Demain et tous les autres jours, Le Jeune Karl Marx, Le petit Spirou… Chaque semaine, une dizaine de nouveaux titres se partagent l’affiche. Que faut-il voir cette semaine au cinéma ? La rédaction fait le tri pour vous. Ce week-end on vous conseille…
Un beau soleil intérieur, de Claire Denis avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Nicolas Duvauchelle. (1h34)
Du cinéma de Claire Denis on connaissait les silences qui en disent long, avec Un beau soleil intérieur on découvre les longues conversations qui en disent peu. Le long-métrage est la première véritable excursion dans la comédie pour la réalisatrice qui esquisse avec subtilité les paradoxes de la rencontre amoureuse.
Stupid Things de Amman Abbasi, avec Devin Blackmon, Dontrell Bright. (1h15)
Dans une Amérique profonde laissée aux abois, Stupid Things nous montre le doux portrait mélancolique d’un jeune adolescent en pleine construction. Suivant le pas d’Harmony Korine ou même d’Andrea Arnold, Amman Abbasi décrit avec délicatesse et une certaine urgence un récit initiatique magnifié par une mise en scène naturaliste de toute beauté.
Noémie Lvovsky, actrice et réalisatrice, revient derrière la caméra avec son nouveau film Demain et tous les autres jours. Elle y joue une mère au bord de la démence dont s’occupe sa fille. Si Demain et tous les autres jours reste plutôt sobre dans sa mise en scène et ses dialogues, l’extravagance de ses personnages offre un film plein de folie.
Un beau soleil intérieur : première véritable excursion dans la comédie pour Claire Denis qui esquisse avec subtilité les paradoxes de la rencontre amoureuse.
Synopsis : Isabelle, divorcée, un enfant, cherche un amour. Enfin un vrai amour. Un banquier, un acteur, un homme de son milieu ou non, Isabelle cherche au fil des rencontres celui qui lui redonnera les frissons d’une grande histoire d’amour.
Du cinéma de Claire Denis on connaissait les silences qui en disent longs, d’Un beau soleil intérieur on découvre les longues conversations qui en disent si peu. Dans les plus belles scènes du cinéma de Claire Denis, les acteurs usent assez peu de la parole, préférant les gestes et les non-dits. La plus prodigieuse d’entre elles est celle où l’adjudant-chef Galoup campé par Denis Lavant se met à danser à la fin de Beau Travail. Danser avec beaucoup de concentration, juste après avoir envisagé le suicide, comme si sa vie en dépendait. Le dispositif est tout autre pour Un beau soleil intérieur. Le montage est un enchaînement bloc par bloc de scènes dialoguées, souvent prises au milieu de la conversation, entre l’héroïne Isabelle et les hommes qu’elle rencontre.
La réalisatrice fait une sorte de cartographie sociale de la rencontre amoureuse : les banalités qu’on y échange, les mêmes anecdotes ressassées et ces gestes que l’on fait pour se donner un genre qui n’est pas le nôtre. Isabelle, la cinquantaine, ne connaît que trop bien ces us et coutumes de la rencontre amoureuse. Elle recherche le naturel qui semble échapper à son grand regret à chacun de ses partenaires. À la fin de sa soirée avec un acteur elle désespère de n’avoir paradoxalement rien dit malgré des heures à discuter. Elle enrage devant ces bourgeois qui se complaisent faussement sur leur propre domaine campagnard. Avec son ex-mari avec qui elle couche à nouveau, elle se moque d’un geste de sa part qui ne lui « ressemble pas ».
Il y a malgré tout un tournant au milieu du film lorsque Isabelle se met à danser seule en boîte de nuit (ce qui n’est pas sans rappeler la scène de Beau Travail). Elle se fait accoster par Sylvain (Paul Blain, envoûtant) qui la séduit sans dire un mot, juste dans le rythme d’une danse sensuelle. Mais le problème s’inverse alors, à cause des interrogations incessantes de son « ami » (Bruno Podalydes) sur sa relation. Lui affirme sans le dire qu’elle ferait mieux d’être avec quelqu’un de son milieu social, c’est-à-dire avec lui. Ainsi ce sont les non-dits de Sylvain sur leur différence de milieu qui lui font perdre son naturel aux yeux d’Isabelle.
Isabelle tourne en rond, d’homme en homme, jusqu’à cette magnifique scène finale chez un voyant interprété par Gérard Depardieu. Elle se demande si un des hommes qu’elle côtoie deviendra son grand amour. Cette longue conversation faite de champ-contrechamp (qui dure près d’un quart d’heure) n’aurait pas le même impact sans la scène précédente où l’on aperçoit le voyant se faire quitter par sa compagne. Lors de son entretien avec Isabelle, le voyant lui annonce que ces hommes ne seront malheureusement pas les bons mais l’incite à rester « open » à toutes les opportunités qui vont bientôt s’ouvrir à elle. On comprend en sous-texte qu’une histoire est peut-être en train de naître entre ces deux personnes. Le voyant exprime entre les lignes son désir d’attirer Isabelle à lui. C’est dans ce geste final que l’on retrouve tout le sel du cinéma de Claire Denis. Pour la première fois ce qui s’exprime entre les lignes résonne plus fort que tout ce qui se disait sur les lignes lors des précédentes rencontres d’Isabelle. Le beau soleil intérieur du titre est celui qui brille entre les lignes d’une séduction pudiquement camouflée.
Un beau soleil intérieur : Bande-Annonce
Un beau soleil intérieur : Fiche Technique
Réalisation : Claire Denis
Scénario : Claire Denis, Christine Angot
Interprétation : Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Nicolas Duvauchelle, Bruno Podalydès, Paul Blain, Alex Descas, Gérard Depardieu
Image : Agnès Godard
Montage : Guy Lecorne
Musique : Stuart A. Staples
Producteur : Olivier Delbosc
Distributeur : Ad Vitam
Durée : 94 min.
Genre : Comédie
Date de sortie : 27 septembre 2017
Dans une Amérique profonde laissée aux abois, Stupid Things nous montre le doux portrait mélancolique d’un jeune adolescent (Day-Day) en pleine construction. Suivant le pas d’Harmony Korine ou même d’Andrea Arnold, Amman Abbasi décrit avec délicatesse et une certaine urgence un récit initiatique magnifié par une mise en scène naturaliste de toute beauté.
