. Bref, c’est gros là encore, c’est énorme mais force est de constater que ça fait du bien.

Avec Fast and Furious, tout est question de jugé et cet opus n’est pas différent en somme. Si les cavalcades glacées de Baboulinet vous font esquisser un sourire, nul doute que cet opus parviendra à vous satisfaire. De l’autre coté, si vous avez du mal à dégager du charisme de cette armoire Ikea monolithique qu’on appelle Vin Diesel, peut-être êtes vous trop vieux pour ces conneries.

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Fast and Furious 8 : Bande-Annonce

Synopsis : Quand une mystérieuse femme entraîne Dom dans le monde de la criminalité, ce dernier ne pourra éviter de trahir ses proches qui vont faire face à des épreuves qu’ils n’avaient jamais rencontrées jusqu’alors. Des rivages de Cuba aux rues de New York en passant par les plaines gelées de la mer arctique de Barrents, notre équipe va sillonner le globe pour tenter d’empêcher une anarchiste de déchaîner un chaos mondial et de ramener à la maison l’homme qui a fait d’eux une famille.

Fast and Furious 8 : Fiche Technique

Titre original : The Fate of the Furious
Réalisation : F. Gary Gray
Scénario : Chris Morgan, d’après les personnages créés par Gary Scott Thompson
Interprétation : Vin Diesel (Dominic Toretto), Dwayne Johnson (Luke Hobbs), Jason Statham (Deckard Shaw), Michelle Rodríguez (Leticia Ortiz), Tyrese Gibson (Roman Pearce), Ludacris (Tej Parker), Nathalie Emmanuel (Ramsey), Kurt Russell (Frank Petty), Scott Eastwood (Eric Reisner), Charlize Theron (Cypher), Helen Mirren (Magdalene Shaw)…
Photographie : Stephen F. Windon
Direction artistique : Desma Murphy
Décors : Bill Brzeski
Montage : Paul Rubell et Christian Wagner
Musique : Brian Tyler
Production : Vin Diesel, Michael Fottrell, Neal H. Moritz
Coproducteur : Cliff Lanning
Producteur délégué : Chris Morgan
Sociétés de production : One Race Films et Original Film
Société de distribution : Universal Pictures
Budget : 230 000 000 $
Durée : 136 minutes
Genre : action
Dates de sortie : 12 avril 2017

États-Unis – 2017

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Message from the King, un film de Fabrice Du Welz : Critique

Première expérience américaine de Fabrice Du Welz, le plus trash des cinéastes belges, Message from the King nous plonge dans un Los Angeles qui apparaît comme la capitale de tous les péchés. Un film d’exploitation fun et brutal mais aussi un film de studio qui n’a pas permis à son réalisateur d’exprimer l’esprit transgressif qu’on lui aime tant.

Synopsis : Suite à la réception d’un message de secours laissé par sa sœur Bianca, Jacob King fait le voyage de Cape Town vers Los Angeles pour une semaine. Son enquête confirme ses pires craintes puisqu’il apprend que Bianca, son mari ainsi que son fils ont disparu après avoir été de mèche avec d’impitoyables trafiquants de drogue. Sa vengeance sera terrible.

Un justicier dans la ville… encore un.

message-from-the-king-chadwick-bosemanA l’origine, Message from the King est un scénario écrit par Oliver Butcher et Stephen Cornwell (le duo derrière Sans Identité et Riddick) qui tourne de mains en mains depuis de nombreuses années à Hollywood. Il fut notamment proposé à Nicolas Winding Refn et à Michael Mann qui se dirent tous deux intéressés mais finirent par ne pas adopter le projet. Il faut admettre que le scénario repose sur une idée au demeurant efficace : opposer un homme dont on ne sait rien à un univers que l’on croit, à l’inverse, connaître par cœur –Los Angeles– pour découvrir avec lui qu’il s’agit d’un lieu de perdition où la peur et les vices de chacun sont poussés à leur paroxysme. Que ce héros aux méthodes expéditives soit de plus un black (on ne parlera pas d’afro-américain puisqu’il est en provenance directe d’Afrique du Sud et qu’il s’agit de son premier voyage aux États-Unis) renvoie automatiquement à toute une imagerie héritée de la Blaxploitation. Ce scénario qui adopte tous les codes classiques du revenge movie a fini par être proposé à Chadwick Boseman (Black Panther, Get on up…) qui y a vu une occasion rêvée d’affirmer son talent à côté de la grosse machinerie Marvel. D’où sa bonne idée d’en confier la réalisation à un metteur en scène qui a su, en 2014, marquer l’esprit de son public grâce au dérangeant mais très stylisé  Alleluia : Fabrice Du Welz.

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Alors que notre héros arrive à Los Angeles et que le réalisateur filme les premières images de la ville via des effets de lumière crépusculaires couplés à un grain cradingue, il est difficile de résister au charme de cette esthétique qui s’annonce brute. Il semblerait même que l’héritage de Peckinpah soit perceptible dans les premières minutes du long-métrage. On retrouve donc bien la radicalité qui marque le style de Du Welz pendant que Jacob King écume les bas-fonds de la métropole et y rencontre des personnages complètement à la masse. Le couple de drogués incarnés par Natalie Martinez (End of Watch, Under The Dome…) et Jake Weary (It Follows) mais aussi, plus surprenant, le dealer interprété par Tom Felton (Harry Potter, Stratton) posent ainsi les bases d’une intrigue dramatique dans un milieu propice à une absence de jugement moral trop facile… et puis arrive Luke Evans.

L’image que Fabrice Du Welz donne de Los Angeles est loin, très loin, de celle de message-from-the-king-luke-evansLa La Land. Ici, on ne chante pas son bonheur, on se drogue, on se prostitue, et surtout on règle ses problèmes à grands coups de chaîne de vélo dans la gueule!

Non pas que ce pauvre Luke (Dracula Untold, La Belle et la Bête…) livre une prestation qui gâche le film, bien au contraire, mais la simplicité crétine du rebondissement qui l’introduit (son nom sur une carte de visite!) et tous ceux qu’il va amener vont peu à peu éloigner le récit de ce microcosme mortifère dans lequel on aimait le voir démarrer. Son rôle de dentiste-proxénète-arnaqueur est en cela tellement peu crédible que le voir servir de lien entre les « personnages maléfiques » nuit gravement à la cohésion de l’ensemble. Que ces dits personnages soient de plus des archétypes caricaturaux (les gangsters arméniens, le politicard corrompu ou encore le producteur aux mœurs douteuses) et mal exploités, enferme le tout dans un manichéisme un peu forcé. On aurait préféré rester concentrés sur le parcours de Chadwick Boseman, même si celui-ci se retrouve alourdi par une bluette tout aussi godiche et plus convenue encore.

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En plus de voir le scénario dévier du thriller hardcore vers une galerie de personnages hauts en couleurs, la photographie va peu à peu adopter un style léché qui rompt avec le caractère très cru des premières images. Ceci dit, ce visuel désincarné s’accorde à la mise en scène très sèche des scènes d’action pures. Un mal pour un bien donc, mais le véritable défaut qui apparaît dès l’instant où commencent à message-from-the-king-chadwick-boseman-coup-de-battes’échanger les bourre-pifs est ce montage qui rend les bastons littéralement illisibles. Celles-ci ne sont que cinq au total. Trop peu diront certains, déjà trop diront d’autres. Evidemment, voir Chadwick Boseman distribuer les coups est jouissif, et le voir se faire, à son tour, passer à tabac nous rappelle que nous ne sommes pas devant un film de super-héros… encore que. Qu’il soit sévèrement marqué après une première dérouillée est ainsi cruellement réaliste, en revanche qu’il régénère aussi vite que Logan dans les dernières minutes l’est beaucoup moins. Une preuve de plus que Du Welz n’a pas su conserver jusqu’au bout le contrôle de son travail et s’est brûlé les ailes face à ses producteurs hollywoodiens tout puissants qui lui ont imposé, entre autres, une musique pompière et omniprésente, une relation pleine de bienveillance et un happy-end platement prévisible (hormis un twist qui, certes, n’apporte rien à l’intrigue mais alimente la mythologie autour du héros).

