A l’occasion de sa sortie en VOD et Blu-Ray le 30 novembre dernier et en partenariat avec ACE entertainment, critique du film The Unseen de Geoff Redknap, ou Invisible en version française.
Synopsis : Bob Longmore (joué par Aden Young) a abandonné sa famille et s’est isolé dans une petite ville du Nord du Canada il y a huit ans de cela. Quand son ex-femme, Darlene (Camille Sullivan), reprend soudainement contact avec lui, il décide d’aller les rejoindre, elle et sa fille Eva (Julia Sarah Stone), afin de reprendre contact avec cette dernière. Quand Eva disparaît, Bob fait tout ce qui est en son pouvoir pour la retrouver, au risque de dévoiler sa mystérieuse maladie : son corps devient petit à petit invisible.
Diffusé pour la première fois lors du Fantasia International Film Festival de Montréal le 17 juillet 2016, The Unseen a fait plusieurs festivals de films d’Horreur et Fantastique sans toutefois remuer plus que ça l’engouement des foules. Il remporta cependant trois prix, dont le Bloodie du meilleur film au Blood in the Snow Canadian Film Festival. Rangé dans les cases Horreur et Thriller, ce film a été vendu comme une réécriture du mythe cinématographique de l’homme invisible : L’Homme Invisible de James Whale né en 1933 avec le classique des Universal Monsters. The Unseen est le premier long-métrage de Geoff Redknap car, si celui-ci s’était essayé à la réalisation de court-métrages auparavant, la grande partie de sa carrière au cinéma se fait en tant que make-up artist. Et si les noms des responsables des maquillages de nos films préférés sont parfois assez obscurs pour le grand public, sachez que vous avez pu voir certaines de ses prothèses dans des petits films sans prétention comme Deadpool (2016) ou La Cabane dans les Bois (2012). Geoff Redknap a aussi travaillé sur les effets spéciaux de Warcraft : le commencement (2016), Sucker Punch (2011) ou même Watchmen (2009) ! Avec un pedigree comme le sien, on pourrait s’attendre à ce que le maquillage et les effets spéciaux soient omniprésents dans son film. Pourtant, Geoff Redknap nous présente avec The Unseen un film tout en sobriété. Les effets spéciaux et le maquillage sont réussis – notamment dans les scènes où l’invisibilité du personnage principal n’est que partielle – mais ne vous marqueront pas plus que ça. Et pour cause, mis à part un segment où le personnage de Bob Longmore intervient torse nu exposant ainsi les trous béants laissés par sa condition, il passera la majorité du film emmitouflé sous quatre couches de vêtements. La condition du personnage principal passe ainsi au plan secondaire de l’intrigue. Pourtant, le développement du film insiste à de nombreuses reprises sur la douleur et les faiblesses que la maladie provoque chez Bob Longmore, le pressant alors dans sa quête de retrouvailles avec Eva. Ainsi, le syndrome de l’Homme Invisible qui l’affecte n’est que secondaire, laissant le drame familial être la trame principale du film.
En ce sens, Redknap a fait le choix de la caméra à l’épaule, ce qui est une excellente solution pour donner de la sincérité à son histoire et à son propos. Le travail de photographie témoigne d’ailleurs d’un œil affûté qui sert à merveille le jeu tout à fait correct des acteurs principaux. Et notamment de l’acting de Julia Sarah Stone qui, à 20 ans, commence à faire parler d’elle. Certains considèrent d’ailleurs The Unseen comme le film qui marquera le début de sa reconnaissance à l’international. En revanche, le montage est très (trop?) saccadé, et laisse passer quelques scènes des plus inutiles, qui plongeront le spectateur dans la confusion face à l’atonie du résultat final. On ne comprendra la plupart du temps pas où le film cherche à nous mener avec toutes ces intrigues secondaires et ces personnages anecdotiques aux lignes de dialogue des plus vaines. Pour ces raisons, le propos principal du film passe inaperçu parmi un capharnaüm de scènes et d’informations stériles. L’exemple le plus évident est les interventions du personnage de Crisby, incarné par Ben Cotton. Au cours du scénario, Bob Longmore va devoir solliciter Crisby, petit dealer local, qui lui demandera d’effectuer un échange de marchandise pour son propre compte. Bob profite d’aller retrouver sa famille pour effectuer la commission (ou est-ce le contraire ?) mais traîne à lui remettre la livraison. Ce qui énerve Crisby, qui cherche à se venger à la fin du film, meurt, et…c’est à peu près tout. Son simple intérêt a été d’être une menace pendant les quelques dernière minutes de la fin du film où il apparaît. Le gros soucis de The Unseen est qu’il ne sait pas concrètement se placer entre le drame familiale ou le récit fantastique. L’intrigue alterne entre des scènes relevant du Fantastique et la situation du père de famille malade cherchant à se faire pardonner de sa fille avant de disparaître (belle métaphore de son invisibilité, qui sera malheureusement réduite à néant à la toute fin du film). Mais son développement peine à faire le lien entre ces deux situations, résultant d’un développement irrégulier, incohérent, brouillon.
The Unseen est un long-métrage qui pèche de ne jamais poser concrètement son propos et qui noie son intrigue dans un montage brouillon. Toutefois, force est de constater que, si l’ensemble manque de vitalité, la réalisation de Geoff Redknap sur ce premier projet est tout à fait prometteuse, et témoigne de choix artistiques réfléchis. Nous espérons donc que The Unseen marque le début d’une nouvelle orientation de carrière pour son réalisateur, et que celui-ci continue ses réflexions de réécriture de mythes horrifiques en ayant pris conscience de ses erreurs.
The Unseen (Invisible) : bande-annonce
Invisible – fiche technique :
Titre original : The Unseen
Réalisateur : Geoff Redknap
Casting : Aden Young, Camille Sullivan, Julia Sarah Stone, Ben Cotton
Durée : 97 min
Goonworks Films
Sortie VOD & Blu-ray : 30 novembre 2017
Diffusion : ACE entertainment
Durée : 97 min
Canada – 2016
Auteur : Jeap Horckman

