Ce mercredi 15 novembre est ressorti en vidéo Le Flingueur (The Mechanic). Édité dans un coffret Blu-ray + DVD + Livret chez Wild Side, le film de Michael Winner suit Charles Bronson en tueur à gage vieillissant mais loin d’être dépassé. Un thriller implacable pour un assassin redoutable.
Synopsis : Arthur Bishop est un tueur à gages pour le compte de la mafia. Sa rapidité, son professionnalisme et son perfectionnisme lui ont valu d’être surnommé « le flingueur ». Mais Bishop vieillit, et ne semble plus être en mesure d’assurer seul ses contrats. Il décide de prendre sous son aile Steve McKenna, un jeune chien fou arrogant et sûr de lui, et de lui apprendre ce qu’il sait du métier…
Bishop, un tueur taiseux et solitaire
Le réalisateur anglais Michael Winner ne filme pas le tueur Arthur Bishop comme une brute sanguinaire. Le personnage n’en est pas une. Dans la brillante introduction du film, il cadre méticuleusement tous les détails du travail de l’homme. Ainsi sont exposés les actes précis – presque mécaniques dans le sens de routiniers – de cet assassin silencieux, oeuvrant à la tâche comme un artisan travaille son métier. Une forme de quotidien est visible dans cette introduction. Bronson n’incarne pas un commando explosif ou un action hero débitant une punchline après chacun de ses exploits spectaculairement mortels, à l’image de Jason Statham dans le remake homonyme et sa suite Mechanic : Ressurection. C’est justement tout le contraire ici : le personnage est un taiseux invisible au service d’une organisation tout aussi occulte.
Le réalisateur du Justicier dans la Ville I, II & III ainsi que des Collines de la terreur, tous avec Charles Bronson, travaille la persona de l’acteur vieillissant. Winner aime filmer son visage ridé qui permet de suggérer simplement et efficacement au public des personnages marqués par la vie. La star n’a pas la gueule séduisante d’un Yul Brynner quinquagénaire. Mais il a ses tactiques de charmes : sa petite moustache, son regard perçant et son silence qu’il ne cessera d’exercer. Dans Le Flingueur, Bronson interprète un personnage âgé de quarante-quatre ans, alors qu’il a en réalité atteint la cinquantaine. Si son personnage est plus vieux de deux ans que l’acteur Steve McQueen en 1972, Winner exploite le visage marqué de Bronson vieillissant pour suggérer une longue et pénible vie pour Arthur Bishop. Le personnage a une splendide demeure, mais il s’est usé dans une vie solitaire avec un emploi fort particulier.

Winner va plus loin : Bronson joue un tueur qui se sent vieillir. Bishop est conscient d’atteindre un certain âge. Il ne rejette pas le malaise qu’il subit. Au contraire, il accepte le fait qu’il perdra de plus en plus d’énergie et de capacité au fur et à mesure qu’il prendra de l’âge. Justement, Bishop intéresse Steve McKenna, un jeune homme dont il vient d’assassiner le père. L’intérêt est double : d’abord crypto-gay ; puis, de façon plus explicite, dans le potentiel d’action que peut lui apporter cette voie. Le jeune homme a soif d’aventure et n’a pas peur de la mort qui semble au contraire le fasciner. S’ensuit un récit de transmission qui avancera au fur et à mesure des contrats, et qui devra faire face au retournement de l’organisation contre Bishop et son jeune étudiant. Mais une autre question sera posée au cours de ce débordement de violence : enseigner à son apprenti l’art de l’assassinat ne nécessite-t-il pas d’accepter l’ultime épreuve du meurtre du maître par l’élève ? Suspense ! Le reste de l’intrigue ne sera dévoilé, nul doute que vous la dévorerez avec un immense et jouissif plaisir.
