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Mad God : un cauchemar légendaire

Il aura fallu trente ans pour que Phil Tippett, grand nom des effets spéciaux, mène son projet à bien. Et si l’ensemble pourra en rebuter par ses défauts et son côté hautement glauque, Mad God reste une indéniable réussite. Un film d’animation qui donne corps à un cauchemar et au génie d’un artiste, avec beaucoup de mérite et de savoir-faire.

Synopsis de Mad God Un Assassin surgit des abysses dans une cloche à plongée et s’enfonce au cœur d’un univers infernal peuplé de créatures mutantes et de scientifiques fous. Bientôt capturé, il devient la victime du monde qu’il est chargé de détruire…

Est-il encore utile de présenter l’artiste accompli qu’est Phil Tippett ? Fervent défenseur de l’animation en volume (ou stop motion), il a apporté sa contribution dans le domaine des effets spéciaux avec un immense mérite. Les premiers Star Wars, le Piranhas de Joe Dante, Le Dragon du Lac de Feu, Indiana Jones et le Temple Maudit, la trilogie RoboCop, Willow… tant de titres cultes des années 70-80 qui nous ont marqués par leur qualité plastique – si ce n’est plus pour certains d’entre eux ! Un homme de l’ombre qui a permis l’aboutissement visuel de bien des projets, pour les résultats que nous connaissons aujourd’hui. Un véritable artisan qui a su s’adapter – non sans difficultés, ne le nions pas – aux effets numériques, apportant ainsi son savoir-faire sur des films tout aussi ancrés dans l’air du temps : Jurassic Park, Cœur de Dragon, Starship Troopers… Bref, maintes fois récompensé et reconnu par ses pairs, le bonhomme fait partie de ces techniciens légendaires qui ont donné au cinéma fantastique/de SF ses lettres de noblesse. Aux côtés de grands noms tels que Willis O’Brien et Ray Harryhausen. Et si nous parlons aujourd’hui de lui, c’est pour la sortie de sa toute nouvelle réalisation, Mad God. Un film d’animation qui risque fort de vous marquer au fer rouge.

Si nous qualifions ici de « nouvelle réalisation », c’est que Phil Tippett n’en est pas à son premier coup d’essai. En effet, le cinéaste possède à son actif l’infâme Starship Troopers 2 : Héros de la Fédération, un grotesque DTV faisant honte au film de Paul Verhoeven. Mais le rédacteur de ces lignes ne lui en tiendra pas rigueur, voyant en cette erreur de parcours une excuse financière pour concrétiser Mad God. Car il faut savoir que ce dernier est le fruit d’un dur labeur qui aura mis trente ans à se mettre en place. Trois longues décennies durant lesquelles Phil Tippett aura mis tous ses moyens à disposition, du savoir-faire de son studio d’animation au financement de sa propre poche. Ce dernier passe également par un Kickstarter, afin d’apporter les fonds restants nécessaires à la finalisation de son ambition, celle de mettre sur pieds une vision cauchemardesque qui le hante depuis fort longtemps, le tout en mettant à profit son art de la stop motion. Et autant dire de suite que l’entreprise s’avère être une franche réussite !

Bien qu’imparfaite, il faut bien le reconnaître, la faute vient principalement du fait que Phil Tippett ne soit définitivement pas un réalisateur hors pair. En effet, les principaux défauts relèvent d’une question de mise en scène, venant nuire à l’impression finale. Une luminosité assez terne par moment rend certains passages illisibles (le combat entre les deux créatures géantes). Ou encore des plans, voire des séquences qui s’éternisent sans réelle raison – que ce soit les pas du protagoniste ou bien cette scène de dissection qui n’en finit pas –, alourdissant à l’excès l’action qui nous est présentée. Même constat en ce qui concerne l’écriture, tant celle-ci se révèle être un brin maladroite dans sa construction. En prenant le parti d’être un film muet et de faire des détours spatio-temporels (ellipses, flashbacks…), le scénario a bien du mal à prendre forme. Et pourra faire perdre patience à plus d’un spectateur lors des premières minutes du visionnage. Étant donné que celui-ci se présente sous la forme d’un enchaînement de scénettes et de péripéties montées bout à bout.  Bien évidemment, l’ensemble prend tout son sens au fur et à mesure que le récit avance jusqu’à un twist final révélateur. Mais pour en arriver là, le cheminement pourra s’avérer pénible pour une partie du public.

Là où Mad God est la réussite citée plus haut, c’est bien par son impressionnante technicité. En alliant diverses figurines, décors faits à la main, effets spéciaux à l’ancienne (dont les incrustations à l’image), le montage et même « l’emploi » de véritables acteurs, Phil Tippett est parvenu à créer un univers sans pareil. Nous irions même jusqu’à dire que le réalisateur a accompli l’exploit de donner corps au plus effroyable des cauchemars. Celui qui suinte par tous les pores de violence, de douleur, de peine et surtout de désespoir. Entrer dans Mad God, c’est vivre une expérience d’un glauque rarement atteint, au risque de vous remuer l’estomac. C’est assister à une véritable descente aux enfers. Et c’est surtout découvrir un portrait hautement nihiliste de notre société et de notre humanité. Et ce par la puissance de l’image ! Car à défaut d’avoir un scénario facile d’accès, le long-métrage fourmille d’idées visuelles, d’un bestiaire malaisant et d’une ambiance apocalyptique. Tippett se permet même d’ajouter ici-et-là quelques notes de couleur, voire d’humour – celui-ci restant noir et ironique, cela va de soi ! –, sans que cela affaiblisse sa terrifiante atmosphère. Cela aurait très bien pu tomber dans le too much et donc le ridicule, mais l’ensemble fait preuve d’une indiscutable cohérence, aussi bien visuelle que sonore. Permettant à Mad God d’être captivant au possible, et ce malgré ses défauts cités précédemment.

Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas d’un film d’animation tout public. Âmes sensibles, s’abstenir ! Et encore moins à laisser à la portée des enfants ! S’il pourra remettre en question la santé mentale de Phil Tippett – reconnu comme étant une personne grandement dépressive –, Mad God se présente à nous comme l’œuvre ultime d’un artiste de renommée. Vous pourrez toujours revenir à des films plus « accessibles » sur lesquels il a travaillé par le passé ou bien vous jeter sur divers documentaires pour découvrir le travail du bonhomme, dont Des rêves et des monstres du même éditeur, Carlotta Films. Mais en aucun cas vous ne devez passer à côté de ce bijou d’animation. Faites fi de ces errances et laissez-vous emporter dans ce voyage cauchemardesque ! Ne serait-ce que pour faire honneur à l’immense artiste qu’est Phil Tippett et à tout ce qu’il a pu nous offrir, au cinéma mais aussi à nous, spectateurs, avides d’œuvres qui sortent de l’ordinaire.