Ce que l’on retiendra de ce Message from the King, ce n’est toutefois pas les faiblesses de son écriture mais davantage son esprit ouvertement old school et surtout le fait que Chadwick Boseman s’affirme comme un parangon de cette virilité bestiale que l’on ne voit plus souvent dans le cinéma américain. Dommage que Du Welz n’ait pas pu en faire un film plus radical, mais il signe ainsi son film le plus accessible et, espérons-le, un succès qui assiéra sa réputation à l’international.

Message from the King : Bande-annonce

Message from the King : Fiche technique

Réalisation : Fabrice Du Welz
Scénario : Oliver Butcher et Stephen Cornwell
Interprétation : Chadwick Boseman (Jacob King), Luke Evans (Wentworth), Teresa Palmer (Kelly), Alfred Molina (Preston), Natalie Martinez (Trish)…
Image : Monika Lenczewska
Montage : Steven Kemper, Beatrice Sisul
Direction artistique : Eve McCarney
Musique : Vincent Cahay et Felix Penny
Production : Stephen et Simon Cornwell, David Lancaster
Budget : 10 millions de dollars
Sociétés de production : Entertainment One, The Ink Factory, Rumble Films, Silver Nitrate Films
Distribution : The Jokers
Durée : 102 minutes
Genre : Thriller, action
Date de sortie : 10 mai 2017

Etats-Unis – 2017

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The Leftovers, épisodes 1 et 2 de la saison 3 : Séries Mania 2017

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Avec les deux premiers épisodes diffusés au Grand Rex lors de l’ouverture du Festival Séries Mania, la fin de The Leftovers s’annonce aussi intense émotionnellement que les deux premières saisons et laisse présager un final épique, voire apocalyptique.

Si le début de la saison 2 en avait déstabilisé plus d’un, avec une scène d’ouverture se déroulant à l’âge de pierre, suivi d’un nouveau générique aux consonances country et d’un épisode centré sur de nouveaux personnages, la saison 3 nous renvoie dans la ville familière de Miracle. Aussi appelée Jarden, cette ville du Texas de 9 261 habitants où la famille Garvey s’était réfugiée, avait été épargnée de la soudaine disparition du 14 octobre. Néanmoins, quelque chose a changé. Dans la salle, des éclats de rire se font entendre à de multiples reprises. Si The Leftovers a toujours revendiqué une touche d’humour (parfois grinçante, souvent ironique), elle n’avait cependant jamais fait ouvertement rire. C’est donc sur une note résolument légère, du moins en surface, que débute cette troisième et dernière saison.

A Miracle donc, on retrouve Kevin Garvey qui est de nouveau chef de police. Kevin semble sincèrement heureux, riant à pleines dents, un visage lumineux, il plaisante avec son fils qui travaille désormais à ses côtés. Cela semble presque incongru de voir ces personnages d’habitude si tourmentés et détruits psychologiquement, si insoucieux et détendus.
Mais cette tension latente et cette attente du pire que décrit si bien la série de Damon Lindelof va refaire petit à petit surface. Car cette légèreté qu’on observe en ce début de saison représente la dernière étape pour les personnages. Des protagonistes tellement brisés (et on notera la justesse de chaque acteur dont la performance bouleverse), tellement perdus, qu’ils se laissent aller dans cette dernière ligne droite. Nora prend des décisions radicales sans même y réfléchir. Matt, lui, voit en Kevin une sorte de nouveau Jésus dans lequels il fonde tous ses espoirs. Et cette absurdité, ce non-sérieux ambiant détiennent une signification plus profonde et présagent d’un revirement de situation explosif, en témoignent certaines scènes dont la violence et la dureté inouïes sortent de nulle part, effaçant brusquement les sourires sur nos visages.

Comme à son habitude, la série énigmatique amène de suite de nouveaux questionnements et garde cette ambiance lynchienne onirique si singulière et si dépaysante qui nous met dans le même état de confusion et d’alerte que les personnages. C’est à nouveau tout en métaphore que The Leftovers s’adresse à nous, nous poussant à nous questionner sur la mort, mais surtout la vie puisque la principale question, comme l’a si bien dit Max Richter (compositeur de la série), est “comment les personnages (autrement dit nous) parviennent à se lever et à continuer de vivre ?”. Usant de symboles et de métaphores, The Leftovers laisse alors au spectateur le choix, la liberté, d’interpréter les épisodes comme bon lui semble, selon ses croyances et sa vision personnelle du monde.

Difficile donc de décrire et d’analyser ce que nous avons vu durant cette avant-première tant la série nous parle en messages codés que nous ne parvenons pas encore à décrypter totalement. Nous dirons juste qu’il était question de kangourous, de chiens ministres de l’agriculture et bien d’autres bizarreries poétiques qui nous posent des questions existentielles cachées entre autres derrière un sandwich au beurre de cacahuète à moitié mangé.
Quant à savoir si nous aurons des réponses concrètes à la fin de la série, rien n’est moins sûr. (Mais encore une fois, il est probable que nous-mêmes en détenions les réponses).

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The Leftovers, saison 3 : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=L9w0sz5y83k&feature=youtu.be

The Leftovers, saison 3  : Fiche Technique

Créateurs : Damon Lindelof, Tom Perrotta
Réalisateur: Mimi Leder
Interprétation: Justin Theroux (Kevin Garvey), Amy Brenneman (Laurie Garvey), Margaret Qualley (Jill Garvey), Chris Zylka (Tommy Garvey), Christopher Eccleston (Matt Jamison), Carrie Coon (Nora Durst), Regina King (Erika Murphy), Kevin Carroll (John Murphy), Jovan Adepo (Michael Murphy)
Scénaristes: Damon Lindelof, Jacqueline Hoyt.
Producteurs exécutifs: Damon Lindelof, Tom Perrotta, Mimi Leder, Tom Spezialy, Peter Berg.
Co-producteurs exécutifs: Gene Kelly, Jacqueline Hoyt, Albert Berger, Ron Yerxa. Scénaristes: Damon Lindelof, Jacqueline Hoyt.
Genre : Drame
Chaîne d’origine : HBO
Format : 10 x 50 minutes

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The Art Of Television : Les réalisateurs de séries – Séries Mania 2017

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Le Festival Séries Mania nous fournit en séries mais pas seulement, il nous offre aussi des documentaires et aujourd’hui a été diffusé la première partie de “The Art Of Television : les réalisateurs de séries” au Forum des images.

Charlotte Blum, journaliste chez OCS, nerveuse et excitée de voir son documentaire sortir en salle, nous a présenté cette série de portraits, accompagnée de son producteur. Ils confient que les documentaires sur les séries sont rares puisqu’il est encore difficile de trouver des personnes pour les acheter et les diffuser. Heureusement, leur travail a pu voir le jour et permettre ainsi de donner une voix à ces simples “noms dans le générique”, les réalisateurs de séries.

Très souvent un “yes man”, notamment dans le système de production américain, le réalisateur de série n’est que peu connu du grand public contrairement à certains de ces confrères au cinéma. Tim Van Patten (The Sopranos, Boardwalk Empire) avoue, dans le troisième épisode de cette série documentaire, s’être par moment senti comme un “professeur remplaçant”, débarquant dans une équipe dont il ne connaît pas les membres, exécutant un travail qu’on lui décrit sans pouvoir exprimer sa personnalité. Mais malgré des débuts difficiles sur fond de précarité financière, les réalisateurs présentés dans ses trois premiers épisodes, à force de persévérance, ont réussi à s’imposer dans la profession.

