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FDCA 2025 : Sound of falling : les jeunes filles et la mort

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Le trentième Festival de Cinéma Allemand de Paris s’ouvre sous les auspices d’un film grave, Sound of falling, baigné d’ombre plus souvent que de soleil, hanté par la mort et volontiers fasciné par elle, même si tous les modes de rapport à cette grande puissance sont explorés : d’autant plus crainte et redoutée que le grand âge la rend proche, planant comme une menace, voire presque un souvenir dès le plus jeune âge, recherchée, défiée, fuie, constamment envisagée ou alors épousée à l’adolescence…

Le propos du deuxième long-métrage de Mascha Schilinski (1984, Berlin -), Prix du Jury au 78ème Festival de Cannes, pourrait évoquer lointainement celui du monumental Heimat (2013), par sa manière de couvrir plusieurs générations attachées à un même lieu, un village dans la réalisation d’Edgar Reitz, ici une vaste cour de ferme et les bâtiments qui s’organisent à son entour. Mais autant les rêves d’ailleurs et de migration lointaine ouvraient l’horizon, autant la seule échappatoire qui s’offre, dans cette ferme isolée du Nord de l’Allemagne, se limite à la mort. Même effet de resserrement quant aux personnages centraux, variés et multiples chez Reitz, incarnés par des femmes, entre enfance et adolescence, chez Mascha Schilinski.

Remontant quatre générations en arrière à partir de nos jours, la réalisatrice, également au scénario avec Luise Peter, a confié l’image, fruit d’un travail admirable, à Fabian Gamper. Chaque époque a sa lumière, son éclat, qui préserve avant tout ses mystères, ses énigmes, ses non-réponses. Dardant son clair regard hypnotique depuis les temps les plus anciens, un regard qui ne se baisse jamais et affronte les réalités les plus noires, la toute jeune Alma, prometteuse Hanna Heckt, ose sonder l’omniprésence de la mort et sa façon presque indifférente de ployer toute vie. Temps de dureté, d’inflexibilité, où les maîtres avaient pratiquement droit de vie et de mort sur leurs serviteurs, à peine plus que les hommes sur les femmes, et où les survivants se faisaient photographier aux côtés de leurs défunts avant de confier ces derniers à la terre. Une pratique qu’avait exploitée à l’extrême l’impressionnant Les Autres (2001), d’Alejandro Amenábar. Cette époque a le fini mat et presque légèrement poussiéreux des tableaux de Hammershøi, les éclats de lumière et de clarté en moins.

Suivent Erika (Lea Drinda), et sa fascination pour un corps d’homme inapprochable, puis Angelika (excellente Lena Urzendowsky), son diable au corps, son attirance pour des hommes que leur proximité familiale rend interdits, son esprit de défi et d’indépendance ; la seule, peut-être, pour qui une fuite sera réellement possible… Enfin Lenka (Laeni Geiseler), notre contemporaine, issue d’une famille berlinoise, heureuse, pour laquelle cette ferme et sa cour ne recueillent que des temps de vacances, de rires et de loisirs…

Cette présentation restaure une chronologie à ce qui n’en a aucune dans le film. Les scènes nous sont offertes sur un mode totalement éclaté, fragmenté comme les éclats du souvenir (d’où le titre français Les Échos du passé) ou comme le miroir du Diable au début de La Reine des Neiges d’Andersen. D’où l’importance du travail sur la qualité des lumières, des décors, parfois même de la pellicule, qui sont autant de points de repère et d’ancrage pour le spectateur : les bruns plus chauds du début XXème, les orangés des années soixante-dix, la polychromie plus diversifiée, de nos jours…

Une diversité que reflète bien la divergence des titres, selon le pays de sortie du film : le titre français, axé sur la rémanence du passé, a été évoqué ; le titre anglais, sous lequel le film est diffusé lors de ce Festival, est Sound of falling, que l’on pourrait traduire par « Le bruit d’une chute », l’une des thématiques en effet récurrentes dans cette œuvre ; quand le titre original, « In die Sonne schauen », est elliptique, ouvrant une phrase laissée en suspens – « Au soleil elles semblent… », si l’on choisit de féminiser un sujet encore informulé – et qui apporte, à son tour, une lumière totalement autre…

Entre diversité et constance, voire récurrence, ostinato : telle est bien l’une des grandes forces du film, peut-être même sa supériorité, par delà l’éclatement et la fragmentation. Que s’impose de façon si claire, finalement lumineuse, ce qui fait lien : bien que soumis, ou parce que promis à la mort, la prégnance du corps, à quelque occultation ou maltraitance qu’il puisse être voué selon les époques ; le règne du désir, qui jamais ne s’éteint, sans doute métaphorisé par l’importance des regards interstitiels, entre les lattes, les fentes, par les trous de serrure… Le tout emmené par un montage fluide, volontiers orchestré par une inflation des sons, et qui semble courir de l’avant comme le temps ; et comme l’eau, très présente à travers la rivière limitrophe qui coule non loin de la ferme. Une eau grecque, philosophique, qui nous rappelle que, si elle entraîne et emporte toute chose, elle peut aussi bien garder les souvenirs, tout autant qu’un tombeau.

Sound of falling : fiche technique

Titre original : In die Sonne schauen
Titre international : Sound of falling
Titre français : Les échos du passé
Réalisation : Mascha Schilinski
Scénario : Mascha Schilinski, Louise Peter
Interprètes : Lena Urzendowsky, Laeni Geiseler, Susanne Wuest
Photographie : Fabian Gamper
Montage : Evelyn Rack
Musique : Michael Fiedler, Eike Hosenfeld
Production : Lucas Schmidt, Lasse Scharpen,, Maren Schmitt
Sociétés de production : Studio Zentral, ZDF
Société de distribution : Diaphana Distribution
Pays de production : Allemagne
Genre : Drame, historique
Durée : 2h39
Date de sortie : 7 janvier 2026

Monster : L’histoire d’Ed Gein, le serial killer qui a enfanté le cinéma d’horreur

Ed Gein, figure fondatrice du cinéma d’horreur américain, revient au premier plan dans la série Netflix signée Ryan Murphy. À travers une relecture glaçante de son parcours, l’œuvre interroge les origines culturelles de la violence aux États-Unis et révèle comment Hollywood a transformé un tueur rural en mythe cinématographique.

Comment un tueur solitaire du Wisconsin a-t-il hanté tout le cinéma d’horreur américain ? Avec Monster : L’histoire d’Ed Gein, Ryan Murphy et Ian Brennen remontent à la source : ce fermier nécrophile, éventreur de cadavres et écorché vif, qui inspira Psychose, Massacre à la tronçonneuse et Le Silence des agneaux. Bien plus qu’un simple biopic, la série entremêle avec maestria le parcours du « boucher de Plainfield » et la généalogie des monstres qu’il a engendrés à l’écran. Un montage brillant qui explore comment l’Amérique transforme ses traumatismes en mythes, et sa passion de la violence en jouissance cinématographique. Puissant, dérangeant et fascinant — une plongée au cœur de l’inconscient sanglant d’une nation.