Mad God – Bande-annonce

Mad God – Fiche technique

Réalisation : Phil Tippett
Scénario : Phil Tippett
Interprétation : Alex Cox (le dernier homme), Niketa Roman (l’infirmière / la sorcière), Satish Ratakonda (le chirurgien)…
Photographie : Phil Tippett et Chris Morley
Décors : Phil Tippett
Montage : Michael Cavanaugh et Ken Rogerson
Musique : Dan Wool
Producteur : Phil Tippett
Maison de Production : Tippett Studio
Distribution (France) : Carlotta Films
Durée : 83 min.
Genre : Animation
Date de sortie :  26 avril 2023
Etats-Unis – 2021

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3.5

Sur l’Adamant, Le bateau v/ivre de Nicolas Philibert

Avec dignité, juste mesure et empathie Nicolas Philibert nous embarque à quai Sur l’Adamant avec les patients d’un centre de jour psychiatrique. Portrait vertueux du cinéaste en écouteur-thérapeute certes, mais pas forcément document réaliste sur le paysage de la psychiatrie ! 

« Ils sont tous acteurs sans le comprendre« 

Sur l’Adamant est une expérience unique en son genre d’une autre psychiatrie possible. Fondée en 2010 sur une péniche amarrée port de la Rapée, ce centre de jour accueille des patients adultes souffrant de troubles mentaux ressortissant des 4 premiers arrondissements de Paris pour un suivi thérapeutique, organisé sous forme d’ateliers divers (poésie, cuisine, dessin, ciné-club, etc.) visant à favoriser l’autonomie et le vivre ensemble des malades.

Avec la psychiatrie, Philibert n’est pas un novice et il revient ici à ses obsessions cinématographiques : filmer une autre manière d’être soignant et une autre d’être patient. Il y a trente déjà il s’intéressait dans son Moindre geste à la Clinique de la Borde dirigée par le psychiatre Jean Oury qui vint révolutionner l’art de soigner les plus fragiles et ouvrir de nouvelles manières de penser le soin donc les relations entre les psychiatres et les patients. Il n’est guère étonnant de le voir s’intéresser à ce bateau psy avec sa délicatesse, sa modestie, son art de la bonne distance et son tact habituels.

Très doucement et sans jamais être intrusif, Sur l’Adamant suit pas a pas, presque furtivement, les allées et venues de ses hôtes, tout comme leurs interactions.

Ce que privilégie Philibert ici, ce ne sera jamais une parole de surplomb ou d’autorité. Les psychiatres n’y sont pas interviewés. Et même nous n’en verrons quasiment jamais, à une exception près : la présentation de la nouvelle responsable du lieu, Sabine Berlière, qui se déroule au même titre que les ordres du jour, tenus le lundi matin dans une ambiance chaleureuse, équilibrée, conviviale et sage.

Ces quatre vertus sont exactement celles du film qui définissent un modus vivendi et un protocole d’approche du cinéaste : jamais (sauf une fois) ne seront filmés les déséquilibres, les excès ou dirions-nous les folies de ces personnes. Sur l’Adamant se veut sage, égal et propose par conséquent une vision très plane et étale de la maladie mentale. Se dessine ici à la fois le parti-pris majeur du film et aussi sa limite. Pourquoi ce choix de la mesure absolue comme critère d’une communauté psychiatrique viable ? Pourquoi à tout prix cette régulation discrète présentée comme si c’était tous les jours ainsi ?

Le spectateur est en droit de se demander si cette règle de l’équilibre et de la modération est bien réelle, si elle vaut pour le temps du film seulement ou a lieu tout le temps, et si elle n’est pas un leurre bien pensant, un pansement peu lucide, une sorte de prothèse posée par le réalisateur pour contrer une certaine norme : celle qui consisterait à filmer la folie dans ses outrances, jaillissements et démesures (voir le Titicutt Follies de Frederick Wiseman).

Sur 1h48, ce qui intéresse Philibert c’est de s’attarder sur les personnes côtoyant régulièrement cette péniche, les individualités uniques davantage que les groupes, les liens de transmission tissés entre la caméra et ces personnes. Nous verrons ces patients tour à tour participer aux divers ateliers proposés. Nous les verrons donc en groupe et suivis par un animateur en dessin, cuisine et écriture. Réfléchir au futur programme du ciné-club et même compter leur propre argent redistribué au sein de l’association pour les cafés et autres dépenses nécessaires font également parti du lot.

Toutefois la caméra de Philibert ne vise pas à rendre compte du fonctionnement du lieu.

Elle s’attarde davantage sur les subjectivités et construit des portraits d’hommes et de femmes à travers leur souffrance, leur hobby, leurs propres marottes ou en dialoguant directement avec la caméra du cinéaste. La beauté bien sûr vient de la connexion orchestrée – comme une évidence – entre la caméra du documentariste et la parole des patients. Le lien, la proximité avec l’image semble aller de soi, jamais forcée ou violente, jamais conflictuelle. La encore le spectateur s’interroge : est ce possible ? Vrai ? Pourquoi effacer de la réalité psychiatrique et toutes ses aspérités puisque nous savons bien qu’il y en a ?  « C’est le traitement qui est indispensable, pas la communication » surligne un patient. « Sans traitement pas de communication, je ne serai pas là à vous parler, je me prends pour Jésus moi ou je sauterai dans la seine ». Manifestement Nicolas Philibert ne s’intéresse qu’aux conséquences du traitement psychiatrique : la communication. Sans le vouloir donc, son film ratifie la bonne santé d’un système qu’il semble dénoncer par ailleurs.

Chacun se confie spontanément, aisément et presque sans trouble. Cela donne des morceaux de bravoure assez attendus puisque comme le dit Francois l’un des patients qui ouvre le film : tous sont acteurs sans le comprendre !

Il faut entendre la grâce et toute l’infinie poésie de chacun. L’un décrit avec force les images mentales et de beauté performative comment il voit les hommes, avec un collier de barbe et une drôle de coupe de cheveux hirsute, se transformer en oiseaux et ceux-ci en piqûres. Un autre, sorte de clone de Gilles Deleuze, se prend pour la réincarnation de Jim Morrison et se voit pour l’éternité comme un personnage de Wim Wenders. C’est fluide, cohérent, aérien, dément. L’ensemble de ces paroles est fascinant. 