Tuerie de Blu-ray
L’édition proposée par Wild Side est comme d’habitude soignée. Comme souvent, on aurait apprécié obtenir davantage de compléments audiovisuels, et comme à l’accoutumée, le livret vient compléter le manque de bonus video. Quant au film, malgré quelques plans nocturnes où le grain est fortement présent, l’image est soignée et même resplendissante (il n’est pas nécessaire de revoir le carnage video du DVD proposé par MGM il y a déjà plus de dix ans pour s’en rendre compte) à l’image du son. Ainsi Le Flingueur (The Mechanic) s’en sort avec une très belle ressortie video.
EXTRAIT – Le Flingueur

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD
Master restauré HD – Format image : 1.85, 16/9ème compatible 4/3 –
Format son : Anglais DTS 2.0 & Dolby Digital 2.0, Français Dolby Digital 2.0 – Sous-titres : Français – Durée : 1h34
CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray
Master restauré HD – Format image : 1.85 – Résolution film : 1080 24p – Format son : Anglais & Français DTS HD Master Audio – Sous-titres : Français – Durée : 1h38
COMPLÉMENTS
– American Samourai (30’) : entretien avec Dwayne Epstein, historien du cinéma et biographe de Charles Bronson
– Hired Hand : l’homme de main (10’), ou comment le cinéaste Monte Hellman a failli réaliser Le Flingueur
+ un livret de 86 pages, avec un texte écrit par Samuel Blumenfeld, accompagné de photos d’archives



Tous les personnages du film présentent d’ailleurs cette façade de glace nordique, impassible, illisible. Les voix ne sont que murmures, et tout est incroyablement effacé, de manière presque fascinante, sauf bien sûr les fantaisies de Thelma à propos d’Anja, enveloppées là d’une couleur chaude et d’une musique caressante.
Cette semaine chez CineseriesMag, on a décidé de faire un jeu. Le principe est de changer nos habitudes. Les films ont donc été attribués « au hasard » à une plume et si possible en éloignant chaque critique de son univers habituel. En quelque sorte, nous avons décidé que le film ne fait pas le critique. Et c’est aussi un peu, tiens tiens, le sujet du dernier film en date d’Yvan Attal, Le Brio. Dans le film, Neïla se demande si l’habit fait ou non le moine au cours d’un des tours du concours d’éloquence auquel elle est inscrite pour sa « fac de fachos » (en apparence), Assas. Le jeu du film, est de tenter de déconstruire les clichés. Comment ? A coup de mots, et d’une petite dose (mais quand même!) de bons sentiments. Si le film donc ne fait pas le critique, et que le cinéphile peut tout autant s’extasier avec Justice League, Faute d’amour ou encore Jalouse pour prétendre aimer le cinéma, le critique peut-il faire le film ? Non, nous ne tentons pas de raviver ici la vieille polémique sur le critique aigri car il n’a pas pu faire de film/ou autre oeuvre d’art et passe donc sa vie à critiquer (le terme est ici forcément négatif et sans nuance) l’œuvre d’un autre (et le plus souvent s’il vous plait, un génie incompris). Ici, nous nous demandons plutôt si le critique peut faire la réputation du film. Là encore Le Brio se prête assez facilement à la réponse, ou du moins au questionnement, puisqu’il est partout (sans chercher à parodier le titre du
Un contrat rempli d’abord en apparence grâce à celle que la presse qualifie d’ores et déjà de « révélation » (mais la semaine dernière c’était la
non pas celle qu’on attend, mais plutôt son père, oui le père de la femme d’Yvan Attal qui est une actrice. Serge nous prouve donc dans une image d’archive, la force du mot qui va véhiculer l’idée. Au final, Le Brio vaudra quelques mauvais jeux de mots aux critiques sur sa mise en scène réalisée « avec brio ». Ici, on est plus nuancés sur cette mise en scène : il y a quelques belles idées, notamment dans le métro, sinon c’est l’opposition classique entre le vieux solitaire qui mange seul et la jeune fille aimée qui s’amuse avec ses amis. Puis il y a les scènes de « foule » où Neïla fait entendre sa voix, promet de dire la vérité, même si celle-ci n’existe finalement que le temps qu’elle parle. Au final, Le Brio est ivre de mots, tente sans cesse de faire évoluer ses personnages, de les sortir des sentiers battus, quitte à forcer le trait. Pierre est ainsi dans les mots de Neïla un cynique qui a trop de mots, de passions. Le Brio lui aussi est un produit un peu trop beau, un poil trop calibré pour nous convaincre complètement.