Monstre : L’Histoire d’Ed Gein – Généalogie du mal de l’Amérique

Dans sa nouvelle série choc Monstre : L’Histoire d’Ed Gein, Ryan Murphy et son bras droit Ian Brennen (auteur des huit épisodes) s’intéressent sous la bannière de Netflix à la figure originelle et inspiratrice du cinéma d’horreur américain. Après les frères Menendez et Jeffrey Dahmer, c’est au tour du premier monstre moderne d’être disséqué : Ed Gein, le fermier solitaire du Wisconsin dont les crimes ont engendré toute une mythologie cinématographique.

Avant Psychose, avant Le Silence des agneaux, avant Massacre à la tronçonneuse, il y avait Gein. Ce nécrophile psychopathe qui collectionne les peaux humaines, construit des visages, des meubles en ossements et vit sous l’emprise d’une mère castratrice, incarne la figure primitive du tueur en série américain. La série explore avec une intensité troublante la psyché de cet homme simple devenu boucher de Plainfield, sans jamais tomber dans le sensationnalisme gratuit.

Le cinéma : miroir des traumatismes et fabrique à fascinations

Monstre : l’histoire d’Ed Gein non seulement saisit le cas de ce serial killer, déploie avec une subtilité subversive les fantasmes macabres et pulsions innommables de Gein. Mais plus encore la série, par un montage d’une rare maestria, fait se corréler en permanence le récit de la vie du boucher de Plainfield avec ce que l’histoire du cinéma américain va en faire. La grande force de la série réside dans ce montage et cette réflexion virtuoses qui entremêlent la réalité des crimes et leur réappropriation par le cinéma.

Ainsi nous allons et venons entre plusieurs régimes de récits et d’époque où tout à coup les mises en scène et obsessions violentes d’Ed Gein nous replongent dans le personnage de Psychose (créé par Hitchcock à partir d’Ed Gein) et dans la fabrication même de ce nouveau genre de sexy horrific movies. On voit donc le personnage d’Alfred Hitchcock assistant lui-même dans une salle de cinéma à la découverte de son film par les spectateurs effarés de 1960.

L’Amérique et son double

La série magistralement écrite et montée réfléchit et travaille ce que le cinéma a pu digérer/sublimer des traumas de l’Amérique pour en faire de la jouissance à travers des films devenus iconiques. Bien plus qu’Ari Aster ou Paul Thomas Anderson, on est avec Monster : L’histoire d’Ed Gein au cœur de l’essence de l’Amérique dégénérée, de sa déliquescence annoncée, le fantasme de sa violence comme trucidée, momifiée puis recousue à même la peau de sa légende en captivation pour ses propres traumas.

Plus qu’un simple true crime, Monster se révèle une plongée dans l’inconscient collectif américain. Ryan Murphy montre comment la nation a transformé ses peurs les plus profondes — la solitude, la folie, la violence rurale — en une mythologie contemporaine.

Une œuvre qui dérange, interroge et fascine : un Portier de nuit 2025

Portée par une réalisation audacieuse et un scénario brillamment structuré, la série ne se contente pas de raconter : elle interroge notre fascination pour l’horreur. Les dialogues hallucinatoires entre Ed et la « chienne de Buchenwald » (interprétée par Vicky Krieps), rivalisant dans l’avidité et l’esthétique sadique, contribuent à ce climat dérangeant, trash et provoquent un questionnement critique digne du scandale de Portier de nuit (de Liliana Cavani orchestrant la relation sado-maso entre un ex-officier nazi Dirk Bogarde et une ex-déportée Charlotte Rampling).

Ryan Murphy et Ian Brennen questionnent en 2025 notre capacité à avaler (ou pas), mouvoir (ou pas) ou faire fiction (ou pas) de nos monstres et plus encore à réfléchir sur la monstruosité de la norme, génératrice de déviances et pourvoyeuse d’errances. Freud donc pas mort. Murphy, dans toute son anthologie de l’horreur américaine, rend plus que vif cette phrase que lance l’inventeur de la psychanalyse lors de sa première conférence aux États-Unis en 1909 : Je vous apporte la peste.

L’ensemble est fort, déstabilisant, ravivant une mémoire cinéphilique constante. Une réussite pour public averti.

Fiche Technique : Monster : L’histoire d’Ed Gein

Réalisateur : Ryan Murphy
Scénariste : Ian Brennen
Plateforme : Netflix
Genre : Thriller psychologique, biographie, horreur
Nombre d’épisodes : 8
Année de diffusion : 2025
Inspirations : Psychose, Massacre à la tronçonneuse, Le Silence des agneaux
Personnage central : Ed Gein
Thèmes : Violence rurale, mythologie américaine, cinéma d’horreur, trauma collectif

Plinko en ligne en France conseils pratiques pour jouer

J’écris sur les jeux simples qui prennent peu de temps à comprendre. Le plinko me plaît, car je vois la bille descendre, rebondir sur les clous et tomber dans une case à gains ou neutre. Tout se joue en quelques secondes, sans règles lourdes. Mon but ici est de décrire comment je choisis une version fiable, comment je règle mes limites et comment je garde ce jeu comme un moment de détente, surtout quand je joue depuis la France. J’emploie un style clair, sans formules pompeuses, pour que chaque lecteur gagne du temps.

Quand je parle d’options pour essayer ou comparer, j’aime disposer d’un point d’entrée direct. Sur la page plinko, je trouve rapidement des explications, des démonstrations, et des versions accessibles depuis le mobile. Cette porte d’accès m’évite de me perdre entre sites qui se ressemblent. J’y reviens souvent quand je veux vérifier une règle, un multiplicateur ou un détail d’interface, et je gagne quelques minutes à chaque fois. Je m’appuie aussi sur une structure d’article rigoureuse pour organiser mes notes et mes titres.

Ce que je vérifie avant de lancer la bille

Quand j’ouvre une version plinko en ligne, je commence par regarder la transparence du site et la fluidité de l’interface. Si la page se charge vite, si les contrôles répondent bien et si les informations sur les dépôts et retraits sont claires, je me sens déjà plus serein. Je ne cherche pas une promesse de miracle, je veux juste un cadre propre avec des mises que je peux ajuster sans stress. En France, je vérifie aussi que le site met en avant des outils de modération et des limites de session. C’est basique, mais je gagne en confort.

Comprendre le jeu plinko sans jargon

Je présente souvent le mécanisme comme un “lancer et regarde où ça tombe”. Je règle la mise, je choisis la colonne de départ, je clique, la bille part. Les rebonds sont imprévisibles, le résultat aussi. Je garde ça en tête pour éviter les illusions. Le jeu plinko n’a pas de raccourci secret. Je peux observer des tendances visuelles, mais la bille suit sa route libre. Ce rappel m’aide à ne pas m’emporter quand les coups s’enchaînent. Les versions “demo” aident à se faire la main avant d’essayer le plinko argent réel, surtout quand je teste un nouveau tableau ou une nouvelle vitesse d’animation.

  • Je commence par de petites mises pour sentir le rythme.
  • Je regarde si les commandes réagissent bien sur mobile.
  • Je teste quelques lignes de départ pour varier les trajectoires.

