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American Horror Story saison 7 : Elephant Man et autres news !

Comme à son habitude, Ryan Murphy révèle au compte-gouttes et par métaphores les quelques informations qui touchent à American Horror Story saison 7. Récemment, le showrunner postait un doodle de monstre éléphant sur son compte Instagram, confirmant ainsi le nouveau thème de la série.

On sait d’ores et déjà que la prochaine saison d’AHS s’inspirera des dernières élections présidentielles aux Etats-Unis. En postant un croquis d’éléphant monstrueux sur Instagram, Mr Murphy est très clair cette fois et fustige le parti républicain dirigé par Donald Trump. Mixant le symbole du parti au faciès effrayant du clown Twisty de la saison 4 Circus, le showrunner lui confère un aspect maléfique et confirme que American Horror Story saison 7 sera bien liée à la saison 4. Rappelons qu’en octobre 2016, Ryan Murphy avait déclaré :

«L’année prochaine, nous reviendrons sur des personnages de Freak Show, les histoires et les mythologies plus profondes. En quelque sorte, nous explorerons la saison 4 au travers de la saison 7. « 

Récemment, le créateur a révélé à E Online les premières 10 minutes de la série :

« Cette saison prend place dans un contexte très inquiétant et macabre lors de la nuit des élections. Quelque chose de terrible interviendra dans la vie de nos personnages au cours de cette nuit où ils verront tout leur petit monde s’écrouler. »

Depuis, les fan-made trailer et autres fan arts se multiplie et le site iHorror nous donne un bref aperçu de ce que pourrait être l’affiche de la promo :

Qu’en sera-t-il alors des personnages de la série ? Sarah Paulson, Evan Peter, Billie Lourd (Scream Queens) et Billy Eichner (Difficult People) sont confirmés au casting d’American Horror Story saison 7 depuis un moment. Interviewé par The Hollywood Reporter, Evan Peters a expliqué l’intérêt de Sarah Paulson pour le rôle de Donald Trump :

“Sarah peut tout jouer, elle peut donc aisément interpréter Trump. J’adorerais la voir dans le rôle de Trump car il y a tellement d’aspects visibles dans lesquels elle peut se retrouver. Et si Sarah peut incarner Trump, je jouerai Ivanka.”

De son côté, Ryan Murphy a confié à E News que, en effet, Sarah Paulson n’interprétera pas Hillary Clinton :

« Je crois que les gens pensent littéralement que Sarah Paulson va jouer Hillary Clinton et je voulais préciser que ce n’est pas vrai. American Horror Story a toujours été une allégorie, et ces élections seront  aussi une allégorie. Ceci n’est que notre point de départ. Il s’agit des élections qui ont eu lieu, de ce qui s’est passé cette nuit-là et des retombées qui, pour un grand nombre de chaque parti, forment une histoire d’horreur. Et vous savez, ce spectacle est toujours aussi amusant dés lors que c’est dans l’air du temps (…) Toutefois, Donald Trump et Hillary Clinton seront bien présents – juste à la télé. »

Quant aux autres acteurs d’AHS saison 7, les spéculations vont bon train. Dans une interview pour E Online, Emma Roberts avait déclaré qu’elle souhaitait revenir dans une nouvelle saison, de préférence aux côtés de Lady Gaga. On peut donc espérer que si l’une vient, l’autre suivra :

« L’an dernier, ça n’a pas fonctionné car je tournais encore Scream Queens. Mais maintenant que Scream Queens est bouclée à Los Angeles et pas à la Nouvelle-Orléans, je vais sans doute revenir sur le plateau et m’impliquer dans le show ! »

American Horror Story saison 7 est prévue sur FX pour la rentrée 2017 et la série a déjà été renouvelée pour les saisons 8 et 9 !

American Horror Story Season 7 tease.

Une publication partagée par Ryan Murphy (@mrrpmurphy) le

Édito : Cannes suggère de repenser le cinéma

Impossible de ne pas évoquer l’incontournable Festival de Cannes dans notre édito du mois de mai. La rédaction a souhaité lire entre les lignes d’une sélection qui s’engage à vouloir réformer la chronologie des médias, point de discorde depuis des décennies du paysage audiovisuel français.

70 ans. 70 ans que le mois de mai continue de faire rêver les cinéphiles de la planète entière avec la tenue de la plus grande manifestation cinématographique (certains diront même « culturelle ») mondiale, le Festival de Cannes. Lieu de l’effervescence, de l’opulence et de la température du cinéma international, Cannes est aussi depuis soixante-dix ans l’événement de tous les scandales. Après une affiche vivement critiquée pour son culte pro-minceur, le festival a dû faire face aux premières critiques face aux choix de la sélection officielle. S’il est de coutume de pester contre les inconditionnels habitués en compétition de la Croisette ou le manque de femmes réalisatrices, la polémique de cette année est bien différente. A l’instar de l’élection présidentielle et d’un résultat du premier tour qui oppose le statu quo hollandien à l’extrémisme nationaliste, on note un statu quo dans les critiques qui sont faites au Festival de Cannes. Soit un manque flagrant d’ouverture à la nouveauté et un respect désormais archaïque de la tradition cinématographique hexagonale.

Festival-de-Cannes-2017-selection-officielle-Thierry-FremauxPetit rappel, pour la première fois dans l’histoire de la manifestation, deux films Netflix,  seront en Compétition Officielle. Cela implique deux choses : la première est que l’équipe du Festival reconnait à sa juste-valeur l’importance du géant américain de la SVOD dans le paysage audiovisuel d’aujourd’hui ; la deuxième est que l’un de ses deux films peut repartir avec la Palme d’Or et que Netflix n’a aucun intérêt (économique) à le diffuser en salles et gardera vraisemblablement l’exclusivité sur son réseau. Il n’a pas fallu attendre une demi-journée pour que la profession (plus précisément les exploitants de salles) ne s’offusquent d’une telle considération pour une plate-forme en ligne et d’un mépris à l’égard de « l’exception culturelle » française. Pourtant, en 2017, ignorer Netflix aurait été une erreur et une preuve du mépris impardonnable et élitiste d’un festival fermant les yeux sur la qualité remarquable des programmes de la firme américaine. Placer ces films hors-compétition aurait été le meilleur terrain d’entente pour les deux partis. Néanmoins, Pierre Lescure et Thierry Frémaux sont même allés plus loin en les plaçant directement en compétition. Un choix audacieux et engagé qui ne pouvait qu’attiser le feu de la controverse. Après l’annonce, c’est Marc-Olivier Sebbag, délégué général de la fédération nationale des cinémas français (FNCF), qui déclara : « On ne remet pas en cause la qualité artistique des films, mais plutôt leur statut. Pour qu’un long-métrage soit considéré comme une œuvre de cinéma, il faut qu’il sorte en salles ». Effectivement, les deux films sélectionnés que sont Okja et The Meyerowitz Stories ont été réalisés respectivement par Bong Jon-joo et Noah Baumbach, soit des auteurs remarquables et appréciés dans le milieu qui ont légitimement toute leur place dans la compétition.