C’est le cas de Rosemary Rodriguez, qui a connu une vie compliquée et tumultueuse mais qui a eu par la suite, l’occasion de travailler sur des séries prestigieuses comme The Good Wife ou The Walking Dead. Charlotte Blum nous raconte que, durant l’interview Rosemary pleurait, elle-même pleurait et le cadreur pleurait aussi. Et c’est là la force de ce documentaire : malgré son format court (26 minutes par portrait), Charlotte réussit à faire parler ses interlocuteurs, qui se dévoilent et se confient de manière très honnête, et tous, avec beaucoup d’humilité en dépit des mastodontes sur lesquels ils ont travaillé et excellé. Ce documentaire, très intime, nous permet d’avoir un aperçu de ce que c’est que d’être réalisateur de séries. Faisant l’ode à la technique, aux différentes méthodes de travail de ces professionnels, il nous plonge dans leur quotidien studieux et on ressent la passion que ces personnes ont pour leur métiers quand elles nous expliquent le rapport qu’elle entretiennent avec ce dernier. Un métier “intense”, témoigne Alan Poul (Six Feet Under, The Newsroom) qui dit enchaîner 8 jours de tournage intensif pour produire un épisode avant de revenir à une normalité relative. Car travailler dans le monde des séries implique un rythme de travail effréné, les différentes étapes d’écriture et de tournage se déroulant au même moment. Mais pour Alan, c’est un “rythme organique” et un travail d’équipe fascinant, s’enthousiasme Tim.

Au final, Charlotte Blum nous offre une série de portraits touchants et sincères de réalisateurs habités par leur profession et qui ne sont que rarement reconnu à leur juste valeur. En mettant en avant ce métier, souvent vu comme ingrat (embauché pour un épisode puis remplacé), ce documentaire arrive, en l’espace d’une heure et demie (pour la première partie), à faire rêver bon nombre de sériphiles/cinéphiles dans la salle grâce au regard passionné que ces professionnels portent sur leur travail. Une profession qui ne lassera jamais ses trois réalisateurs comme le confie Tim Van Patten, qui s’émerveille devant son insatiable goût pour l’apprentissage, ajoutant qu’il continuera d’apprendre jusqu’à son dernier jour de tournage.

La deuxième partie du documentaire sera diffusée pendant le festival, le lundi 17 avril à 14h45 au Forum des images et nous donnera à voir les portraits de Jennifer Getzinger (Mad Men, The Big C), Matthew Penn (Law & Order, Damages) et Alan Taylor (Homicide, Game of Thrones).

The Art Of Television : Les réalisateurs de séries, Fiche Technique :

Auteur : Charlotte Blum
Réalisateurs : Charlotte Blum, Vincent Gonon
Producteur : Empreinte Digitale
Diffuseur France : OCS

The Art Of Television sera diffusé dès le 6 juillet à 20h40 sur OCS City.

Slumdog Millionaire et Lion : des drames déjouant la misère

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Décrites comme étant deux œuvres jumelles, Slumdog Millionaire et Lion sont des drames qui s’ancrent incontestablement dans la réalité. Loin de n’être qu’une pure narration de la misère sociale, ils constituent un objet d’étude cinématographique profond, autour de la symbolique thématique de l’espoir.  

« I won’t let you get me down
I’ll keep gettin’ up when I hit the ground
Oh, never give up, no, never give up »

Ne jamais céder, ne jamais renoncer. C’est sur la B.O. de Sia Never Give Up que se clôture l’émouvant drame nommé Lion. Ces paroles symboliques parlent d’elles-mêmes : Lion et Slumdog Millionaire sont deux chefs d’œuvre formateurs.

La miséricorde

slumdog-millionnaire-jamal-allongeJamal Malik (Slumdog Millionaire) et Sheru (Lion) sont deux orphelins, miséreux de la vie qui s’offre à eux. Même si ce dernier possède toujours une mère, il est symboliquement, un enfant perdu au milieu de nulle part. Voici la triste réalité de ces drames loin de n’être qu’une simple fiction. Slumdog Millionaire et Lion sont des œuvres bouleversantes, qui dépeignent le quotidien de millions d’enfants dans le monde. Ils permettent une véritable prise de conscience, loin de notre confort privilégié, sur la misère qui peuple notre planète. Tel un bouleversement émotionnelle, nous ne pouvons pas rester indifférents face à ces deux histoires, au premier abord si distinctes, mais pourtant étroitement liées. Rien n’est exagéré. Tel est le quotidien, la vie de cette population « oubliée », trafic d’enfants, violences infantiles, pauvreté suprême… Le masque tombe et la réalité apparaît sous nos yeux. Même si ces deux œuvres divergent sur de nombreux aspects, notamment celui du fait divers, elles nous questionnent sur les disparités sociales, les privilèges de la vie.  Slumdog Millionaire et Lion ne sont pas simplement des chefs-d’œuvre, ce sont deux fenêtres ouvertes sur le monde.

Le poids de l’amour

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« – Part avec moi Latika !
– Et on vivrait de quoi ?
– D’amour. » Slumdog Millionaire

Bercés par cet état émotionnel, Slumdog Millionaire et Lion sont la preuve irréfutable que ce sentiment peut soigner les maux. À la recherche de leur amour perdu, amoureux pour l’un (Jamal) et maternel pour l’autre (Sheru), ces deux personnages traversent dans l’isolement, le long chemin de la vie, semé d’embûches et de rencontres multiples. Ces films témoignent d’une profonde humanité. En effet, malgré la misère sociale qui s’offre à eux, ces deux hommes ne désespèrent jamais et maintiennent leur unique aspiration : celle d’un amour démesuré pouvant les reconstruire. Slumdog Millionaire et Lion ne sont pas uniquement des drames émotionnels, ce sont de véritables morales. Courage, persévérance, patience : ESPOIR ! Ces quelques mots suffisent à résumer l’étendue émotionnelle de ces deux œuvres cinématographiques.

Les liens du sang

slumdog-millionaire-jamal-salimMême si ces deux enfants, devenus des hommes, entretiennent une relation bien différente avec leur frère, tous deux restent véritablement attachés à ce lien du sang, celui qui les unit. D’un côté, nous avons l’histoire de Jamal Malik, protégé brutalement par l’image de son frère ainé. De l’autre nous avons celle de Sheru, bercée par les tendres souvenirs de l’existence fraternelle qu’il a connu. Entre ces deux histoires, une grande similitude : celle d’une union entre deux personnes ayant toutes deux connues l’indigence. En effet, ce n’est pas uniquement le lien familial qui les soude, c’est aussi le partage d’un quotidien pesant, où la solidarité doit prendre le pas sur les souffrances. Jamal Malik et Sheru construisent à travers l’image de leur frère, un modèle identitaire.

Une métaphore de la vie

slumdog-millionaire-trainSlumdog Millionaire et Lion apparaissent comme de douloureux romans d’apprentissage. Telle une leçon de vie, ces mélodrames de l’enfance parviennent à produire en nous une véritable prise de conscience à l’égard des classes pauvres. Nous comprenons que c’est à travers les épreuves  que ces hommes parviennent à exaucer leur rêve.

« L’argent et les femmes : les deux raisons pour lesquelles on fait le plus d’erreurs dans la vie. » Slumdog Millionaire.

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Si nous devions trouver la plus grande similitude entre ces deux films,notre choix se porterait sur la thématique du train. En effet, deux points de vue s’offrent à nous. Au sens le plus strict du terme, il représente le voyage de Jamal Malik et de Sheru, celui qui les emportent loin de leurs repères familiaux. Mais cette thématique est en réalité plus profonde. Véritable métaphore de la vie, c’est à travers le train que ces deux personnages se construisent un avenir. Symbolique, il représente le chemin parcouru : derrière, les souffrances antérieures et, devant, un éternel espoir…

Slumdog Millionaire et Lion sont de bijoux cinématographiques. Ils nous racontent, loin de tout artifice, une histoire emplie de réalité. Une morale sincère, profonde et touchante autour de la thématique du destin.

La vie est au bout du chemin…

 

 

 

The Young Lady, un film de William Oldroyd : Critique

Pour son premier film, William Oldroyd adapte un roman russe dans une mise en scène théâtrale qui rend compte de toute la puissance des acteurs. The Young Lady dresse le portrait paradoxal d’une femme en quête d’indépendance et d’amour.