Sur le modèle de ces films comme Délits flagrants ou 10ème chambre, instants d’audience, 12 jours s’attaque donc de nouveau au monde judiciaire, appliqué cette fois-ci à la réalité si particulière de la folie. Raymond Depardon entame son métrage par un très long et très lent travelling le long des couloirs vides et silencieux de l’HP, comme pour véritablement inviter le spectateur à se débarrasser très progressivement du monde extérieur afin d’entrer dans cet univers qui, sans être stérile, est empreint de la douloureuse solitude des malades face à tous les possibles qui ne lui sont pas accessibles, telles ces portes closes tout au long de ce grand couloir…
A un moment lors de l’audience, la procédure veut que le juge demande au « malade » ce qu’il pense de cet internement, s’il veut le continuer ou pas. La réponse est presque invariablement une demande de sortie, quelle que soit la gravité de la pathologie. Un vague sentiment de malaise s’empare alors du spectateur qui voit dans ces questions à la fois certes un respect de l’être humain derrière le patient souhaité par le législateur, en même temps qu’une vaste hypocrisie puisqu’à aucun moment, et avec raison, le juge n’envisage l’éventualité d’une telle sortie. La lueur de souffrance et de déception dans les yeux de ces femmes et de ces hommes à l’issue de chaque décision du ou de la juge est très justement captée par le cinéaste.
Tourné en hiver, 12 Jours est ponctué de quelques scènes filmées à l’extérieur du bâtiment, qui marquent une désolation du paysage à l’image des protagonistes du film. La musique d’



En plein mois de novembre et alors que l’hiver commence à se faire sentir, l’équipe de Séquence choisit de placer sa soirée d’ouverture sous le thème de la plage. Avec des projections qui font honneur au sujet, le public découvre ou redécouvre un court métrage de François Ozon par exemple : Une robe d’été qui montrait déjà toute l’étendue du talent du réalisateur pour saisir les images et parler de sexualité dans les années 1990. De films d’animation étonnants aux fictions dont les images sont captivantes, les court-métrages font parler. Épatants de technique mais aussi de qualité, certains animés convainquent par la réussite de leur dessins pendant que d’autres laissent perplexes sur leur sens, que l’on trouverait sans doute après plusieurs visionnages. Le message n’est pas toujours clair et c’est en cela toute la difficulté des court-métrages qui ont un temps réduit pour dire ce qu’un long peut prendre le temps de développer. Cette exigence, elle est aussi dans les choix esthétiques des metteurs en scène qui doivent se montrer bien plus rigoureux sur ce type de création pour toucher le spectateur. Beaucoup sont d’ailleurs bien plus dans la contemplation que dans le dialogue et, lorsqu’à ce moment là, cela reste efficace, on saisit alors l’ampleur du talent d’un cinéaste. La soirée d’ouverture exploite alors le court sous toutes ses formes et propose plusieurs styles qui ont chacun leur propos à tenir. Des premiers pas d’Oulaya Amamra (


Une semaine après avoir diffusé le tout dernier épisode de la magnifique série 