L’Amérique sous Trump voit de plus en plus de films s’interroger sur cette population des bas quartiers ou ce microcosme des oubliés par le biais de cette jeunesse qui se questionne et qui tente par-dessus tout, de trouver une place au soleil. Dernièrement, American Honey d’Andrea Arnold ou même Moonlight de Barry Jenkins ont montré la voie et sont devenus en quelque sorte les étendards de ce cinéma indie américain qui vogue à travers les ruelles abandonnées pour zoomer de plus près sur des âmes en peine qui ne demandent qu’à être écoutées. Dayveon vit dans un monde claustrophobe, vide, encadré par le cadre 4: 3 du réalisateur où les maisons sont petites, les pièces compactes et les routes serrées. Des habitations un peu délabrées, des forces de l’ordre absentes, des familles en reconstruction qui tentent de joindre les deux bouts par des petits boulots sous-payés, la violence des gangs, la drogue, le climat social est donc des plus désastreux.
Le monde habité par Dayveon est rempli de lieux sauvages et bruts du Sud avec ces magasins de proximité à peine existants dans des bandes commerçantes abandonnées qui favorisent l’économie au noir. Le film aurait pu tomber dans une surenchère de misérabilisme avec le pathos qui caractérise le festival « Sundance » mais ne fait pas de son film une étude de société scolaire et à charge. Au contraire de cela, Stupid Things n’est pas dans la controverse idéologique mais s’appuie sur un langage propre et qui crée à lui seul un monde aussi petit que foisonnant. Cependant, même si Stupid Things nous immerge dans une contrée cinématographique connue, avec ses codes et ses tics visuels,il se révèle être un vrai petit bijou de cinéma, notamment pour un premier film.
Le film, du long de ses 75 minutes, se penche fortement sur l’atmosphère plutôt que sur l’intrigue. Dayveon, toujours en deuil de la mort prématurée de son frère aîné, vit avec sa soeur Kim et son petit-ami Bryan, en comptant l’absentéisme de ses parents, entraîné par la perte de leur progéniture. En effet, il s’agit d’un monde où la présence d’adultes est minime et laisse les adolescents comme Dayveon libres de tracer leur propre chemin vers la recherche de soi voire même de la virilité (même questionnement que dans Moonlight). Ces éléments thématiques et narratifs nous sont familiers et ne nous offrent pas beaucoup de surprise dans la matérialisation du contexte évoqué, mais bizarrement, cela ne diminue en rien l’impact émotionnel et crépusculaire du cheminement. De cette scène inaugurale lorsque Dayveon nous parle du meurtre de son frère à cette séquence finale faisant un panoramique de tous ces personnages qui veulent juste sortir la tête de l’eau, Amman Abbasi prend sa caméra et suit de très près, que cela soit d’un point de vue visuel et émotionnel, le jeune garçon qu’est Dayveon et le voit se métamorphoser dans un quotidien dont l’issue est très incertaine.
Dès le début, la caméra garde sa distance, mais le murmure de Dayveon se fait intime et personnel, accrochant le public à la frustration et à l’immaturité du protagoniste avec une urgence rare. Filmé en 4 :3 comme avaient pu le faire Xavier Dolan avec Mommy ou Andrea Arnold avec American Honey et les Hauts du Hurlevent, Stupid Things capte avec finesse les prémisses d’un visage marqué par les coups, cette nature en jachère qui devient par le biais des choses, l’antre d’une paix intérieure. Ce format dont le cadre s’avère plus resserré, n’est pas qu’un simple gimmick esthétique, mais donne une véritable personnalité à l’œuvre et accentue le propos du film et son envergure initiatique.
De son esthétique naturaliste parfois proche de Terrence Malick, de ce montage qui superpose le flou des dialogues et le tremblement des plans dans une mosaïque sensitive prenante et hypnotique, Amman Abbasi évite les soubresauts d’angoisse opportunistes mais installe une atmosphère émouvante de moments simples forgeant les états d’âmes qui font avancer dans le monde maladif et iconique du film. Cet équilibre dépend en grande partie de Devin Blackmon, qui est à l’écran durant la majeure du film, et gère cette pression de manière impressionnante pour faire de Stupid Things un film aussi humble qu’ambitieux mais d’une grande profondeur empathique dans son évocation de la dramaturgie du quotidien.
Stupid Things : Bande-annonce
https://www.youtube.com/watch?v=hZN9AfxLC5w
Synopsis : C’est l’été. Dayveon a 13 ans, et un grand frère mort trop tôt. Dans la chaleur étouffante de sa petite ville de l’Arkansas, sur son vélo, il traine sa mélancolie. Lorsqu’il intègre le gang local, les Blood, c’est à la fois la violence de ce monde et de nouveaux liens d’amitié qui font irruption dans sa vie…
Stupid Things : Fiche technique
Réalisation : Amman Abbasi
Scénario : Amman Abbasi
Interprétation : Devin Blackmon, Dontrell Bright
Image : Dustin Lane
Montage : Dominic Laperriere
Musique : Amman Abbasi
Distributeur : The Jokers
Durée : 75 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : 27 septembre 2017
Noémie Lvovsky, actrice et réalisatrice, revient derrière la caméra avec son nouveau film Demain et tous les autres jours. Elle y joue une mère au bord de la démence, dont sa fille s’occupe. Émouvant.
Synopsis: Mathilde, dont les parents sont séparés, vit seule avec sa mère. Mais celle-ci est au bord de la démence. Elle fera tout pour la protéger avec l’aide de sa chouette qui parle.
Dès l’introduction on s’aperçoit que Mathilde et sa mère ne sont pas dans le même monde. La petite fille de neuf ans à le rôle de l’adulte, et inversement. En effet malgré son jeune âge elle est dotée d’une incroyable maturité. Elle s’occupe de la maison et de sa maman qui a des moments de démence. On suit ses actions et déplacements, on la regarde aller à l’école, attendre sa mère qui ne revient pas… Suivre le point de vue de l’enfant permet de nous toucher et de nous impliquer dans cette histoire. En tant que spectateur, on est seulement passif et on aimerait aider cette petite fille qui fait face à un mur.
Le film est nimbé par le thème de la folie, caractérisée dans celle de la mère, incapable de s’occuper comme il faudrait de sa progéniture et qui erre sans savoir où aller. On retrouve également le thème avec la chouette, sorte d’animal spirituel de Mathilde, qui la conseille dans ses choix et qui serait sa conscience. En tout cas il se dégage une atmosphère particulière de ce long-métrage, construit comme un conte. D’ailleurs certains passages sont fantasmagoriques (l’histoire que raconte la petite à sa mère par exemple), voire presque anxiogènes.