Synopsis : 1865, Angleterre rurale. Katherine mène une vie malheureuse d’un mariage sans amour avec un Lord qui a deux fois son âge. Un jour, elle tombe amoureuse d’un jeune palefrenier qui travaille sur les terres de son époux et découvre la passion. Habitée par ce puissant sentiment, Katherine est prête aux plus hautes trahisons pour vivre son amour impossible.

Les arts au service de la mise en scène

Les personnages aux doubles personnalités font les histoires les plus intéressantes à raconter et à regarder lorsque le spectateur n’est pas entraîné dans des choix que le réalisateur ne maîtrise pas lui même. Dans The Young Lady, William Oldroyd semble tout maîtriser jusqu’aux petits détails de la composition de chaque plan. Sobre et répétitive, la mise en scène rappelle les décors simples du théâtre. Un élément est toujours placé au centre entouré de quelques accessoires périphériques qui donnent de la véracité au cadre et à l’époque dont le spectateur tente de s’imprégner. De manière assez symétrique et systématique, le réalisateur ne perd pas son public dans des détails superflus soumis à de multiples interprétations. Il va droit au but en plaçant aussi bien un canapé ou un lit vide que le personnage principal de sa séquence, au centre de l’image. L’effet créé par ses choix ressemble de près à la composition des peintures qui émergent pendant la Révolution jusqu’à la fin du XIXème siècle – le roman original est paru en 1865. La simplicité se retrouve également dans la manière de filmer les décors et les personnages. Le film est une succession de plans fixes et une alternance de plans serrés et larges réalisée de manière assez mécanique, qui pourra en déranger certains. William Oldroyd pousse à la contemplation avec ses images de la campagne anglaise bousculantes de liberté. C’est d’ailleurs celle-ci que l’on prend comme explication lorsque les plans à l’épaule perdent leur stabilité quand Catherine s’enfuit de la prison qui lui sert de foyer. On croit un moment que le réalisateur cherche à casser le rythme froid de la vie pleine d’interdiction de la jeune femme, en montrant cette rupture entre le huis clos et l’extérieur grâce aux mouvements de caméra qui suivent sa course libérée. Il semble au final que ce ne soit pas volontaire car l’effet n’est pas conservé sur toute la durée et c’est sûrement dommage. Le film est relativement calme et silencieux alors le spectateur a le temps d’observer les variations de lumière et la géométrie toujours remarquables des images, qui peut évidemment déplaire. Les compétences du réalisateur anglais ne se limitent pas aux plans intelligents. Les silences sont bien apprivoisés et cassés de la bonne manière par des dialogues édifiants qui réveillent le public dès le début. Les bruits des pas ou des portes sont captés de manière à ce que l’atmosphère de captivité ressorte davantage et que ce huis clos devienne rapidement oppressant.

Un oxymore féminin

the-young-lady-florence-pugh-cosmo-jarvisLa classicisme et la banalité de la mise en scène mettent en valeur le talent des acteurs, sublimes dans toute leur intensité. Si l’on croit au début qu’il s’agit d’un récit d’apprentissage sur l’émancipation féminine, le long métrage tourne rapidement au drame et à la tyrannie de l’amour sur la morale. Catherine prend le pouvoir et reproduit les mêmes ordres que son mari osait lui donner, sur la servante qui l’accompagne pour ensuite donner une leçon d’humanité qui, semble cacher beaucoup de secrets. Le féminisme du début du film laisse place à une ambiance glaçante et perturbante : la jeune femme qui ne demande que la liberté au début sera finalement prête à tout par amour. Presque une heure et demie à suivre ce changement radical de personnalité grâce à des silences, des respirations, et un jeu excellent de Florence Pugh qui frappe le spectateur dans un plan final incroyable, même si attendu. Le film connaît quelques longueurs et pourtant le temps passe vite et l’on ne s’ennuie pas bien que le rythme soit lent et répétitif. L’histoire s’achève sur un générique silencieux, à l’image de 1:54 récemment, qui laisse le spectateur dans toute la tension et l’oppression qu’il a subi précédemment.

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The Young Lady : Bande-Annonce

The Young Lady : Fiche Technique

Titre original : Lady Macbeth
Réalisation : William Oldroyd
Scénario : Alice Birch, d’après l’oeuvre Lady Macbeth du district de Mtsensk de Nikolai Leskov
Interprétation : Florence Pugh, Cosmo Jarvis, Naomi Ackie, Paul Hilton
Montage : Nick Emerson
Musique : Dan Jones
Décors : Jacqueline Abrahams
Costumes : Holly Waddington
Producteur : Fodhla Cronin O’Reilly
Sociétés de production : Creative England, BBC Films, BFI, iFeatures
Distributeur france : KMBO
Récompense : Prix de la meilleure interprétation féminine festival de Valenciennes
Durée : 89 minutes
Genre : drame, historique, romance
Date de sortie : 12 avril 2017

Royaume-Uni – 2017

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Lancement du Festival Séries Mania 2017

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La huitième édition du festival Séries Mania 2017 a débuté aujourd’hui, avec encore plus de séries et d’exclusivités que l’année dernière et, en exclusivité, les deux premiers épisodes de The Leftlovers saison 3.

C’est donc autour de cette question on ne peut plus légitime que les critiques de l’ACS (l’Association des Critiques de Séries) ont débattu cet après-midi  au festival Séries Mania 2017 : “Y a-t-il trop de séries ?” (spoiler : non, la réponse est non, il n’y a jamais assez de séries). Abordant l’évolution de la série et du rapport qu’entretient le spectateur avec elle, dans une ère de binge watching, de speed watching et même de sleep watching, cette table ronde nous permet d’aborder cette semaine de visionnage intensive comme il se doit.festival-series-mania-2017-ouverture-the-leftovers

Plus tard dans la soirée, ce sont les deux premiers épisodes de The Leftovers saison 3 qui ont ouvert le bal au Grand Rex. Précédés par un spectacle de danse contemporaine sur la musique de la série, signée Max Richter (présent dans la salle) – se clôturant sur une danseuse s’évaporant subitement de la scène (les fans de la série comprendront le clin d’oeil) – ainsi qu’une bande-annonce de huit minutes présentant le programme du festival qui s’annonce riche en émotions.

Le showrunner et président de la compétition officielle de cette édition, Damon Lindelof (Lost) était présent, et a averti les spectateurs qui n’auraient pas vu la série de se préparer à plonger dans des questionnements existentiels et spirituels de manière (très) brutale. Il a aussi confié regarder beaucoup de séries, précisant qu’il considère cela comme un devoir en tant que showrunner, puisque c’est dans les autres séries qu’il puise son inspiration.
L’acteur principal Justin Theroux était aussi présent, accompagné de sa femme Jennifer Aniston, ainsi que de son collègue Christopher Eccleston (Matt Jamison), qui avouait être tombé sous le charme de son personnage en lisant le livre dont la série est tirée. Même s’il prend beaucoup de coup (parfois littéralement), le prêtre Matt Jamison va toujours au bout de ses convictions.

the-leftovers-damon-lindelof-justin-theroux-christopher-eccleston-saison-3Le festival Séries Mania 2017 frappe donc très fort en nous offrant la première mondiale (les États-Unis n’acceptant que très rarement de donner l’exclusivité de leurs séries avant leur diffusion nationale) des deux premiers épisodes de The Leftovers. Une troisième saison qui s’annonce tout aussi énigmatique que les deux premières, les deux épisodes amenant leur lot de questions habituelles (on doute d’ailleurs que la série répondra à toutes les questions dans cette saison qui sera la dernière). On retrouve Kévin, toujours à la limite de la folie, apparemment pas remis de son retour à la vie et Nora au bord du craquage. L’intrigue devrait se passer au moins en partie en Australie, ce ne sont alors plus les chiens mais les kangourous qui vont devoir se méfier de la gâchette de Kévin.

The Leftlovers saison 3 sera diffusée dès lundi prochain sur OCS pour voir (ou revoir) les épisodes de cette série “lynchenne » signée Damon Lindelof.