Après ces vérifications, je me concentre sur la lisibilité. Je préfère un casino plinko avec un panneau de mise clair, des multiplicateurs lisibles et un bouton “rejouer” qui ne force pas la main. L’ambiance sonore compte moins que la clarté. Si je ne trouve pas en deux secondes comment changer de mise, je ferme et je passe à une autre version.

Méthodes personnelles pour garder le contrôle

Je traite le plinko comme un jeu court. Quand je m’installe, je fixe une enveloppe, je décide d’un nombre de lancers et je m’y tiens. Cette habitude m’évite les sessions trop longues. Elle m’aide aussi à garder des souvenirs précis de ce que j’ai tenté. Ce n’est pas une science, c’est juste une routine simple. Pour moi, un bon plinko jeu doit être amusant à petite dose et compatible avec des pauses régulières. Si je sens que la tension monte, je coupe le son, je respire et je réduis la mise.

Rituels simples qui m’aident à rester lucide

Je note souvent trois ou quatre points qui m’aident à garder la tête froide. Ce sont des repères modestes, mais ils m’évitent de glisser vers des montants qui ne me conviennent pas. Quand je joue au plinko france, je retrouve ces mêmes repères sur plusieurs sites, avec des outils similaires de rappel et de limite.

  • Je définis un budget par session et je le respecte.
  • J’alterne des lancers lents et rapides pour casser la routine.
  • Je sauvegarde une partie d’un gain net au lieu de tout réinvestir.

Je garde toujours en tête que les plinko jeux reposent sur le hasard. Cette idée, simple, me fait du bien. Je peux augmenter la mise ponctuellement pour le frisson, puis revenir à un niveau confortable. Je préfère aussi des sessions courtes, car la fraîcheur d’esprit améliore mon plaisir de jeu. Quand la session est finie, je ferme l’onglet et je passe à autre chose.

Trouver des versions fiables en France

Je compare plusieurs plateformes avant de garder une favorite. Quand une page affiche un historique de lancers, un mode d’essai et des informations sur les retraits, je la place en haut de ma liste. Je me méfie des promesses bruyantes et des interfaces trop chargées. L’esthétique, c’est bien, mais je mets la priorité sur la stabilité et la clarté. Je regarde aussi si la version s’adapte à l’écran du téléphone sans boutons minuscules. Le confort visuel me permet de prendre de meilleures décisions sur la mise.

Indicateurs utiles sur une page de casino

Avant d’ajouter un site à mes favoris, je parcours les sections d’aide. Je lis les infos sur les méthodes de dépôt, les seuils de retrait et les délais. Je veux voir un service client disponible et une page qui explique les règles sans détour. Cette partie est un peu moins fun, mais elle évite des surprises par la suite. J’apprécie aussi les pages où je peux basculer en mode sombre, désactiver les sons et régler la vitesse de chute de la bille.

  • Historique des derniers lancers consultable à la volée.
  • Mode démo accessible sans procédure lourde.
  • Explications claires sur mises et multiplicateurs.

Entre deux comparaisons, j’aime garder un mémo rapide des points que je regarde. Cela m’aide à ne pas oublier un détail comme la limite minimale de retrait. Pour fixer ces repères, je me sers souvent d’un tableau synthétique qui me sert de pense-bête quand je découvre une nouvelle version.

Voici un aperçu que je remplis pour moi-même avant de garder un site :

😊 Repère Description Ce que j’en fais
🚀 Vitesse Réglages de la vitesse de chute Je choisis lent au début, puis j’accélère
🎁 Bonus Présence de freebets ou tours gratuits Je teste en démo avant de profiter d’un bonus
🔑 Compte unique Connexion simple entre jeux Je gagne du temps pour passer aux jeux plinko

Après ce passage en revue, j’essaie de quelques lancers pour valider mes impressions. Si tout est fluide, je note le site dans ma liste courte. C’est seulement après ces tests que je tente une ou deux mises un peu plus hautes, et encore, pas à chaque session. Quand je veux un point de repère rapide, je retourne vers plinko casino, car la page centralise des explications utiles et des accès directs. Cela m’évite d’ouvrir dix onglets pour faire la même chose.

Petits repères pour progresser sans se crisper

Avec le temps, je me suis rendu compte que le plinko, c’est surtout une question de rythme. Je garde des sessions de dix à quinze minutes. Je varie la mise par paliers, sans gestes brusques. Je ne cherche pas un système, je cherche un confort. Cette manière de jouer me laisse disponible pour autre chose après, sans fatigue ni remords. Si je sens une impatience, je reviens au mode démo et je reprends la main. Les jeux plinko ne demandent pas une mémoire de règles, juste un cadre qui me convient.

Sessions d’essai et usage du mode démo

Le mode démo m’a beaucoup servi pour comparer les interfaces. Je regarde comment le bouton de mise réagit, si je peux rejouer vite, si la bille reste lisible sur petit écran. Cette phase me coûte zéro, et je gagne une vision plus nette de ce que j’aime ou pas. Je trouve que le passage du mode démo au plinko argent réel est plus simple quand l’interface reste identique. Je garde la même logique de mise, je ne change rien d’un coup.

  • Je fais 20 à 30 lancers en démo pour sentir la table.
  • Je note si la version surcharge l’écran avec des éléments inutiles.
  • Je vérifie que la page garde ma mise entre deux lancers.

Quand je me sens à l’aise, je passe sur une petite mise réelle. Je n’augmente que si je me sens calme. Si j’ai une bonne surprise, je garde une partie du gain pour abaisser la pression. Cette façon de faire m’a évité des emballements. Je ne cherche pas la performance, je veux que la session reste agréable. Quand je partage ces retours autour de moi, je vois que beaucoup ont la même approche. Le casino plinko devient alors un jeu court, clair, qui trouve sa place dans la journée sans la déborder.

Jouez quelques lancers, ajustez votre mise et testez une version sur mobile pour voir si elle vous convient ; si vous cherchez un accès rapide avec des explications simples, suivez les liens, lancez une bille et dites-moi ce que vous avez pensé de votre première session.

Guest post

 

Invincible : structure mélodique au lazer

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Le dernier album de Michael Jackson est une réussite sur plusieurs plans, malgré des convenances évidentes. Évocation infantile, lyrisme, adrénaline, chocs puissants, électriques, etc. Voici une critique de l’œuvre, morceaux par morceaux.

Unbreakable

Attention, déflagration. Un effet de style dance/R&B/pop. Un titre plein d’adrénaline avec sa boucle entêtante, obsédante et hypnotique. Une véritable bombe qui aurait mérité un clip (si MJ n’était pas aussi ravagé physiquement). Le refrain est assez mélodique, et surtout redoutablement efficace. Le bridge est plein de suspense et la partie rap explose avec ses effets de détérioration sur le riff de piano acoustique.

Heartbreaker

Production hasardeuse avec un son étrange qui fait penser à une grenouille (sic). L’exercice fait un peu pschitt. Vocalement, MJ se donne avec beaucoup d’énergie. Ça fait plaisir, mais l’ensemble est un peu trop kitsch.

Invincible

Malgré des sons new jack swing froids et métalliques, le titre groove pas mal. Une bonne surprise. Le morceau pulse, vibrant d’une vitalité contagieuse. Des éclats dans un exercice de style stimulant.