Netflix-Festival-de-Cannes-2017-CinemaFaire ce choix était donc le meilleur moyen de lancer un débat sur le bien-fondé actuel de la chronologie des médias. En France, un film ne peut être diffusé sur une plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) comme Netflix, Amazon ou Canalplay, que 36 mois après la sortie en salles. Pour information, Amazon sera également présent à Cannes puisqu’il a produit et distribuera Wonderstruck de Todd Haynes. L’an passé, le géant de la distribution tous secteurs confondus avait soutenu The Neon Demon de Nicolas Winding Refn et Paterson de Jim Jarmusch. Mais contrairement à son rival Netflix, Amazon ne souhaite pas – pour l’instant – bouleverser les traditions et propose une exploitation classique en salles de ses films. Il faut savoir que cela fait des années que Netflix a en ligne de mire le Festival de Cannes. Pour se faire, la plate-forme s’est entourée des meilleurs auteurs, réalisateurs, talents de la profession pour offrir au public des programmes originaux. Plus que les séries pour lesquelles elle n’a plus à prouver son impact considérable et son génie créatif, c’est désormais son implication dans le cinéma qui est observée. Avec cette sélection, plus que jamais Netflix s’impose dans le paysage audiovisuel mondial. L’entreprise a donné un sérieux coup de boost à une profession qui avait du mal à se renouveler. Donner la possibilité à Netflix d’être présente à Cannes, c’est tout simplement une révolution et ça méritait d’être salué. Ce qui ressort de cette polémique, c’est que la FNCF estime qu’il faudrait que toutes les œuvres en compétition à Cannes puissent être d’abord diffusées dans les cinémas pour obtenir le label « œuvre cinématographique ». Il faut savoir que que le distributeur Metropolitan a acheté les droits de Okja mais dans le même temps, Netflix s’oppose à toute éventualité d’une sortie dans les salles, ce qui donne lieu à cette situation inédite et sans doute absurde. Effectivement, ce serait un bouleversement sans précédent s’il s’avérait que le vainqueur de la Palme d’Or ne sorte pas dans les salles hexagonales. Et après ? N’est-ce-pas là un signe qu’il y a un problème dans notre pays ? Que la chronologie des médias est devenue obsolète à l’heure d’internet ? Il y a quelques années, les exploitants reprochaient à internet de tuer le cinéma. Plus que jamais, il en est ressorti grandi. Les bénéfices des grands studios et des exploitants n’ont jamais été aussi forts et les blockbusters dépassant la barre ultime du milliard de dollars de recettes tendent à se généraliser (Fast and Furious 8, La Belle et la Bête rien qu’en 2017). Selon les statistiques de la FNCF, 213 millions de spectateurs se sont rendus au cinéma en 2016 ; soit une augmentation de 3,6 %, qui situe l’exercice à quelques millions d’entrées du record de 2011. Pourquoi donc s’offusquer de ce choix alors qu’à côté les salles réalisent leurs meilleurs chiffres ? C’est la légitimité de la salle obscure qui est surtout débattue car il paraît indissociable qu’un chef d’œuvre du septième art ne puisse pas être vu dans les conditions de projection qui n’ont pas changé depuis plus d’un siècle. Plutôt que vouloir , c’est une solution qu’il faut trouver. Pourquoi ne pas trouver un terrain d’entente entre les exploitants, les distributeurs et les plate-formes de diffusion comme Netflix pour mettre en place un système qui verrait les services de diffusion en streaming obtenir une exclusivité d’une semaine avant que le film ne soit enfin distribué en salles. Chacun y gagnerait dans l’affaire et les cinéphiles amoureux de la salle de cinéma pourraient toujours voir leurs chefs d’œuvres dans de bonnes dispositions.

Netflix ne tuera pas le cinéma, comme le support dématérialisé, la télévision et internet n’ont pas tué le cinéma. Au contraire, Netflix fait vivre le cinéma, et donne désormais la chance aux plus indépendants de créer en toute liberté, ce que d’autres studios ont tendance à oublier. Ne faut-il pas y voir un signe pour la créativité si de grands auteurs comme Woody Allen, David Fincher, Martin Scorsese, Duncan Jones ou Cary Fukanaga décident de s’éloigner des grands studios pour trouver un espace propice à leur liberté artistique ? Les exploitants crient au scandale mais dans l’histoire, ce qui en ressortira le plus grandi, c’est le cinéma en tant qu’art. Mettons un terme à ce débat conservateur et puéril, Netflix est un acteur incontournable de la scène audiovisuelle. Il n’en faut pas plus pour qu’il ait l’entière légitimité d’être présent à Cannes, qui plus est en compétition. Thierry Frémaux dira d’ailleurs lors de la conférence de presse annonçant la sélection officielle : « Ce sont de vrais films de cinéma ». Tout est dit.

MaJ 02/05/2017 : Suite à la controverse entre le festival, Netflix et le FNCF, une concession a été trouvée par le CNC qui délivrera des visas temporaires d’exploitation pour une diffusion limitée en salles pour les deux films du géant de la SVoD en compétition à Cannes. En utilisant ce dispositif, Netflix échapperait à la chronologie des médias et proposerait à un nombre évidemment réduit de cinémas une exposition d’une semaine maximum.Une exception qui ne satisfait évidemment pas les exploitants qui estiment qu’il s’agit de « bricolage ». L’affaire est loin d’être terminée.
Source: Numerama

Les films des années 1930 à 1939 : Le top 5

Il est des décennies importantes dans l’Histoire du 7ème art. Les années 30 en sont une. Faisant la parenthèse entre la démocratisation du cinéma parlant et les premiers grands succès en couleurs, ces dix années ont vu un bouleversement important du cinéma, et ce aux quatre coins du monde. Petit florilège des films des années 1930 à 1939 :

La révolution du parlant a pour principaux effets de rendre désuet cet humour burlesque qui dominait jusque là les comédies et de voir apparaitre les premières comédies musicales. Autre élément important, la crise de 29 marque un besoin pour le cinéma d’être l’expression du malaise social. D’abord ici, en France, où la mode du « Réalisme Poétique » voit l’émergence de grands réalisateurs : René Clair, Julien Duvivier, Jean Renoir… Comme cela avait déjà été fait plus tôt en Russie, des pouvoirs autoritaires mettent un coup de frein brutal aux productions très inspirées du Japon (Yasujirō Ozu, Kenji Mizoguchi…) et de l’Allemagne (Friedrich W. Murnau, Fritz Lang, Josef von Sternberg…) où le média cinéma va devenir le support de vastes campagnes de propagande telles que l’on n’en avait jamais vues auparavant. De leur côté, les studios hollywoodiens doivent repenser leurs propres codes, limités par le Code Hays qui va notamment mettre fin à la mode des films de gangsters, et se lancer dans de nouvelles expérimentations où, là encore, une nouvelle génération de réalisateurs va faire ses premiers coups d’éclat : Frank Capra, John Ford… Partout, le cinéma évolue, se modernise et offre des œuvres qui, aujourd’hui encore, restent des modèles.

Alors que le monde traverse une crise sans précédent et que les autocraties nationalistes et militaristes plongent des pays entiers dans l’obscurité, le cinéma reste un refuge, et les cinéastes s’affirment plus que jamais comme des visionnaires.

Les membres de la rédaction ont voté en interne pour sélectionner leurs films phares parmi ceux produits au cours de cette période très prolifique. 6 d’entre eux en sont ressortis.

Le top 5 des films des années 1930 à 1939

top-5-annees-30-1-M-le-maudit1/ M Le Maudit (Fritz Lang, 1931) : Fritz Lang a certes réalisé plusieurs films qui ont su esquisser sa superbe carrière, il reste toutefois convaincu que son plus beau chef d’œuvre réside en M le maudit. Un film policier, criminel et noir qui vient se dresser parmi les incontournables classiques du cinéma et qui vient surtout dénoncer la nature et le comportement humain. Pourquoi tuer une jeune fille innocente ? Qui est le Mörder ? Qui pour lui rendre justice ? Quelle justice ? M le Maudit est le premier film parlant de Lang et ce dernier a fait de ses dialogues et de ses sons un usage méticuleux afin de créer une ambiance oppressante, angoissante et dérangeante. On note le multiple usage du célèbre ‘In the hall of the mountain king’ siffloté par le tueur. Un grand classique, pièce maitresse du cinéma, à consommer sans modération.  Myriam

top-5-annes-30-2-freaks2/ Freaks (Tod Browning, 1932) :

La monstruosité est un thème récurrent dans la carrière de Tod Browning avec des films comme Dracula notamment. Dans la plupart de ses récits, les “monstres” sont dépeints comme des personnes normales confrontées aux mêmes problèmes que n’importe qui. Avec Freaks, Il tente de faire passer le message que la normalité n’est pas forcément  propre au physique, mais qu’elle se situe plutôt au niveau de l’âme. Si le personnage de Cléopâtre paraît correspondre aux critères de la normalité, elle se révèle être bien plus monstrueuse que les « monstres » qui composent le cirque en question dans le film. Les thèmes abordés par Freaks étaient d’une extrême modernité par rapport à l’époque à laquelle ils étaient traités. Browning n’a pas eu peur de choquer l’opinion publique. C’est également un des premiers réalisateurs à montrer les “monstres”  avec une vraie dimension humaine.  Damien