L’équilibre du début balançant entre légèreté et inquiétude penche inévitablement vers la souffrance à mesure que la folie prend le pas sur le reste. On assiste à des scènes surréalistes, notamment quand la mère est soudainement persuadée qu’elle et sa fille doivent impérativement déménager et qu’elle a préparé leurs affaires en moins d’une heure, si bien qu’elles arrivent chez des inconnus qui n’ont aucune idée de ce qu’il se passe. On se rend soudainement compte, en même temps que Mathilde, que désormais il n’y a plus de retour en arrière possible. Que rien ne va aller en s’arrangeant.
Cette rupture est magnifiquement illustrée par le jeu des acteurs principaux. Luce Rodriguez tout d’abord, dont la précocité est brillamment interprétée. Puis Noémie Lvovsky, actrice-réalisatrice qui arrive à transmettre très justement les démons intérieurs de son personnage.Mathieu Amalric, plus en retrait, incarne un homme doux et dévoué envers sa fille. Et c’est ce trio d’acteurs qui porte le film à bout de bras.
Si Demain et tous les autres jours reste plutôt sobre dans sa mise en scène et ses dialogues, l’extravagance de ses personnages offre un final où culmine en une danse folle l’amour mère-fille retrouvé. Au final, Mathilde reste l’enfant qui a adoré ses parents, peu importe les épreuves.
Demain et tous les autres jours : Bande Annonce
Demain et tous les autres jours : Fiche Technique
Réalisation : Noémie Lvovsky
Scénario : Noémie Lvovsky et Florence Seyvos
Interprétation : Luce Rodriguez, Noémie Lvovsky, Mathieu Amalric
Producteurs : Jeans-Louis Livi et Sidonie Dumas
Sociétés de Production : F comme Film et Gaumont
Durée : 1h31 min
Genre : Drame
Date de sortie : 27 septembre 2017
Die in a Gunfight est le nouveau défi du réalisateur américain Collin Schiffli qui pour son deuxième long métrage, s’attaque tout bonnement à l’immense œuvre de William Shakespeare. Un Roméo et Juliette version pistolet et espionnage servi par un casting moderne et attendu. De quoi impatienter un public pressé de découvrir si le défi est réussi.
Après les multiples adaptations de la célèbre tragédie de Shakespeare Roméo et Juliette, c’est Collin Schiffli qui décide de créer la sienne en choisissant un duo de héros modernes : Kaya Scodelario (Skins, Le Labyrinthe) et Josh Hutcherson (Hunger Games). Si celui de Léonardo Di Caprio et Claire Danes avait eu du succès avec Roméo + Juliet, on peut s’attendre à de jolies choses avec ce tout nouveau projet. De stars de teen-movie à interprètes des plus grands amants du XVIè siècle, il y a un grand cap à passer et c’est là tout le défi de cette idée folle. Pas de doute que les deux acteurs voient aussi en cette opportunité un moyen de faire évoluer leur filmographie en se détachant des blockbusters pour adolescents. Oublier le rôle d’Effy de Skins entre drogue et alcool pour Kaya Scodelario ou encore celui du sauveur pour Josh Hutcherson qui interprète le petit ami de Jennifer Lawrence dans la saga Hunger Games.
Au vu du titre et du synopsis tombé, Die in a Gunfight s’annonce vif et animé. Andrew Barrer et Gabriel Ferrari, chargés d’écrire le scénario, tâcheront de raconter l’histoire d’amour entre un jeune homme obsédé par le combat et la mort et la fille de l’ennemi de son père. Produit par Tom Butterfield, Mark Gordon et Allyson Seeger, le film se placera dans un contexte d’espionnage, bien loin de la romance shakespearienne. Quel risque alors pour ce film d’action qui pourrait totalement dénaturer la tragédie ? C’est en tout cas un beau challenge à relever pour le réalisateur américain. Seront également du casting Helen Hunt (As Good As It Gets) et Olivia Munn que l’on a pu voir dans X-Men: Apocalypse ou encore la série The Newsroom.
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La série italienne coup de poing Gomorra, diffusée en Italie sur la chaîne Sky Atlantic, s’apprête à faire un retour tonitruant pour une saison 3 tant attendue par les fans de ce programme, adapté du livre-enquête de Roberto Saviano.
Le cliffhanger de la fin de la saison 2 en juin 2016 promettait une nouvelle salve infernale d’épisodes sous haute tension et à couper le souffle. Cette plongée fascinante dans le crime organisé à Naples et dans ses environs va à nouveau faire la part belle aux bad boys italiens et à la guerre sauvage des clans pour le contrôle des places de deals notamment. L’opposition, la conquête et la domination des territoires entre les clans Conte et Savastano vont faire couler des rivières de sang en Campanie. Tel le phénix, les deux organisations criminelles vont devoir impérativement renaître de leurs cendres afin de ne pas être rayées de la carte de Naples et de sa banlieue après les terribles événements impliquant les chefs de ces deux factions dans la saison 2 !
Les producteurs souhaitaient rapprocher au maximum les saisons afin de ne pas faire attendre les téléspectateurs trop longtemps. La série connait un succès sans précédent en Italie. Elle est même parvenue à être plus royaliste que le roi en détrônant la série Game of Thrones sur le plan de l’audimat.
Les nouveaux épisodes de la saison 3 de Gomorra seront diffusés en novembre 2017 en Italie sur la chaîne Sky Atlantic. Certains médias et certaines sources évoquent la date du 17 novembre plus précisément. En France, Canal + devrait diffuser la série comme ce fut le cas pour les saisons 1 et 2. Aucune date n’a pour le moment été officialisée pour les conditions de diffusion dans l’Hexagone. Les fans les plus impatients espèrent pouvoir bénéficier des nouveaux épisodes à 24 heures d’intervalles avec la diffusion en Italie. Arte pourrait également diffuser la saison 3 dans quelques mois.
Le casting de choc, les rares survivants de la guerre des clans en réalité, sera reconduit pour cette saison 3. De nouvelles têtes et des petits caïds vont pimenter les débats. Une énorme surprise sur le plan du scénario pourrait également concerner le clan Conte suite à des théories loufoques nées sur Internet. Roberto Saviano, l’auteur de l’enquête sur la Camorra qui vit dorénavant sous protection policière, est également toujours impliqué dans l’écriture du scénario.