Dès le départ, Mundruczó plante le contexte particulièrement dur dans lequel va se dérouler son histoire. L’ouverture du film est certainement la séquence la plus réussie, et la plus impressionnante du film. Nous suivons un groupe de migrants à leur arrivée en Hongrie qui commence à se faire prendre en chasse par les autorités. Ce long plan-séquence résume à lui tout seul la situation actuelle que l’on retrouve en Europe, et la difficile condition de migrants. L’un d’eux, le jeune Aryan, se fait tirer dessus et se découvre la capacité de léviter. La mise en scène de Mundruczó va alors s’envoler en compagnie du jeune homme afin d’en mettre plein les yeux aux spectateurs, incorporant avec aisance son imagerie fantastique dans un récit des plus réalistes. Malheureusement malgré ce départ saisissant, le reste de l’affaire ne sera pas aussi reluisant. En effet, Mundruczó va accumuler de nombreux faux pas et cela va clairement atténuer le message de son entreprise.



jeune femme fougueuse, déterminée et révoltée, nourrie des idéaux révolutionnaires d’un Canada en pleine mutation. Contrairement à Grace, conditionnée par la mentalité nord-irlandaise conservatrice, Mary est libre, pleine de rêves, audacieuse, moderne. Elle incarne le nouveau monde. Pourtant, preuve implacable que la femme reste la proie des hommes partout, Mary sera victime de ses espoirs et finira par mourir dans la honte, après un avortement sanglant exécuté par un boucher misogyne, drame qui se jouera dans l’indifférence. Cette indifférence qui pèse et qui opprime, Captive en fait un sujet central, puisque d’emblée, le spectateur comprend que l’héroïne souffre dans l’ignorance générale, et garde ses pensées pour elle, jusqu’à peut-être se consumer, verser dans la folie. Le silence tue. La parole condamne. Alors que faire ?
psychologiques que Grace a enclenchés pour s’en sortir. Déjà lors de la mort de Mary, elle avait quitté son corps, comme possédée par l’esprit de la défunte. Croyance spirituelle, mysticisme onirique ou simple duperie ? Difficile de discerner le vrai du faux. Car Grace sait jouer de cette vulnérabilité : elle se dérobe, s’évanouit pour se soustraire aux questions et aux souvenirs. Impossible d’obtenir la vérité. Témoignages contradictoires, phénomènes étranges : on verse dans une sorte de schizophrénie qui n’est pas sans rappeler une autre oeuvre de Mary Harron, ici aux manettes de la réalisation :
Après le très récent
Le cinéaste dont c’est ici le premier long métrage réussit cependant à contenir cette énergie en ponctuant son film de petits moments de respiration, comme si Diane à son tour avait besoin de se reposer d’elle-même. Incapable de lâcher prise, dans le contrôle de ses émotions jusqu’au point du déni, elle dessine pourtant en creux une autre Diane, celle dont l’épaule est fragile et lui arrache les larmes, celle qui s’abandonne dans le sommeil, celle qui retrouve presque une voix enfantine pour faire comprendre à son amoureux Fabrizio qu’elle a subjugué en une réplique et un clin d’œil, que, peut-être sous ses airs indifférents, elle apprécie et plus encore sa présence. Et c’est cette tension permanente entre les deux facettes de Diane qui rend le film intéressant. C’est cette manière, qui passe beaucoup par le corps, de suggérer sans appuyer la sorte de désarroi profond de cette grande fille qui ne semble pas avoir trouvé sa place, dépassant d’une bonne tête tous les personnages masculins, désœuvrée au point de prêter son corps pendant neuf mois à une aventure qui n’a rien d’anodin. Jouant quelquefois avec les reflets, le cinéaste montre la protagoniste dans cette dualité de la femme sans mais sensible quand elle est à l’abri du regard des autres.