Accueil Blog Page 540

American Crime Story saison 2 : Autopsie d’un tueur en série

Après avoir retracé l’un des procès les plus médiatisés de l’histoire judiciaire américaine dans sa première saison, la nouvelle anthologie concoctée par Ryan Murphy revient sur un autre fait divers qui aura secoué les années 90, l’assassinat du créateur de mode Gianni Versace dans American Crime Story : The Assassination of Gianni Versace.

Couleur flashy, décor baroque, les premières images dévoilées pour cette deuxième saison laissaient entrevoir une plongée fracassante dans l’univers chic et choc du couturier Gianni Versace. La promo mise d’ailleurs tout sur son trio de stars hispaniques (jouant tous les trois des personnages italiens) Edgar Ramirez, Ricky Martin et Penelope Cruz. Le premier épisode de la saison va clairement dans ce sens, nous en mettant plein les yeux, nous transportant directement sous le soleil du Miami de la fin des années 90s, et son style pétaradant. Le tout allié à une mise en scène au cordeau, avec plan et travelling dont Murphy a le secret. On se dit très vite que le showrunner se trouve comme un poisson dans l’eau dans cet univers, et qu’il pourra exploiter pleinement son goût pour une certaine grandiloquence. Sauf qu’on ne pouvait mieux se tromper, car si le premier épisode fait illusion, le reste de la saison va prendre une direction bien différente.

American Crime Story : The Assassination of Gianni Versace va prendre une tournure qu’on pourrait qualifier d’intimiste. Malgré ce que peut nous dire le titre, la vrai star du show ne sera pas le styliste italien, mais son assassin, le jeune Andrew Cunanan. Bien que le tragique fait divers soit le point de départ de la série, nous montrant l’assassinat dès le premier épisode, ce n’est pas toute l’enquête qui va suivre et la chasse à l’homme engagée dans les quelques jours suivants qui va intéresser Tom Rob Smith, principal scénariste de la saison. Cette saison 2 va nous raconter la genèse d’un serial killer. Au travers des 9 épisodes, on va donc nous raconter de manière antéchronologique la terrible odyssée sanguinaire au travers des États-Unis de Cunanan qui a abouti à la mort de 5 hommes.  Exit donc le Penelope Cruz show (et son horrible accent) en Donatella Versace, mais place à la révélation Darren Criss, faisant le grand écart avec une autre prod de Murphy, Glee.

Au cours des 7 épisodes compris entre le pilot et le final, les showrunners vont dresser le portrait d’un véritable american psycho. Andrew Cunanan est montré comme un homme intelligent, déterminé, et disposant à la fois d’une certaine sensibilité qui ne transparaît pas forcément au premier abord. Un personnage complexe dont la destinée funèbre dévoile ses origines au fur et à mesure des épisodes. Une rencontre avec Gianni Versace à San Fransisco qui joue un rôle cathartique, une histoire d’amour qui finit mal avec un jeune architecte, une amitié sabordée avec un ex-militaire, la moindre rencontre semble avoir impacté le destin macabre de Cunanan. L’angle d’attaque adopté par les scénaristes est l’homosexualité de Cunanan et la vision de l’homosexualité dans les années 90. Une homosexualité qui reste encore cachée, que cela concerne le personnage de Finn Wittrock et sa mésaventure au sein de l’armée, ou encore celui campé par Ricky Martin, petit ami de Gianni Versace, véritable homme de l’ombre qui se retrouve complètement dépossédé après la disparition du seul être lui accordant sa lumière. Une sexualité qui est pour la plupart d’entre eux lourde à porter, Jeff évidemment, mais aussi David dans le cercle familial. Seul Andrew semble être à l’aise avec sa sexualité, en profitant pour se placer dans l’ombre du self-made man qu’était son père, s’accoquinant avec le vieil homme à la renommé saisissante et avec Gianni Versace comme trophée ultime. Andrew veut être vu, et va agir comme une véritable faucheuse de ces âmes cachées, révélant ainsi leur homosexualité au grand jour dans une mise en scène mortifère (le cas Miglin). Quête de célébrité par tous les moyens, méprisant l’ordinaire, l’unique façon pour Cunanan d’y accéder sera dans la destruction. Quoi de mieux comme apogée que la destruction d’un créateur.

American-Crime-Story-Saison-2-edgar-ramirez-ricky-martinForcément, le thème de la création est présent à chaque instant. Celui renvoyant au milieu de la mode évidemment avec des moments mis en parallèles avec des changements cruciaux dans la maison Versace, comme cette émancipation de Donatella. Mais là où la création se fait plus forte, c’est dans l’image que cherche à renvoyer Cunanan. À base de mensonges, Cunanan se tisse une vie de goldenboy, embobinant n’importe quel jeune homme. Et forcément, toutes ces supercheries prennent leur source dans le créateur originel d’Andrew Cunanan, Modesto Cunanan, immigré philippin et escroc notoire, dont Andrew était la prunelle des yeux, l’enfant-roi, le digne successeur de son empire factice. Comme l’indique le titre de l’épisode 8, « Creator/Destroyer », la figure paternelle est à la fois celle qui aura façonné la personnalité d’Andrew, mais qui aura également signé sa perte, comme une épée de Damoclès qui n’attendra malheureusement pas longtemps pour tomber. La tragédie familiale qui intéresse Ryan Murphy et ses acolytes n’est pas celle de la dynastie Versace, cueillie un matin de juillet 1997, mais celle des Cunanan. La fresque baroque et clinquante s’avère être au final une descente aux enfers intimiste dont les pages ont été écrites très en avance. Une histoire dont la puissance est renforcé par le talent de Darren Criss absolument subjuguant dans son rôle de Cunanan. Que cela soit en slip dansant sur Easy Lover (après Bateman qui baisait sur Susudio, Phil Collins serait-il le chanteur préféré des american psycho ?) ou en amoureux éconduit, Darren Criss glace aussi bien qu’il émeut, une véritable fascination s’opère autour de lui. Criss aura avec ce rôle accompli ce que son alter ego a toujours recherché, une reconnaissance.

American Crime Story  Saison 2 – Bande Annonce

American Crime Story Saison 2 – Fiche Technique

Créateurs : Scott Alexander et Larry Karaszewski
Réalisation : Ryan Murphy, Gwyneth Horder-Payton, Dan Minahan
Scénario : Tom Rob Smith, Maggie Cohn
Interprètes : Darren Criss, Edgar Ramirer, Penelope Cruz, Ricky Martin, Finn Wittrock, Joanna P.Adler, Cody Fern
Musique : Mac Quayle
Photographie : Simon Dennis
Montage : Chi Yoon Chung
Production : Ryan Murphy, Brad Falchuk, Nina Jacobson
Diffuseur : FX
Date de diffusion  : 17 janvier 2018
Genre : policier, drame
Nombre d’épisodes : 2X09
Durée d’un épisode : environ 50 minutes

États-Unis – 2016

 

James Cameron aurait pu transformer la franchise Jurassic Park en Aliens ou Carnosaur

0

Le réalisateur James Cameron a avoué qu’il aurait pu réaliser le tout premier volet de la franchise Jurassic Park ! Le film culte de Steven Spielberg aurait pu être beaucoup plus sombre sous la houlette du réalisateur d’Aliens et de Terminator II : Le Jugement dernier.