The Leftovers, saison 3 : Bande-annonce

https://youtu.be/L9w0sz5y83k

Je danserai si je veux, un film de Maysaloun Hamoud : Critique

Maysaloun Hamoud, jeune Palestinienne, réalise son premier film, Je danserai si je veux, avec flegme et audace. A 35 ans, elle représente la nouvelle génération de ce bout du monde ancré dans une force culturelle et religieuse presque immuable. Si le monde connaît principalement les guerres et les conflits qui rongent Israël et la Palestine, il ne connaît que très peu cette jeunesse qui essaie de se dessiner un nouveau chemin culturel et politique, loin de la précédente.

Synopsis : Layla, Salma, et Nour sont colocataires dans un appartement à Tel Aviv. A travers leurs différences, les trois palestinienne essayent de trouver la force et l’équilibre entre la religion, la culture, et le monde moderne dans cette société patriarcale et novice à la liberté des femmes.

C’est cette entreprise que la jeune réalisatrice nous offre à voir dans Je danserai si je veux. Salma, Nour, et Layla condensent à elles trois les facettes de cette nouvelle génération. Au menu de cette œuvre contestatrice, des combats divergeants mais qui convergent vers un même but – la liberté de toutes.  Je danserai si je veux nous conte l’histoire de ces trois filles cohabitant ensemble dans un appartement en plein Tel Aviv. Salma et Layla sont amies de longue date et accueillent Nour comme troisième colocataire. Si Salma et Layla sont très progressistes et à l’inverse des valeurs religieuses du pays, Nour ne l’est pas. Le choc de ces deux mondes est ce qui va lancer le tourbillon de mini révolution qui fonde le propos entier du film.

Si Nour, au départ, semble être la plus égarée des trois, Salma n’est pas en reste. Lesbienne, issue d’une famille catholique d’un petit village voisin, elle fait croire à sa famille qu’elle enseigne la musique alors qu’elle enflamme les nuits en tant que DJ et barmaid à Tel Aviv. Elle esquive les nombreuses tentatives de ses parents pour lui trouver un époux mais accepte quand même de jouer le jeu de temps en temps. Quand à Layla, avocate, elle défend son indépendance plus que son envie d’aimer et de fonder une famille. Si elle trouve l’amour, elle remet en question ce concept qu’elle juge antique face à son amant qui préférerait la voir moins affirmée qu’elle ne l’est en public.

Les trois amies s’entraident tout en s’affrontant mais en gardant une dose de compréhension et d’attention entre elles, chose qui se rapprocherait d’un certain féminisme. Nour n’est pas juste une musulmane voilée. Elle est une femme intelligente qui aspire à une carrière au-delà des attentes de son fiancé ultra conservateur. Si elle veut s’émanciper, inconsciemment elle ne désire pas pour autant quitter le voile et suivre ses copines en boite. Quant à Salma, si elle veut vivre sa sexualité librement, elle n’ignore pas les velléités de sa famille et essaie de les respecter, malgré leur ignorance. Et Layla, qui danse la nuit dans les bars et défie les hommes de pouvoir de Tel Aviv, le reste du temps elle défend les femmes qui refusent de s’insurger par peur et par abdication.

Toutes ces contradictions font la beauté de ce récit qui n’est pas juste un simple mandat contre la religion en Israël. Il est une ode à la complexité du combat des jeunes Israéliens et Palestiniens dans une culture vieillissante qui refuse la modernité mais ne la rejette pas non plus. Leur petit combat ne changera pas leur monde en un jour mais ils leur offre la chance de pouvoir vivre un peu plus librement et d’oser décider de leurs voies. La réalisatrice parvient à faire ressentir ce combat à travers une caméra souvent subjective et occasionnellement objective. Elle ne montre que ce que le récit lui permet et n’expose que très peu de ce que l’on attend de voir d’un film sur la liberté de la femme au Moyen Orient. La musique est utilisée comme un métronome, permettant des moments de répit quand le sujet est trop sensible ou des moments d’euphorie quand l’oppression domine le récit.

Je danserai si je veux est une ode à Tel Aviv. Noyau où la révolution de la « génération Y » est en marche silencieuse vers une liberté espérée mais pas acquise. Si les quelques faiblesses rythmiques tachent un peu le tout avec quelques enchaînements prévisibles, le reste nous laisse avec un projet bien bâti et bien abouti. Un film difficile à juger de l’extérieur mais qui met facilement le public en empathie de l’intérieur.

Je danserai si je veux : Bande-annonce

 Je danserai si je veux : Fiche technique

Réalisation : Maysaloun Hamoud
Scénario : Maysaloun Hamoud
Interprètes : Mouna Hawa, Sana Jammelieh, Shaden Kanboura…
Photographie : Itay Gross
Montage : Lev Gostler, Nilli Feller
Musique originale : M.G Saad
Producteur(s) : Efrat Bigger, Sandrine Brauer, Tony Copti, Shlomi Elkabetz
Production : En Compagnie des Lamas Productions
Distribution : Paname Distribution
Durée : 102 minutes
Date de sortie : 12 avril 2017

Palestine / Israël / France – 2016

Auteur : Pascal J-H.C Topige

Annonce de la sélection officielle du 70ème Festival de Cannes

Ce jeudi 13 avril s’est tenue la conférence de presse annuelle du Festival de Cannes. L’événement a réuni des centaines de journalistes internationaux venus assister à l’annonce de la sélection officielle du 70ème Festival sous l’égide de Thierry Frémaux et Pierre Lescure.

Après des mois de tergiversations, de débats animés et à peu près 1900 visionnages, Thierry Frémaux et Pierre Lescure, respectivement délégué général et président du Festival, ont enfin dévoilé ce jeudi 13 avril au matin la sélection officielle de la 70ème édition cannoise, manifestation artistique au rayonnement international. L’événement, qui fêtera son anniversaire en grandes pompes, se déroulera sur la Croisette du 17 au 28 mai prochain et promet de nous réserver de bien belles surprises. Malgré le contexte politique et social insolite dans lequel le Festival se tiendra, entre les élections présidentielles et législatives, la présidence de Trump et l’état d’urgence, Pierre Lescure a en effet souligné la nécessité de rester fidèle à l’esprit de Cannes : en dépit de ce moment suspendu que traverse la France, le Festival restera stable et festif. Pour ce faire, plusieurs projections spéciales sont prévues, avec des invités de marque et des personnalités de premier ordre pour entretenir la légende et maintenir le standing de ce mythique Festival.

Parmi les événements spéciaux, on peut entre autres souligner le retour de Jane Campion, seule femme à avoir obtenu la Palme d’Or, qui viendra présenter l’intégralité de la saison 2 de sa série Top of the Lake, mais aussi Kristen Stewart, invitée à défendre son court métrage intitulé Come Swim, David Lynch qui dévoilera les deux premiers épisodes de la troisième saison de sa série phare Twin Peaks, sans oublier l’hommage qui sera rendu à feu Abbas Kiarostami, dont 24 frames, le dernier projet expérimental, sera projeté. Autre manifestation remarquable, la réalité virtuelle s’invitera sur le tapis rouge grâce à une installation exceptionnelle offrant la possibilité aux curieux de découvrir la dernière prouesse technique du cinéaste mexicain Alejandro González Iñárritu, avec son court métrage Carne Y Arena. Spectacle garanti ! (Au-delà du spectacle, Cannes offre une reconnaissance à la la Réalité virtuelle/VR)

Cannes, c’est aussi les séances de Minuit. Cette année encore, le cinéma coréen aura une place de choix puisque deux thrillers seront présentés au public : Bulhandang (The Merciless) de Byun Sung-Hyun et Ak-Nyeo (The Villainess) de Jung Byung-Gil. De quoi avoir des frissons, sans oublier le film carcéral de Jean-Stéphane Sauvaire, Prayer Before Dawn, également sélectionné dans cette catégorie. Côté hors-compétition, Takashi Miike viendra divertir les cinéphiles avec Mugen Non Junin (Blade of the immortal), un film de sabre fantastique japonais ; l’américain John Cameron Mitchell dévoilera sa comédie dramatique How to talk to girls at parties, qui réunit Nicole Kidman et Elle Fanning, tandis que l’une des figures de proue de la Nouvelle Vague Agnès Varda viendra une fois de plus nous épater avec Visages, Villages, une œuvre hybride à deux voix coréalisée avec l’artiste JR.