Break of Dawn

Un peu de chaleur avec des chœurs R&B un poil trop formatés. Un titre qui reste malgré tout agréable et coulant. Trop conventionnel, mais la voix est douce et évanescente.

Heaven Can Wait

L’intro est belle, puis le refrain arrive trop vite et sans saveur particulière. Un morceau R&B comme on en faisait plein dans les 90’s. Les couplets ont le mérite de faire leur petit effet. Le titre est assez désinvolte et chaleureux, mais en dents de scie (refrains pas assez envoûtants comparés aux bons couplets).

You Rock My World

L’interprétation est moyenne. MJ chante avec trop de retenue. L’instrumentation est très réussie dans le final, par contre, particulièrement chiadée. Mais globalement, le titre est assez faiblard. Ni dansant ni excitant.

Buterflies

Quelle merveille ! Les percussions ne manquent pas de style, même si c’est du déjà entendu. Vocalement, c’est du sucre pour les oreilles. La voix de l’artiste déploie une palette d’émotions rares : murmure retenu, souffle effleurant, falsetto au-delà des nuages. Ce qui frappe, c’est la modernité tranquille du morceau. Un plaisir raffiné pour fin gourmet.

Speechless

Michael aime cette chanson, et ça se ressent avec une performance vocale aux petits oignons. Selon le roi de la pop lui-même, il a composé ce morceau en un seul jet, « en une seule fois ». L’intro et l’outro emballent le titre dans un superbe papier-cadeau. Speechless, placé au cœur de l’album, brille comme un contrepoint secret : une pause suspendue entre deux éclats électroniques. Un bijou, même si tout se termine de manière un peu expéditive. Un titre idéal pour une comédie romantique.

2000 Watts

Influences drum’n’bass originales. Délire industriel électro-funk. Un titre non pas dansant, mais une expérience excitante. On adhère totalement. La voix pitchée vers le bas agit comme un véritable instrument moderne qui colle à l’ensemble. Électrique. Magistral.

You Are My Life

Mièvre et peu inspiré. Les vocalises sonnent juste, mais l’ensemble est trop conventionnel.

Privacy

Michael veut régler ses comptes, mais en oublie la musicalité. Inaudible. Encore plus raté que Tabloid Junkie.

Don’t Walk Away

Très belle ballade. Joli mélange guitare/voix. Une mélodie vocale qu’on pourrait siffloter en marchant les mains dans les poches. L’ensemble est suave et romantique. La production, tout en sobriété, évoque une parenthèse de vérité. Les percussions sont chaudes. Le piano discret. Une merveille.

Cry

Un très bel hymne. Le beatbox est efficace et la mélodie émouvante. Un brin caricatural quand on connaît les autres titres du genre dans sa carrière, mais ça fonctionne très bien. On est facilement emporté.

The Lost Children

Quel joli morceau ! Un Michael comme on l’admire, désarmant de sincérité. Un titre qui fait rêver. Les chœurs d’enfants donnent des frissons. Michael est dans son élément. Il chante ce qu’il aime. On aurait envie de vivre avec lui à Neverland.

Whatever Happens

Chef-d’œuvre ! Les sifflements et la guitare, dans un style bluesy, annoncent la couleur, avec un suspens haletant. Puis le choc, le retentissement vocal. Rythmique feutré. Percutions chaude. Michael lutte et souffre pour sortir les notes, mais ça accentue le côté  « dépassé par les événements ». Il rage. Sa voix est tour à tour caressante et implorante. On sent, derrière chaque inflexion, l’urgence de sauver quelque chose. Le tout est un mélange de douceur et d’adrénaline.

Threatened

Plutôt clubbin’. Mid tempo bien arrangé et assez efficace. En revanche, le refrain ne résiste pas aux répétitions.

Au final, un très bon album soul/R&B/pop dans l’absolu, mais qui manque d’implication (si la plupart des titres sont coécrits par le roi de la pop, seule The Lost Children et Speechless sont purement de son fait). À réécouter toutefois avec plaisir. À découvrir. Invincible mêle prouesse technologique et émotion pure. L’artiste y questionne son époque tout en rappelant, de plusieurs souffles, que la pop reste un art du cœur. Un Michael Jackson, même décevant comparé à ses anciens disques cultes, reste toujours mieux que ce qu’on peut entendre dans la production FM actuelle. Un des derniers géants, avec Stevie Wonder.

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« L’Ogre » : Jean Dufaux revisite la guerre de Cent Ans

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Entre thriller médiéval et fresque historique, le nouveau diptyque de Jean Dufaux et Juan Luis Landa nous entraîne dans les ruines du royaume de France, là où la faim d’un monstre croise la ferveur d’une pucelle. Une œuvre crépusculaire où la noirceur d’un ogre s’oppose à la lumière de Jeanne d’Arc.

La guerre de Cent Ans n’en finit pas de déchirer le pays de France. Nous sommes en 1427 : famine, brigandages et écorcheurs achèvent de ravager des terres déjà brisées par les armées anglaises. Le dauphin Charles, futur Charles VII, se réfugie à Chinon, impuissant face aux ambitions du roi d’Angleterre Henri VI. C’est dans ce décor de chaos et de désespoir qu’apparaît une créature effroyable, un tueur d’enfants que l’on surnomme « l’Ogre ». Un nom simple, archaïque, presque folklorique – mais derrière lui, une réalité d’autant plus glaçante qu’elle s’abat sur les plus innocents.

Jean Dufaux, scénariste chevronné, choisit d’attaquer de front cette époque trouble par la face la plus brutale : la guerre comme voracité, la guerre comme monstre. À travers ce personnage fictif, assassin borgne et affamé, il tisse une allégorie évidente : l’Ogre, c’est la guerre elle-même, celle qui avale villages et familles, qui broie les faibles et ravale toute humanité dans une boue sanglante. Mais il ne se contente cependant pas de ce symbole. Il lui oppose une figure, celle de Jeanne la Pucelle, qui s’apprête à entrer dans l’Histoire et à redonner souffle à un royaume moribond. La rencontre annoncée entre l’ombre et la lumière, entre l’homme défiguré par la faim et la jeune femme transfigurée par la foi, donne à ce récit une tension d’emblée captivante.

Le lecteur découvre, en même temps que le capitaine Guillaume de Blamont et ses hommes, les traces laissées par ce prédateur. Les villages sont à feu et à sang, les cadavres mutilés, les fillettes arrachées à leurs familles. Dans ce monde où la cruauté est monnaie courante, l’Ogre se distingue par une sauvagerie encore plus abyssale. Dufaux emprunte ici à Victor Hugo une veine toute romantique : celle de la monstruosité qui dissimule une âme, du grotesque qui côtoie la grâce. Comme Quasimodo dans Notre-Dame de Paris ou Gwynplaine dans L’Homme qui rit, l’Ogre n’est pas seulement une bête. Derrière ses crimes, il porte une faille intime, un passé brutalisé où il devait disputer aux chiens sa nourriture, et peut-être la possibilité d’une rédemption lorsqu’il croise la route de Jeanne.