Selon des informations de Première, James Cameron a fait une confidence qui va surprendre bon nombre de fans de la filmographie de Steven Spielberg. Le cinéaste américain a révélé au micro du Huffington Post qu’il a failli adapter le roman de Michael Crichton sur grand écran. A quelques heures d’intervalle, Steven Spielberg aurait pu perdre les droits d’adaptation au profit de James Cameron. Le réalisateur d’Avatar a évoqué cette anecdote sensationnelle lors de l’inauguration du Titanic Museum de Belfast. James Cameron a d’ailleurs fait don de plusieurs objets du film Titanic pour ce musée.

J’ai essayé d’acheter les droits du livre et il (Steven Spielberg) m’a battu de quelques heures. Mais quand j’ai vu le film, je me suis rendu compte que je n’étais pas la bonne personne pour ce projet, Steven Spielberg l’était. Parce qu’il a fait un film de dinosaures pour enfants, et le mien aurait été Aliens avec des dinosaures, et ça n’aurait pas été juste. Les dinosaures sont pour les enfants de huit ans. On peut tous y prendre du plaisir, mais les enfants comprennent les dinosaures et ils ne devraient pas en être exclus. Sa sensibilité était la bonne pour ce film. Je serais allé plus loin, vers quelque chose d’horrible, bien plus horrible.

Jurassic Park aurait donc pu être un film beaucoup plus sombre et destiné à un public adulte dans les mains de James Cameron. Les amateurs de cinéma bis auraient ainsi pu apprécier la version de Cameron assez proche de la franchise ubuesque Carnosaur (des films réalisés par Adam Simon – Darren Moloney, Louis Morneau, Jonathan Winfrey, Jim Wynorski et John Carl Buechler). Les cinéphiles les plus geeks auraient également pu avoir une adaptation officieuse du jeu vidéo de Capcom, Dino Crisis, avec la participation de Cameron sur le tournage de Jurassic Park.

Le dernier film de Steven Spielberg, Ready Player One, a déjà réalisé plus d’un million d’entrées en France et a amassé près de 100 millions de dollars de recettes en deux week-ends d’exploitation. Le prochain volet de la franchise, Jurassic Park : Fallen Kingdom, est attendu le 6 juin 2018 dans les salles obscures françaises.

Jurassic World : Fallen Kingdom : Bande-Annonce (VO) :

Festival de Cannes 2018 : Les sélections officielles des courts métrages et de la Cinéfondation dévoilées

0

En avant-première de l’annonce de la Sélection officielle du 71e Festival de Cannes ce jeudi 12 avril, les courts métrages en Compétition et la sélection de la Cinéfondation 2018 viennent d’être dévoilés ce mercredi.

Le Jury de la Cinéfondation et des courts métrages, présidé par Bertrand Bonello, va récompenser les meilleurs films de la Compétition des courts métrages et ceux de la Sélection Cinéfondation.

Pour cette 71ème édition du Festival de Cannes, le comité de sélection a reçu 3 943 courts métrages ! La compétition des courts métrages 2018 est composée de huit films (sept de fictions et un d’animation). L’Australie, la Chine, la France, les États-Unis, l’Iran, le Japon, les Philippines et la Pologne sont représentées. Ces films au format court sont en lice pour la Palme d’or du court métrage 2018. Le prestigieux trophée sera décerné par Bertrand Bonello, Président du Jury, lors de la Cérémonie du Palmarès du 71e Festival de Cannes, le 19 mai 2018. Le court métrage français sélectionné est Gabriel de Oren Gerner.

La Sélection Cinéfondation a choisi cette année 17 films (14 fictions et 3 d’animation) parmi les 2 426 présentés par des écoles de cinéma du monde entier. Sur les 22 réalisateurs de cette édition, douze sont des femmes. Le jury remettra les trois Prix de la Cinéfondation lors d’une cérémonie précédant la projection des films primés le jeudi 17 mai, salle Buñuel, à Cannes.

Le Festival de Cannes va faire rêver les cinéphiles du monde entier lors de sa 71e édition entre le 8 et le 19 mai prochain. La sélection officielle sera dévoilée le jeudi 12 avril 2018, à 11h.

La sélection officielle Cannes Court Métrage :

– Oren Gerner – Gabriel – France

– Raymund Ribay Gutierrez – Judgement – Philippines

– Celine Held, Logan George – Caroline – États-Unis

– Saeed Jafarian – Tariki (Ombre) – Iran

– Marta Pajek – III (film d’animation) – Pologne –

– Masahiko Sato, Genki Kawamura, Yutaro Seki, Masayuki Toyota, Kentaro Hirase – Duality – Japon –

– Wei Shujun – On The Border – Chine –

– Charles William – Toutes Ces Créatures – Australie –

La sélection Cinéfondation 2018 :

– Ori Aharon – Dolfin Megumi – Steve Tisch School Of Film & Television, Tel Aviv University – Israël

– Zhannat Alshanova – End Of Season – The London Film School – Royaume-Uni

– Louise Aubertin, Éloïse Girard, Marine Meneyrol, Jonas Ritter, Loucas Rongeart, Amandine Thomoux – Sailor’s Delight – Esma – France

– Lucia Bulgheroni – Inanimate – Nfts – Royaume-Uni

– Diego Céspedes – El Verano Del León Eléctrico – Universidad De Chile – ICEI – Chili

– Jamie Dack – Palm Trees And Power Lines – NYU Tisch School Of The Arts – États-Unis

– Di Shen – Dong Wu Xiong Meng – Shanghai Theater Academy – Chine

– Laura Garcia – Fragment De Drame – La Fémis – France

– Constanza Gatti – Cinco Minutos Afuera – Universidad Del Cine (FUC) – Argentine

– Ariel Gutiérrez – Los Tiempos De Héctor – CCC Mexique

– Eryk Lenartowicz – DOTS – AFTRS – Australie

– Marta Magnuska – INNY – Pwsftvit -Pologne

– Georgiana Moldoveanu – Albastru Si Rosu, In Proportii Egale – UNATC I.L. CARAGIALE – Roumanie

– Pier Lorenzo Pisano – Così In Terra – Centro Sperimentale Di Cinematografia – Italie

– Igor Poplauhin – Kalendar – Moscow School Of New Cinema – Russie

– Arian Vazirdaftari – Mesle Bache Adam – Tehran University Of Dramatic Arts – Iran

– Andrew Zox – I Am My Own Mother – San Francisco State University – États-Unis

L’Île aux chiens de Wes Anderson, un film qui ne manque pas de mordant

Retournant à l’animation en stop motion presque 10 ans après son Fantastic Mr. Fox, Wes Anderson renoue avec la fable sociale qui situe les animaux en protagonistes à la place des humains. S’adressant avant tout à un jeune public, L’Île aux chiens reste une œuvre spécifique à son cinéma où le réalisateur fait de nouveau exploser la succulente folie de son  univers.