Nous ne pouvons pas ne pas être captivés et sidérés par ces personnalités hors normes. Cela interroge sur le statut si ténu entre l’artiste et le fou.

Il n’en demeure pas moins que l’on puisse aussi être agacé par cette constante. Jamais Sur l’Adamant ne montrera vraiment la souffrance ou l’impuissance tragique de ces personnes. Jamais nous n’aurons – sauf une fois – de crises, de débordements. Jamais un mot plus haut que l’autre. Comme si cet air de folie que Philibert filme avait le don d’être moins imprévisible, moins dur surtout, moins violemment sévère que la vie même.

Cela n’enlève rien à la sensibilité et à l’humanisme du projet. Mais cela questionne sur la réalité de ce que le film donne à voir, plutôt comme un portrait équanime du cinéaste en bateau v/ivre qu’une oeuvre réaliste et véridique sur la souffrance psychique.

Deux citations viennent ourler le film ou dire ce qu’il aurait pu être et l’une est de Fernand Deligny : « Il faut des trous pour que les images viennent se poser ». Aucun trou pourtant dans Sur l’Adamant, tellement pris et cerné dans le conventionnel d’un dire. Bien. Equitable. En bonne et dû forme.

Une autre citation d’un patient : « Vous pouvez faire des images sauvages ». Aucune image sauvage ici. Une domestication parfaite de la folie. En sortant de la salle, on aurait presque envie d’aller Sur l’Adamant pour oublier la folie et violence du monde réel et être bercé sous un ciel calme par le diamant de paroles sages.

Bande-annonce : Sur l’Adamant

Fiche Technique : Sur l’Adamant

Réalisateur : Nicolas Philibert
Par Nicolas Philibert
19 avril 2023 en salle / 1h 49min / Documentaire
Distributeur : Les Films du Losange
Directeur de la photographie : Nicolas Philibert
Montage : Nicolas Philibert, assisté de Janusz Baranek
Son : Érik Ménard, François Abdelnour
Mixage : Nathalie Vidal

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4

Trenque Lauquen : les jeux de l’amour et de la plume

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Film fleuve à la construction savante, Trenque Lauquen croise plusieurs histoires en un récit fort ingénieux qui rappelle le meilleur cinéma de Jacques Rivette. Ce chassé-croisé amoureux s’écoule en plus de 4 heures dans le vaste espace-temps d’une enquête, aussi sérieuse que loufoque, sur la disparition d’une femme… très recherchée. Somptueux !

Que les 4h20 ne rebutent pas les plus réfractaires aux fresques interminables, vous en redemanderez ! D’autant plus que ce film argentin de Laura Citarella – qui vient de recevoir le Prix de la Fémis au festival Clap (cinéma latino-américain de Paris) – sera projeté en France en deux parties dès le mois de mai prochain.
Ce fonctionnement en diptyque a souvent fait ses preuves. Citons quelques chefs-d’œuvre aussi différents que Smoking, No smoking d’Alain Resnais, les deux volumes de Kill Bill de Tarantino, ou encore, plus proche géographiquement de Trenque Lauquen, les deux films consacrés au Che par Steven Sodebergh : l’Argentin puis Guerilla
Bref, la recette fonctionne et a donné quelques pépites qui invitent les spectateurs à revenir en salle tout en laissant le temps et l’espace nécessaires aux réalisateurs pour développer leur propos.

Carte du tendre d’un triangle amoureux

Le temps et l’espace, parlons-en, justement.
Trenque Lauquen est une ville de la province de Buenos Aires où se noue l’intrigue, puis les intrigues. En deux mots, Laura, une jeune botaniste partie à la recherche d’une fleur aussi rare que mystérieuse, semble s’être volatilisée. Rafael, son compagnon, enquête sur sa disparition avec Ezéquiel, surnommé Chicho, dont les relations avec Laura restent longtemps inexpliquées.
S’en suit un long périple tragico-comique à travers la région, qui ramène irrémédiablement les deux hommes à leur point de départ : Trenque Lauquen.
On frôle le road-movie musical (longs trajets en voiture et bande-son très années 80-90) et le polar minimaliste avec enquêteurs dépressifs à la Phillip Marlowe dans The Long Goodbye (Le Privé de Robert Altman).
Parallèlement à la recherche de Rafael et Chicho, des flash-back et un montage-puzzle permettent de comprendre que Laura était elle-même en train d’enquêter sur une autre disparition, beaucoup plus ancienne. Les indices de ses propres recherches se trouvent dans une correspondance amoureuse dissimulée dans des livres de la bibliothèque municipale de la ville. Savoureuse, ô combien ! est la lecture de ces extraits, dignes des échanges épistolaires érotiques des plus grands auteurs !

Manipulation et jeux de rôles

Alors que les enquêteurs amoureux se découvrent eux-mêmes en train d’enquêter, nous entrons avec ravissement dans les différentes strates narratives. Le puzzle se construit sous nos yeux, et nous sommes autant captivés par la complexité du récit que par l’interprétation magistrale de tous les acteurs.
Impossible de ne pas évoquer l’étonnante Laura Paredes (déjà très remarquée en déménageuse survoltée dans Clementina, qui vient de remporter de Grand Prix du Clap festival) ; Ezequiel Pierri en impassible Chicho découvrant son petit cœur qui bat ; Rafael Spregelburg en novio paumé qui en apprend chaque jour un peu plus sur celle qu’il croyait connaître ; Juliana Muras prêtant sa voix mélodieuse à la solide chroniqueuse radio ; ou encore l’inquiétante et très enceinte Elisa Carricajo en pédopsychiatre fascinée par la monstruosité…

« Bizarre autant qu’étrange ! »

Tout en maintenant le cadre dans un réel bien ancré, la deuxième partie du film opère un glissement vers un autre genre : le mystère et le surnaturel. L’histoire noue – on ne peut pas ne pas y penser – quelques correspondances électives avec le cinéma de Rivette. On pense à Céline et Julie vont en bateau, Merry-go-round, Haut bas fragile, Secret défense…. Quant à la bande-son, elle accompagne fort à propos des scènes de plus en plus étranges.
La cinéaste nous ballotte sans cesse entre plusieurs ambiances, auxquelles viennent se mêler de grandes scènes conversationnelles que ne renierait pas Claude Sautet. Notamment les épisodes radiophoniques qui ont, eux aussi, un rôle important à jouer dans la construction des divers récits emboités et dans la résolution des intrigues.
Laura Citarella procède par glissements. Elle nous entraîne dans des univers surprenants, dont la succession donne de l’ampleur au film, qui croît autant dans ses thématiques que dans sa propre durée. Et à chaque fois on marche, on court, on vole, en se demandant ce que nous réserve le plan suivant.
Disons-le, sans bouder notre plaisir : plus c’est long, plus c’est bon !