Pour incarner cet univers sombre et en proie à la violence armée, il fallait un trait capable de restituer à la fois l’horreur et la majesté. Juan Luis Landa déploie ici une maîtrise saisissante, avec un dessin réaliste, fluide et précis, qui donne vie aux batailles, aux villages incendiés, aux élans humains horrifiques. Le regard borgne de l’Ogre, les visages épuisés des soldats, la noblesse fragile de Jeanne : tout est là.

La couverture, panoramique elle-même, se présente comme une fresque : cavaliers, bannières, lances croisées, un tumulte visuel qui annonce d’emblée le souffle épique de l’album. En fin de volume, un dossier documenté replace les personnages historiques dans leur contexte : un précieux complément qui enrichit la lecture sans en briser la tension romanesque.

Ce premier tome installe le décor : l’ombre d’Azincourt, la fragilité du dauphin Charles, les divisions françaises, l’apparition de Jeanne, et la traque de ce tueur d’enfants qui met à nu les failles d’un royaume. Tout y est : suspense, complots, chevauchées, massacres et espoirs. L’Ogre se déploie comme un conte noir, une parabole sur la monstruosité humaine et la possibilité d’une rédemption. 

L’Ogre, Jean Dufaux et Juan Luis Landa
Éditions Glénat, 24 septembre 2025, 112 pages

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« Picsou et les Bit-coincoins » : quand Picsou découvre le monde moderne (à ses dépens)

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Les temps changent, même à Donaldville. À l’ère des influenceurs juniors, des fortunes volatiles et des prisons connectées, Picsou n’a plus vraiment la main sur la manivelle de son coffre-fort. Dans Picsou et les Bit-coincoins, Jul et Keramidas signent un album irrésistible de malice et de satire, où le canard le plus riche du monde tente de surnager dans l’économie numérique… à coups de scrolls, de scams et de selfies flous.

Il est là, toujours en redingote rouge, haut-de-forme vissé et lorgnon prêt à jaillir d’un froncement de sourcil. Mais voilà : Picsou n’a plus la cote. Les cryptomonnaies ont remplacé les pièces sonnantes, les « followers » valent plus que les fortunes, et les neveux sont devenus des influenceurs spécialisés dans le décryptage de vidéos.

Face à lui, un nouveau prédateur : Carsten Duck, start-uppeur bodybuildé, hacker de génie et palmé jusqu’à l’arrogance, qui ne rêve que de siphonner la fortune virtuelle de son illustre aîné. Pour cela, il recrute les Frères Rapetou, fraîchement réinsérés grâce à un programme sponsorisé par… lui-même. Évidemment.

Le coup de génie du récit, c’est de croiser la trame traditionnelle des aventures de Picsou (le coffre, les cambriolages, les inventions de Géo Trouvetou…) avec des enjeux résolument contemporains : volatilité des actifs numériques, image publique, storytelling de soi et glissement du capital tangible vers le capital symbolique. Dans ce monde-là, le millionnaire doit tout réapprendre, souvent à grande peine et avec légèreté.

Mais Jul ne s’arrête pas à la satire. Il ajoute une couche d’émotion douce-amère à travers le retour de la vulnérabilité de Picsou. Ruiné, moqué, largué par la tech, le vieux canard tente une reconquête… cinématographique. Il tournee un biopic : « Rich Duck », film intimiste et « caméra à l’épaule », pour attendrir les foules. Il récolte quelques sous sur « Cuicui-Bankbank », le site de crowdfunding local, et met le projet en production. Mais tout ne se passe pas comme prévu.

Tout est là : l’ironie mordante sur les nouvelles formes de légitimation sociale, les clins d’œil à notre époque saturée d’images, et ce petit miracle de narration qui fait que même les gags les plus absurdes parviennent à servir une histoire cohérente, attachante et profondément drôle.

Graphiquement, Keramidas s’en donne à cœur joie : une ligne fluide, des expressions hilarantes, des décors aux mille détails (mention spéciale au volcan privatisé), et un sens du rythme parfait pour soutenir les dialogues à double fond. Un style à la fois old-school et furieusement vivant, qui restitue à merveille l’univers Disney tout en le tordant avec malice.

En refermant l’album, on sourit. Parce que Picsou reste Picsou, et que même ruiné, il brille d’un éclat indémodable : celui des héros dépassés, mais jamais défaits. Parce qu’on aime le voir râler, échouer, puis renaître sous les projecteurs d’un festival où il s’endort au moment de recevoir la Palme. Parce qu’au fond, on avait presque oublié à quel point on l’aimait.

Picsou et les Bit-coincoins, Jul et Keramidas
Glénat, octobre 2025, 56 pages

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4

« Un flic sous l’Occupation » : l’ombre du crime

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Un polar tendu dans le Paris occupé, où la frontière entre justice et compromission s’efface dans la grisaille de l’Histoire. Philippe Richelle et Jean-Michel Beuriot reviennent aux années noires pour interroger, à travers le destin d’un inspecteur, les dilemmes moraux d’une police prise dans l’étau de la collaboration.

Bienvenue dans le Paris des années 1940, où l’ombre allemande s’étend sur les façades et les consciences. C’est dans cette atmosphère d’angoisse et de suspicion que Richelle et Beuriot installent leur nouvelle série. Un polar historique, mais surtout une interrogation éthique : comment faire son métier de policier dans une France devenue État policier ?

Au cœur du récit : l’inspecteur Marsac, épaulé de Brunet et Mercadier, enquête sur un double meurtre sordide : un couple âgé, cambriolé puis exécuté avec une froideur méthodique. Les circonstances rappellent à Marsac le mode opératoire d’un certain Lucien Grenier, tueur arrêté avant-guerre et que la justice aurait dû garder sous clef. Mais l’Occupation redistribue les cartes : Grenier, libéré par les Allemands, coule désormais des jours confortables à Neuilly en travaillant pour les officines de l’Occupant. Le scandale n’est pas isolé : truands et repris de justice grossissent les rangs de cette collaboration utilitariste, où la délinquance trouve une nouvelle légitimité, un nouveau costume.

Richelle, familier de ces reconstitutions où l’intime rencontre la grande Histoire, et Beuriot, dont le dessin réaliste avait déjà donné chair à Amours fragiles, scrutent ici les bas-fonds d’une société pervertie par l’Occupation. Leur récit plonge dans la dualité de cette époque : la tentation de démissionner (comme le commissaire Fleury, qui refuse de se compromettre), ou celle de continuer à « faire le travail », malgré les compromissions inévitables. Car dans le Paris de 1941, tout devient affaire de choix – choix d’un métier, d’une loyauté, parfois de survie.

Loin des exaltations de la Résistance, l’album s’attache aux nuances grises : petits trafics, arrangements, complaisances. Mercadier lui-même, jeune inspecteur, vacille entre devoir et convictions, tandis que Marsac se retrouve face à son pire paradoxe… L’inversion des rôles dit tout de la fragilité de cette période, où les repères se brouillent, où l’ordre et le désordre échangent leurs uniformes.