Synopsis : En raison d’une épidémie de grippe canine, le maire de Megasaki ordonne la mise en quarantaine de tous les chiens de la ville, envoyés sur une île qui devient alors l’Île aux chiens. Le jeune Atari, 12 ans, vole un avion et se rend sur l’île pour rechercher son fidèle compagnon, Spots. Aidé par une bande de cinq chiens intrépides et attachants, il découvre une conspiration qui menace la ville.

Avec L’Île aux chiens, Wes Anderson reste fidèle à son univers fantasque et à lui-même. Inutile de s’attendre à un changement majeur dans le cinéma du monsieur car cela n’arrivera pas. Ce qui n’est pas dérangeant tant le cinéaste a su avec les années gagner une précision et une maestria visuelle hors du commun. Aujourd’hui, il n’y a tout simplement pas d’autres réalisateurs qui font du cinéma comme lui. Une maîtrise qu’il avait pleinement assise avec son dernier film en date, The Grand Budapest Hotel en 2014. Son amour du cinéma artisanal explosait alors complètement dans un mélange habile de décors réels, maquettes ou encore peintures sur glace. Il s’amusait aussi à jouer avec les formats de l’image pour perturber son cadre et parler du pouvoir de transmission et d’héritage à travers les époques que ce soit par le récit ou l’évolution même des procédés cinématographiques.

l-ile-aux-chiens-bryan-cranstonPour L’Île aux chiens, Anderson va aussi s’amuser à restreindre son cadre, non pas pour marquer une époque mais pour marquer un contexte. Œuvre bien plus politique, sans pour autant que cet aspect soit central, dans laquelle le cinéaste expose un futur peu reluisant encore régi par des gouvernements arbitraires et l’exclusion. Ici ce sont les chiens les victimes de la stupidité humaine, prête à tout pour s’aliéner les autres, et Anderson trouve la brillante idée de créer un décalage de langage entre les canidés et les humains. Se déroulant au Japon, les humains parleront la langue locale tandis que les chiens communiqueront en anglais (ou français selon la version que vous verrez). En imposant cette impossibilité de communiquer par les mots, Anderson dresse un portrait sur la différence ou plutôt ce qui rapproche les êtres vivants. Sans jamais tomber dans un discours niais sur l’entraide et l’amour, le film véhicule une certaine naïveté enfantine à travers la vision candide des chiens ou l’optimiste insondable et révolutionnaire des enfants. Ce qui encadre une histoire touchante et surprenante dans sa capacité de traiter des thématiques adultes sans pour autant les imposer à ses spectateurs. On pourra déplorer une structure un brin trop chapitrée du récit, une marque de fabrique un peu redondante chez Anderson, ou encore quelques clichés parfois de mauvais goûts principalement quand cela touche la culture japonaise.

l-ile-aux-chiens-Edward-NortonMais le tout bénéficie d’un humour truculent et d’une intelligence remarquable dans l’exécution du récit, que ce soit dans les dialogues finement écrits ou le sens du cadrage. Wes Anderson signe une mise en scène savoureuse, toujours dans le mouvement, qu’ils soient latéraux, verticaux ou à base de zooms et de dézooms, pour jouer sur les entrées et les sorties de champs qui amorcent souvent des gags visuelles resplendissants. Ici, le cinéaste apporte même un soin particulier aux diverses échelles de plan pour donner à l’ensemble un côté encore plus vif et imprévisible. Toujours soutenu par un montage qui tourne à plein régime, parfois peut-être même un peu trop surtout dans l’accumulation un peu excessive des flashbacks et des divers points de vues des personnages, et la brillante musique d’Alexandre Desplat. Le compositeur est capable du meilleur comme du pire, mais lorsqu’il travaille avec Anderson il est toujours à son top. Utilisant des sonorités japonaises, il compose un score percutant et intense qui s’impose comme un de ses plus beaux travaux. Ajoutez à ça un casting vocal prestigieux et irréprochable tel que Bryan Cranston, Edward Norton, Bill Murray, Scarlett Johansson ou encore Jeff Goldblum et vous obtenez un tout impeccable.

L’ïle aux chiens est une fable politico-sociale à la fois drôle et sensible et qui s’impose aussi comme une formidable lettre d’amour pour les canidés. Le film de Wes Anderson toussote un peu sur son montage par moments trop excessif et didactique, sur son rythme ou quelques petits clichés un peu trop appuyés mais il propose une aventure hors norme et inventive. Adapté pour tout la famille, il devrait satisfaire les plus jeunes comme les plus grands car la magie du cinéma d’Anderson réside dans le fait de savoir communiquer avec tous, malgré sa forme si spécifique. C’est un univers rêveur et fantasque qu’on aime découvrir encore et encore, car même si Wes Anderson ne change pas sa formule en profondeur, elle reste suffisamment unique et fougueuse pour nous emporter loin et ne plus nous faire redescendre.

L’Île aux chiens : Bande annonce

L’Île aux chiens : Fiche technique

Titre original : Isle of Dogs
Réalisation et scénario : Wes Anderson
Casting : Bryan Cranston, Edward Norton, Bill Murray, Jeff Goldblum, Greta Gerwig, Scarlett Johansson, Tilda Swinton, Liev Schreiber,…
Décors : Paul Harrod et Adam Stockhausen
Direction artistique : Curt Enderle
Photographie : Tristan Oliver
Montage : Ralph Foster et Edward Bursch
Musique : Alexandre Desplat
Producteurs : Wes Anderson, Jeremy Dawson, Steven M. Rales et Scott Rudin
Production : American Empirical Pictures, Indian Paintbrush et Scott Rudin Productions
Distribution :  20th Century Fox
Durée : 101 minutes
Genre : animation
Dates de sortie : 11 avril 2018

Etats-Unis – 2018

Pierrot le Fou en tête d’affiche du festival de Cannes 2018

0

A moins d’un mois de l’ouverture de la 71ème édition du festival de Cannes, les événements s’accélèrent. La veille de l’annonce des films présentés en Sélection Officielle, c’est l’affiche qui vient d’être dévoilée.

Alors que Jean-Paul Belmondo vient de célébrer son 85ème anniversaire, le Festival de Cannes a manifestement décidé de lui rendre hommage en choisissant, pour l’affiche de la 71ème édition, un photo extraite de Pierrot le Fou, un des rôles les plus connus de l’acteur. Sur cette affiche, on voit donc Belmondo embrasser Anna Karina, chacun étant dans sa propre voiture. C’est la seconde fois en deux ans que le Festival s’approprie une image extraite d’une œuvre du cinéaste suisse Jean-Luc Godard ; en effet, l’affiche de la 69ème édition, en 2016, renvoyait à la villa du Mépris.