Bande annonce : Trenque Lauquen

Fiche technique : Trenque Lauquen

Réalisation : Laura Citarella
Avec : Laura Paredes (Laura), Ezequiel Pierri (Chicho) Rafael Spregelburg (Rafael) Juliana Muras (Juliana), Elisa Carricajo (Elisa)
Pays d’origine : Argentine, Allemagne
Langue : espagnol
Distributeur : Capricci Films
En salle en France : 3 mai 2023 (première partie)

Evil Dead Rise : la tour de la terreur

Le mal ne meurt jamais, tout comme le petit diablotin qui a donné l’impulsion à Sam Raimi et sa saga Evil Dead. Ce « Rise » est loin de sonner faux dans son approche du gore jouissif, là où l’écriture semble plus convenue.

À plus d’un titre, le livre des Morts de Sam Raimi a bâti la solide réputation d’Evil Dead, une saga qui innove dans son langage visuel, où les protagonistes affrontent leurs démons de l’intérieur et de l’extérieur. Un pseudo-remake cartoonesque et Bruce Campbell à la barre de nouvelles nuits de terreurs, Evil Dead II et Evil Dead III : l’Armée des morts désamorcent l’angoisse viscérale du premier volet, jusqu’à tomber dans la parodie. Et quand bien même les mimiques du comédien restent inoubliables pour les fans d’horreur, son retour sur le câble fin 2015 fait le plein d’humour et d’hémoglobine, afin de dégraisser la tronçonneuse et le fusil à canon scié dans la série Ash vs. Evil Dead. Cet élan nostalgique interrompu, il ne restait plus grand-chose à inventer.

Délivrer le mal

Ce nouveau-né vient alors s’immiscer dans la même tambouille que le remake de 2013, de Federico Álvarez, un hommage bien gore qui n’empiète pas pour autant sur le montage nerveux et burlesque de Raimi. Autant dire que Lee Cronin a du pain sur la planche pour exister dans une saga très identifiée. Son expérience sur The Only Child, dont une mère doit délivrer son fils du mal qui le consume, lui vaut tout de même ce privilège, celui de relancer les Deadites sur le spectateur, dans un huis clos un peu maladroit dans sa démarche, mais admirable pour sa générosité. En somme, ce film est possédé par le désir de plaire au public avant toute chose, quitte à marcher dans les mêmes pas que ses prédécesseurs.

Il ne faudra pas très longtemps pour comprendre que Cronin lorgne beaucoup du côté du remake d’Álvarez, préservant le premier degré du frisson et loin du slapstick de Bruce Campbell, tout en surfant sur les relations entre les personnages. Moins sentimental que le volet précédent, on mise tout sur un nouvel environnement. À l’image de Scream VI, on déménage la vieille cabane dans les bois dans un appartement tout aussi délabré, au cœur de Los Angeles. Si le décor s’y prête bien, il faudra un temps d’acclimatation considérable avant que les festivités ne commencent.

Outre cette ouverture dont on retiendra un scalp particulièrement cruel, on nous fait comprendre que l’héritage de Raimi ne sera plus qu’un outil au service d’un manège démoniaque. La caméra n’est plus ce personnage à part entière qui dévore ses victimes de l’intérieur, mais tient davantage du clin d’œil. Et comme pour toutes les autres citations, la comparaison ne tourne pas à l’avantage du cinéaste irlandais.

Quand la terreur revi-gore

L’âme du projet réside bien dans un enrobage sanguinolent. La soirée de retrouvailles d’une famille va tourner au vinaigre pour peu que l’on ait la curiosité et l’audace de réveiller les morts. Cronin nous fait ainsi l’exposition d’une multitude de « fusils de Tchekhov », entre tensions familiales et d’éventuelles armes de déchiquetage massif, de la cuisine au salon et en passant par les hobbies décomplexés d’une petite fille (Nell Fisher) qui décapite ses propres poupées. Ellie (Alyssa Sutherland) est par ailleurs débordée de tâches ménagères et a donc toujours quelque chose dans la main pour s’occuper. Ce qu’elle en fera dans le deuxième acte n’a donc rien de rassurant, sachant où l’on met les pieds.

À l’opposée, la vaillante Beth (Lily Sullivan) n’a pas à pâlir de la performance des précédents survivors badass et recueille tout un tas de réflexes bienvenus. Elle aussi combat une détresse invisible, mais bien palpable, sur une maternité dont elle apprendra les usages dans un mode d’emploi express. Les trois enfants de l’appartement lui serviront ainsi de guide, mais également de comburant pour ce qui suit, à savoir une lutte acharnée contre une malédiction qui ne peut être vaincue que par une violence démesurée, old school et so groovy. Ce genre de mets nous fait digérer la dernière décennie de torture porn, dont Saw s’imposait comme la colonne vertébrale. De ce fait, l’intrigue ne perd pas l’occasion de faire grimacer le spectateur à chaque utilisation d’un ustensile de cuisine ou autres objets du quotidien, de la manière la plus indésirable possible. Ni femmes ni enfants ne sont épargnés dans ce jeu de possession et de massacre.

Ce genre de « remake du remake » reste une incantation qui porte encore ses fruits dans une entreprise qui n’hésite pas à verser autant de litres de faux sang qu’il faudra (pensée évidente à Stephen King). Et malgré des faiblesses évidentes, qui ne contournent aucun cliché, il s’agit ici d’un simulacre du dernier volet, sans pour autant s’éloigner des codes qui font d’Evil Dead Rise une honnête série B, celle qui tâche l’écran d’un plaisir gore, et que les fans apprécieront peut-être autant que l’impérial The Sadness l’an passé. C’est pourquoi Cronin pense à laisser le Necronomicon ouvert pour de potentielles nouvelles sensations.