Le titre même, Un flic sous l’Occupation, résonne avec une filiation cinématographique assumée. On pense forcément à Melville (L’Armée des ombres, puis Un flic en 1972). Mais là où Melville exaltait la grandeur sacrificielle des résistants, Richelle et Beuriot s’intéressent aux coulisses, aux couloirs obscurs, aux visages anonymes contraints de naviguer dans la compromission.

Ce premier tome, annoncé comme l’ouverture d’un diptyque, installe une tension durable : polar rigoureux dans sa mécanique, fresque historique dans son arrière-plan, il ouvre surtout une réflexion intemporelle. Car au-delà de l’Occupation, la question demeure, brûlante et sans réponse : qu’aurions-nous fait, nous, face à ces dilemmes, dans cette zone grise où l’héroïsme n’est jamais certain et la compromission souvent plus simple ?

Un flic sous l’Occupation, Philippe Richelle et Jean-Michel Beuriot
Glénat, octobre 2025, 56 pages

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4

« Affiches de cinéma » : une autre histoire du septième art

Une affiche n’est jamais neutre : elle contient une promesse, elle doit séduire, elle fabrique des icônes. Le superbe ouvrage Affiches de cinéma (Citadelles & Mazenod) en donne la preuve éclatante en grand format et à travers 220 images qui couvrent plus d’un siècle d’histoire, des premiers films muets aux blockbusters du XXᵉ siècle. Loin de n’être que simples outils de promotion, ces affiches dialoguent avec leur époque : elles traduisent les mutations du cinéma, ses révolutions techniques et esthétiques, mais aussi les bouleversements politiques et sociaux qui traversent le siècle. Cela tombe bien : Dominique Besson fait entrer en résonance l’histoire du septième art, sur laquelle il revient longuement, et son imagerie promotionnelle.

À la fin du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ, le cinéma est encore une curiosité foraine. Les affiches empruntent leurs codes au théâtre et au cirque : lithographies flamboyantes, typographies monumentales, silhouettes figées. L’affiche ne raconte pas encore un film, elle vend une attraction. Mais déjà, les visages de Méliès ou de Chaplin deviennent reconnaissables, et l’imagerie contribue à installer le cinéma comme art populaire.

Avec l’avènement du parlant, l’affiche change de statut : il faut désormais traduire la voix, la musique, l’émotion. Dans les années 1930, Hollywood impose son star system, et l’affiche devient le sanctuaire des icônes : Garbo, Dietrich, Gable, Bogart. Mais en Europe, d’autres graphismes émergent : expressionnisme allemand, élégance française, premiers portraits stylisés. Chaque image fixe une silhouette et tend à transformer l’acteur en mythe vivant.

Les années 1940-1950 révèlent la double fonction de l’affiche : miroir du réel et fabrique de fantasmes. En France et en Italie, le néoréalisme choisit des images sobres, quasi documentaires : La Bataille du rail, Le Voleur de bicyclette, La Strada. L’affiche devient alors témoin d’une époque marquée par la guerre et ses cicatrices. Aux États-Unis, au contraire, l’imaginaire s’envole : les affiches de films noirs (Gilda, Le Grand Sommeil) saturent l’espace de mystères, de néons, de femmes fatales et de détectives solitaires. L’affiche dramatise et stylise ce que le film insinue.

La décennie 1960, marquée par la Nouvelle Vague, bouleverse aussi l’art de l’affiche. Les jeunes cinéastes français refusent le clinquant hollywoodien et choisissent des visuels plus épurés, inspirés du collage, de la photo volée, du quotidien. Les Quatre Cents Coups ou À bout de souffle traduisent par leurs affiches la spontanéité, la liberté, l’invention stylistique de cette nouvelle génération. En parallèle, l’Italie de Visconti ou Antonioni propose des images flamboyantes, où le design moderne épouse les tensions existentielles de l’époque. Quant aux États-Unis, ils osent la provocation : Lolita de Kubrick, avec ses lunettes en cœur, condense à elle seule une authentique révolution des mœurs.

Le Nouvel Hollywood apporte une imagerie en rupture : plus sombre, plus réaliste, plus politique. L’affiche de Taxi Driver renvoie l’image d’une Amérique désabusée, où le héros se mue en antihéros solitaire. De même, Orange mécanique de Kubrick choque par son design géométrique et sa violence stylisée. Mais dans le même temps, les affiches des blockbusters naissants (Les Dents de la mer, Star Wars) inventent une esthétique spectaculaire, saturée de couleurs et de typographies monumentales : elles annoncent l’ère de la consommation de masse.

À mesure que le cinéma se mondialise, l’affiche devient un terrain de tensions entre standardisation et singularité. Si le marketing tend à uniformiser les codes, les créateurs continuent d’imprimer leur marque, de Saul Bass à René Ferracci. Le livre Affiches de cinéma révèle ainsi la fonction profonde de ces images : elles ne se contentent pas de « vendre » un film, elles condensent une époque, elles forgent des légendes et construisent une mémoire visuelle parallèle à l’histoire du septième art.

L’affiche et le cinéma avancent ainsi ensemble dans une relation dialogique : l’affiche traduit les innovations du film, mais en retour, elle impose des images qui marquent davantage que certaines séquences elles-mêmes. Rita Hayworth en robe noire sur Gilda, Sue Lyon en lolita provocatrice, De Niro errant dans la nuit new-yorkaise : ce sont des visions d’affiches autant que de cinéma.

En parcourant cet ouvrage, on comprend que l’histoire du cinéma n’est pas seulement faite de salles obscures et de pellicules. Elle est aussi imprimée, collée sur des murs, offerte aux passants, jusqu’à devenir patrimoine commun. 

Affiches de cinéma, Dominique Besson
Citadelles & Mazenod, septembre 2025, 216 pages

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4.5

« Les Enfants cachés » : innocence volée

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Ils n’étaient encore que des enfants. On les a arrachés à leur mère, travestis en catholiques, cachés dans des greniers, dispersés à la campagne, confiés à des inconnus qui pouvaient être des Justes… ou des bourreaux. Les Enfants cachés, dirigé par Jean-Pierre Guéno et Serge Le Tendre, rassemble une polyphonie de récits où la mémoire d’enfants juifs sauvés de la Shoah se décline dans des styles graphiques disparates, mais toujours avec intensité.

Chaque chapitre prend la forme d’un portrait, où l’on passe du texte et de la photographie aux planches dessinées. On y rencontre Catherine et sa mère Clara, séparées à Paris dans la tourmente de 1942, l’une envoyée à la campagne, l’autre restée pour combattre. Leur photographie, préservée comme une relique, témoigne d’un arrachement douloureux. Il y a ensuite Irène, née à Riga, laissée seule après la rafle de ses parents, condamnée à errer dans les rues de Paris, dormant dans les cages d’escalier, se nourrit de quelques raisins. À travers ses mots, l’on sent moins l’héroïsme que la fatigue et la peur nue de l’enfant livré au silence. Il y a Robert, 11 ans, à Metz, séparé de ses frères et sœurs dans un hangar où les Allemands collectaient bijoux et cartes d’alimentation. Lui seul, déclaré français, sera mis à part : ce geste le sauve… mais l’isole à jamais. 