Mais si l’image renvoie à Godard, le commentaire donné par le Festival fait plutôt référence à un autre film. « …c’est une femme et un homme qui s’embrassent ». Faut-il y voir un clin d’œil à une célèbre Palme d’or française ?

L’image nous vient du photographe de plateau George Pierre, décédé il y a quinze ans maintenant, qui avait travaillé sur les tournages de films de Sautet, Rivette ou Wajda, entre autres. La maquette est signée par la graphiste Flore Maquin.

Et le festival restera dans l’actualité puisque c’est demain, le 12 avril, que nous connaîtrons la liste des films présentés en Sélection Officielle. Nous savons déjà que le jury sera présidé par Cate Blanchett et que le film d’ouverture sera Everybody Knows, du cinéaste iranien Asghar Farhadi. De plus, le très attendu film sur Han Solo sera projeté avant-première. Quant à Benicio del Toro, il présidera le jury de la compétition Un Certain Regard.

Cette 71ème édition du festival de Cannes se tiendra du 8 au 19 mai.

Mark Dixon, Détective d’Otto Preminger enquête en coffret Blu-ray, DVD et livret

Le 4 avril dernier est sorti en coffret Blu-ray + DVD + livret Marx Dixon, Détective (When the sidewalk ends). Édité par Wild Side, le film noir de Otto Preminger suit le parcours obscur de l’enquêteur homonyme aux méthodes efficaces mais brutales. Alors qu’il décide de se reprendre, l’interrogatoire d’un suspect tourne à la mort accidentelle de ce dernier. Les supérieurs de Dixon croiront-ils à cette mésaventure ? Dixon décide de maquiller le décès, mais sera-t-il prêt à tout pour s’en sortir ?

Synopsis : Mark Dixon est un policier new-yorkais doué, déterminé et… brutal. Ses méthodes lui valent régulièrement les foudres de sa hiérarchie. Peu lui importe, il en a fait une affaire personnelle : quitte à flirter avec l’illégalité, il livre une guerre sans merci contre la pègre et le gangster Tommy Scalise qu’il soupçonne d’être lié au meurtre d’un riche Texan. L’enquête le conduite jusqu’à un homme de main, Ken Paine, mais l’interrogatoire tourne court… En effet, ce dernier agresse violemment Dixon qui réussit à le repousser. Paine, blessé de guerre, chute tête la première et décède. Que va alors faire le détective : cacher l’accident, le lier à Scalise, ou avouer les faits ? Mais ses supérieurs croiraient-ils à la légitime défense et au décès accidentel ?

« Le fils Dixon »

Le film démarre le long d’un trottoir sur lequel sont écrits à la craie les grands titres du générique. Aucune musique accompagne le générique et « l’entrée » dans le quotidien nocturne des policiers. Tous les sons sont diégétiques – c’est-à-dire qu’ils appartiennent à l’univers représenté dans le film. C’est alors qu’arrive le drame. L’accident qui va être l’objet de l’intrigue du film. Dixon, ce policier efficace mais brutal, doit se défendre contre Ken Paine, un ex-soldat alcoolisé et dangereux. Ce dernier est d’ailleurs le suspect numéro un d’un homicide venant d’avoir lieu lors d’une partie de dés illégale. Le détective réussit à le repousser. Le suspect chute. Mais ce que l’enquêteur ne savait pas, c’est que le vétéran avait une broche au crâne. Ainsi l’ex-soldat meurt à la réception de sa chute pourtant loin d’être violente. Dixon lui demande se relever, puis sent l’effroi lui saisir lentement le coeur. Il prend le pouls de l’homme à terre. Il est mort. Dixon se relève, terrifié ; la musique extra-diégétique s’emballe. Le film noir est bien lancé, là, au moment où les sentiments des hommes s’emmêlent dans les ténèbres de l’action. Que doit faire Dixon ? Ses chefs le croiront-ils ?

mark-dixon-detective-d-otto-preminger-avec-dana-andrews-gene-tierney-film-noir
Mark Dixon (Dana Andrews) laissera-t-il des innocents porter le chapeau ? Des innocents tels que la douce et sublime Morgan Taylor (Gene Tierney) ?

Le détective est terrifié par les conséquences mais aussi par autre chose. « Le fils Dixon », c’est ainsi que l’appelaient les autres enfants du quartier, puis ses premiers collègues policiers. Et il se pose la douloureuse question : et s’il était un criminel comme son père l’avait été jadis ? S’ensuit un périple obscur pendant lequel le coeur de l’enquêteur va balancer entre la culpabilité insupportable mais occultée, et la volonté de ne pas devenir un truand. Un innocent est arrêté, il devient le coupable idéal pour les collègues de Dixon. L’innocent n’est autre que le père de Morgan Taylor, la femme de Paine. Cette dernière est séparée de son mari qui était un être torturé, explique-t-elle. L’amour naissant entre Mark et Morgan va lui inspirer un acte héroïque qui n’est pas celui auquel on s’attend. Cette action a lieu alors que Dixon récolte gloire et réputation dans une séquence lumineuse, et non une scène gouvernée par les ombres. En effet, ce dernier, en tant que héros, va décliner toute cette gloire liée à des actions résultant de la fameuse mort accidentelle. Car tout héros est au service de la vérité et du bien commun, et non de soi. Dixon, celui qui voulait être meilleur, va alors perdre beaucoup, mais il ne sera jamais plus « le fils Dixon ». Aussi, ce nouvel héros, une fois terminée la nouvelle épreuve qui l’attend, sait que l’amour et la paix seront prêts à l’enlacer. Ainsi Mark Dixon, Détective est bel et bien un film de Preminger, ce génie réalisateur qui captait le monde dans ses contradictions et nuances, et qui alors, permettait à ses personnages d’exister au-delà de l’absolutisme social qui tend à tous nous accabler.

Blu-ray noir

L’édition proposée par Wild Side est à nouveau soignée. Rien à redire concernant l’image et le son de la copie du film. Celle-ci, formidable, est accompagnée de deux bonus vidéo dont un qui fera battre le coeur des cinéphiles à la simple lecture de ces mots : Otto Preminger, cinéaste par Peter Bogdanovich. D’une trentaine de minutes, l’interview de l’un des plus érudits des cinéastes – aussi l’un des plus formidables passeurs de connaissance – constitue un parfait complément au film. Le deuxième bonus vidéo est un documentaire sur la sublime Gene Tierney, une star oubliée. Hélas, ce « portrait de la star d’Hollywood, héroïne des plus grands réalisateurs » n’était pas présent sur le disque test envoyé par Wild Side. Enfin, comme à son habitude, Wild Side complète les bonus de l’édition avec un livret exclusif de soixante pages écrit par Frédéric Albert Lévy et illustré des sempiternelles « photos d’archives rares ». Enfin, si l’entrevue de Peter Bogdanovich réfléchit l’ensemble de la carrière de Preminger, le livret de FAL, concentré sur Mark Dixon, Détective, fera écho avec l’interview, tissant alors un dialogue transmédiatique créant de façon synergique une réflexion cohérente et pertinente sur le film et son réalisateur Otto Preminger.