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top-5-annes-30-3-les-temps-modernes3/ Les temps modernes (Charles Chaplin, 1936) : Pionniers du cinéma muet, les chefs d’œuvres de Charlie Chaplin resteront universels. Il est d’ailleurs évident que, des années après, nous ressentons encore vivement la critique et l’engagement de ses films, toujours valables aujourd’hui. Les temps modernes dénonce le modernisme et l’industrialisation du travail à la chaîne. Le personnage de Charlot enchaîne les gags et nous fait rire du début à la fin, grâce à un comique de situation toujours important dans le cinéma muet. C’est aussi le premier film dans lequel on entend la voix de l’acteur lorsqu’il chante. Chaplin est définitivement un des plus grands artistes que le cinéma ait connu : il sait mêler mélancolie, lyrisme, comique tout en critiquant clairement la société. Il a toujours aimé l’humain, et il faudrait être difficile pour ne pas admirer Chaplin.   Gwenaëlle

top-5-annees-30-4-king-kong4/ King Kong (Ernest B. Schoedsack, Merian C. Cooper, 1933): Le film peut être rapproché avec Le monde perdu, film de 1925 réalisé par  Harry O. Hoyt dont il est une continuation du travail sur les effets spéciaux. En effet, on retrouve sur les deux films la même équipe qui s’occupe des effets spéciaux avec à sa tête Willis O’Brien. Il va développer à travers ces films des techniques comme la transparence ou l’animation stop motion. Mais là où Le monde perdu  est une adaptation du roman d’Arthur Conan Doyle, King Kong est une œuvre originale écrite pour le cinéma. C’est une version moderne du conte de La belle et la bête. Le film propose également une véritable mise en abîme du cinéma et surtout un personnage majeur pour l’Histoire du cinéma qui connaîtra énormément de succès et qui perdurera jusqu’à aujourd’hui.  Thomas

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top-5-annees-30-5-frankeinstein5/ Frankenstein (James Whale, 1932): « Il est vivant ! Il est vivant ! » cette réplique de Frankenstein est désormais l’une des plus cultes de l’histoire du cinéma. Adapté de l’œuvre de Mary Shelley, le film de James Whale introduit le monstre le plus iconique du 7ème art. La créature déambule à travers le long-métrage comme une figure discrète et inadaptée au monde qui l’entoure. Le docteur Frankenstein est au courant de la terreur qu’il est en train de créer tout comme James Whale est conscient du monument culturel qu’il est en train d’enfanter. Le long-métrage manie avec anticipation la création du monstre pour ensuite maîtriser son suspense autour du potentiel ravage que le monstre pourrait causer. A le revoir aujourd’hui, on peut se demander en quoi le monstre a pu terrifier son audience à l’époque. Néanmoins, on ne peut que souligner l’atmosphère gothique et angoissante maîtrisée par James Whale, qui inspirera le cinéma pendant plus de 80 ans.   Roberto

top-5-annees-30-5-scarface5/ ex-aequo/ Scarface (Howard Hawks, 1932) : Avec Le Petit César et Public Enemy, Scarface est l’un des films de gangster les plus emblématiques des années 30. L’oeuvre étant sortie avant que le code de censure ne soit mis en place, la violence y est montrée frontalement et l’érotisme est à peine voilé. Tony Camonte est bestial, pervers et impulsif, un Tommy DeVito (Les Affranchis) avant l’heure. Il tente par tous les moyens d’avoir sa part du rêve américain dans une Amérique urbaine en pleine crise économique. Son destin funeste sert alors de catharsis à un peuple plein de ressentiments et de désillusions. Ne s’embarrassant pas de la morale, Scarface est un film noir à la violence crue qui, à la fois, discrédite la figure du gangster dans un disclaimer mais qui aussi, paradoxalement, la propulse au rang de légende. A l’image de l’Amérique donc, extrêmement puritaine mais qui glorifie pourtant ces antihéros qu’elle aime tant.  Perrine

Ils ont failli y être : Quai des Brumes (Marcel Carné, 1938), Blanche-Neige et les sept nains (Walt Disney, 1937), Dracula (Tod Browning, 1931), L’impossible monsieur Bébé (Howard Hawks, 1938), Les Trente-neuf marches (Alfred Hitchcock, 1935)…

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Get Out, un film de Jordan Peele : Critique

Le spectateur français, déjà inondé des critiques américaines, toutes plus dithyrambiques les unes que les autres, ne sera pas volé avec Get Out, cette première œuvre de l’américain Jordan Peele, un thriller sous haute tension, plus social qu’horrifique.

Synopsis : Couple mixte, Chris et sa petite amie Rose filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy et Dean lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable…

The Visit

Précédé de ce côté-ci de l’Atlantique par des avis ultra-favorables, le film de Jordan Peele, Get Out est sorti sous une pression maximale liée à son succès. Tourné avec un petit budget de 5 M de $, il en a ramené en deux mois déjà autant que, au hasard, Bienvenue chez les chtis (Dany Boon – 2008), benchmark franco-français certes, mais une référence absolue tout de même en matière de succès commercial, et deux fois plus que The Visit (M. Night Shyamalan – 2015)  de Blumhouse, la même maison de production que Get Out.

C’est donc toujours avec appréhension qu’on va voir de tels films-phénomènes, dont on ne sait jamais vraiment les raisons pour lesquelles on se précipite pour y aller.

get-out-jordan-peele-film-critique-daniel-kaluuya-allison-williamsPremier film de son réalisateur Jordan Peele, qui officie plutôt sur Comedy Central dans un duo hilarant Key & Peele, Get Out n’a pourtant rien de drôle, ou pas que. C’est l’histoire de Chris (Daniel Kaluuya), un jeune photographe noir qui part en week-end dans sa belle-famille Wasp pour la première fois. Après un préambule mystérieux et déjà inquiétant, le film démarre (un peu) comme tous ces teenage movies dont l’Amérique a le secret de fabrication. Chris et sa petite amie Rose (Allison Williams) sont riches et beaux, s’aiment d’amour tendre, traversent une forêt dans une nuit noire pour s’enfoncer dans ce qui aurait pu être un cliché de cabane dans les bois de film d’horreur.

Mais le film est bien plus subtil que ça. Une grande première partie, correspondant à la rencontre de Chris avec ses beaux-parents Dean (Bradley Whitford) et Missy (Catherine Keener), puis plus tard, avec son beau-frère Jeremy (Caleb Landry Jones) est surtout une satire sociale des rapports toujours difficiles entre les noirs et les blancs dans le pays. Jordan Peele fait par exemple dire à Rod (LilRel Rowery), un ami de Chris : « ne va pas dans cette maison de blancs », ou encore il affuble les Armitage (c‘est le nom de la famille de Rose) de domestiques noirs, alors que « s’il avait pu », le père de famille aurait voté une troisième fois pour Barack Obama… Jeremy, le frère de Rose, particulièrement belliqueux, demande, « vu ses gènes », si Chris pratique le free-fight. Un des invités du grand raout plus blanc que blanc qui a lieu plus tard dans le week-end, un golfeur, affirme auprès de Chris connaître et aimer « Tiger ». Tout est à l’avenant, pas toujours d’une grande subtilité, mais reflète assez bien le manque de finesse dans la vraie vie de ce type de réflexions et de cette condescendance d’une élite blanche à tendance suprémaciste vus en tout cas du point de vue de Jordan Peele, et sans doute vus du point de vue des nombreuses minorités, pas seulement ethniques, d’Amérique et d’ailleurs.

get-out-jordan-peele-film-critique-catherine-keener-bradley whitfordLe réalisateur combine donc cette sorte d’étude du racisme ordinaire et larvé avec les codes d’un vrai film de genre qui instaure le malaise à tous les plans, un malaise glaçant à la Rosemary’s Baby (Roman Polanski – 1968), avec des personnages très inquiétants dans leur normalité même. Ainsi, Missy la mère, une psy qui n’hésite pas à faire une séance sauvage d’hypnose et très éprouvante sur Chris pour le faire arrêter de fumer, ainsi les domestiques au comportement étrange et robotique et qui semblent sortis d’un ancien temps, ou encore les amis de la famille qui scrutent le jeune homme devenant de plus en plus paranoïaque, de plus en plus persuadé qu’une énormité en rapport avec lui se cache derrière la façade lisse de son entourage de ce funeste week-end.