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Citons aussi les séances spéciales traditionnelles, qui cette année feront la part belle aux documentaires avec notamment An inconvenient sequel de Bonnie Cohen et Jon Shenk où Al Gore tire la sonnette d’alarme sur le échauffement climatique et la pénurie énergétique. Raymond Depardon viendra présenter 12 jours ; Claude Lanzmann dévoilera Napalm, un documentaire sur la Corée du Nord ; Vanessa Redgrave fera partager sa réalisation Sea Sorrow qui se penche sur les mouvements migratoires et Jude Ratman tentera d’alerter les consciences sur la guerre civile au Sri Lanka avec Demons in Paradise. Des films engagés qui provoqueront sans nul doute le débat, puisque comme l’a rappelé Thierry Frémaux, si « le Festival n’est pas politique, les auteurs le sont ».

Dans la catégorie Un Certain Regard, on compte 16 films sélectionnés, dont Barbara de Mathieu Amalric en ouverture, un biopic sur la fameuse chanteuse. Mais, en dehors des quelques oeuvres françaises (Jeune Femme de Léonor Serraille et l’Atelier de Laurent Cantet), on remarque que le panel se compose majoritairement de longs métrages très éclectiques venus du monde entier. Ainsi, Cecilia Atan et Valeria Pivato représenteront l’Argentine aconference-presse-festival-cannes-fremaux-lescure-annonce-competition-officiellevec leur road-movie La novia del deserto ; Kantemir Balagov la Russie avec Tesnota (Closeness), Kaouther Ben Hania la Tunisie avec Aala Kaf Ifrit (Beauty and the dogs) ; Michel Franco le Mexique avec Las Hijas de Abril ; Valerie Grisebach l’Allemagne avec son Western, film produit par Maren Ade, réalisatrice du très remarqué Toni Erdmann ; Stephan Komandarev portera haut les couleurs de la Bulgarie avec Posoki (Directions) ; et Gyorgy Kristof la Slovaquie avec Out, un drame sur les migrants du travail en Europe. Le japonais Kiyoshi Kurosawa viendra présenter Sanpo Suru Shinryakusha (Before we vanish) ; l’algérien Karim Moussaoui défendra En Attendant les hirondelles et l’iranien Mohammed Rassoulov nous fera découvrir Lerd. Les italiens seront également dans la course avec Fortunata de Sergio Castellitto et Après la Guerre de Annarita Zambrano, qui traite de la question des réfugiés politiques durant les années de plomb en France. Enfin, le film de genre ne sera pas non plus laissé pour compte puisque Taylor Sheridan, le scénariste de Comancheria et Sicario, livrera son premier film en tant que réalisateur, Wind River, un thriller enneigé qui nous promet son lot de meurtres dans une réserve indienne. Un choix varié qui fait honneur à tous les genres, et tous les cinémas du monde.

Pour finir, Thierry Frémaux et Pierre Lescure ont ensuite annoncé les 18 films en compétition officielle, choix difficile qui s’est décidé très tardivement et qui, apparemment, reste encore ouvert aux discussions. Pour le moment, on retrouve des cinéastes de renom comme Arnaud Desplechin, qui fera l’ouverture avec Les Fantômes d’Ismaël ; Fatih Akin avec Aus Dem Nichts (In the Fade) ; Noah Baumbach la coqueluche du cinéma américain indépendant avec The Meyerovitz Stories ; Sofia Coppola et ses proies (The Beguiled) ; Jacques Doillon et son Rodin ; Michael Haneke et son Happy End ; Todd Haynes avec Wonderstruck ; Michel Hazanavicus avec Le Redoutable, qui reviendra sur un pan de la vie de Jean-Luc Godard interprété par Louis Garrel ; ou encore François Ozon avec l’Amant double qui mettra en scène Jérémie Renier et Marine Vacth dans un face-à-face houleux et érotique. Après son homard en 2015, Yorgos Lanthimos revient cette fois avec un autre animal, le cerf, mais reste en compagnie de Colin Farrell avec The Killing of a Sacred Deer. Robert Pattinson sera à l’affiche d’un film de braquage, Good Time, des frères Benny et Josh Safdie ; et Lynne Ramsay viendra avec Joaquin Phoenix pour présenter son drame You were never really here. Pour terminer, Okja de Bong Joon-ho, Hikari de Naomi Kawase et Geu-Hu de Hong Sangsoo mettront l’Asie à l’honneur tandis que des cinéastes comme Robin Campillo (120 battements par minute), Sergei Loznitsa (A gentle creature), Kornel Mandruczo (Jupiter’s Moon) et Andrey Zvyagintsev (Nelyubov -Loveless) auront également le privilège de figurer parmi les lauréats potentiels de la Palme d’Or 2017.

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En attendant les prochaines annonces de la Quinzaine des Réalisateurs et de la Semaine de la Critique ainsi que la programmation de Cannes Classics et de la composition du jury de Pedro Almodóvar, Thierry Frémaux et Pierre Lescure nous ont déjà donné de quoi trépigner d’impatience pour la future édition du Festival de Cannes : coup d’envoi le 17 mai !

 

Comment est représenté le racisme dans le film « Loving » de Jeff Nichols ?

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Sorti en salle le 15 février 2017, Loving, le dernier film de Jeff Nichols paraissait terriblement d’actualité tout en racontant une histoire qui a plus de 50 ans. Retour sur le film et la vision que tente de transmettre son réalisateur sur le racisme.

Loving est le cinquième long métrage du jeune réalisateur américain Jeff Nichols (38 ans). Originaire du sud des États-Unis, c’est à cette population et à ses coutumes qu’il s’intéresse au travers de tous ses films. Il y mêle aussi sa vie personnelle, (sa jeunesse dans Shotgun Stories, son adolescence dans Mud, son mariage dans Take Shelter et sa paternité dans Midnight Special) ainsi que ses interrogations et ses peurs. Son dernier film marque en cela une exception. En effet, même si l’histoire se déroule dans le sud des États-Unis, Jeff Nichols adapte ici une histoire vraie. Celle de Richard et Mildred Loving qui en 1958 décidèrent de se marier malgré les lois de l’Etat où ils vivaient qui interdisaient le mariage entre noirs et blancs.

Je trouvais que le meilleur moyen d’avoir une conversation politique était justement de ne pas en avoir du tout au sein même du film.

Jeff Nichols

Pour traiter son sujet, Jeff Nichols a recours à la simplicité. Il ne s’intéresse pas à la lutte judiciaire qui a eu lieu. Dans son film il privilégie les actes aux paroles. Des actes d’amour au sein du couple dont il montre le quotidien. Même si le récit du film est linéaire, Jeff Nichols évite les poncifs du genre en ne commençant pas le film par la rencontre du couple mais directement par leur mariage et montrant ainsi immédiatement le couple dans sa quotidienneté. Un couple introverti, replié sur lui-même au sein d’une communauté de seulement quelques membres dans la campagne de Virginie ne souhaitant pas s’intégrer davantage à la société mais voulant vivre ensemble et s’aimer. Ainsi, il met les gestes et les regards de ce couple en valeur.

Mais durant tout le film, il distille également quelques plans sur les regards et les gestes des habitants qui les entourent. Il montre les regards de la population locale sur ce couple qui lui ne les voit pas ou les ignore. Ici, Jeff Nichols évite encore une fois par sa simplicité un écueil de ce genre, celui de la violence. Ne montrant aucune violence physique faite au couple, il préfère s’interroger sur la violence symbolique.

La violence symbolique est une théorie du sociologue français Pierre Bourdieu qu’il développa durant les années 60 et 70. Selon cette théorie, les dominés au sein d’une société perçoivent la hiérarchie sociale comme légitime et naturelle et intègrent la vision que les dominants ont du monde via l’éducation et les médias. Et c’est l’utilisation de cette violence qui permet au film d’éviter les affrontements physiques et le manichéisme. Cette violence symbolique est présente dans le film avec les regards accusateurs des citoyens, collègues, amis, voisins blancs comme noirs qu’ils croisent ou encore par le shérif, le juge et l’Institution. Tout cela créant une paranoïa au sein du couple qui craint en permanence pour sa vie.