Extrait – Mark Dixon, Détective

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré – Noir & Blanc – Format image : 1.33, 16/9ème compatible 4/3 – Format son : Anglais Dolby Digital Mono 1.0 – Sous-titres : Français – Durée : 1h32

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master restauré – Noir & Blanc – Format image : 1.33 – Résolution film : 1080 24p – Format son : Anglais DTS Master Audio Mono 1.0 – Sous-titres : Français – Durée : 1h34

mark-dixon-detective-where-the-sidewalk-ends-d-otto-preminger-visuel-du-coffret-blu-ray-dvd-livret-wild-side

COMPLEMENTS

– Otto Preminger, cinéaste par Peter Bogdanovich (30′)

– Gene Tierney, une star oubliée : portrait de la star d’Hollywood, héroïne des plus grands réalisateurs (52′)

+ Livret exclusif de 60 pages, écrit Frédéric Albert Lévy dit FAL – journaliste cinéma et co-fondateur de la revue Starfix –, illustré de photos d’archives rares

Prix public indicatif : 24,99 Euros le Coffret Blu-ray+DVD+Livret

Don’t worry, he won’t get far on foot : l’insoutenable légèreté de l’être

Dans cette adaptation de Don’t Worry he Won’t get Far on Foot, l’autobiographie du cartooniste américain John Callahan, Gus van Sant tente de réinventer les codes du biopic au fil d’un récit éclaté, à l’image de son personnage.

Célèbre pour son irrévérence et son ironie mordante (comme en témoigne le titre grinçant de son autobiographie), John Callahan a clairement eu une vie qui vaut la peine d’être racontée. Tétraplégique à l’âge de 21 ans suite à un accident de voiture, orphelin, misanthrope et alcoolique invétéré pendant de nombreuses années, il a par la suite réussi à devenir un dessinateur internationalement reconnu, malgré les graves séquelles laissées par son accident.

Contrairement aux biopics traditionnels, soutenus par une chronologie linéaire cherchant à montrer l’évolution progressive de leur personnage, le récit de Gus van Sant ne cesse d’osciller entre diverses temporalités, et plonge son spectateur au cœur d’un univers décousu, toujours incertain, à l’image de son protagoniste, qui ne parvient à trouver un équilibre et un sens à son existence qu’au bout d’un long cheminement personnel.
La mise en scène elle-même accompagne brillamment, dans la première partie du film, le parcours chaotique de Callahan. Tandis que les scènes se déroulant avant son accident sont portées par un mouvement perpétuel quasi jouissif, exprimé par une caméra toujours mobile et un montage extrêmement rythmé, sa paralysie et toute l’horreur qu’elle représente sont, elles, douloureusement exprimées par une caméra résolument fixe. Le spectateur est alors prisonnier du cadre comme Callahan l’est de son propre corps.

Malheureusement, si ces éléments témoignent d’un véritable travail cinématographique de la part de Gus van Sant, et d’un engagement sincère envers son personnage, le film se perd peu à peu, malgré un début prometteur, dans un récit inconsistant et finalement superficiel, victime de ses ambitions. Entre la lutte de Callahan contre son alcoolisme, l’acceptation difficile de son handicap, la recherche de sa mère, son histoire d’amour avec son infirmière, le film s’étiole peu à peu sans jamais approfondir aucune des pistes qu’il amorce. En témoigne notamment le moment où Callahan commence à pratiquer le dessin : il s’agit pour lui d’un épisode fondateur, il doit se battre contre son propre corps pour arriver à créer, et sa pratique devient une véritable forme de catharsis. Malheureusement, le film ne prend absolument pas le temps de montrer toute l’importance de cette étape significative et l’expédie en seulement quelques plans.

Ainsi, si le fait de mêler les époques et les situations aurait pu donner lieu à d’intéressants rapprochements, susceptibles d’éclairer significativement le cheminement de son protagoniste, le film se présente au contraire comme un assemblage plus ou moins cohérent d’événements et de personnages qui, pour la plupart, ne servent que de faire-valoir. L’évolution de Callahan, loin d’être nuancée, se fait ainsi par à-coups, au fil de situations dramatiques artificielles et forcées.
Si Don’t Worry, he Won’t get Far on Foot était plein de belles promesses, il n’en tient malheureusement que très peu, et s’enfonce progressivement dans un récit complaisant et des réflexions convenues, loin de l’audace et de l’impertinence qui ont rendu célèbre John Callahan.

Don’t worry, he won’t get far on foot : Bande-annonce

Don’t worry, he won’t get far on foot : Fiche technique

Réalisateur : Gus Van Sant
Scénario : Gus Van Sant, d’après l’autobiographie Don’t Worry, He Won’t Get Far on Foot de John Callahan
Interprètes : Joaquin Phoenix, Jack Black, Jonah Hill, Rooney Mara, Tony Greenhand, Beth Ditto, Mark Webber, Ronnie Adrian, Kim Gordon, Udo Kier, Carrie Brownstein…
Photographie : Christopher Blauvelt
Montage : Gus van Sant
Bande originale : Danny Elfman
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Genres : Biopic, Drame
Date de sortie : 4 avril 2018 (1h 53min)
Festival : Berlinale 2018
Festival de Sundance

États-Unis 2018

Auteur : Clara Paumé

 

Concours Nobody’s Watching : Gagnez des places de cinéma du film

Concours Nobody’s Watching : Gagnez des places du long métrage de la réalisatrice Julia Solomonoff en salles le 25 avril 2018, le film aborde les questions d’immigration de front et de l’identité.

SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE

Nico est un comédien argentin tout juste installé à New York. Dans l’attente de trouver un rôle, il enchaîne les petits boulots pour s’en sortir… Sa vie affective et sociale s’en trouve bouleversée. Quand un ancien amant lui rend visite, tout vacille, l’obligeant à se confronter aux raisons de son exil.