Il n’y a pas de temps mort dans le film du jeune cinéaste qui réussit à faire du neuf et de l’original avec un genre largement surexploité. Un rythme soutenu qui alterne scènes de pure terreur psychologique et d’autres plus sibyllines qui ne font qu’épaissir le mystère de ce thriller de très bonne facture. Malgré son statut de comique (stand up, sketches désopilants), Jordan Peele a fait montre d’un grand sérieux pour la mise en scène de son premier film. Mais grâce à ce même statut, la comédie n’est pas totalement absente de Get Out, bienget-out-jordan-peele-film-critique-betty-gabriel au contraire, et le personnage de Rod, un drôle d’employé de TSA (« TS – f*ing A ») en est l’étendard.

Qualifié d’ « essentiel » , de « nécessaire » par des journalistes américains à fleur de peau par les (sales) temps qui courent dans le pays, Get Out est un film qui interpelle chaque personne interloquée par la notion même de race, chaque personne qui est agacée par une certaine conscience de classe excellemment interprétée ici par les différents acteurs, et bien sûr tout cinéphile en quête du genre, mais également tout cinéphile tout simplement exigeant. Un succès entièrement mérité donc pour ce premier film audacieux et un rien provocateur.

Get out – Bande-annonce

Get Out : Fiche technique

Titre original : Get Out
Réalisateur : Jordan Peele
Scénario : Jordan Peele
Interprétation : Daniel Kaluuya (Chris Washington), Allison Williams (Rose Armitage), Catherine Keener (Missy Armitage), Bradley Whitford (Dean Armitage), Caleb Landry Jones (Jeremy Armitage), Marcus Henderson (Walter), Betty Gabriel (Georgina), Lakeith Stanfield (Andrew Logan King), Stephen Root (Jim Hudson), LilRel Howery (Rod Williams)
Musique : Michael Abels
Photographie : Toby Oliver
Montage : Gregory Plotkin
Producteurs : Jason Blum, Edward H. Hamm Jr., Sean McKittrick, Jordan Peele, Coproducteurs : Phillip Dawe, Gerard DiNardi, Beatriz Sequeira
Maisons de production : Blumhouse Productions, QC Entertainment
Distribution (France) : Universal Pictures International France
Budget : 5 000 000 USD
Durée : 104 min.
Genre : Horreur, Thriller
Date de sortie : 3 Mai 2017

USA – 2017

Voyage of Time : Au fil de la vie, un film documentaire de Terrence Malick : Critique

Avec Voyage of Time, Terrence Malick signe un documentaire poétique et provocateur sur l’origine du temps, dont les prémices avaient déjà pu être entraperçues dans The Tree of Life.

Synopsis : Hymne à la nature et à l’univers, Voyage of Time s’interroge sur le rôle de l’homme dans le futur. Après ces temps infinis, quel est le sens de notre passage sur Terre ?

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De l’infiniment petit à l’infiniment grand à travers les âges. C’est ainsi que Terrence Malick nous convie à son documentaire expérimental où il peut librement s’exprimer sur l’origine de la vie et de l’univers, à travers la Terre et l’espace. Un voyage magnifique devant lequel on ne peut rester indifférent.

Mère, je vais raconter ton histoire

The Tree of Life avait déjà donné un léger aperçu de ce qu’était l’univers, de son origine à l’autorité d’un père tout-puissant sur ses fils, en passant par l’ère jurassique. A croire que Terrence Malick n’en avait pas fini avec la séquence – déjà controversée – des dinosaures et les digressions sur la métamorphose de l’univers. C’est comme s’il signait le spin-off et la version longue de cette séquence où il peut enfin laisser libre cours à son art pour nous livrer une succession de plans d’environnements plus somptueux les uns que les autres. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un voyage dans le temps où la caméra n’est jamais figée mais effectue toujours de légers mouvements. A la fois immobile et continue, l’action suit le même rythme que le temps qui passe. Tour-à-tour, l’œil est foudroyé par une beauté indéniable et une puissance émotionnelle remarquable. Ces visions s’avèrent tellement stupéfiantes que l’on s’étonne de pouvoir filmer la nature d’aussi près et avec autant de précision. Plus encore que les prises de vues majestueuses, Terrence Malick nous emmène du plus profond de l’univers au plus près de nous, notamment lorsqu’il laisse des témoignages vidéos bruts capter la misère régnante des quartiers à Los Angeles aux abris de fortune du Tiers-Monde. De ces images découlent l’intérêt fort que Terrence Malick témoigne pour l’espèce humaine à travers l’univers. A l’instar des documentaires de Ron Fricke (Baraka, Samsara), Terrence Malick évoque ainsi les rapports entre l’homme et le temps en s’émancipant des contraintes de la fiction pour écrire à sa manière un poème visuel inédit, grandiose quoiqu’un peu pompeux.

Voyage-of-time-2017-cate-blanchett-terrence-malick-eye-documentaire-filmCar dans toute cette ode à la Nature, quelques points noirs récurrents de sa filmographie persistent. Si les films de Ron Fricke se démarquent par leur assumé silence, Terrence Malick laisse toujours une voix-off guider le spectateur dans cet océan de mysticisme. Ici, la narration est commentée par la voix angélique de Cate Blanchett, qui s’adresse vraisemblablement au divin, l’interrogeant sur la matière même de ce qui nous entoure. C’est d’ailleurs ce qui alourdit le plus cette succession d’images épiques où le texte lyrique se trouve à la frontière entre la poésie méditative et la lourdeur d’un discours pompeux pro-catholique. On restera également perplexe devant l’arrivée des humains dont l’aspect fiction (et kitsch) se fait malheureusement bien trop ressentir face à la subtilité réaliste de ce qui avait été capté jusque-là. Et si la séquence des dinosaures de The Tree of Life vous avait déconcertée, celles de Voyage of Time vous feront le même effet tant les reconstitutions en CGI donnent le sentiment d’un passage obligé mais mal abordé. Au fond, c’est aussi ça Terrence Malick, un jongleur entre l’inouï et l’ennui.

Que l’on aime ou pas Voyage of Time, Terrence Malick est de ces cinéastes qui ne laissent jamais insensibles.

Terrence Malick est l’un des rares à nous laisser autant perplexe. Soit on se retrouve devant l’un des plus beaux et plus existentiels films de l’histoire du documentaire, soit devant l’un des nanars New Age les plus coûteux qui ait jamais existé. La stratégie de distribution du film proposée par Mars Films montre bien que Terrence Malick reste l’un des gourous du cercle cinéphile hexagonal. Avec ce dispositif d’une séance unique, les salles de Voyage of Time ont crée l’événement et attirer les foules (20462 spectateurs sur 235 copies pour la seule séance du soir). Preuve s’il en fallait que le cinéaste continue d’intriguer des cinéphiles de niche, qu’ils soient ses adorateurs ou ses détracteurs. Ce qu’il faut retenir au final de Voyage of Time, c’est que Terrence Malick est et reste néanmoins l’un des artistes les plus singuliers du XXème et du XXIème siècle. Voyage of Time est une œuvre incomparable et un incontournable dans la filmographie du réalisateur texan. Pour ceux qui ont loupé cette unique séance, une version Imax de 40 minutes supplémentaires, et commentée par Brad Pitt, sera distribuée plus tard dans l’année. Et comme le réalisateur n’a jamais été aussi productif que ces six dernières années, son prochain film Song to Song est prévu en salles le 12 juillet 2017.

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Voyage of Time : Au fil de la vie : Bande annonce VOST

Voyage of Time : Au fil de la vie : Fiche Technique

Réalisation : Terrence Malick
Scénario : Terrence Malick
Interprétation : Cate Blanchett (narration)
Photographie : Paul Atkins
Montage : Keith Fraase
Musique : Ennio Morricone
Producteurs : Brad Pitt, Dede Gardner, Nicolas Gonda, Sarah Green, Donald Rosenfeld, Andreas Roald, Sophokles Tasioulis, Bill Pohlad, Grant Hill, Tanner Beard, Mary Bing, Yves Chevalier, Donald Rosenfeld, Ryan Rettig
Sociétés de Production : Wild Bunch, Plan B Entertainment, IMAX Corporation, Sycamore Pictures, River Road Entertainment
Distributeur : Mars Films
Festival et Récompenses : Compétition Internationale Mostra de Venise 2016
Genre : Documentaire
Durée : 90 minutes
Date de sortie : 04 mai 2017 (séance unique en salles)

États-Unis, France, Allemagne – 2016

Sortie DVD de One More Time : un drame musical signé Robert Edwards

Ce mardi 2 mai est sorti en DVD le nouveau film de Robert Edwards, One More Time. Cette oeuvre, à mi-chemin entre le drame et la comédie musicale, connaît des défauts mais révèle également quelques bonnes surprises. Retour sur un film passé inaperçu.