Les téléspectateurs vont donc être les témoins d’un affrontement sanglant et déchirant dans cette plongée ultra-réaliste au cœur de Naples sur les ravages de la mafia. Les fans de séries vont vivre un grand moment de télévision en cet hiver 2017 avec le retour tant attendu de la saison 3 de Gomorra. Après la saison 6 d’Engrenages, la rentrée de Canal + en termes de séries policières s’annonce donc comme un cru exceptionnel avec la diffusion imminente des nouveaux épisodes de Gomorra !
La saison 6 d’Engrenages est diffusée sur Canal+ depuis le 18 septembre 2017. Tout au long de ses 12 épisodes (qui se terminent brusquement faisant espérer une saison 7* le plus rapidement possible), la série continue à parfaire sa mécanique implacable tout en proposant une enquête crédible, terrible et passionnante.
Une saison d’une noirceur implacable
Les relations entre Laure et Gilou vont prendre une nouvelle tournure cette saison.
Déjà douze ans qu’Engrenages fait partie du paysage sériel français (et le rehausse glorieusement aux côtés notamment du Bureau des légendes). Douze ans que Laure est en quête d’un équilibre, même précaire, que Gilou tente d’être un flic intègre et que Tintin cherche sa place dans le groupe de la 2e DPJ. Douze années déjà que Joséphine ne lâche rien, se cherchant un chemin dans les dédales de la justice que Roban défend en vain. En cette saison 6, Anne Landois, qui participe à l’écriture des personnages, a entraîné nos (anti ?) héros dans des histoires personnelles toujours plus prégnantes. Les relations entre les personnages deviennent pour certains plus tendres, pour d’autres plus tendues. A côté de cela, chacun d’entre eux, tout humain qu’il est, est un rouage de la justice, au cœur d’une enquête, cette saison le meurtre d’un policier, qui sera au centre des épisodes. S’il n’est plus aux commandes de la 2e DPJ, on se plait aussi à retrouver Herville et ses répliques cash qui résument à elles seules l’ambiance de la série entre sordide et moments de suspension teintés d’humour. On notera notamment ce qu’il pense de son métier : « vider un océan de merde à la petite cuillère ».
Humanité et justice : incompatibilité ?
L’humanité, ses contradictions et ses noirceurs les plus profondes sont encore une fois passées au crible d’Engrenages. Sans concession. Et ceux qui doivent rendre la justice sont de nouveaux présentés comme faillibles. On ne sait alors plus où la société trouve le moyen d’expier ses fautes, de trouver de l’apaisement. Grâce à une écriture très fine, une mise en scène et un montage efficaces, à des intrigues moins manichéennes et à des enquêtes très bien retranscrites, Engrenages se démarque toujours comme une série de très grande qualité. Cette saison 6 pose encore plus avant la question de l’intégrité, de la limite, en confrontant des flics ripoux aux erreurs commises par Gilou, que Laure s’apprête encore à couvrir. Elle pose aussi la question des femmes et de leur rapport aux hommes, que ce soit à travers Joséphine, qui a toujours été présentée comme désirable et aussi comme un « pitbull » à qui il ne faudrait pas trop vite s’attaquer (mais qui va être meurtrie dans sa chair), ou encore Laure qui a du mal à assumer son statut de mère, ou bien de jeunes filles prostituées contre leur gré à 14 ans à peine.
Cette saison 6, l’équipe enquête sur le meurtre d’un policier.
A ceux déjà qui regrettent un dénouement qui donne peu de réponses, qui laisse un peu K.O., nous pouvons répondre qu’Engrenages n’est pas une série réconciliatrice, bien au contraire. Les policiers s’impliquent, s’empêtrent dans une enquête, mais n’en démêlent pas toujours tous les fils, malgré un fort acharnement. C’est à l’image de la vengeance de Joséphine, qui ne fait d’ailleurs pas confiance à la justice qu’elle est censée représenter et la fait elle-même. Sa vengeance n’est pas salvatrice. La justice devient finalement une allégorie représentée par Roban. Soit un « vieil » homme malade que même les convictions les plus solides ne font plus tenir debout. Un être qui vacille mais qui continue à foncer tête baissée, quitte à tout perdre. Passionnante, haletante, cette saison en fait espérer une 7e qui, semble-t-il, sera la dernière. Dommage.
*la saison 7 ne sera pas écrite par Anne Landois qui a déclaré quitter le staff d’écriture d’Engrenages: « La saison 7 est en écriture mais ce n’est pas moi qui l’écris, j’estime être allée au bout de ce que j’avais à raconter, notamment sur les femmes »
Engrenages Saison 6: Teaser
https://www.youtube.com/watch?v=JxODoQwRtKY
Engrenages Saison 6 : Fiche Technique
Showrunner : Anne Landois
Créateurs : Alexandra Clert, Guy-Patrick Sainderichin
Réalisateurs : Frédéric Jardin et Frédéric Mermoud
Scénaristes : Anne Landois, Simon Jablonka, Jean-Luc Estebe, Séverine Werba, Anne Rambach, Marine Rambach, Erwan Augoyard, Sophie Kovess-Brun, Gaëlle Bellan, Yann Le Nivet, Sylvie Chanteux, Marine Francou, Laura Piani
Producteurs : Patrick Zimmermann, Alain Clert,, Sabine Barthelemy
Production : Son et Lumière, Canal Plus
Interprètes : Caroline Proust, Thierry Godard, Fred Bianconi, Philippe Duclos, Audrey Fleurot, Nicolas Briançon, Louis-Do de Lencquesaing, Dominique Daguier, Valentin Merlet.
Nombre d’épisode : 12
Durée par épisode : 55 minutes
Première diffusion : 2017
Avec Sex and the series, série documentaire diffusée en octobre sur OCS city, Iris Brey poursuit son travail universitaire sur la représentation de la sexualité féminine sur le petit écran. Une analyse riche et bienvenue à l’heure où le sexe féminin est encore très rare à la télévision, surtout filmé par des femmes, raconté par elles.