Ces histoires personnelles conditionnées par l’Occupation, Les Enfants cachés en regorge. Margot est devenue « Marguerite » à la faveur d’un baptême forcé, condamnée à apprendre à se taire, à ne « plus être juive », jusqu’à éprouver une haine muette contre sa propre famille. Son récit dit beaucoup de la confusion identitaire, la dépossession de soi, l’impossible réconciliation entre ce qu’on lui faisait croire et ce qu’elle savait au fond. Martine, confiée très tôt, retrouve après-guerre des parents devenus des étrangers. Son père, géant aux lunettes épaisses, tente de regagner l’enfant par des gestes tendres, mais c’est un pot de beurre jaune qui cristallise finalement la scène. Une nourriture rare, interdite, convoitée. Solange, elle, tombe entre les mains de la « mère Lulu » et de son mari. Elle est « choisie comme le serait un petit animal ». Exploitation, humiliations, et, dans l’étable, le viol répété par un homme puis par d’autres. L’horreur en action. 

Dans cet album, sauvetage et destruction se confondent, la protection promise se mue parfois en enfer. Dans ses dernières pages, on suit un groupe de survivants à Auschwitz. La bande dessinée juxtapose alors les pas des visiteurs et les images mentales des disparus : les cris, la chaleur des fours, la conviction que ses parents sont encore dedans… La mémoire n’est pas un musée dont on refermerait les portes à sa guise, mais une blessure toujours béante. La diversité des registres graphiques et narratifs est quant à elle totale : chaque récit est confié à un dessinateur différent, chacun adaptant son trait à une matière intime. Certaines pages sont réalistes, presque documentaires ; d’autres, brumeuses, lacunaires, à l’image de souvenirs fragmentés. Parfois la couleur explose, parfois tout se réduit à l’ombre sépia d’une photographie.

Ces enfants, devenus adultes, portent encore la marque de leur enfance volée. Leurs récits n’édulcorent rien : la peur, la honte, la haine intériorisée, mais aussi les gestes de tendresse, les rencontres qui sauvent, l’effort inlassable de survivre. Alors, pourquoi lire ce livre ? Parce que 60 000 enfants juifs ont survécu en France grâce à des Justes, mais aussi malgré l’indifférence et des trahisons. Parce que leurs voix, longtemps silencieuses, composent ici une fresque qui ne relève ni du monument froid ni de la commémoration figée, mais d’une mémoire incarnée. Les Enfants cachés est un livre de vie arrachée, de mémoire fissurée, de cicatrices transmises. Un recueil polyphonique qui fait entendre ce que l’on aurait voulu taire, mais que l’art, dans sa puissance sensible, transforme en témoignage inoubliable.

Les Enfants cachés, collectif
Éditions Soleil, septembre 2025, 104 pages 

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4.5

« The Big Burn » : le grand incendie des âmes

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Dans The Big Burn, les véritables flammes ne viennent pas des enfers : elles brûlent dans les replis du désir, de la trahison et de l’amour défait. Joe Henderson et Lee Garbett charpentent un récit dans lequel le Diable se nourrit de la détresse et des frustrations humaines.

Tout commence comme un polar : Owen et Carlie, duo de braqueurs à la Bonnie & Clyde, se découvrent par hasard lors d’un casse. Leur plan dérape quelque peu, et dans leur cavalcade, les deux futurs amants apprennent à s’apprécier. Les dialogues le disent avec ironie : « Et ton plan, c’était de te préparer minutieusement à toute éventualité sans pour autant pouvoir entrer dans le coffre ? » Leur relation se construit sur ce mélange explosif d’adrénaline et de maladresse, de calcul et de chaos.

Puis la justice les rattrape, et avec elle, l’irruption du surnaturel. Enfermé, Owen prie, supplie, offre tout pour sauver Carlie. Mais la réponse ne vient pas d’en haut. Elle surgit du bas, d’un homme aux longues tresses, en costume clair, dont la simple présence envahit la cellule d’une sorte de cendres charbonneuses. Le Diable n’a pas besoin de se présenter : il s’installe, accorde le pacte sans même le formuler, et rappelle que la monnaie d’échange n’a rien de matériel : « Votre liberté contre vos âmes. » Joe Henderson a l’intelligence de ne pas faire du Prince des Ténèbres un démon de caricature, mais une figure affable, presque élégante, qui se joue de ses victimes comme d’un public conquis.

C’est alors que le récit bascule. L’Enfer prend la forme d’un casino monumental, théâtre parfait des illusions et des espoirs inassouvis. « Rien n’est plus ennuyeux qu’une torture incessante », explique le Diable. La véritable punition, c’est la promesse perpétuellement différée, « toucher du doigt son rêve sans jamais pouvoir l’atteindre ». De ce décor surgit une évidence : l’Enfer n’est pas l’autre monde, il est notre monde amplifié, saturé de désirs, de jeux et de péchés. « On croirait qu’ils l’ont créé juste pour moi », se délecte l’hôte infernal en guidant Owen parmi les tables de jeu.

Le « braquage ultime » d’Owen et Carlie se prépare cependant. Il consiste à voler leurs âmes dans l’Enfer-casino du Diable. Car sans elles, ils ne ressentent plus rien, ils sont vivants mais vides. Toute la seconde partie du récit tourne autour de cette préparation : recruter une équipe de désespérés, élaborer un plan et surtout trouver le moyen de « mourir » pour descendre en Enfer… puis de revenir. Ce n’est pas un simple casse à la Ocean’s Eleven. Le braquage n’est pas seulement technique, mais aussi psychologique et existentiel. Le Diable a enfermé leurs âmes dans une chambre forte, mais il les tient surtout par leurs failles : leurs péchés, leurs culpabilités, leurs mensonges, leurs désirs… 

Le Diable, pourtant, n’est pas si éloigné d’eux qu’il le croit. Lorsque Carlie le provoque – « Vous êtes comme nous » –, il s’énerve, gronde et vacille. Derrière sa superbe, il cache la même faille : un vide impossible à combler, qu’il dissimule derrière le jeu et la manipulation. À cet instant, on comprend que The Big Burn n’est pas seulement l’histoire d’un pacte faustien transposé dans un polar : c’est une réflexion plus large sur la dépendance, sur cette incapacité à se libérer de ce qui nous détruit.

En fin de lecture, on garde ainsi l’impression d’avoir traversé une parabole moderne : celle d’un couple qui croyait jouer avec le feu, mais qui a découvert que l’incendie venait de l’intérieur. Le grand coup, le « braquage ultime », n’était peut-être pas de récupérer leurs âmes, mais de réaliser qu’elles leur avaient échappé bien avant le pacte. On en prend conscience au détour d’un récit haletant, rondement mené et terriblement efficace. 

The Big Burn, Joe Henderson et Lee Garbett
Delcourt, septembre 2025, 168 pages

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4

« Success Story » : généalogie des vies multiples

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Et si les archives, les papiers froissés et les portraits oubliés pouvaient raconter, mieux que les romans, l’extraordinaire complexité d’une vie ? Dans Success Story (Delcourt), Fabien Grolleau et Nico Cado suivent Jeanne et Angelo, deux “généalogistes successoraux”, lancés à la poursuite d’un héritage qui n’a rien d’ordinaire. De Venise à l’Ukraine, en passant par le Canada, ils exhument les mille vies de Suzy Godart, alias Anna, alias Suzanne, alias… autant de noms pour dire la survie, la fuite et la résilience.