Bande-annonce : Evil Dead Rise

Fiche technique : Evil Dead Rise

Réalisation & Scénario : Lee Cronin
Photographie : Dave Garbett
Musique : Stephen McKeon
Décors : Nick Bassett
Costumes : Sarah Voon
Montage : Bryan Shaw
Production : Warner Bros., New Line Cinema, Ghost House Pictures
Pays de production : États-Unis
Distribution France : Metropolitan FilmExport
Durée : 1h36
Genre : Épouvante-horreur
Date de sortie : 19 avril 2023

Synopsis : Alors que Beth n’a pas vu sa grande sœur Ellie depuis longtemps, elle vient lui rendre visite à Los Angeles où elle élève, seule, ses trois enfants. Mais leurs retrouvailles tournent au cauchemar, quand elles découvrent un mystérieux livre dans le sous-sol de l’immeuble, dont la lecture libère des démons qui prennent possession des vivants…

Evil Dead Rise : la tour de la terreur
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En bref : Le Comte de Monte-Cristo, Le Journal, Les Futurs de Liu Cixin et Marécage

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En bref : Le Comte de Monte-Cristo, Le Journal, Les Futurs de Liu Cixin et Marécage.

Monte-Cristo-Tome-02-avisLe Comte de Monte-Cristo (T02). Dans le roman Le Comte de Monte-Cristo, d’Alexandre Dumas, le jeune marin Edmond Dantès se trouve injustement emprisonné dans le sinistre Château d’If après avoir été accusé de conspiration. Il s’échappe après une longue captivité, découvre un trésor sur l’île de Monte-Cristo et adopte la nouvelle identité du Comte de Monte-Cristo. Grâce à sa fortune nouvellement acquise, il peut entamer une vengeance froide et méthodique dirigée contre ceux qui l’ont trahi, tout en aidant les innocents et en cherchant la rédemption. Le récit est sous-tendu par une histoire d’amour avortée avec une belle jeune femme prénommée Mercédès, qu’il retrouve des années plus tard aux bras de Fernand Mondego, l’un des conspirateurs responsables de sa chute. Ces éléments, de la romance à la vengeance en passant par le désir de justice, tapissent l’adaptation graphique proposée par le scénariste Jordan Mechner et le dessinateur Mario Alberti. Sam Castillo a beaucoup changé durant sa détention ; il a aussi hérité d’un trésor qui lui permet désormais de prendre sa revanche sur ceux qui l’ont trahi. Ce second tome introduit par conséquent un personnage complexe, caractérisé comme un aristocrate, intervenant dans les hautes sphères et capable de mystifier des notables issus du monde industriel, politique ou bancaire. Sous l’identité de Victor Sirin, il sauve le fils d’un procureur général adjoint, suscite la curiosité et la méfiance de l’agent du FBI Danica Jorjevic, qui enquête sur lui durant son temps libre (et est appelée à prendre de l’étoffe dans la suite du récit), manœuvre habilement de manière à exercer sa vengeance sur ceux qui s’en sont pris à lui. Bien ficelé, très dense, parfois même un peu alambiqué de par sa choralité, cet album donne à voir des puissants pathétiques, désireux d’objets symboliques (comme un tableau de Modigliani) et prêts à saisir au bond les balles financières les plus illusoires. Médicaments douteux, investissements peu éclairés, politique de bas étage, la haute société est décrite de manière cynique et mordante. En attendant que tous les pièges se referment sur leurs victimes…

Le Comte de Monte-Cristo (T02), Jordan Mechner et Mario Alberti
Glénat, mars 2023, 72 pages

Le-Journal-vol-02-histoire-complete-avisLe Journal (T.02). Le Richmond News et le Liberty Herald ne sont pas faits pour s’entendre. Après des débuts difficiles matérialisés par plusieurs crises et trahisons, c’est une nouvelle génération qui s’affronte, en pleine conquête de l’Ouest, avec en ligne de mire l’or californien et ses promesses de richesse. Seymour Peabody, le directeur du Richmond News, prendra la porte s’il ne répond pas aux attentes de Philip Ellis, héritier de 24 ans à peine, aux faux airs de Hugh Grant. Ce dernier, à la rancune tenace, aimerait traîner dans la boue Alexandre Prius et ses ascendants, suspectés de s’être montrés un peu trop près d’anciens ennemis hispaniques. Au Liberty Herald, les ambitions sont d’une autre nature : il s’agit d’obtenir un prêt bancaire pour financer une expédition vers la Californie. Certes, les métaux précieux attisent les convoitises, mais il s’agit surtout de conter aux lecteurs une réalité encore méconnue – ou fantasmée –, celle des orpailleurs se rendant dans l’Ouest afin d’y faire fortune. Ce second tome, toujours arrimé à la presse et à deux familles en conflit, se penche abondamment sur le racisme, à travers la romance interdite entre Joséphine, une illustratrice noire, et Alexandre Prius, qui se distingue par son éthique. Les auteurs ne font pas non plus l’économie d’une autre conflictualité, celle qui met aux prises Blancs et Indiens. Ainsi, les enjeux territoriaux, l’expertise des Comanches dans la guerre, les chocs bactériologiques, les différentes appréhensions de la nature se trouvent en bonne place dans ce second tome très dialogué. Une nouvelle fois, ce sont des pans entiers de l’histoire américaine qui se voient éventés à travers deux journaux concurrents. Astucieux et passionnant.

Le Journal (T.02), Patrice Ordas et Philippe Tarral
Bamboo, mars 2023, 56 pages

Les-Futurs-de-Liu-Cixin-Au-dela-des-montagnes-avisLes Futurs de Liu Cixin : Au-delà des montagnes. Le géologue Feng Fan ne saurait trahir son humanité. Quand un astronef extraterrestre vient stationner au-dessus de l’océan qu’il sillonne, il est en train d’éventer le deuil inconsolable qui le maintient éloigné, par culpabilité, des monts qu’il aime pourtant tant gravir. Ce penchant pour l’alpinisme trouve un écho dans la montagne d’eau engendrée par une soudaine absence de gravité. Un sommet qu’il prend le parti d’explorer et où il va entrer en contact avec une créature dont le vécu renvoie, par analogies, à nos problèmes de ressources (un monde fini), d’environnement (gestion de l’espace et des pollutions) et de politique (les conflits entre les explorateurs et les administrateurs de cette société encore inconnue). Une fois de plus, Les Futurs de Liu Cixin se saisit de thématiques très actuelles, dont il irrigue son univers science-fictionnel, pour en extirper les lignes de force et les enjeux. En revanche, le récit manque cette fois de conflictualité et de souffle, si ce n’est à travers les propos rapportés par cette entité venue d’ailleurs. Eduard Torrents et Ruben Pellejero sont loin de démériter, mais ils peinent cependant à conférer une réelle épaisseur narrative à une construction dramatique trop scolaire et attendue.