Female gaze
Iris Brey, réalisatrice de Sex and the series
Dès le 5 octobre et tous les jeudis à 21h, OCS city diffusera la première saison de Sex and the series, une série documentaire de six épisodes de 25 minutes, réalisée par Iris Brey. Chaque épisode commence par un petit commentaire de la réalisatrice et universitaire Iris Brey : « Grâce à la multiplication de personnages de femmes complexes et décomplexées depuis les années 2000, les séries mettent en scène une pluralité de sexualités féminines, révélant nos désirs, nos peurs les plus profondes, nos fantasmes et nos tabous ». A travers les interviews des showrunnneuses, mais aussi actrices et plus rarement acteurs, Iris Brey décortique, comme elle l’avait déjà fait dans son livre Sex and the series, la représentation de la sexualité féminine à l’écran. Il est de bon augure de voir cette analyse et ses figures féminines trouver leur place sur OCS, bien qu’en 2017, personne n’ait encore retenté le coup de poker qu’était The L Word, qui racontait la vie de lesbiennes à l’écran, sans tabou et filmait des femmes prendre le pouvoir sans concession. Ces séries nous ont accompagnés et l’analyse qu’en fait Iris Brey avec celles qui ont participé à leur création et diffusion, permet d’enrichir le regard porté sur la sexualité féminine mise à nue sur le petit écran. On y voit des petites révolutions, des maladresses, des tabous qui tombent et la volonté de parler de sexualité, pour parler aussi d’identité. Souvent, les héroïnes se construisent sous nos yeux, en même temps qu’elles dévoilent ou découvrent leur sexualité, qu’elle soit bisexuelle, homosexuelle ou hétérosexuelle. C’est la complexité des représentations, la manière dont les créatrices s’entourent d’autres femmes pour écrire, raconter leurs histoires, les transposer à l’écran qui en fait des séries fondatrices et passionnantes. Grâce à Iris Brey, le spectateur entre véritablement dans les coulisses de la fabrication des séries et dans les réflexions qui ont animé les créatrices, scénaristes et monteuses au moment d’écrire, de filmer, de monter. D‘un questionnement sur la représentation d’un viol, du refus de la nudité par une actrice au désir de rendre « sexy » des scènes de sexe entre femmes, tout est abordé par Iris Brey et ses interviewées.
Retour sur les séries abordées par Sex and the series
Transparent de Jill Soloway
Synopsis : Un père réunit ses enfants, Ali, Joshua et Sarah, pour parler de l’avenir. Pensant en premier lieu qu’il serait question d’héritage, tous les trois sont surpris d’apprendre qu’il s’agit en fait d’une révélation qui risque de bouleverser leur vie : il a décidé de changer de sexe !
C’est à travers le personnage de Maura, un homme qui décide de devenir femme, que la série est ici analysée. Le choix d’un acteur non transsexuel pour interpréter Maura a pu être contesté, mais Jill Soloway a su très vite s’entourer de scénariste et réalisatrice trans afin d’affiner le regard sur Maura, mais aussi de prolonger la représentation des femmes trans et de leur sexualité. Iris Brey revient sur la série entourée de Jeffrey Tambor qui interprète Maura dans la série, Trace Lysette, actrice trans et Our Lady J, scénariste dès la saison 2 de Transparent.
Girlsde Lena Dunham
Synopsis : L’entrée dans la vie active de quatre jeunes filles d’une vingtaine d’années, de leurs humiliations à leurs rares triomphes. Hannah, l’éternelle stagiaire, rêve de devenir écrivain ; Marnie, sexy et un peu garce sur les bords, ne manque pas d’ambition; et Jessa, hippie dans l’âme, aimerait gagner sa vie de son art…
C’est Marnie, la meilleure amie d’Hannah (jouée par Lena Dunham) qui est à l’honneur de cet épisode. Iris Brey revient avec l’actrice Allison Williams et l’acteur Alex Karpovsky sur les relations sexuelles complexes de Marnie . En évitant soigneusement une nudité trop frontale, Allison Williams parvient à faire de Marnie une femme en pleine construction, qui ose tout dans le sexe, sans pour autant perdre son identité. Les témoignages des deux acteurs sont complétés par ceux de deux réalisateurs-trices : Richard Shepard et Jamie Babbit.
Masters of sex de Michelle Ashford
Synopsis : Dans les années 1950, le troublé et taciturne Dr William Masters s’associe avec une jeune mère de famille, l’indépendante et libérée Virginia Johnson, afin de mettre au point une étude complexe et détaillée sur le comportement humain et son rapport à la sexualité. Endossant le rôle de véritables pionniers dans ce domaine encore considéré tabou pour l’époque, ce duo hétéroclite va devoir braver les obstacles qui vont se mettre en travers de leur chemin. C’est sans compter sur leurs vies privées qui vont s’entremêler avec le temps : Masters doit gérer sa relation tumultueuse avec son épouse, la délicate Libby, tandis que Virginia doit jongler entre son statut de figure maternelle célibataire et ses dilemmes aussi bien professionnels qu’amoureux.
Si Virginia en vient à se marier avec son collègue à la fin de Masters of sex, ce n’est le premier paradoxe auquel l’héroïne se confronte. Elle passe du statut de simple secrétaire à celui de scientifique ayant révolutionné la connaissance de la sexualité humaine à travers une somme publiée avec le docteur Bill Masters. Son évolution est filmée en parallèle à celle d’une certaine révolution sexuelle, dont les répercussions sont toujours présentes aujourd’hui dans nos vies et le petit écran. Pour parler de ce bouillonnement intellectuel, mais aussi de désir et de masturbation féminine (parfois plus efficace qu’un coït plus classique), Iris Brey s’est entourée de Lizzy Caplan, l’actrice qui interprète Virginia, de la créatrice Michelle Ashford et de Thomas Maier, biographe de Virginia Johnson et William Masters.
Synopsis : La vie mouvementée d’une jeune londonienne prénommée Fleabag.
Cette série est sans nul doute la plus mouvementée et osée des 5 abordées par Iris Brey. D’abord one women show, Fleabag, du nom de l’héroïne, est devenu à l’écran le récit de la sexualité d’une jeune londonienne. Sans faire de chichi, la série aborde de front la sexualité de son personnage principal, sexualité qui est aussi une pulsion de vie. Pour commenter ce travail l’épisode fait appel aux voix et commentaires de l’actrice Phoebe Waller-Bridge, la productrice Lydia Hampson (car il est aussi question de moyens et de diffusion de ces séries!) et de la showrunneuse Vicky Jones.
The L Word de Ilene Chaiken
Synopsis : Fraîchement diplômée de l’université de Chicago, Jenny s’installe chez son petit ami, Tim, à Los Angeles où elle espère réussir dans l’écriture. Rapidement, elle fait la connaissance de Bette et Tina, un couple de lesbiennes qui vivent à côté. Une rencontre inattendue qui lui ouvre la porte vers un monde qui lui était jusqu’alors inconnu : celui de la communauté lesbienne.