La violence symbolique provoque l’exclusion de toute une gamme de possibles politiques et sociaux en présentant comme évident, acquis et établi une fois pour toutes ce qui, en réalité, appartient à la vision du monde que partagent les forces sociales dominantes.

Pierre Bourdieu

Ici aussi, comme dans ses films précédents, Jeff Nichols embellit, la campagne américaine. Il va même plus loin en rendant oppressants les quelques passages du film en ville et en utilisant ces différents lieux pour personnifier l’état d’esprit de ses protagonistes. Ainsi, pour rejoindre la théorie de la violence symbolique, à la toute fin du film, lorsque Jeff Nichols filme la Cour suprême des États-Unis à Washington D.C., il montre au spectateur une Institution, un bâtiment, mais il ne montre plus des individus contrairement au premier passage chez le juge au début du film.

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Jeff Nichols fait ici le choix de ne pas montrer les juges de la Cour suprême.

Pour finir, ce combat donne naissance à l’arrêt de la Cour suprême des États-Unis « Loving v Virginia » en 1967 qui invalide toute loi qui apporterait des restrictions au droit au mariage en se fondant sur l’origine ethnique des époux. Cette loi va ainsi favoriser davantage de mixité sociale et devenir un symbole pour d’autres combats à venir.

Pour aller plus loin…

Une vidéo de la chaîne YouTube « ScreenPrism » expliquant la simplicité visuelle du film de Jeff Nichols

Un article sur la violence symbolique chez Pierre Bourdieu par Jean-Michel Landry

Loving : Bande-annonce

Loving : Fiche technique

Réalisation : Jeff Nichols
Scénario : Jeff Nichols
Interprétation : Joel Edgerton (Richard Loving), Ruth Negga (Mildred Loving), Nick Kroll (Bernie Cohen), Marton Csokas (Shérif Brooks), Michael Shannon (Grey Villet), Jon Bass (Phil Hirschkop)…
Photographie : Adam Stone
Montage : Julie Monroe
Producteurs : Marc Turtletaub, Nancy Buirski, Sarah Green, Colin Firth, Ged Doherty, Peter Saraf
Sociétés de production : Big Beach Films, Raindog Films
Distribution (France) : Mars Film
Festival et Récompenses : Sélection Officielle de Cannes 2016
Durée : 123 minutes
Genre : Drame, biopic
Date de sortie : 15 février 2017
États-Unis– 2016

War on Everyone : Rencontre avec Alexander Skarsgård, Michael Peña & John Michael McDonagh

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À l’occasion de la projection de War on Everyone au Festival du Film Américain de Deauville, CineSeriesMag a eu l’occasion de rencontrer Alexander Skarsgård, Michael Peña et John Michael McDonagh.

Alexander Skarsgård est un acteur suédois ayant joué dans Tarzan, Melancholia, Battleship ou encore Zoolander 2. Parallèlement, Michael Pena est un acteur américain qui a joué dans Fury, Ant-Man ou Seul sur Mars. Enfin, John Michael McDonagh est un réalisateur irlandais qui a déjà réalisé deux films avant War on Everyone : The Guard et Calvary.

Synopsis : Le film nous raconte l’aventure de deux policiers corrompus de l’Alabama qui font vivre un enfer à la communauté qu’ils sont censés protéger… jusqu’à ce qu’ils rencontrent un gangster pire qu’eux.

La critique du film est à retrouver en cliquant ici.

Michael et Alexander, qu’est-ce qui vous a le plus attiré dans le scénario ?

Michael Peña : J’ai lu le scénario et l’ai trouvé vraiment politiquement incorrect. C’est ce que j’ai adoré. Mais il est également très drôle et très intéressant. Enfin, je l’ai trouvé très très chaud, ce qui n’est pas pour me déplaire ! *Rires* Puis, jouer des scènes où son personnage est bourré, c’est toujours agréable !

Alexander Skarsgård : Le scénario de War on Everyone est assez atypique. Il ne ressemble pas à des dizaines de films que l’on a pu voir auparavant. Dans ce scénario, on perçoit les inspirations, mais le film est tout de même singulier, drôle et puissant. John est un excellent réalisateur qui a su s’associer avec un bon scénariste. Il a vraiment tout pour plaire. Je précise qu’il ne m’a pas payé pour dire cela. *Rires*

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Aviez-vous peur de faire une nouvelle comédie, sachant qu’il y en a énormément qui sortent chaque année ?

Alexander Skarsgård : L’écriture et les idées de John sont si bonnes et agréables que vous ne pouvez pas refuser.

John Michael McDonagh : Personnellement, je trouve que mes comédies sont vraiment drôles. *Rires* Aux États-Unis, je trouve que beaucoup de comédies ne sont pas drôles, en raison de leur scenario. Les scénaristes ont tendance à faire passer les blagues au-dessus de leurs personnages pour faire rire les gens. C’est le cas dans toutes les sitcoms, où les personnages ne représentent rien, ils sont là pour faire rire le spectateur par les dialogues. À mon avis, c’est le personnage même qui doit rendre les choses drôles par ses humeurs. C’est le personnage qui rend une blague drôle, et non l’inverse. J’espère que j’ai réussi à le prouver dans War on Everyone.

Alexander Skarsgård : C’est comme ces réalisateurs qui font des blagues privées (private jokes) dans leurs films. Je n’en comprends pas l’intérêt puisque que le spectateur ne peut pas les comprendre. En fin de compte, beaucoup de blagues ne fonctionnent pas et le film semble raté, même si ce n’est pas foncièrement le cas!

Michael Peña : Pour ma part, j’ai un personnage qui est parfois drôle, ce qui fait de lui un être singulier. Il se croit très intellectuel en utilisant des mots compliqués et de belles phrases. Alors le spectateur pense qu’il est stupide. Mais il est vraiment intelligent. On peut douter de ce fait, mais c’est la réalité!
Bob n’est jamais confiant parce qu’il dit «Je veux être intelligent, je dois être intelligent et je dois montrer aux autres que je le suis. » En outre, sa couleur de peau ne joue pas en son avantage. D’ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué que j’ai des origines mexicaines? *Rires*

Alexander Skarsgård : Oh ! J’avais jamais remarqué ça avant ! *Rires*

Quand on vous écoute répondre aux questions, vous parlez beaucoup  des personnages et comment ils doivent être interprétés, comment un acteur devrait appréhender un rôle. Vous êtes tous un peu sur la même longueur d’onde. Même si le film n’est pas encore sorti, avez-vous l’intention de travailler ensemble dans l’avenir ?

Alexander Skarsgård : Je pense que John va d’abord voir s’il a gagné assez d’argent avec ce film et si nos interprétations lui ont permis de devenir riche. *Rires* Mais bien sûr, ce serait un plaisir de refaire quelque chose avec lui, mais aussi avec Michael. Ce sont deux grandes personnalités du cinéma.

John Michael McDonagh : En parlant d’argent, je voudrais prendre ma retraite dans 5 ans, avoir assez d’argent pour pouvoir aller en Australie, ou je ne sais où. Mais oui, j’aimerais travailler avec eux à nouveau. C’était un peu stressant mais très gratifiant. J’étais mécontent de certaines personnes de l’équipe technique, mais je me rends compte que je n’ai jamais eu de problème avec les acteurs de mes films. J’ai toujours su bien m’entourer. Je pense que pour faire quelque chose de bien, il faut débattre avec les acteurs et c’est à ce moment que je remarque qu’ils veulent le meilleur pour le film. Ils veulent que le film soit le meilleur possible, en s’impliquant au maximum.

Michael Peña : Je t’en prie John, nous étions là pour ça. Mais sinon, ce serait un vrai plaisir pour moi aussi.

Pensez-vous être les nouveaux «Starsky et Hutch» ?

