Sortie DVD/Blu-ray de trois films d’Akira Kurosawa chez Wild Side

Sortie ce mercredi 3 mai de trois films du maître Akira Kurosawa, Les Bas-fonds, Entre le ciel et l’enfer et Les Salauds dorment en paix chez les éditions Wild Side. Au programme, une plongée dans les retranchements humains du Japon féodal et moderne.

Ce mercredi 3 mai sortent en DVD et Blu-ray trois films d’Akira Kurosawa : Les Bas-fonds (1957), Entre le ciel et l’enfer (1959), et Les Salauds dorment en paix (1960). Et c’est à nouveau chez les éditions Wild Side que la filmographie du maître se refait une jeunesse. On notera à ce propos les qualités d’image et du son formidables d’Entre le ciel et l’enfer et Les Salauds dorment en paix, malgré un contraste un peu trop poussé sur le deuxième. On regrettera l’image touchée par un bruit visuel relativement important et une instabilité lumineuse dans Les Bas-fonds, ainsi qu’un rendu sonore souvent nasillard.

Cette triple dose de Kurosawa est l’occasion de redécouvrir une autre partie de sa filmographie. Une carrière cinématographique qui n’aura eu de cesse de filmer les corruptions et violences d’un Japon féodal afin de mieux réfléchir sur le pays dans sa modernité. Japon qu’il a aussi filmé dans sa contemporanéité. Le premier plan des Bas-fonds (adapté de la pièce éponyme de Maxime Gorki) filme le ciel et des bâtiments en contre-plongée, pour ensuite nous conduire vers un lieu qui semble être plus bas que terre. Nous arrivons ensuite dans un taudis loué par de pauvres diables, tous sympathiques et tous un peu salops, mais surtout, tous sont des rébus de la société. L’un est un ex-taulard, l’autre un voleur apprécié par le propriétaire pour les biens qu’il rapporte ; une jeune femme est une prostituée, l’autre est mourante, et n’est pas aidée par son mari travailleur et pauvre. Le Japon féodal est représenté dans sa souffrance du quotidien, avec un propriétaire avide, un policier relativement corrompu à sa solde, et des individus rejetés réunis par leur dépit commun envers leur existence. Une dernière énergie les unit aussi, dans des séquences de chanson loufoque, mais aussi dans l’intérêt que chacun peut porter à l’autre, même par une engueulade.

En 1959, Kurosawa nous présente les bas-fonds modernes dans Entre le ciel et l’enfer. Si La Nuit des morts-vivants de Romero sort en 1968, on assiste probablement ici à la première fois que des zombies, créatures abruties et abimées par la société de consommation, sont présentés à un écran de cinéma. Lors d’une séquence de traque d’un criminel, des policiers doivent le suivre dans un bouge à drogue. Alors qu’ils progressent, les addicts assoiffés, entre la vie et la mort, approchent le tueur puis ces policiers, les touchant, les entourant, espérant obtenir une dose. Les images sont glaçantes. Si les films de Kurosawa possèdent les sens absolus du suspense, de l’aventure, du drame, ou encore de la comédie qui habitent notre réalité et notre Histoire mises en images par le cinéma, ses œuvres n’hésitent pas à représenter la violence du monde. Une représentation de la violence toute en nuances : elle n’existe pas juste dans les milieux pauvres, elle naît aussi dans l’avidité et la soif de pouvoir des hommes d’affaire d’Entre le ciel et l’enfer, satisfaits de ce qui arrive au personnage juste, incarné par Toshiro Mifune.

On l’observait d’ailleurs, lui et sa maison climatisée postés sur une colline au-dessus de la Basse-Ville. On  regardait d’en bas la demeure, avec avidité. On la jugeait aussi arrogante, dixit les héros policiers. Et pourtant , le criminel sera choqué face au soutien de l’opinion publique pour Toshiro Mifune, héros industriel tragique aimé par tous ses employés et détesté par ses collègues. Son personnage qui aura lui aussi désiré obtenir tout le pouvoir au sein de son entreprise, recommencera tout, de manière modeste, parce qu’il aura privilégié la vie d’un enfant à sa vie d’industriel puissant. L’humanité peut être partout, à l’image de la bêtise et des violences humaines.

« Le suicide, un rituel de la corruption ? »

– peut-on lire sur la une d’un journal dans Les Salauds dorment en paix –

Les consciences, qu’elles appartiennent aux pauvres comme aux riches et à leurs serviteurs, sont torturées. Certains dorment en paix alors qu’ils poussent d’autres au suicide, maquillant leurs crimes et assurant leur souveraineté. Mais Kurosawa est un homme d’espoir. Quand bien même le triomphe du bien/juste n’est pas absolu, l’espoir lui survit, et fait se replier le désespoir et ses ténébreux serviteurs.

Les trois éditions sorties ce mercredi 3 mai, comportant des bonus relativement conséquents en plus d’un livre enrichissant forment de véritables invitations à des expériences d’une richesse inouïe. L’invitation à redécouvrir Akira Kurosawa – soit une invitation à (re)découvrir le Cinéma – que propose à nouveau Wild Side ne demande qu’à être acceptée. Et puis, qui n’a pas envie d’une triple dose du brillantissime Toshiro Mifune ?

EXTRAIT – Les Salauds dorment en paix

Les Bas-fonds (1957)

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré HD – Format image : 1.33, 16/9ème compatible 4/3 – Noir & Blanc – Format son : Japonais DTS Mono et Dolby Digital Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h01

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master restauré HD – Format image : 1.33 – Noir & Blanc – Résolution film : 1080 24p – Format son : Japonais DTS Master Audio Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h05

Compléments

– Kurosawa par Charles Tesson (1h)

– Bande-annonce originale

+ un livret de 66 pages accompagnant l’édition, écrit par Frédéric Albert Lévy

Prix public indicatif : 24,99 Euros le Blu-ray+DVD+livret

 

Entre le ciel et l’enfer (1959)

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré – Format image : 2.35, 16/9ème compatible 4/3 – Noir & Blanc – Format son : Japonais DTS Mono et Dolby Digital Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h19

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master restauré – Format image : 2.35 – Noir & Blanc – Résolution film : 1080 24p – Format son : Japonais DTS Master Audio Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h23

Compléments

– Le suspense selon Kurosawa (37’)

– Entre le ciel et l’enfer selon Jean Douchet (17’)

+ un livret de 66 pages accompagnant l’édition, écrit par Frédéric Albert Lévy

Prix public indicatif : 24,99 Euros le Blu-ray+DVD+livret

Les Salauds dorment la nuit (1960)

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré – Format image : 2.40, 16/9ème compatible 4/3 – Noir & Blanc – Format son : Japonais DTS Mono et Dolby Digital Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h28

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray 

Master restauré – Format image : 2.40 – Noir & Blanc – Résolution film : 1080 24p – Format son : Japonais DTS Master Audio Mono – Sous-titres : Français – Durée : 2h31

Compléments

– Dans l’ombre du guerrier (26’)

– Kurosawa s’attaque à la corruption (36’)

+ un livret de 66 pages accompagnant l’édition, écrit par Frédéric Albert Lévy

Prix public indicatif : 24,99 Euros le Blu-ray+DVD+livret

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