On termine par la pionnière des séries sur la sexualité féminine. Il y a en effet un avant et après The L Word. C’est à travers les yeux de Jenny que l’on découvre la vie de ses femmes homosexuelles qui « boivent beaucoup de café et font l’amour ». Jenny représente la naïveté des débuts, la crudité de l’abus sexuel et la découverte du sexe libérateur, choisi et l’exploration sans limite de cette sexualité nouvelle et non subie. Mia Kishner qui interprète l’attachante Jenny à l’écran revient sur la création du personnage et ses multiples déboires. Elle est entourée de Jamie Rabbit, réalisatrice, Rose Toche, réalisatrice et Ilene Chaiken qui est à l’origine de The L Word.
Une analyse libératrice
Grâce à la série documentaire d’Iris Brey, sont réunies toutes les femmes qui osent enfin parler de sexe sans qu’il soit avant tout une performance et donc qui évoquent sans équivoque le désir féminin, le plaisir aussi. On découvre aussi combien The L Word a dû attendre le bon moment pour voir le jour, mais que ses successeurs en série se font encore attendre. La réflexion sur la sexualité féminine est aussi complexe et sans limite que les séries qui tentent de la représenter au mieux, avec des sensibilités particulières qui crient haut et fort que faire l’amour est aussi un acte de résistance !
Sex and the series : Fiche technique
Réalisatrice : Iris Brey
Genre : série documentaire
Nombre d’épisodes : 5
Durée des épisodes : 25 minutes
Producteur : ZADIG Productions
Montage : Avril Besson
Photographie : Julien Gidouin et Gregory Hopf
Date de diffusion : dès le 5 octobre, tous les jeudis sur OCS city
Après la déception de l’annulation du projet Alien 5 de Neil Blomkamp et suite aux films clivants de Ridley Scott boudés par le public en salles (Prometheus et Alien : Covenant), la franchise des xénomorphes semblait définitivement abandonnée et placée en phase de sommeil avancé dans l’hyper-espace. Telle Ellen Ripley, la patronne de la 20th Century Fox, Stacey Snider, n’a pas définitivement renoncé à de nouvelles épopées épiques avec la licence Alien.
La patronne du studio, Stacey Snider, a évoqué l’avenir de la franchiseAlien dans un entretien accordé à la rédaction de Variety. Elle a souhaité mettre un terme aux rumeurs évoquant la suspension de la saga avec l’abandon des futurs projets cinématographiques. Stacey Snider vient donc de rassurer les fans les plus extrêmes qui attendent de nouveaux longs-métrages peuplés de xénomorphes, d’œufs d’aliens et de facehuggers.
Selon des précisions de la rédaction d’IGN France, Alien : Covenant, le dernier opus de la franchise fut pourtant un échec retentissant pour la 20th Century Fox avec seulement 232 millions de dollars récoltés dans les salles obscures à travers le monde, pour un budget total de près de 100 millions de dollars. Stacey Snider espère néanmoins que les prochains films apportent un véritable coup de fouet à la saga et qu’ils puissent poser des jalons importants dans le cadre de la franchise.
Lorsqu’un univers est aussi riche que celui d’Alien, cela peut créer un sillage trop familier – et auquel cas, vous êtes en difficulté – mais [Ridley Scott et Emma Watts] peuvent également trouver une planète, un scénario ou un méchant qui vit dans cet univers, et qui peuvent être révolutionnaires.
Ridley Scott avait annoncé depuis de nombreuses années vouloir mettre en place deux nouvelles suites après Alien : Covenant afin de boucler la boucle avec le tout premier Alien de 1979 pour le plus grand bonheur des fans.
Affaire à suivre donc pour la saga Alien à Hollywood. La 20th Century Fox pourrait donner le feu vert à Ridley Scott dans les mois et les années à venir pour ses projets de suites. Les scénarios pourraient être remaniés d’ici là. Le retour en 2018 du plus coriace ennemi des xénomorphes dans la galaxie avec le renouveau de la franchise Predator pourrait bien réveiller les envies d’espace, de pulse rifles et d’entités extraterrestres chez les cinéphiles. Verdict donc dans les années à venir. La licence Alien ne semble donc pas définitivement morte et enterrée pour la 20th Century Fox.
Larry Cohen, auteur du scénario de Maniac Cop et de ses deux suites, vient de doucher les fans de cinéma bis. A l’occasion d’une interview accordée à la rédaction de Birth Movies Death, il a laissé entendre que le projet était abandonné et dans une impasse pour des raisons financières essentiellement.
Le réalisateur, scénariste et producteur Larry Cohen a jeté un pavé dans la mare au sujet du projet de reboot du film culte Maniac Cop, réalisé par William Lustig en 1988 avec Robert Z’Dar, Bruce Campbell, Tom Atkins, Richard Roundtree et Laurene Landon. Ce bijou du cinéma bis a d’ailleurs été réédité en DVD et en Blu-Ray par Carlotta Films en juillet 2016 dans sa sélection Midnight Collection.
Le réalisateur John Hyams (Z Nation, Universal Soldier : Le jour du jugement et U.S. : Régénération) devait s’attaquer à ce projet fou avec l’aide de Nicolas Winding Refn (The Neon Demon, Drive, la trilogie Pusher) et William Lustig à la production. Ed Brubaker devait se charger du scénario. Larry Cohen a donc dévoilé des informations qui vont décevoir les cinéphiles qui attendaient ce remake avec beaucoup de curiosité. Selon des informations de Mad Movies, le scénariste des films originaux de la franchise Maniac Cops’est notamment confié à la rédaction de Birth Movies Death sur l’état actuel du projet. Larry Cohen, à l’image du mythique policier zombifié increvable de la franchise horrifique, n’y est pas allé de main morte dans cet entretien. Il n’a pas été très tendre vis-à-vis de ses petits camarades et n’a pas manié la langue de bois.
À ce que je sais, le film ne se fait plus et ils essaient peut-être de le cacher, car ils me doivent 250 000 dollars. Ed Brubaker a écrit le script, que j’ai lu, et il n’est pas très bon. Ed est un excellent scénariste de comic books, je pense. S’il a déjà écrit un bon film, je ne l’ai encore jamais vu.
Larry Cohen a même expliqué qu’il avait épaulé l’équipe du remake. Le projet est malheureusement voué à l’échec selon lui.