Titre original : Nadie Nos Mira
Réalisateur : Julia Solomonoff
Scénariste : Julia Solomonoff et Christina Lazaridi
Interprètes : Guillermo Pfening, Elena Roger, Rafael Ferro, Marco Antonio Caponi, Pascal Yen-Pfister, Paola Baldion, Katty Velasquez …
Directeur de la photographie : Lucio Bonelli
Monteur : Andrés Tambornino, Karen Sztanjberg et Pablo Barbieri Carrera
Décoratrice : Maite Perez-Nievas et Mariela Rípodas
Ingénieur du son : Lena Esquenazi
Compositeur : Sacha Amback et Pablo Mondragon
Genre : Drame
Distributeur France (Sortie en salle) : Epicentre Films
Date de sortie : 25 avril 2018
Durée : 1h 41min
Nationalités argentin, colombien, brésilien, américain, français

MODALITÉS DU JEU CONCOURS

Pour participer à notre concours, il vous suffit de compléter le formulaire avant le 30 Avril 2018. Pour augmenter vos chances, abonnez-vous à notre page Facebook ou notre compte Twitter. Renseignez vos réponses, vos coordonnées et cliquez à chaque étape sur les boutons « Suivant », puis « Envoyer » situés en bas du formulaire. Attention, aucune réponse mise en commentaire ne sera validée. En cas de problème, contactez-nous en utilisant le formulaire de contact.


Ceux ou celles qui nous suivront sur notre compte Twitter ou/et ceux ou celles qui auront liké notre page Facebook auront droit à une chance supplémentaire…

Doublez vos chances de remporter une dotation en suivant notre compte Twitter !Triplez vos chances de remporter une dotation en devenant fan de notre page Facebook !

Le Monde Perdu d’Irwin Allen réédité en Blu-ray par les éditions Rimini

Le 3 avril 2018 est ressorti en vidéo Le Monde Perdu d’Irwen Allen d’après le grand et fantastique roman d’Arthur Conan Doyle. En effet, le film vient d’être réédité en Blu-ray, toujours chez les éditions Rimini. Mais qu’en est-il de cette deuxième édition en raie bleue ?

Synopsis : Le professeur Challenger mène une expédition de scientifiques et d’aventuriers dans un plateau éloigné au fond de la jungle amazonienne pour vérifier son affirmation selon laquelle les dinosaures y vivent encore.

Le Monde Perdu d’Irwin Allen : celui qui aurait dû être « l’ultime film de dinosaures »…

Le 3 avril 2017 est ressorti en Blu-ray Le Monde Perdu d’Irwin Allen. Réalisé en 1960, le film porte pour la deuxième fois sur grand écran le merveilleux roman d’aventure fantastique du même nom rédigé par Sir Arthur Conan Doyle en 1912. Trente-cinq ans après la première et formidable adaptation signée Harry O. Hoyt, célèbre pour ses dinosaures animés par l’un des plus grands artisans des effets spéciaux Willis O’Brien (maître de Ray Harryhausen, il sera aussi responsable des effets visuels sur King Kong), Le Monde Perdu est réadapté par l’entertainer Irwin Allen. Producteur de La Tour Infernale et des Aventures du Poséidon, créateur de la série Perdus dans l’Espace, réalisateur du Sous-marin de l’apocalypse, Irwin Allen, surnommé le « maître du désastre« , voit dans Le Monde Perdu le potentiel plus grand film de dinosaures. Audacieux, son budget est énormément réduit. À l’époque, de nombreuses productions de la Twenty Century Fox se voient perdre une partie importante de leur budget. L’argent récupéré était alors employé sur l’une des plus grosses productions de l’histoire du cinéma, Cléopâtre, chef d’œuvre de Joseph L. Mankiewicz sorti en 1963. Ainsi Le Monde Perdu d’Irwin Allen, devant la contrainte économique, se voit remplir de lézard et autres reptiles déguisés en êtres du jurassique à coup de prothèses esthétiques et trucs visuels. Celui qui devait être le film ultime de dinosaures est aujourd’hui un sympathique divertissement qui saura capter votre attention grâce à son charme désuet.

le-monde-perdu-gare-a-l-iguane-enfin-au-dinosaure
Gare au varan ! Enfin… Au dinosaure !

Blu-raytosaure

Les éditions Rimini viennent de ressortir le film en Blu-ray pour la seconde fois. Cette seconde version Blu-ray contient un nouveau bonus d’une bonne heure et demi : Les mondes fantastiques d’Irwin Allen. Produit par la Fox en 1995, le document revient sur la carrière cinématographique du maître de la catastrophe à coups d’extraits et des éternels discours élogieux (pour ne pas écrire « promotionnels », oups c’est fait) d’acteurs et autres collaborateurs du cinéastes. Au-delà de cet ajout plutôt bienvenu, la copie du Monde Perdu proposée ici n’est pas identique à celle proposée en 2014. Si le master vidéo semble être celui de la première édition, alors il a été retravaillé par l’éditeur. En tout cas, la copie présentée est bien plus lumineuse et contrastée que la précédente, cela, à tel point que des détails semblent s’effacer : lors de la conférence de presse au début du film, la délicieuse Jill St John porte une robe décolletée, toutefois son torse nu est tellement blanc qu’en sort l’impression perturbante de la voir porter une seconde peau. Ce sentiment est probablement dû à un autre réajustement de Rimini. Comme le note Cinefaniac : « le réducteur de bruit a été utilisé avec excès et réduit à la portion congrue le grain (déjà peu présent sur le premier Blu-ray). L’image comporte un effet « masque de cire » avec des visages lisses et sans détail » ou quand la remasterisation va au-delà de la remasterisation… Du reste, l’édition Blu-ray comporte les bonus de l’édition précédente dont le document vidéo très intéressant nommé Le Monde fantastique de Conan Doyle dans lequel l’historien du cinéma Christophe Champclaux revient sur la rédaction du roman de Doyle, puis sur la première adaptation et son importance dans le monde des effets spéciaux, pour avancer ensuite sur les films de dinosaures et l’inscription de l’adaptation d’Allen dans ce paysage fantastique ainsi que les problèmes de production subis par le film. On retiendra aussi la présence de la première adaptation dans les suppléments. Elle n’est hélas pas proposée en HD. Enfin, concernant les aficionados de la VF, cette dernière – comme dans nombre d’anciens films – met en évidence le doublage et donc les dialogues. Ces derniers écrasent la bande sonore constituée par les bruitages et la composition musicale.

Bande-annonce – Le Monde Perdu

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

1080p – 16/9 – 2.35:1 – format d’origine respecté – Couleurs – Audio : Français 2.0, Anglais 2.0 et 5.1 DTS-HD Master Audio – Sous-titres : français – Durée : 1h36

le-monde-perdu-blu-ray-dvd-visuels-rimini-editions
La nouvelle édition du ‘Monde Perdu’ d’Irwin Allen aussi disponible en DVD.

Le Monde Perdu

19,99 € le Blu-ray

19,99 € l’édition DVD

Sortie le 3 avril 2018

Abracadabra de Pablo Berger : Magic in the Sunlight

Dans un tout autre registre, la magie de Pablo Berger continue d’opérer avec Abracadabra, son nouveau film, même si le niveau n’atteint pas celui de l’explosif Blancanieves

Synopsis : Carmen est mariée à Carlos, un conducteur de grue macho, fan de foot, qui ne lui prête plus guère attention. Après une séance d’hypnose dont il est le cobaye pendant un mariage, Carlos devient le parfait époux. Quelque chose a changé !