Alexander Skarsgård : Non, ils sont malheureusement meilleurs que nous ! Et puis, nous n’avons pas la même voiture qu’eux ! Nous serons les nouveaux Starsky et Hutch quand nous aurons une voiture aussi classe !

John Michael McDonagh : La voiture de War on Everyone est quand même pas mal du tout…

Michael Peña : Je me demande même si nos deux personnages ne sont pas exactement les opposés de
Starsky et Hutch. Je sais que si nous nous trouvions face à eux, nous les battrions sûrement et nous prendrions toute leur cocaïne parce qu’ils vivaient dans les années 80. Les années 80, c’était le paradis pour ceux qui voulaient prendre de la cocaïne! On se demande souvent comment Starsky et Hutch font pour être si rapides, mais en fait, ils peuvent remercier la cocaïne ! Ensuite, nous irions encore boire un verre avec eux. Sérieusement, je suis un fan de cette série télévisée et de ces gars. Mais attention, je ne parle pas du film avec Ben Stiller et Owen Wilson !

Merci à Aude Dobuzinskis et Darkstar de nous avoir permis de faire cette interview.

 

Retrouvez la bande-annonce de War on Everyone :

https://www.youtube.com/watch?v=WN_jmpJi4iA

 

Boule et Bill 2, un film de Pascal Bourdiaux : critique

Suite d’un premier opus qui n’a pas fait l’unanimité, Boule et Bill 2 ne surprend à aucun moment et s’avère être une mauvaise comédie qui ne rend pas honneur à la bande-dessinée dont elle est tirée.

Synopsis : La famille de Boule mène une existence aussi heureuse que paisible. Bill est parfaitement intégré dans cette petite famille, Boule travaille bien à l’école, sa maman donne des cours de piano à domicile tandis que son père est un dessinateur reconnu. Tout bascule lorsque l’éditrice de ses bandes dessinées, bourrue et acariâtre, rejette le travail du père de Boule. Elle y voit une grosse panne d’inspiration due au fait que sa famille vit dans un bonheur très négatif sur sa créativité. Le père de Boule revient à la maison avec la ferme intention de réveiller sa famille de ce bonheur en générant un grand nombre de « bêtises ». Boule et Bill mais aussi la maman vont également se mettre à faire dérailler ce « bonheur » familial jusqu’à l’explosion.

Après un premier opus très décevant et sans saveur, Boule et Bill 2 s’annonçait dans la même continuité du long-métrage d’Alexandre Charlot et Frank Magnier. Cette fois réalisée par Pascal Bourdiaux, la suite des aventures du rouquin et de son cocker ne garde que Frank Dubosc dans le rôle du père de Boule, Mathilde Seignier Seigner reprenant le rôle de Marina Fois Foïs et Boule passant de Charles Combrez à Charlie Langendries, qui fait ainsi ses débuts au cinéma. Cette nouvelle adaptation de l’oeuvre homonyme de Jean Roba s’inscrit dans un cinéma français qui puise de plus en plus son inspiration dans les bandes dessinées franco-belges. On a pu voir défiler au cinéma les aventures d’Astérix et Obélix,  des Profs, de Benoit Brise-fer et bientôt de Spirou et Fantasio, le Petit Spirou ou encore Valerian et Laureline. Le 9ème art représente un vivier exceptionnel pour les cinéastes, pour le meilleur et pour le pire.

Attention chien dangereux

boule-et-bill-2-franck-duboscAlors que vaut cette suite ? Pas grand chose. Pour discuter de la qualité du film, il faut avant tout interroger sa raison d’être. Le premier opus faisait concluait l’histoire avec la famille heureuse telle qu’on la connaît dans la bande-dessinée. Le foyer bien installé, il n’y avait alors plus aucune raison de filmer la famille Roba. Les producteurs avaient donc deux solutions, soit développer l’aventure dans un autre milieu apportant ainsi de nouvelles thématiques, soit ne pas faire de suite afin de pas abîmer encore plus l’oeuvre originale. Si Boule et Bill 2 sort au cinéma, c’est qu’aucun de ces deux choix n’a été retenu. Les presque 2 millions d’entrées du premier film ont motivé un deuxième film, qui décide de placer son histoire dans une banlieue tranquille, ne s’éloignant que très peu de l’univers du premier film. De par ce postulat, Boule et Bill 2 est avant tout une comédie très ennuyeuse qui peine à offrir une intrigue intéressante. L’absence d’utilité d’un deuxième opus se dessine à travers une mise en abyme volontaire ou non.

Au début du film, le père de Boule, dessinateur de bande-dessinées inspirées de sa propre vie, est convoqué par son éditrice. Elle annonce la couleur : « sa bande-dessinée est ennuyeuse car trop niaise et pas assez malheureuse ». Ce constat vaut également pour le film. Une des intrigues consistera donc à voir Frank Dubosc faire des pieds et des mains pour apporter du malheur et du rythme à sa vie trop tranquille. L’analogie se fait directement avec les auteurs du film. Tout le long-métrage est une vague tentative d’insuffler un but et des actions à un film qui n’a rien à raconter. On voit très péniblement Dubosc cabotiner pour provoquer des réactions dans sa famille, de la même manière qu’on voit le film boiter pour offrir quelque chose aux spectateurs. Boule et Bill 2 donne l’impression d’être la commande d’une éditrice en colère qui va pousser ses auteurs à faire du remplissage sans avoir aucune idée de ce qui doit être raconté.

N’est pas film qui veut

boule-et-bill-2-charlies-langendriesLe film devient alors une succession de petits gags sans aucun lien narratif qui peine à attacher le spectateur à des enjeux ou personnages. Si la bande-dessinée n’était  parfois constituée que de gags en quelques cases, il est une lapalissade de dire que la bande-dessinée et le cinéma sont deux arts différents, fonctionnant sur un schéma très distinct. Là où le film aurait pu puiser dans les longs albums d’aventure de Boule et Bill afin d’offrir une certaine consistance, il préfère se complaire dans les gags faciles et lourdingues. Et ici est souligné le principal problème des adaptations de bandes-dessinées. Ce qui marche dans les pages d’une BD ne fonctionne pas pour autant sur le grand écran. Un long-métrage ne peut se suffire d’être un défilé de courtes situations. Le problème de Boule et Bill 2 n’est pas d’être une mauvaise adaptation, mais de ne pas exister en tant que long-métrage cohérent. L’argument de  » c’est un film pour enfants  » est irrecevable. « Films pour enfants » n’est pas synonyme de films crétins ou de films inconsistants. Une oeuvre peut être légère et destinée aux enfants, sans complaire dans l’humour pipi caca. On peut néanmoins reconnaître certaines qualités à Boule et Bill 2. Les enfants se retrouvent bien plus convaincants que les adultes, mention spéciale au très bon Charlie Langendries (Boule). On retrouve une certaine sensibilité et nostalgie dans les amourettes et querelles de cour de récré.

Bien que pavé de bons sentiments, Boule et Bill 2 tente d’exister tout en ayant rien à raconter.

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Boule et Bill 2 : Bande-annonce

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Boule et Bill 2 : Fiche technique

Réalisation : Pascal Bourdiaux
Scénario : Benjamin Guedg d’après l’œuvre de Jean Roba
Interprétation : Franck Dubosc (Pierre Roba), Mathilde Seigner (Carine Roba), Jean-François Cayrey (Antoine Bérigaud), Charlie Langendries (Boule), Manu Payet (Bill), Nora Hamzawi (Diane Duffosoir)
Photographie : Axel Cosnefroy
Chef monteur : Audrey Simonaud
Compositeur : Mathieu Lamboley
Chef décorateur  : Maamar Ech-Cheikh
Chef costumier : Laurence Chalou
Producteurs : Cyril Colbeau-Justin et Jean-Baptiste Dupont
Production : LGM Cinéma, Pathé, CN5 Productions, TF1 Films Production
Société de distribution : Pathé Distribution
Genre : Comédie
Durée : 86 minutes
Date de sortie : 12 avril 2017

France – 2017