J’ai écrit six nouvelles scènes en prenant en compte ce que j’avais lu. Et je peux vous dire que si j’avais écrit tout le scénario, le long-métrage n’en serait pas là parce que le script serait bon. J’ai écrit trois scripts pour Bill Lustig — même si celui du troisième a été totalement remanié suite au renvoi de Bill — et je peux vous assurer que j’en aurai écrit un quatrième. Mais ils ne me l’ont pas demandé alors le film est au point mort.
Larry Cohen s’est livré à ces confidences amères sur ce projet dans le cadre de la promotion d’un documentaire à sa gloire, King Cohen: The Wild World of Filmmaker Larry Cohen. Reste à savoir si le projet de relancer la saga Maniac Cop connaîtra une issue heureuse dans les mois et les années à venir ou si le projet est définitivement mort et enterré. Larry Cohen semble être frustré de ne pas avoir été appelé dès l’origine pour participer à cette nouvelle aventure. Le comédien Robert Z’Dar qui a terrifié des générations de spectateurs avec son rôle du Maniac Cop est malheureusement décédé en 2015.
Les fans de la série animée pour adultes Bojack Horseman, accessible en exclusivité sur Netflix, seront heureux d’apprendre que le programme sera bel et bien de retour pour une saison 5.
La série animée déjantée Bojack Horseman, qui interroge les codes de la célébrité et dénonce les travers du microcosme à Hollywood, sera de retour pour une cinquième saison.
La nouvelle a été officialisée de manière originale à travers un message publié sur Twitter. Dans une courte vidéo dans l’esprit de la série, les internautes ont pu découvrir que le programme humoristique allait être reconduit. Le contenu de la vidéo permet de découvrir des SMS envoyés par la direction du géant américain de la SVOD à Bojack Horseman lui-même. Netflix apprend ainsi à cet anti-héros touchant qu’une cinquième saison est bien à l’ordre du jour.
Le casting sera également reconduit pour une nouvelle salve d’épisodes. Will Arnett prête sa voix à une ancienne star dépressive et cynique d’une sitcom des années 1990 (Bojack Horseman). Amy Sedaris (Princesse Carolyn), Aaron Paul (Todd) ou encore Alison Brie (Diane) seront également de retour pour le plus grand bonheur des fans de la série qui suivent le programme en version originale dans la langue de Shakespeare.
La quatrième saison de Bojack Horseman a été diffusée en cette rentrée de septembre sur la plateforme Netflix. Elle s’étend sur douze épisodes de vingt-six minutes chacun. Selon des informations de la rédaction d’IGN, la série animée Bojack Horseman a d’ailleurs été récompensée au Festival International du Film d’Animation d’Annecy en juin dernier.
Évidemment nous n’allions pas quitter le FEFFS sans prendre part à son évènement le plus important, celui qu’envient tous les festivals du monde, la grande Nuit excentrique ( produit d’appellation contrôlée maintenant que celle à Paris a été rebaptisé Nuit Nanarland). Au programme donc 3 nouveaux nanars bien gratinés pour tenir jusqu’au petit matin. Mais avant ça, petit arrêt à la cérémonie de clôture avec Tragedy Girls.
[Film de clôture] – Tragedy Girls
Réalisé par Tyler McIntyre (USA, 2017)
Depuis que Wes Craven avait bousculé le genre du slasher avec Scream, plein d’autres réalisateurs ont essayé de jouer sur cet aspect méta, en empilant des tonnes de références et en l’inscrivant dans une génération spécifique. Si certains ont amplement réussi leur pari, on peut penser à Jospeph Kahn et son Detention complètement délirant, d’autres s’y sont cassé les jambes (l’un des derniers exemples en date est la série Scream Queens de Ryan Murphy). C’est au tour de Tyler McIntyre de s’y lancer avec un film définitivement ancré dans la génération des millenials où les réseaux sociaux dictent la vie des protagonistes.
McKayla et Sandie sont amis depuis toujours, de véritables BFF. À elles deux, elles gèrent une page Twitter appelée @TragedyGirls sur laquelle elle informe la communauté des derniers assassinats qui ont eu lieu dans les environs. Alors que la police fait passer la plupart de ces meurtres pour des accidents, elles décident d’employer la manière forte pour leur prouver le contraire, et par la même occasion gagner des followers. Si McIntyre a bien compris quelque chose, c’est cette quête absolue de la popularité qui gangrène les réseaux sociaux, et le cinéaste va s’amuser en la poussant à l’extrême. M-Kay et Sadie vont en effet partir dans une croisade meurtrière rivalisant d’ingéniosité pour mettre en scène leurs meurtres. Tragedy Girls offre donc quelques séquences assez dantesques avec notamment un mec se faisant trancher la tête par une barre de muscu. Malgré son fort potentiel, McIntyre n’arrivera jamais à transcender son sujet. Tragedy Girls devient très vite agaçant, par son côté trop forcé, que cela soit au niveau des références ou du traitement réservé à ses personnages. Il ne faut pas attendre très longtemps avant que M-Kay et Sadie énervent l’audience. Tout cela empêche alors Tragedy Girls d’être le véritable concentré de fun qu’il veut être. Pas la meilleure façon de clôturer cette 10ème édition.
Bien sûr, Tragedy Girls ne constituait que l’amuse-bouche avant la nuit mémorable qui allait suivre. À cause du retard, il faudra attendre 1h du matin avant de pénétrer enfin dans le monde si particulier des nanars où faux raccords et VF sont rois.
FEFFS 2017 : La Nuit Excentrique, voyage déjanté au pays des nanarophiles avec L’homme puma, Le Ninja blanc et Les prédateurs du futur.
[Nuit excentrique] – L’homme-puma
Réalisé par Alberto de Martino (Italie, 1983).
Dans l’univers du nanar, l’Homme-Puma est connu comme le loup blanc, c’est donc avec cet objet culte que les programmateurs du FEFFS ont décidé d’ouvrir les hostilités. S’inscrivant à merveille dans cette volonté des italiens de copier les succès des films de genre étrangers et principalement américains, L’homme-puma surfe donc sur la mode des super-héros et notamment de Superman sorti 5 ans auparavant. Pas d’homme venu d’une autre planète ici, mais plutôt un paléontologue qui se retrouve être l’envoyé d’un dieu, L’Homme-Puma. Aidé d’un descendant aztèque à la gueule carrée nommé Vadinho, notre héros va faire tout ce qui est en son pouvoir pour neutraliser le grand méchant Cobra incarné par un pauvre Donald Pleasance qui se demande ce qu’il fout là. D’autant plus que ce vilain pas beau dispose d’un masque lui permettant de contrôler les esprits les plus faibles.