Synopsis : Jude (Amber Heard) est une chanteuse-compositrice-interprète qui part aux Hamptons pour rendre visite à son père Paul (Christopher Walken), un ancien crooner essayant d’obtenir un retour musical.

La passion d’un père et d’une fille

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One More Time n’est au départ, pas un mauvais film. C’est autour d’un scénario pour le moins pertinent que se dessine cette œuvre, aux allures de musical drama. Pourtant, l’intrigue et les personnages, éléments clés de ce film, disparaissent dans un trop plein d’égarement. Amber Heard et Christopher Walken livrent malgré tout une performance audacieuse, dans laquelle ils interprètent, à première vue, des personnages particulièrement originaux. Artiste compositrice et mythique crooner désormais oublié, ces deux figures musicales incarnent cependant un bel idéal. Mais l’histoire stagne. Les minutes passent et le développement des personnages reste inexistant. En décidant de centrer principalement son histoire sur l’univers musical, Robert Edwards oublie le plus important : explorer la dimension psychologique.

One More time, qui se révèle être avant tout un drame familial, aborde pourtant d’audacieuses thématiques : celles de l’espoir et de l’oubli. Robert Edwards touche ainsi du doigt la mélancolie contenue dans ses personnages. Comment revivre de sa passion quand on existe plus ? Comment se faire un nom dans un univers concurrentiel ? Comment devenir quelqu’un ? Même si One More Time n’est véritablement pas le film de l’année, il révèle une évidente réalité en nous montrant l’envers du décors, du monde artistique.

One More Time s’annonçait pourtant comme un film audacieux. En choisissant une démarche vide d’émotion, Robert Edwards fait de ce drame musical, une œuvre véritablement quelconque et sommaire. 

One More Time : Bande Annonce

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DU DVD

Titre original : One More Time (When I Live My Life Over Again)
Date de sortie : 2 mai 2017 (en DVD)
Durée : 97 minutes
Acteurs : Amber Heard, Christopher Walken, Kelli Garner, Hamish Linklater
Costumes : Malgosia Turzanska 
Montage : Mollie Goldstein
Décor : James J. Murakami
Directeur artisique: Fletcher Chancey
Produit par : Lucas Joaquin, Saemi Kim, Saerom Kim, Lars Knudsen, Ferne Pearlstein, Jay Van Hoy
Production : Parts and Labor
Sortie : 6 avril 2017

one-more-time-dvd

Editeur : Universal
Edition : Keep Case, PAL, Tous publics
Région : 2
Audio : Anglais Dolby Digital 5.1, Espagnol Dolby Digital 5.1, Français Dolby Digital 5.1
Vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.40, Format DVD-9, Film en Couleurs
Sous-titres : Danois, Espagnol, Finlandais, Français, Grec, Mandarin, Néerlandais, Norvégien, Suédois

Prix de vente : 21.90€

 

 

Braquage à l’ancienne, un film de Zach Braff : Critique

Après avoir réalisé le culte Garden State il y a maintenant plus d’une décennie, Zach Braff signe avec Braquage à l’ancienne un film de commande sans la moindre prétention. Une comédie pépère sympathique et attachante dans l’instant, qu’on oublie aussitôt les lumières rallumées.

Synopsis : Trois retraités octogénaires fauchés décident de braquer la banque qu’ils jugent responsable de leurs problèmes économiques.

Une formule bonne pour la retraite

Zach Braff est une figure marquante de la pop culture pour une bonne partie de sériephiles qui ont pu le découvrir dans l’incontournable sitcom Scrubs. Avec son faciès atypique et sa bonhomie communicative, il est devenu un visage attachant du petit écran, qui lui avait permis d’exploser en 2004 lorsqu’il avait réalisé son premier film, Garden State. Avec cette oeuvre générationnelle saisissante et d’une sincérité débordante, il a très vite acquis un statut culte et a été chéri par un grand nombre de cinéphiles. A tel point que l’attente de 10 ans entre ce premier long métrage et son second fut relativement longue. Wish I Was Here s’imposa comme une suite spirituelle à Garden State, mais le cinéma a évolué plus vite que Zach Braff et beaucoup n’y ont pas retrouvé la même pertinence. Non seulement le projet eu du mal à se monter, mais il n’a pas reçu le succès escompté malgré d’excellentes choses comme sa réflexion sur le temps, l’ambition et la famille. Pourtant, ce semi-échec n’a pas mis Braff dans une impasse qui verrait son ascension au cinéma compromise. Au contraire, moins de 3 ans après son précédent film, il se retrouve à la direction du remake de Going in Style, comédie des années 70 de Martin Brest, qui possède le même titre dans sa version originale mais re-titré en France par Braquage à l’ancienne.

Braquage-a-l-ancienne-Alan-Arkin-Morgan-Freeman-Michael-CaineSur le papier, le projet n’a rien de vraiment excitant hormis son casting 5 étoiles et la présence de Braff derrière la caméra. On éprouve une certaine curiosité à savoir comment il s’en sortirait avec un film de pure commande et en découle donc une petite déception de voir qu’il ne transcende jamais ce qu’il a entre les mains. On retrouve cette direction d’acteurs purement braffienne, saupoudrée d’une touche de loufoque et une science respectueuse de la performance d’acteur qui traduit un vrai amour pour son casting. Ici, les performances ne sont clairement pas transcendantes mais on n’avait pas vu Michael Caine, Morgan Freeman et Alan Arkin aussi inspirés depuis un certain temps. Non seulement ce sont des rôles qui leur permettent de sortir de leurs récentes habitudes mais en plus ils semblent vraiment s’amuser et alimentent avec eux l’enthousiasme du spectateur. On retrouve aussi un Matt Dillon un peu trop caricatural et un Christopher Lloyd dans un rôle surprenant mais surtout Joey King, qui après être devenue une habituée du cinéma de Emmerich, semble trouver en Braff son deuxième réalisateur fétiche. Elle est ici légèrement en retrait mais apporte toujours son énergie communicative à ses scènes. Les acteurs donnent un peu de saveur à un récit en pilotage automatique, exploitant sans les réinventer les mécaniques du film de casse et apportant au tout des blagues plus ou moins inventives autour de la vieillesse. A ce niveau, il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil et, hormis une scène de vol à l’étalage vraiment hilarante, le film ne surprendra jamais et, au mieux, nous fera sourire.

Braquage-a-l-ancienne-Michael-Caine-Joey-KingPour la réalisation, Zach Braff n’est clairement pas des plus inspirés. L’ensemble est très bien tenu même si la photographie est un peu quelconque et que les musiques déçoivent – surtout quand on connait l’amour de Braff pour celles-ci. Ici, les compositions tombent souvent dans un pathos typique de ce genre de comédie US emplie de bons sentiments. Mais le montage se montre habile, Braff instaure un rythme plaisant et signe un film de casse très propre dans son genre. Il utilise les codes avec habilité et, à quelques rares instants, on retrouve son style pour l’humour visuel. Une rupture de ton cocasse entre deux plans, une transition inspirée dans l’enchaînement d’une scène, etc. On perçoit ici et là quelques petites fulgurances avec, par moments, une utilisation plutôt ludique du split screen. Ainsi, sans forcément s’imposer comme un grand avec une mise en scène somme toute convenue, le cinéaste prouve quand même avoir une certaine maîtrise de son art. Son talent créatif est peut-être ici sur off, mais il reste un réalisateur tout à fait solide.