Les Futurs de Liu Cixin : Au-delà des montagnes, Liu Cixin, Eduard Torrents et Ruben Pellejero
Delcourt, avril 2023, 94 pages

Marecage-Tome-1-Sombra-avisMarécage : Sombra. Le Marécage, zone maudite et mystérieuse peuplée de créatures étranges, sert de refuge à Ysaut, héritière du trône de Palantia, cachée par le capitaine Ariston Bergère pour la protéger des conspirations. Malheureusement, la mission tourne mal. Ses ennemis sortent alors de l’ombre pour la traquer, et cela implique une aventurière masquée, Sombra, au centre du récit. Dessinateur, scénariste, producteur et réalisateur espagnol, Antonio Zurera transpose dans l’univers fantasy des intrigues de palais, fait cohabiter les figures héroïques et corrompues mais donne surtout corps et vie à un monde inventif et une ronde de personnages tous plus fascinants les uns que les autres. Si le lecteur prend plaisir à suivre les pérégrinations d’Ariston et Ysaut, à évaluer les menaces qui se dressent sur leur route et à explorer les tensions politiques de Palantia, il regrettera peut-être le caractère relativement convenu des enjeux, moins engageants que le microcosme qui les accueille en son sein. Le trait graphique, lui, fait pleinement sens et sert à merveille la fantaisie plus amère que douce de ce conte sur le pouvoir, le courage, la trahison et la bassesse.

Marécage : Sombra, Antonio Zurera
Dupuis, avril 2023, 112 pages

Les billes du Pachinko roulent vers leur destin

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Claire, presque trente ans, vient de Suisse où elle vit, pour retrouver ses grands-parents à Tokyo. Elle compte partir avec eux en voyage pour la Corée, pays dont ils sont originaires et qu’ils ont fui au moment de la guerre. À Tokyo, ils gagnent leur vie en tenant un Pachinko.

Élément central de la narration, le Pachinko du titre ressemble vaguement au flipper qu’on trouve dans les cafés français (différence fondamentale, le Pachinko se tient à la verticale). Typiquement coréen, ce jeu me semble relever surtout du hasard, même si Elisa Shua Dusapin indique que les meilleurs joueurs utilisent quelques mouvements subtils de la main pour tenter de le contrôler. Qu’ils tiennent un Pachinko me semble donc particulièrement révélateur de la vie des grands-parents de Claire qui aimaient et aiment encore leur pays – la Corée – mais que le destin (à mettre en parallèle du hasard gouvernant le jeu) leur a fait quitter définitivement pour faire leur vie au Japon.

En attendant l’escapade en Corée

Claire s’occupe en venant voir régulièrement, à la demande de la mère, Mieko une Japonaise de 10 ans, pour lui donner des cours de français. Trouvant Mieko trop renfermée, la mère profite de la présence de Claire pour la faire sortir un peu. De ce fait, entre Mieko et Claire une relation de confiance s’instaure, un peu de grande sœur à petite sœur. Ayant appris ce qu’ils font, Mieko demande à Claire de prévoir une visite au Pachinko de ses grands-parents. Claire promet, mais assez mollement, probablement parce qu’elle considère que ce n’est pas vraiment un lieu pour une fille de cet âge. Elle préfère l’emmener au zoo où dans un parc du genre Disney.

À Tokyo

Claire ne se contente pas de cette activité d’employée de maison. En retrouvant ses grands-parents qu’elle n’avait plus vus depuis longtemps, elle se rapproche de ses racines, même si les vraies racines sont à l’étranger. Et elle s’intéresse à tout ce qu’elle observe sur place, à Tokyo, ville qui apparaît très vivante sous la plume d’Elisa Shua Dusapin. Claire observe comment les expatriés coréens sont considérés. On apprend ainsi que pour les employés du Pachinko, la retraite sera différente pour les Coréens qui toucheront quelque chose contrairement au Japonais qui ont donc tout intérêt à y travailler tant qu’ils le peuvent. De plus, Claire a des échanges par messagerie Internet avec son compagnon resté en Suisse, un enseignant.

Impressions

Celles laissées par ce livre sont étonnantes, car il ne s’y passe pas grand-chose de vraiment marquant, sauf à la fin quand Claire s’apprête à s’envoler avec ses grands-parents vers la Corée. Par contre, avec une grande économie de moyens (le livre ne fait que 140 pages tout compris), Elisa Shua Dusapin s’arrange pour faire sentir beaucoup de choses. Son art est donc de profiter de chaque circonstance pour glisser des détails révélateurs au passage. C’est un peu comme une succession de séquences cinématographiques où on verrait un personnage déambuler dans une ville et y rencontrer un certain nombre de personnes sans que rien d’autre ne se passe que quelques instants de la vie du personnage. Elisa Shua Dusapin s’intéresse bien évidemment à ce qui constitue la personnalité de Claire qui doit beaucoup à ses propres origines (née en Dordogne d’un père français et d’une mère sud-coréenne, elle s’est installée en Suisse et en a obtenu la nationalité), sans qu’on puisse identifier précisément si quoi que ce soit lui ressemblerait plus particulièrement. Elle nourrit son personnage des situations qu’elle lui fait vivre, des lieux où elle passe et des personnages qu’elle croise et rencontre. Le style est donc plutôt simple, avec des phrases courtes dans l’ensemble, sans grandes envolées, mais une justesse de description qui fait qu’on sent bien tout ce qui se passe, y compris dans les esprits. La confrontation entre les cultures européenne, japonaise et coréenne est au cœur du roman, dans tout ce qui apparaît au fil des échanges et rencontres de Claire.

Les Billes du Pachinko, Elisa Shua Dusapin
Éditions Zoé, août 2018
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Le Grand Tournoi de Joffrey Lebourg

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Joffrey Lebourg, un écrivain français passionné d’heroic-fantasy, a récemment publié une œuvre de 340 pages qui ravira les amateurs de ce genre « niche » en France. En réalité, ce livre est le troisième opus d’une série de sept tomes en cours nommée Les 7 Reliques. Ce texte destiné avant tout à un jeune public saura convaincre par sa dose d’aventure et ses messages humanistes subtilement introduits par son créateur…

Inspiré par le maître absolu en la matière, J.R.R Tolkien, Joffrey Lebourg inclut une carte du monde de l’Alkymia, où se déroule le récit. À la manière d’une ancienne légende, le lecteur suit Cordélia, la belle et brave héroïne, élue par l’ange Luxdel pour vaincre le Mal : le démon Entropia, qui est sur le point de s’éveiller et de tout corrompre… Pour cela, elle doit rassembler différents compagnons, guider par le destin divin et récupérer les 7 artefacts…

Ce troisième épisode de la série commence là où le second s’était arrêté et c’est pourquoi il est fortement recommandé d’avoir découvert les deux premiers tomes avant de vous atteler à celui-ci. Les personnages principaux de la saga, Cordélia, Amber, Seth, Louane et Liam, sont de retour pour continuer leur aventure épique.