Pepe, Carmen, Carlos et les autres

Le peu que l’on puisse dire, c’est que le nouveau film de l’espagnol Pablo Berger n’a pas enchanté les cinéphiles. Ayant été jusqu’à recevoir la médaille française de l’Ordre des Arts et des Lettres pour son fabuleux Blancanieves, un Noir et Blanc muet pré-franquiste qui nous a tous pris aux tripes pour trop de beauté, il a donc été attendu de pied ferme pour ce nouveau long métrage, Abracadabra, et peu de choses lui sont pardonnées par un certain nombre de critiques. Prenant le contrepied du précédent, le film est éminemment haut en couleurs, des couleurs criardes des années 80 qui ne sont pas sans rappeler le cinéma de son illustre aîné, Pedro Almodovar ; avec l’exploitation qu’il fait du machisme espagnol, il fait également penser au Jambon, Jambon de Bigas Luna. Ce que d’aucuns traitent de vulgarité n’est qu’un détournement espiègle d’une esthétique en vogue dans ces années-là et pose d’emblée le côté farcesque du métrage.

abracadabra-pablo-berger-film-critique-maribel-verdu-antonio-de-la-torreCarlos (Antonio de la Torre) est un mari macho qui aboie pour qu’on lui rapporte sa Kro devant un match Madrid-Barça dont il ne veut pas perdre une miette. Les femmes de sa vie, Carmen (Maribel Verdu) sa femme, et Toni sa fille, finissent leur préparation toute en nuances, si on peut dire, de vert pétard, pour assister à un mariage. Beaucoup de bruit pour rien, car Carlos ne leur accorde pas même un regard. Tout est dans l’outrance, les couleurs, le verbe haut du Monsieur, les mimiques des dames, et pourtant, le film est burlesque et drôle. Une sorte d’humour au premier degré qui marche bien dans le contexte. Quand, à la suite d’une séance d’hypnose qui a mal tourné au cours de ce fameux mariage, Carlos se fait carrément posséder par l’esprit d’un schizophrène du genre Jekyll/Hyde, le film bascule dans le drame et le fantastique, voire le fantasmagorique, sans se départir ni de sa tonalité générale, ni de son humour potache pas si potache.

abracadabra-pablo-berger-film-critique-josep-maria-pouAbracadabra est situé dans un Madrid du quotidien, de petits cafés en salles de bal kitsch, de quartiers populaires en chantiers de construction, et la ville est un personnage à part entière du récit. Non pas la ville flamboyante des cartes postales, pas non plus le Madrid inquiétant et déclassé qu’on a aperçu chez Rodrigo Sorogoyen dans Que Dios nos perdone (dans lequel Antonio de la Torre jouait déjà un homme pour le moins perturbé), mais une ville banale, bien que légèrement fantastique, où les bâtiments portent de mauvais numéros, et où tous les habitants sont un peu fêlés et excentriques, depuis ce couple amateur – entre autres choses – de décoration Ikea, à ce professeur d’hypnose grimé en Raspoutine version Tati (le magasin, pas le cinéaste).

abracadabra-pablo-berger-film-critique-maribel-verdu-antonio-de-la-torre-maison-ikeaSous ces dehors de conte excentrique et loufoque, le film de Pablo Berger recèle pourtant une thématique très sérieuse, celle de la libération d’une femme de l’emprise de son homme macho, voire des hommes en général, étant donné que Carlos abrite désormais en dehors de lui-même, une entité qui en fait deux autres. Carmen côtoie tour à tour ces trois personnalités, attirée par intermittence par l’un ou l’autre, mais reprenant toujours ses esprits pour aller vers cette liberté nouvelle. Les démonstrations du cinéaste ne sont pas toujours des plus subtiles, et ne cherchent d’ailleurs pas à l’être, mais le film se tient. Il se regarde de bout en bout ; on se laisse prendre, comme hypnotisés nous-mêmes, par la débauche d’idées originales de Pablo Berger. Sans atteindre la fièvre de Blancanieves, Abracadabra garde de la magie version Berger…

Abracadabra – Bande-annonce :

Abracadabra – Fiche technique :

Titre original : –
Réalisateur : Pablo Berger
Scénario : Pablo Berger
Interprétation : Maribel Verdú (Carmen), Antonio de la Torre (Carlos), Priscilla Delgado (Toñi), José Mota (Pepe), Josep Maria Pou (Dr. Fumetti
Musique : Alfonso de Vilallonga
Photographie : Kiko de la Rica
Montage : David Gallart
Producteurs : Mercedes Gamero, Ibón Cormenzana, Ignasi Estape Olivella, Jérôme Vidal, Pablo Berger, Mikel Lejarza
Maisons de production : Arcadia Motion Pictures, Noodles Production
Distribution (France) : Condor Distribution
Budget : EUR 5 200 000
Durée : 96 min.
Genre : Documentaire
Date de sortie : 04 Avril 2018

Espagne, France, Belgique – 2017

Mobile Homes de Vladimir de Fontenay : un rêve américain accidenté

Dans ce récit white trash, qui voit une mère et son enfant s’échapper de l’emprise néfaste du conjoint de cette dernière, Vladimir de Fontenay parle avec Mobile Homes de la deuxième chance qui s’offre à nous, d’une fuite en avant, d’un combat contre la précarité et l’isolement social.

L’American Way of life dans le jargon du cinéma indépendant américain continue à fleurir sur nos écrans. A la vue de Mobile Homes, on pense irrémédiablement à Winter’s Bone de Debra Granik ou même à American Honey d’Andrea Arnold. Celle que l’on remarque avant toute autre chose, c’est Imogen Poots, que l’on avait déjà entraperçue dans l’excellent Green Room de Jeremy Saulnier. Avec sa chevelure blonde, son teint blafard, son regard apeuré, son amour effronté pour son enfant, elle devient le symbole d’une mère courage qui souhaite, comme toute maman, une vie meilleure pour son enfant. Dans une première partie, où elle et son compagnon vivent d’une vie oisive, bohème, entre petit banditisme de quartier pour se faire un peu de maille et combat de coqs illégaux dans des coins reculés de la périphérie américaine, le réalisateur immisce une atmosphère de dérision sans jamais tomber dans le misérabilisme social.

Mobile Homes parle de cette Amérique des laissés pour compte, d’une nation bancale dont les habitants mis de côté par le système ne peuvent avoir confiance qu’en eux-mêmes. Pourtant, même si le film regorge de petits moments d’ambiance, de respirations esthétiques qui viennent se greffer avec malice à l’âpreté du quotidien des personnages, Mobile Homes ne dépasse jamais le cadre de son sujet, pour devenir plus qu’un petit film sur l’Amérique gorgée de problèmes. Et ce n’est pas dans cette deuxième partie, qui voit la mère et son fils venir par effraction vivre un temps soit peu dans une communauté restreinte de la campagne neigeuse vivant dans ces fameux Mobile Homes, que le film va s’extirper de la masse.