À l’heure où il arrive en France, Braquage à l’ancienne est déjà couronné de succès. Même si c’est loin d’être un grand film, il s’impose comme une comédie plaisante avec laquelle occuper son dimanche soir. Aussi anecdotique puisse-t-il être, il demeure efficace et semble trouver son public. Braquage à l’ancienne s’est déjà remboursé et engendre pas mal de bénéfices au box office et devrait donc assurer à Zach Braff la possibilité de refaire, sans trop de contraintes, des films plus personnels. C’est au final la fonction première de cette oeuvre qui sonnait comme un passage obligé pour le cinéaste après la déception commerciale que fut Wish I Was Here. L’objectif est en partie rempli : faire passer un moment agréable avec un casting attachant à toute la famille. Ça fonctionne et tant pis si cela manque cruellement de génie et de personnalité.

Braquage à l’ancienne : Bande annonce

Braquage à l’ancienne : Fiche technique

Titre original : Going in Style
Réalisation : Zach Braff
Scénario : Theodore Melfi, d’après le film Going in Style écrit et réalisé par Martin Brest
Interprétation : Michael Caine (Joe Harding), Morgan Freeman (Willie), Alan Arkin (Albert), Joey King (Brooklyn, la petite-fille de Joe), Matt Dillon ( l’agent du FBI Hamer), Christopher Lloyd (Milton),…
Image : Rodney Charters
Montage : Myron I. Kerstein
Musique : Rob Simonsen
Décors : Sara Parks
Costume : Gary Jones
Producteur : Donald De Line
Société de production : New Line Cinema, Village Roadshow Pictures, De Line Pictures et RatPac-Dune Entertainment
Distributeur : Warner Bros.
Durée : 96 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 3 mai 2017

Etats-Unis – 2017

Cannes Soundtrack 2017 : l’union cinématographique et musicale

Du 17 au 28 mai prochain, la septième édition de Cannes Soundtrack aura lieu. Une façon de réunir officiellement l’indissociable : la musique et le cinéma.  

Comment ne pas reconnaître à sa juste valeur, la bande-originale d’un film ? Le cinéma est depuis toujours, un art étroitement lié à la musique. CineSeriesMag s’attache à mettre en avant ce lien indissociable via sa catégorie Musique Films & Séries. C’est l’union de ces deux disciplines qui rendent une œuvre unique. Vincent Doerr (fondateur de l’agence CinéPub) a fait de cette évidence, une réalité.

En 2010 a été créé Cannes Soundtrack, un événement majeur honorant tous les ans, la meilleure bande-originale. L’Award Cannes Soundtrack récompense le meilleure compositeur, figurant parmi les œuvres en compétition pour la Palme d’or. Cette récompense permet de valoriser le travail artistique des compositeurs mais également de reconnaître, dans sa totalité, la qualité d’une œuvre cinématographique.

L’année dernière, le prix a été attribué à Cliff Martinez pour la bande-originale de The Neon Demon, un thriller venimeux signé Nicolas Winding Refn. Particulièrement symbolique, cet award permet de remettre dans la lumière les musiciens souvent dissimulés derrière l’ombre des réalisateurs. Leurs créations musicales apportent aux oeuvres cinématographiques une finesse ultime. 

Pour cette septième édition, dix-neuf films sont en compétition pour remporter l’Award Cannes Sound. Afin de les départager, un jury indépendant composé de vingt-quatre professionnels a été sélectionné. Parmi eux, Renaud Baronian (Le Parisien), Théo Ribeton (Les Inrocks) ou encore Laura Terrazas (Le Figaro).

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Jury Cannes Soundtrack 2017

Howard Shore pour Maps to the Stars en 2014 ou encore Lim Giong pour The Assassin en 2015, des professionnels explorent tous les ans, chaque morceau musical des oeuvres cinématographique en compétition. Hypnotique, émouvante, rythmique ou encore envoûtante, une bande-originale est destinée à faire passer, autrement que par le visuel, un message.

Alors, lequel saura cette année captiver le jury ? En attendant le verdict, on vous laisse savourer une énième fois, l’électrique bande-originale de The Neon Demon.

Les compositeurs en compétition pour  l’Award Cannes Soundtrack :

Michael Abels pour Okja, de Bong Joon-Ho
Carter Burwell pour Wonderstruck, de Todd Haynes
Yves de Mey pour Une femme douce (A Gentle Creature), de Sergei Loznitsa
Jonny Greenwood pour You Were Never Really Here, de Lynne Ramsay
Jeong Hong-jin pour The Day After (Geu-Hu), de Hong Snags
Jed Kurzel pour La Lune de Jupiter (Jupiter’s Moon), de Kornél Mandruczó
Daniel Lopatin alias Oneohtrix Point Never pour Good Time, de Benny & Josh Said
Randy Newman pour The Meyerowitz Stories, de Noah Baumbach
Arnaud Rebotini pour 120 battements par minute, de Robin Campillo
Philippe Rombi pour L’Amant double, de François Ozon
Philippe Sarde pour Rodin, de Jacques Doillon

Les films suivants n’ont pas encore fournis les noms des compositeurs :

Happy End, de Michael Haneke
In the Fade (Aus Dem Nichts), de Fatih Akin
Loveless (Nelyubov), d’Andrey Zvyagintsev
Mise à mort du cerf sacré (The Killing of a Sacred Deer), de Yorgos Lanthimos
Les Proies (The Beguiled), de Sofia Coppola
Radiance (Hikari), de Naomi Kawase
Le Redoutable, de Michel Hazanavicius
The Square, de Ruben Östlund

Colossal, un film de Nacho Vigalondo : critique

Colossal, le nouveau film de Nacho Vigalondo (avec Anne Hathaway), est sorti le 7 avril dernier aux États-Unis,  et sortira ce 27 juilet en France directement en e-cinema. Nouveau bon film à ne pas avoir les honneurs d’une sortie salle, ou fiasco évité de justesse : la réponse en avant première.

Synopsis : Une femme ordinaire découvre qu’elle est mentalement liée à un lézard géant qui menace de détruire Tokyo.

Après un premier long prometteur entre thriller et comédie noire sur fond de paradoxe temporel (Time Crimes), une rom-com extraterrestre déjantée et le thriller expérimental un peu fouilli mais fréquentable Open windows avec Elijah Wood et l’ex-porn star Sasha Grey (50 nuances de Grey aurait eu bien plus de piment avec elle), Nacho Vigalondo revient avec un concept toujours aussi délirant.

Dans Colossal, le réalisateur espagnol, dont c’est le deuxième film américain, dirige un casting trois étoiles. Face à Anne Hathaway, dans le rôle d’une alcoolique paumée, s’affrontent Jason Sudeikis (Comment tuer son boss ?, Les Miller) et le très fringant Dan Stevens (Downton Abbey, The guest) . Si les acteurs et la mise en scène sont au poil, malheureusement, le mélange de comédie romantique, drame et fantastique ne fonctionne à aucun moment. La caractérisation s’étale pendant plus d’une demi-heure sans rendre attachant aucun des personnages qui gesticulent et blablatent dans le vide. Le personnage de Dan Stevens est inexistant et quant aux deux autres, sensés être amis depuis le lycée, rien ne marche. L’arrivée du surnaturel, via essentiellement des images de journaux télévisées (prolongation des écrans utilisés non stop dans son précédent film (Open windows)), lorgne sur la mode des monster-flicks tels que Pacific Rim, Godzilla ou plus récemment Kong Skull Island. Sensée représenter la psyché des deux personnages principaux, la métaphore sur le monstre qui sommeille en nous n’est ni maline, ni un tant soit peu travaillée et l’humour voulu s’avère totalement plat pour ne pas dire affligeant. Dès lors, on assiste consterné à un ramassis de scènes ni drôles, ni impressionnantes, ni même touchantes qui s’étalent sur près de deux heures. Un ennui colossal pour un film à éviter n’ayant même pas l’avantage d’endormir tant la bêtise qui s’affiche énerve.

Dans la pléthore de bons films fantastiques qui finissent en direct to video chez nous (Triangle et Détour de Christopher Smith, The mist de Franck Darabont et sa sortie en salle limitée à deux/trois petits cinéma parisien), Colossal mérite pour une fois son sort ! Espérons que le prometteur Vigalondo se relèvera de cet échec (le film fait un four à l’étranger) et apprendra qu’on ne peut pas forcément obtenir un bon film en mélangeant tout et n’importe quoi, n’importe comment.