Joffrey Lebourg fait un choix classique mais sympathique, qu’est la thématique en fonction des éléments. Par exemple, le deuxième livre, La Bouche de l’Enfer, mettait en avant la chaleur des flammes. Dans ce troisième livre, l’accent est davantage posé sur le vent et l’eau… Mais attention ! Malgré ses airs idylliques, ces plages ne sont pas si calmes et un combat n’est jamais bien loin. Grâce à un rythme bien maîtrisé, entrecoupé de dîners, visites, exploration et affrontements, l’auteur installe une espèce de « jeu vidéo » à lire. Le lecteur découvre — en même temps que Cordélia tous les secrets de ce nouveau continent. Tout en conservant une certaine dose d’humour, le livre va surtout s’attarder sur un événement qui fait honneur à l’Histoire mais aussi à tous les grands classiques de la littérature épique : le tournoi !

Trois jours pour vaincre des adversaires redoutables…

Cet événement important dure trois jours… Cela semble court, mais les épreuves ne manquent pas d’originalité. Tout débute d’ailleurs très mal pour les protagonistes, qui vont devoir redoubler d’imagination et d’ingéniosité pour se dresser contre des rivaux effrayants ! Cette décision de l’auteur est intéressante. Souvent, les lecteurs se plaignent de l’aisance avec laquelle les personnages triomphent… Mais Cordélia et son équipe réussiront-ils à s’en sortir, cette fois ?

L’œuvre de Lebourg stimule l’imaginaire, puisqu’il s’est indubitablement inspiré de l’Écosse, des Lochs et de paysages nordiques pour planter son décor. En mélangeant ces climats de la sorte, l’écrivain parvient vraiment à faire voyager son lecteur. Pas une seconde pour s’ennuyer, au cours de ces jeux qui exposent les faiblesses des uns, mettant en lumière les forces des autres… Qu’est-ce que la clef pour triompher de tous ces dangers ? Il est certain que l’amitié, l’entraide et la solidarité paieront. Apprendre à se connaître, admettre ses erreurs et progresser. Cette équipe gagne en solidité : un message important à transmettre aux adolescents qui liront ce livre.

Joffrey Lebourg : engagé malgré lui

Même si les 7 Reliques ne forment pas une saga politique ou à vocation moraliste, elle comprend pourtant de nombreux messages qui se destinent à la jeunesse. Aujourd’hui plus que maintenant, il est crucial d’intégrer des personnages forts, qui jusqu’alors étaient des hommes blancs, qui luttaient pour sauver la princesse. Cette fois, les clichés sont envoyés au placard. Les éléments les plus puissants de l’équipe sont de genre féminin. De plus, il semblerait qu’une romance entre deux femmes soit sur le point de se concrétiser… Qu’en sera-t-il vraiment ? Avec des protagonistes colorés qui renversent la tendance, Joffrey Lebourg a compris l’importance de la visibilité de celles et ceux que l’on occultait par le passé.

Une intrigue qui fonctionne et donne envie de poursuivre…

Le Tournoi en question n’est pas le seul événement autour duquel évolue la saga des 7 Reliques. Joffrey Lebourg injecte dans son récit de nombreux chapitres emplis d’action et de retournements de situation. Tout n’est pas rose dans ce monde de l’Alkymia, puisque Cordélia est chassée par des mercenaires, souvent trompée, observée. Heureusement, elle peut compter sur ses amis : qu’ils soient elfes, humains ou créatures étranges. À la fin de l’ouvrage, le lecteur en demande plus. Chaque livre de cette saga se base sur un schéma narratif similaire. Cela peut rassurer un lecteur qui aime se sentir dans sa zone de confort, même si cela peut sembler répétitif. Un titre à suivre de près et à aborder avec bienveillance, afin d’encourager l’heroic fantasy à la française !

Le Grand Tournoi, Joffrey Lebourg
Des Auteurs Des Livres, mars 2022, 340 pages

La Conférence : les Apôtres du Mal

La Conférence de Matti Geschonneck donne à voir, transcrit au cinéma, le moment historique de la Conférence de Wannsee, qui organisa la mise en œuvre de la « Solution Finale » visant le peuple juif. Un filmage serré, sans fioritures, mais d’une intensité glaçante.

Synopsis du film La Conférence Au matin du 20 janvier 1942, une quinzaine de dignitaires du IIIe Reich se retrouvent dans une villa cossue, conviés par Reinhard Heydrich à une mystérieuse conférence. Ils en découvrent le motif à la dernière minute : ces représentants de la Waffen SS ou du Parti, fonctionnaires des différents ministères, émissaires des provinces conquises, apprennent qu’ils devront s’être mis d’accord avant midi sur un plan d’élimination du peuple juif, appelé Solution Finale. Deux heures durant vont alors se succéder débats, manœuvres et jeux de pouvoir, autour de ce qui fera basculer dans la tragédie des millions de destins.

Comment filmer l’Histoire ? Les documentaires, montages d’archives, fictions tentent chacun à leur manière une réponse. Le réalisateur allemand Matti Geschonneck (8 mai 1952, Potsdam -) opte clairement pour la dernière solution, afin d’approcher la conférence de Wannsee (le titre original désigne d’ailleurs explicitement ce moment historique : Die Wannseekonferenz), qui réunit, au matin du 20 janvier 1942, quinze dignitaires nazis dans la Villa Marlier, près de Berlin, afin d’y mettre concrètement en œuvre la « Solution Finale », visant l’éradication du peuple juif, non seulement en Allemagne mais dans toute l’Europe de l’Ouest et les territoires où s’étendait l’influence d’Hitler. Un tel projet ne devrait relever que de la fiction pure, sortie d’un cerveau malade, comme le suggère la très belle nouvelle de Vercors qui a pour titre « Le Songe ». Il s’est pourtant bel et bien inscrit dans le réel, et l’on sait comment. A tel point que cette fiction cinématographique s’est très précisément édifiée sur la base documentaire du procès verbal de cette réunion, établi par Adolf Eichmann (ici incarné par Johannes Allmayer) à partir des notes prises pas sa secrétaire, Ingeburg Werlemann (Lilli Fichtner), et classé « Hautement confidentiel ».