Même si l’on est loin des œuvres tarées d’un Harmony Korine ou de l’ambiance mortifère des frères Safdie, Mobile Homes essaye de se frotter aux références du genre avec son ambiance d’évasion et de désespoir, sans malheureusement en atteindre la qualité. Par le biais de ces divagations, de ce collage clippesque parfois peu opportun, Vladimir de Fontenay crée un road movie un peu blafard, à la réalisation typique « Sundance » et qui marche à reculons même si l’œuvre a le mérite de ne jamais surjouer le drame et de souscrire à une émotion palpable. Le film parle de cet entre-deux compliqué à réunir dans une vie, c’est-à-dire cette envie d’avoir un foyer et la liberté de jouir d’une vie que l’on a choisie.

Car outre cette idée que le foyer reste l’un des gages d’un avenir plus radieux, Mobile Homes est aussi un film qui parle des choix. De ceux, qui peuvent parfois paraître irrationnels, mais qui n’existent que par l’amour que l’on détient pour une personne comme en témoigne cette fin, belle dans son dernier plan, mais terriblement laborieuse et grossière quant à son déroulement. Malgré son trio d’acteurs, ces quelques plans en apesanteur, cette émotion sincère, cette écriture assez fine, Mobile Homes a du mal à se détacher des codes inhérents au genre, et n’arrive pas à trouver sa place singulière dans ce cinéma bien trop quadrillé.

Synopsis : Ali et Evan sillonnent les routes entre les États-Unis et le Canada. Ils utilisent Bone, le fils d’Ali, âgé de huit ans, dans leurs trafics. Le jeune couple vit de plus en plus dangereusement. Tous rêvent pourtant d’un refuge, d’un foyer, mais leur fuite inexorable les entraîne sur un chemin qu’ils n’avaient pas prévu… Pour trouver sa place, Ali aura à faire un choix entre la liberté et sa responsabilité de mère. 

Mobile Homes – Bande-Annonce :

Mobile Homes – Fiche Technique :

Réalisateur : Vladimir de Fontenay
Scénario : Vladimir de Fontenay
Interprétation : Imogen Poots, Callum Turner, Franck Oulton
Directeur de la photographie : Benoit Soler
Distribution (France) : Nour Films
Durée : 106 minutes
Genre : Drame
Date de sortie (France) : 4 avril 2018

France, Canada – 2018

Festival de Cannes 2018 : Solo : A Star Wars Story sera projeté hors compétition et en avant-première mondiale !

0

Le spin-off consacré au personnage mythique de l’univers Star Wars, Han Solo (immortalisé par Harrison Ford), est attendu au tournant par une bonne partie des fans de la saga intergalactique. Le film est entouré d’une campagne de presse faisant redouter le pire pour la sortie en salles du prochain film des studios Disney – Lucasfilm. Le spin-off vient de bénéficier fort heureusement d’un coup de projecteur inespéré. Solo : A Star Wars Story sera projeté hors compétition au Festival de Cannes en mai prochain.

Le Festival de Cannes va dérouler le tapis rouge devant l’un des plus célèbres contrebandiers de la galaxie ! Solo : A Star Wars Story de Ron Howard, consacré à la genèse du personnage de Han Solo, sera diffusé hors compétition dans le cadre du 71ème Festival de Cannes.

Selon des informations de Deadline, Solo : A Star Wars Story sera projeté le 15 mai prochain. Cette avant-première mondiale est donc orchestrée huit jours avant la sortie française et dix avant la sortie américaine. Le film est en effet attendu dans les salles le 23 mai prochain en France. La sortie américaine est prévue pour le 25 mai.La séance sera d’autant plus prestigieuse qu’elle se déroulera dans le Grand Théâtre Lumière, à Cannes.

La licence Star Wars sera donc de retour sur la Croisette pour le plus grand bonheur des festivaliers les plus geeks. L’Attaque des clones, en 2002, et La Revanche des Sith, en 2005, avaient déjà été projetés à Cannes.

Ce spin-off est malheureusement attendu au tournant sur le plan commercial. La concurrence au box-office américain sera en effet assez rude pour le long-métrage sur la jeunesse de Han Solo, après le raz-de-marée réalisé par Black Panther. Une multitude de films pourrait entraîner la chute de la franchise Star Wars aux USA : Rampage (13 avril), Avengers : Infinity War (27 avril), Deadpool 2 (18 mai), Ocean’s Eight (8 juin)  ou bien encore Jurassic World : Fallen Kingdom (22 juin).

Rogue One : A Star Wars Story, le précédent spin-off dans l’univers des Jedi a récolté 532 177 324 dollars de recettes au box-office américain et a réalisé 5 076 199 entrées en France. A titre de comparaison, le dernier volet de la saga, Star Wars, Les derniers Jedi, a amassé 620 030 903 dollars aux USA et cumulé 7 076 549 tickets vendus en France (source jpbox-office).

Le casting de Solo : A Star Wars Story réunit une pléiade d’acteurs talentueux à Hollywood. Cette nouvelle épopée spatiale sera immortalisée par Alden Ehrenreich (Ave, Cesar !, Stoker, Blue Jasmine), Woody Harrelson (Tueurs Nés, True Detective saison 1), Emilia Clarke (Game of Thrones, Terminator Genisys), Donald Glover (la série Atlanta), Thandie Newton (Collision, Westworld), Phoebe Waller-Bridge (Fleabag, Crashing), Joonas Suotamo (Chewbacca dans Les derniers Jedi et sa doublure dans Le Reveil de la Force) et Paul Bettany (Chevalier, Master and Commander).

Le comédien Alden Ehrenreich a dû relever une mission impossible sur le film de Ron Howard : tenter de faire oublier son illustre prédécesseur dans le rôle de Han Solo, l’acteur Harrison Ford. Ron Howard a obtenu l’Oscar du meilleur réalisateur en 2001 pour Un homme d’exception. Son Da Vinci Code avait également été projeté en ouverture du Festival de Cannes en 2006.

Reste donc à savoir si les Festivaliers acclameront les aventures de Han Solo ou s’ils réserveront une bronca terrible à l’issue de la projection à Cannes, le 15 mai prochain. La 71ème édition du Festival International du Film de Cannes se déroule cette année du mardi 8 au samedi 19 mai 2018. La sélection sera annoncée dans la matinée du jeudi 12 avril. Les fans hardcore de la saga Star Wars pourraient dans tous les cas verser une petite larme en assistant aux toutes premières rencontres et aux prémices de l’amitié entre des personnages clés de l’univers imaginé par George Lucas : Han Solo, Chewbacca et Lando Calrissian ! La soirée après la projection sur la Croisette risque d’être d’ores et déjà culte avec tout le gratin d’Hollywood. Il sera en revanche difficile de différencier Chewbacca, Edouard Baer et Frédéric Beigbeder aux alentours de 4 heures 30 du matin !

Solo : A Star Wars Story – teaser (VO) :