Colossal : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=x3riT3SPwtI

Colossal : Fiche Technique 

Réalisateur : Nacho Vigalondo
Scénario : Nacho Vigalondo
Interprétation : Anne Hathaway, Jason Sudeikis, Dan Stevens, Austin Stowell,Tim Blake Nelson…
Montage : Ben Baudhuin, Luke Doolan
Distributeur : Neon
Sociétés de production : Voltage Pictures, Brightlight Pictures
Genre : Comédie, Science fiction, Action
Durée : 1h30
Nationalités : espagnol, canadien
Première sortie : 7 avril 2017 (États-Unis)

 

Cannes Classics 2017 : Millésime exceptionnel pour la 70ème édition du Festival de Cannes

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À l’occasion de la 70ème édition du Festival de Cannes, Cannes Classics 2017 propose cette année un programme consacré entre autres aux films ayant éblouis la Croisette. Le contenu de ce vibrant hommage aux monuments du cinéma a été dévoilé le 3 mai. Les festivaliers vont pouvoir ainsi profiter de nombreux joyaux du septième art avec notamment Le Salaire de La Peur de Henri-Georges Clouzot, Madame de… de Max Ophüls, La Ballade de Narayama de Shohei Imamura ou bien encore Belle de Jour de Luis Bunuel.

Voilà près de quinze ans que le Festival de Cannes rend hommage aux chefs-d’œuvre du septième art avec la sélection Cannes Classics. Les films mis à l’honneur chaque année témoignent du travail de nombreux artisans de l’ombre, tous animés par la volonté de valoriser le patrimoine cinématographique à l’international. Les efforts nourris des cinémathèques, des archives nationales, des sociétés de production et des ayants droit, qui partagent le même amour et la même passion pour le cinéma à travers le monde, sont ainsi mis en avant dans le cadre de la sélection de Cannes Classics. Les longs-métrages sélectionnés permettent de retracer les plus belles heures de l’histoire du septième art. L’intégralité des films projetés dans le cadre du Festival sont présentés dans des copies restaurées.

Le programme complet de Cannes Classics pour cette édition 2017 est décomposé en 24 séances exceptionnelles. Un court-métrage sera également diffusé ainsi que cinq documentaires. De très nombreux pays sont représentés pour cette 70ème édition du Festival dans le cadre de Cannes Classics. L’intégralité des films sera projetée dans le Palais des Festivals en présence des réalisateurs encore vivants et des équipes qui ont travaillé sur les différentes étapes de la restauration.

Parmi les très beaux hommages de cette sélection, les festivaliers passionnés par l’histoire du cinéma vont pouvoir notamment profiter des projections exceptionnelles de La Bataille du Rail de René Clément, Le Salaire de La Peur de Henri-Georges Clouzot, Blow-Up de Michelangelo Antonioni, L’empire des sens de Nagisa Oshima, All that Jazz de Bob Fosse, L’Homme de Fer d’Andrzej Wajda, La Ballade de Narayama de Shohei Imamura, probablement l’un des plus beaux  films, Belle de jour de Luis Bunuel, Et au milieu coule une rivière de Robert Redford.

Le Festival permet donc de rendre hommage au cinéma de la plus belle des manières avec Cannes Classics.

La sélection officielle de Cannes Classics 2017

1946 : La Bataille du Rail (Battle of the Rails) de René Clément (1h25, France) : Grand Prix International de la mise en scène et Prix du Jury International.

1953 : Le Salaire de la peur (The Wages of Fear) de Henri-Georges Clouzot (1952, 2h33, France, Italie) : Grand Prix.

1956 : Körhinta (Merry-Go-Round / Un petit carrousel de fête) de Zoltán Fábri (1955, 1h30, Hongrie) : en Compétition.

1957 : Ila Ayn? (Vers l’inconnu ?) de Georges Nasser (1h30, Liban) : en Compétition.

1967 : Skupljači Perja (I Even Met Happy Gypsies / J’ai même rencontré des Tziganes heureux) d’Aleksandar Petrović (1h34, Serbie) : en Compétition, Grand Prix Spécial du Jury, Prix de la Critique Internationale- FIPRESCI ex-aequo.

1967 : Blow-up de Michelangelo Antonioni (1966, 1h51, Royaume-Uni, Italie, États-Unis) : Grand Prix International du Festival.

1969 : Matzor (Siege / Siège) de Gilberto Tofano (1h29, Israël) : en Compétition.

1970 : Soleil O (Oh, Sun) de Med Hondo (1h38, Mauritanie, France) : Semaine de la Critique.

1976 : Babatu, les trois conseils de Jean Rouch (1h33, Niger, France) : en Compétition.

1976 : Ai no korîda (In the Realm of the Senses / L’Empire des sens) de Nagisa Oshima (1h43, France, Japon) : Quinzaine des Réalisateurs.

1980 : All that Jazz (Que le spectacle commence) de Bob Fosse (1979, 2h03, États-Unis) : Palme d’or.

1981 : Człowiek z żelaza (Man of Iron / L’Homme de fer) d’Andrzej Wajda (2h33, Pologne) : Palme d’or.

1982 : Yol – The Full Version (The Way / La Permission) de Yilmaz Güney, réalisé par Serif Gören (1h53, Suisse) : Palme d’or, Prix de la Critique Internationale-FIPRESCI.

1983 : Narayama Bushikō (Ballad of Narayama / La Ballade de Narayama) de Shôhei Imamura (2h13, Japon) : Palme d’or.

1992 : El sol del membrillo (Le Songe de la lumière) de Victor Erice (2h20, Espagne) : Compétition, Prix du Jury, Prix de la Critique Internationale- FIPRESCI.

1951-1999 : Une brève histoire des courts métrages présentés par le Festival de Cannes. Un programme préparé par Christian Jeune et Jacques Kermabon.

Les projections spéciales

Madame de… de Max Ophüls (1953, 1h45, France)

L’Atalante de Jean Vigo (1934, 1h28, France) en copie restaurée 35mm

Native Son (Sang noir) de Pierre Chenal (1951, 1h47, Argentine)

Paparazzi de Jacques Rozier (1963, 18mn, France)

Belle de jour (Beauty of the Day) de Luis Buñuel (1967, 1h40, Espagne-France)

A River Runs Through It (Et au milieu coule une rivière) de Robert Redford (1992, 2h04, États-Unis)

Lucía de Humberto Solas (1968, 2h40, Cuba)

La sélection de documentaires

La belge histoire du festival de Cannes (The Belgian’s Road to Cannes) de Henri de Gerlache (2017, 1h02, Belgique)

David Stratton- A Cinematic Life de Sally Aitken (2017, 1h37, Australie)

Filmworker de Tony Zierra (2017, 1h29, États-Unis)

Becoming Cary Grant (Cary Grant – De l’autre côté du miroir) de Mark Kidel (2017, 1h25, France)

Jean Douchet, l’enfant agité de Fabien Hagège, Guillaume Namur, Vincent Haasser (2017, 1h30, France)

Vous pouvez retrouver les autres sélections dans les articles suivants :

Cannes 2017 : Compétition Officielle/Un Certain Regard –  Cinéfondation Sélection Sélection Quinzaine des Réalisateurs Sélection de la Semaine de la Critique  – Sélection ACID

La saison 2 de Stranger Things sera plus sombre et tournée vers l’horreur

Le carton Netflix de Matt Duffer et Ross Duffer se dévoile un peu plus. La deuxième saison de Stranger Things s’annonce bien plus terrifiante que la première.

Après une première saison teintée de mystères, Stranger Things va aller encore plus loin dans la peur si l’on en croit ses acteurs. Finn Wolfhard, l’interprète de Mike a déclaré: « Les personnages vont devoir faire face à des épreuves bien réelles, bien perturbantes… (…) Je pense que cette saison sera bien plus sombre. Bien plus orientée vers l’horreur. Je pense que les gens vont encore plus l’aimer que la première saison.  » La première saison se démarquait déjà par une ambiance angoissante, qui rendait hommage au cinéma des années 80 de Spielberg et Cameron. La série Netflix n’a aussi jamais nié l’influence du travail de Stephen King sur son atmosphère. Approfondir l’horreur n’est qu’une suite logique et pourrait confronter les personnages à de nouvelles et terribles péripéties. Gaten Matarazzo (Dustin) a ajouté: « Ce qu’il y a de bien avec cette saison, c’est qu’on va voir les personnages plus en profondeur, on va rentrer plus dans leurs vies privées et on va voir comment ils surmontent ce qui est arrivé dans la saison 1. Je pense qu’ils sont tous marqués psychologiquement. Ils se sentent seuls parce que leur meilleur ami est de retour mais il n’agit plus comme tel. Il a changé ».