On pourrait d’abord croire à une comédie légère : Jeanne, pétillante et pragmatique, doit canaliser Angelo, vieil excentrique à l’ego parfois aigu, entre verbiages et intuitions de génie. Le duo fonctionne selon une mécanique burlesque, presque théâtrale. Mais tout bascule vite vers le drame : derrière la question d’un appartement parisien resté fermé depuis 1942 se profile la grande Histoire, celle des persécutions, des camps, des exils.

Car Suzy Godart, la “gentille mamie” décédée, se révèle plutôt insaisissable : femme aux identités multiples, elle fut Anna Notkin, née en 1910 en Pologne ; Anna Wakowsky, mariée à un peintre promis à Paris ; Suzanne Harlong, survivante des heures noires ; Suzanne Godard, commerçante respectée d’une petite ville française. À chaque nom, un fragment de vie, une strate d’Histoire, un masque nécessaire pour traverser un siècle d’autant plus chahuté quand on a le malheur d’être juif.

Graphiquement, Nico Cado alterne avec souplesse entre un trait clair, vif, qui accompagne les bons mots et élans comiques du tandem enquêteur, et des planches plus sobres, presque sépia, quand le récit plonge dans les souvenirs de guerre. Cette variation donne à l’album un rythme singulier : un va-et-vient permanent entre la légèreté de la quête notariale et la gravité de ce qu’elle déterre.

Là où d’autres récits mémoriels se font pesants, Success Story avance avec une énergie presque ludique. C’est que Fabien Grolleau a choisi ici le mélange des genres : comédie de mœurs, roman d’aventures et chronique historique. Le résultat est surprenant, souvent drôle, et pourtant traversé par une émotion brute, notamment lorsqu’apparaît Vanya, enfant fragile devenue l’un des rares rescapés de Sobibor. Mais pas que, puisque l’on a affaire à deux familles relativement ignorantes sur leur histoire, à un « faux » pictural qui ne l’est pas tout à fait, à une femme résiliente qui se réinvente sans cesse dans le deuil, l’abandon et l’épreuve de la haine.

Le titre, Success Story, sonne comme une ironie douce-amère. Car si l’on célèbre la survie, l’émancipation, les combats, on ne perd jamais de vue le prix payé : la culpabilité des absents, les secrets tus, les identités effacées. Le lecteur ressort à la fois léger, emporté par l’humour d’Angelo, les trouvailles visuelles et les dialogues vifs, et lesté du poids d’une histoire qui n’est pas seulement celle d’une famille, mais aussi celle d’un siècle entier. Success Story nous rappelle qu’il n’existe pas de vie simple, pas d’existence sans zones d’ombre. Et que derrière chaque nom sur un registre, chaque appartement poussiéreux, peuvent se cacher des destins dignes d’un roman.

Success Story, Fabien Grolleau et Nico Cado 
Delcourt, septembre 2025, 120 pages

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3.5

« Malgré nous » : la tragédie des identités forcées

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Thierry Gloris et Marie Terray signent une fresque dense et sensible sur ces jeunes enrôlés malgré eux dans l’armée allemande. Une intégrale qui, malgré ses légères inégalités, marque durablement. Malgré nous est à découvrir aux éditions Soleil.

Louis Fischer n’a rien d’un soldat idéologique. Français de cœur, allemand par décret, il vit au quotidien l’absurdité d’une région annexée qui change de langue, de noms de rues et de références culturelles au gré des conflits. Sa famille illustre la fracture : un père mutilé de 14–18, acquis à l’Allemagne, un frère mort pour la France, et une mère qui tente de maintenir l’équilibre. Louis, lui, ne pense qu’à aimer Annette, la jeune fille qu’il rejoint en cachette. Mais dans une Alsace où la moindre incartade peut vous envoyer au front russe, ses illusions d’étudiant s’effondrent. De l’université à la Waffen-SS, il bascule, comme tant d’autres, dans un destin dont il ne voulait pas.

L’intégrale suit son parcours jusqu’à l’Ostfront, et au-delà. Là, le récit atteint une intensité particulière : la campagne de Russie, théâtre d’atrocités quotidiennes, se révèle à travers les yeux d’un jeune homme qui n’a rien contre les ennemis qu’on lui désigne. Les planches montrent les blessés entassés dans des infirmeries, les civils martyrisés, les camarades tombant un à un. Louis découvre malgré lui cette fraternité des armes qui transcende parfois l’idéologie, paradoxe d’une humanité qui survit jusque dans l’uniforme SS. Thierry Gloris donne ici à son personnage une voix intérieure juste, tour à tour révoltée, lucide ou désespérée.

Autour de Louis gravitent quelques figures symptomatiques de l’époque : Conrad Höffer, officier psychopathe nourri par une enfance brisée, utilise le nazisme comme une arme pour assouvir sa haine ; Olga, prostituée russe, incarne un bref refuge charnel au milieu du chaos ; Annette, restée en Alsace, rappelle sans cesse la vie qui aurait pu être. La résistance locale, peu équipée mais opiniâtre, traverse le récit comme un fil ténu d’espoir. Tous ces personnages dessinent un kaléidoscope de comportements face à la guerre : résignation, compromission, vengeance ou simple survie.

Malgré nous vaut aussi pour la maturité de son dessin. Réaliste, lumineux, parfois presque suranné, le trait épouse parfaitement la gravité du récit. Les couleurs directes, douces et nuancées, tranchent avec la dureté des événements, produisant un contraste parfois saisissant. L’intégrale permet par ailleurs de mesurer l’ambition globale de la série. La première partie, centrée sur l’Alsace annexée et la violence de l’occupation, frappe par sa densité morale. La deuxième, plongée sur le front russe, se hisse à un niveau remarquable d’intensité, peut-être le sommet de l’ensemble. La suite, en revanche, se délite quelque peu : intrigue d’amnésie, romance appuyée et résistances édulcorées donnent une impression de relâchement après la rigueur initiale. Mais pris dans son entier, Malgré nous demeure une fresque passionnante, dont le souffle emporte malgré les inégalités de rythme et de ton.

Plus encore qu’un récit de guerre, Malgré nous interroge la mémoire. Ces jeunes Alsaciens et Mosellans furent longtemps perçus comme des traîtres par une France oublieuse des contraintes terribles qui pesaient sur eux. En redonnant à Louis et aux siens leur complexité, Gloris et Terray rappellent qu’il n’y a rien de plus tragique que de perdre son identité au gré des frontières et des diktats. 

Finalement, l’intégrale de Malgré nous laisse une impression forte. L’inégalité des tomes n’empêche pas l’ensemble d’imposer une vision singulière, à la fois intime et historique, d’un drame aux douleurs longtemps insoupçonnées. Une lecture nécessaire, dont la sincérité et la puissance graphique en font un jalon précieux de la bande dessinée de mémoire.

Malgré nous, Thierry Gloris et Marie Terray
Soleil, septembre 2025, 200 pages

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4