Forcément, on est dans le domaine du bis italien donc n’imaginez pas voir des effets spéciaux époustouflants. Même si, d’une certaine manière, les effets visuels de l’ Homme-puma font leur effet. L’Homme-puma n’a de puma que le nom car avec pour unique costume une ceinture de catcheur et une cape-poncho, on est très loin du félin. Par contre l’Homme-puma se déplace dans les airs avec l’aisance d’un félin qui vole. Et c’est là qu’entrent en scène les deux accessoires clés de l’Homme-Puma : le trampoline et le fond vert. Rien de plus tordant que de voir ce super-héros galérer à voler devant un fond vert des plus immondes. Encore mieux quand l’homme se bat avec un hélicoptère de sa taille. Au moins l’Homme-Puma sait bien simuler la mort, ainsi que se téléporter dans la voiture des gens pour leur foutre une peur bleue, sinon pour les combats il doit compter sur Vadinho pour casser des gueules. Mais qu’importe car au final : Chaque homme est un dieu, chaque homme est libre, et c’est ça la belle leçon de vie de l’Homme-Puma.
[La Nuit excentrique] – Le Ninja Blanc
Réalisé par Sam Firstenberg (USA, 1987)
Si l’Homme-puma avait déjà bien achevé une partie des festivaliers, personne n’était prêt pour le déluge de testostérone qui allait déferler dans la salle avec la projection du Ninja Blanc. Le Ninja Blanc ou American Ninja 2 : La confrontation est un pur produit Cannon. Au programme donc de la castagne, des pectoraux, de la moustache, des biceps, de la castagne, des méchants bien méchants, des Marines bien badass, de la castagne et des Rangers représentés par deux mâles alphas. Michael Dudikoff et Steve James aidés de leur charisme impressionnant forment ici le plus grand duo de l’histoire du cinéma de ninja américain, pas sûr qu’il ait beaucoup de concurrent mais quand même.
Le Ninja Blanc envoie donc le duo Armstrong/Jackson dans les Caraïbes pour enquêter sur une disparition de Marines sur une île qui sert de base secrète au grand vilain de l’histoire, Le Lion (pour rester dans la thématique des félins). Entre trafic de drogue et mutations génétiques servant à la création d’une armée de mutants Ninja, nos deux compères auront du pain sur la planche. Armés de leur plus beau short de bain à fleur, les voilà donc prêts à écumer les plages sur un buggy pour chercher la bagarre avec des ninjas. Ils peuvent compter sur l’aide de Toto, un gamin vénal n’hésitant pas à demander 10 balles à chaque fois qu’il rend un service, et de la fille d’un scientifique qui raconte sa triste histoire un soir sur la plage devant un Armstrong en mode encéphalogramme plat. Niveau sex-appeal on est servi entre le regard de tombeur de Armstrong et les pecs luisants de Jackson, les festivaliers ont eu de quoi assouvir leur fantasme. Forcément dans ce genre de film, ce qu’on attend ce sont les combats. Voir Dudikoff trancher des ninjas à coup de katanas, ou arrêter des fléchettes de sarbacane à mains nues ça n’a pas de prix, et c’est encore plus jouissif quand on a Steve James torse nu qui vient comme un bourrin avec un lance-grenade. Le Ninja Blanc est un pur régal, avec son intrigue alambiqué pour rien, ses chorégraphies complètement à l’ouest mais surtout grâce à JACKSONNNNNNNN qui aura complètement volé la vedette à Dudikoff.
[La Nuit excentrique] – Les prédateurs du futur
Réalisé par Ruggero Deodato (Italie, Phillipines, 1983)
D’habitude le dernier film de la nuit est un véritable supplice. On se souvient du pamphlet anti-mariejeanne de capitaine Droit-devant dans la Comtesse Haschisch mais surtout du combat interminable avec Statue du Temple et Astronaute américain dans les Hommes d’une autre planète. Cette fois-ci, c’est avec une valeur sûre, cet honnête artisan qu’est Ruggero Deodato (même si ce bougre se cache sous le pseudo de Roger Franklin) qu’on finit la soirée. Après son film culte, Cannibal Holocaust, notre ami Deodato s’est fait une place de choix dans le monde du nanar et ce n’est pas avec ses Prédateurs du futur qu’il nous fera mentir. Le futur c’est 1994, au large de Miami les missiles nucléaires d’un sous-marin russe ayant fait naufrage fait remonter à la surface une île qui s’avère être l’Atlantide, rien que ça. On envoie donc Mike et l’équipe d’une plateforme pétrolière dans une mission sur cette île.
Voilà comment on peut présenter l’histoire de Les prédateurs du futur, car très vite le film ne va pas faire beaucoup de sens. Ce film rentre dans la vaste catégorie ersatz cheap de Mad Max. Le film de George Miller a en effet inspiré beaucoup d’italiens avec ses personnages aux accoutrements SM et voiture tunée, donc forcément pour Deodato les habitants de l’Atlantide possèdent des iroquoises violettes et chevauchent des Harley équipés de pointes en métal. Ce n’est d’ailleurs pas le seul danger qui peuple l’Atlantide. En effet sur cette île, le temps passe à une vitesse folle. On passe de la nuit au jour à la nuit en 3 plans, et cela n’aide pas le spectateur qui essaie tant bien que mal de comprendre le but de l’expédition. Deodato essaie de refiler toute la faute sur le nucléaire, comme ça c’est facile à expliquer et on peut torcher la fin car on a tout claqué dans le budget pour les voitures customisées des méchants. On a quand même le droit à un passage dans le coeur de l’Atlantide, une salle complètement psyché où Deodato et le cast ont dû fumer des substances qui leur ont permis d’accoucher d’un truc pareil. Deodato peut également assouvir son fétichisme des hélicoptères qu’il filme sous toutes leurs coutures avant de finir sur cette sublime scène de tension avec ce dôme qui se referme ! C’est moins éprouvant que les combats de kaijus interminables, mais essayez de comprendre quelque chose à 7h du matin.
C’est donc sur cette très belle note que se termine cette 10ème édition du FEFFS. Une édition riche en surprise, remplie de belles rencontres et qui nous aura permis de fêter dignement cette première décennie d’existence. Remercions toute l’organisation du FEFFS pour avoir pu mettre en place un si bel évènement, et à l’année prochaine.