La première saison a été un énorme succès, transposant la bande de copains sur tous les plateaux de télévision. Cet accueil dithyrambique  a rapproché les acteurs de la série. Millie Bobby Brown a raconté à People Magazine les soirées Netflix qu’elle organise avec Noah Schnapp (Will) : “Noah vient chez moi pour des soirées pyjama presque tous les week-ends. On regarde des films qui font très peur sur Netflix comme Hush ou Mister Babadook. De quoi donner de l’inspiration aux jeunes interprètes pour de futures scènes terrifiques. Si l’intrigue reste encore jusqu’ici très mystérieuse, on sait qu’elle reprendra la vie de la bande plus d’un an après les événements de la première saison. Il faut désormais prendre notre mal en patience et attendre le 31 octobre prochain sur Netflix.

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Teaser Stranger Things saison 2 :

Sortie DVD/Blu-ray de trois films d’Akira Kurosawa chez Wild Side

Sortie ce mercredi 3 mai de trois films du maître Akira Kurosawa, Les Bas-fonds, Entre le ciel et l’enfer et Les Salauds dorment en paix chez les éditions Wild Side. Au programme, une plongée dans les retranchements humains du Japon féodal et moderne.

Ce mercredi 3 mai sortent en DVD et Blu-ray trois films d’Akira Kurosawa : Les Bas-fonds (1957), Entre le ciel et l’enfer (1959), et Les Salauds dorment en paix (1960). Et c’est à nouveau chez les éditions Wild Side que la filmographie du maître se refait une jeunesse. On notera à ce propos les qualités d’image et du son formidables d’Entre le ciel et l’enfer et Les Salauds dorment en paix, malgré un contraste un peu trop poussé sur le deuxième. On regrettera l’image touchée par un bruit visuel relativement important et une instabilité lumineuse dans Les Bas-fonds, ainsi qu’un rendu sonore souvent nasillard.

Cette triple dose de Kurosawa est l’occasion de redécouvrir une autre partie de sa filmographie. Une carrière cinématographique qui n’aura eu de cesse de filmer les corruptions et violences d’un Japon féodal afin de mieux réfléchir sur le pays dans sa modernité. Japon qu’il a aussi filmé dans sa contemporanéité. Le premier plan des Bas-fonds (adapté de la pièce éponyme de Maxime Gorki) filme le ciel et des bâtiments en contre-plongée, pour ensuite nous conduire vers un lieu qui semble être plus bas que terre. Nous arrivons ensuite dans un taudis loué par de pauvres diables, tous sympathiques et tous un peu salops, mais surtout, tous sont des rébus de la société. L’un est un ex-taulard, l’autre un voleur apprécié par le propriétaire pour les biens qu’il rapporte ; une jeune femme est une prostituée, l’autre est mourante, et n’est pas aidée par son mari travailleur et pauvre. Le Japon féodal est représenté dans sa souffrance du quotidien, avec un propriétaire avide, un policier relativement corrompu à sa solde, et des individus rejetés réunis par leur dépit commun envers leur existence. Une dernière énergie les unit aussi, dans des séquences de chanson loufoque, mais aussi dans l’intérêt que chacun peut porter à l’autre, même par une engueulade.

En 1959, Kurosawa nous présente les bas-fonds modernes dans Entre le ciel et l’enfer. Si La Nuit des morts-vivants de Romero sort en 1968, on assiste probablement ici à la première fois que des zombies, créatures abruties et abimées par la société de consommation, sont présentés à un écran de cinéma. Lors d’une séquence de traque d’un criminel, des policiers doivent le suivre dans un bouge à drogue. Alors qu’ils progressent, les addicts assoiffés, entre la vie et la mort, approchent le tueur puis ces policiers, les touchant, les entourant, espérant obtenir une dose. Les images sont glaçantes. Si les films de Kurosawa possèdent les sens absolus du suspense, de l’aventure, du drame, ou encore de la comédie qui habitent notre réalité et notre Histoire mises en images par le cinéma, ses œuvres n’hésitent pas à représenter la violence du monde. Une représentation de la violence toute en nuances : elle n’existe pas juste dans les milieux pauvres, elle naît aussi dans l’avidité et la soif de pouvoir des hommes d’affaire d’Entre le ciel et l’enfer, satisfaits de ce qui arrive au personnage juste, incarné par Toshiro Mifune.

On l’observait d’ailleurs, lui et sa maison climatisée postés sur une colline au-dessus de la Basse-Ville. On  regardait d’en bas la demeure, avec avidité. On la jugeait aussi arrogante, dixit les héros policiers. Et pourtant , le criminel sera choqué face au soutien de l’opinion publique pour Toshiro Mifune, héros industriel tragique aimé par tous ses employés et détesté par ses collègues. Son personnage qui aura lui aussi désiré obtenir tout le pouvoir au sein de son entreprise, recommencera tout, de manière modeste, parce qu’il aura privilégié la vie d’un enfant à sa vie d’industriel puissant. L’humanité peut être partout, à l’image de la bêtise et des violences humaines.

« Le suicide, un rituel de la corruption ? »

– peut-on lire sur la une d’un journal dans Les Salauds dorment en paix

Les consciences, qu’elles appartiennent aux pauvres comme aux riches et à leurs serviteurs, sont torturées. Certains dorment en paix alors qu’ils poussent d’autres au suicide, maquillant leurs crimes et assurant leur souveraineté. Mais Kurosawa est un homme d’espoir. Quand bien même le triomphe du bien/juste n’est pas absolu, l’espoir lui survit, et fait se replier le désespoir et ses ténébreux serviteurs.

Les trois éditions sorties ce mercredi 3 mai, comportant des bonus relativement conséquents en plus d’un livre enrichissant forment de véritables invitations à des expériences d’une richesse inouïe. L’invitation à redécouvrir Akira Kurosawa – soit une invitation à (re)découvrir le Cinéma – que propose à nouveau Wild Side ne demande qu’à être acceptée. Et puis, qui n’a pas envie d’une triple dose du brillantissime Toshiro Mifune ?

EXTRAIT – Les Salauds dorment en paix

Les Bas-fonds (1957)

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré HD – Format image : 1.33, 16/9ème compatible 4/3 – Noir & Blanc – Format son : Japonais DTS Mono et Dolby Digital Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h01

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master restauré HD – Format image : 1.33 – Noir & Blanc – Résolution film : 1080 24p – Format son : Japonais DTS Master Audio Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h05

Compléments

Kurosawa par Charles Tesson (1h)

Bande-annonce originale

+ un livret de 66 pages accompagnant l’édition, écrit par Frédéric Albert Lévy

Prix public indicatif : 24,99 Euros le Blu-ray+DVD+livret

 

Entre le ciel et l’enfer (1959)

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré – Format image : 2.35, 16/9ème compatible 4/3 – Noir & Blanc – Format son : Japonais DTS Mono et Dolby Digital Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h19

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master restauré – Format image : 2.35 – Noir & Blanc – Résolution film : 1080 24p – Format son : Japonais DTS Master Audio Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h23

Compléments

Le suspense selon Kurosawa (37’)

Entre le ciel et l’enfer selon Jean Douchet (17’)

+ un livret de 66 pages accompagnant l’édition, écrit par Frédéric Albert Lévy

Prix public indicatif : 24,99 Euros le Blu-ray+DVD+livret

Les Salauds dorment la nuit (1960)

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré – Format image : 2.40, 16/9ème compatible 4/3 – Noir & Blanc Format son : Japonais DTS Mono et Dolby Digital Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h28

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray 

Master restauré – Format image : 2.40 – Noir & Blanc – Résolution film : 1080 24p Format son : Japonais DTS Master Audio Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h31

Compléments

Dans l’ombre du guerrier (26’)

Kurosawa s’attaque à la corruption (36’)

+ un livret de 66 pages accompagnant l’édition, écrit par Frédéric Albert Lévy

Prix public indicatif : 24,99 Euros le Blu-ray+DVD+livret