Cette « conférence » qui devait décider du destin de plusieurs millions d’êtres humains désignés comme ennemis essentialisés de la race aryenne s’étendit sur à peine deux heures. Une durée à laquelle Magnus Vattrodt et Paul Mommertz s’emploient à superposer leur scénario, dans un souci de réalisme, et pour souligner la béance entre la cause et ses effets… Dans ce même souci de fidélité historique, le tournage eut lieu, du moins pour les extérieurs, à la Villa Marlier elle-même, devenue depuis la Villa de la Conférence de Wannsee, mémorial et centre éducatif. Il se déroula entre novembre et décembre 2020, donc en plein reconfinement, dans la luminosité crépusculaire d’un hiver privé de soleil. L’image de Theo Bierkens évolue dans un clair-obscur, avec des éclairages intérieurs plus que parcimonieux, qui rend compte du climat d’aveuglement et d’enténèbrement dans lequel de pareils plans purent s’élaborer. Les décors de Bernd Lepel, qui reconstituent aussi précisément que possible les intérieurs de l’époque en studio, contribuent, dans la grisaille vaguement bleutée d’un demi-jour, à éteindre et à faire paraître froides les couleurs les plus chaudes, tels les bruns profonds des boiseries ou de certaines pièces du mobilier.

Présidée par le SS Reinhard Heydrich (Philipp Hochmair), la réunion peut ainsi voir se développer, sous des dehors faussement technocratiques, les discours les plus fous, déshumanisant et réifiant les futures victimes afin de mieux s’absoudre, voire s’héroïser, se camper en sauveur du peuple germanique. Le ton est feutré, très urbain, comme dépassionné. La « banalité du mal », dans toute sa stupéfiante horreur. Et conduite par des hommes qui ne portent pas la désignation de « Monstre » tatouée sur leur front, des hommes qui, à la pause, évoquent leur femmes et leur progéniture ; de bons pères de famille. Un écart entre l’être humain et son action effective, voire son rôle historique, déjà exploré de façon très intéressante par La Chute (2004) de Oliver Hirschbiegel. On assiste bien aux habiles tentatives du Dr Wilhelm Stuckart (Godehart Giese), pour essayer de soustraire au sort des Juifs les « demi-Juifs », avec des échanges surréalistes autour des questions de délimitation de ces différents groupes. Et aux prudents questionnements de Friedrich Wilhelm Kritzinger (Thomas Loibl), tirant sans doute parti de sa relative maturité pour oser quelques interrogations. Mais malheur à celui qui aurait laissé transparaître le moindre soupçon de compassion pour le peuple honni. Les seuls aménagements envisagés devaient prendre l’apparence de mesures visant à préserver l’intégrité psychique des bourreaux…

Quinze hommes, donc, et une seule femme, la secrétaire d’Eichmann, réunis autour d’une table de travail, avant la promesse d’un bon déjeuner… « Ainsi, nul ne pourra dire qu’il ne savait pas… », énonce l’un des responsables, en annonçant la diffusion ultérieure du compte-rendu. Un éclairage saisissant, glaçant, jeté, sans aucune musique, tout autant sur un moment historique décisif que sur les procès bien postérieurs qui suivirent. Se trouvent ainsi sérieusement mises à mal les protestations si ce n’est d’innocence, du moins d’ignorance, que l’on a pu voir s’étaler dans l’inoubliable documentaire, magnifique et monstrueux, d’Eyal Sivan et Rony Brauman, Un Spécialiste, portrait d’un criminel moderne (1999).

Bande-annonce : La Conférence

Fiche Technique : La Conférence

Titre original Die Wannseekonferenz
Réalisateur : Matti Geschonneck
Scénario : Magnus Vattrodt, Paul Mommertz
Avec Johannes Allmayer, Maximilian Brückner, Matthias Bundschuh…
Production : Reinhold Elschot, Friederich Oetker
Image : Theo Bierkens
Son : Max Meindl
Décors : Bernd Lepel
Costume : Esther Walz
Maquillage : Nicole Förster, Jeanne Gröllmann
Montage : Dirk Grau
En salle le 19 avril 2023 / 1h 48min / Drame, Historique

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3.5

Misanthrope : satirique mais conventionnel

Pour son premier film américain, le réalisateur Damián Szifron désire nous livrer une critique de notre société fragile et conformiste. Mais à devoir lui-même rester dans les clous d’un genre cinématographique qu’est le thriller policier, le cinéaste fait de Misanthrope une œuvre maladroite. Un film hésitant, ne sachant choisir entre la satire sociale et le divertissement en bonne et due forme. 

Synopsis de Misanthrope : Eleanor, une jeune enquêtrice au lourd passé, est appelée sur les lieux d’un crime de masse terrible. La police et le FBI lancent une chasse à l’homme sans précédent, mais face au mode opératoire constamment imprévisible de l’assassin, l’enquête piétine. Eleanor, quant à elle, se trouve de plus en plus impliquée dans l’affaire et se rend compte que ses propres démons intérieurs peuvent l’aider à cerner l’esprit de ce tueur si singulier…

Il aura fallu près de neuf ans pour le que le réalisateur argentin Damián Szifron nous revienne. Neuf ans après avoir marqué les esprits avec son film Les Nouveaux Sauvages. Un patchwork de récits sur la vengeance qui avait remporté bon nombres de récompenses – dont le prix du public au festival du film de Saint-Sébastien de 2014. Tout en participant à de grands événements cinématographiques qui avaient pu le mettre en avant : le Festival de Cannes 2014 et les Oscars 2015 (nominé pour la catégorie Meilleur film en langue étrangère). Le cinéaste nous revient donc avec Misanthrope, son tout premier long-métrage en Anglais. Un film policier somme toute classique sur le papier, mais révélant quelques surprises quant à son déroulé et les thématiques qu’il désire traiter.

Car à première vue, Misanthrope n’est qu’une banale chasse à l’homme. Une enquête durant laquelle le FBI doit retrouver un tueur de masse imprévisible avant qu’il ne récidive. Et qui verra une policière sur ses traces, étant la seule à comprendre son fonctionnement de par son vécu personnel… pour le moins tortueux. Rien de neuf à l’horizon, nous diriez-vous ! Tant vous auriez l’impression de revoir un énième Se7en, Le Silence des Agneaux et consorts. Ou même un épisode d’Esprits Criminels ou encore des Experts. Et c’est là où Misanthrope se détache quelque peu de ses prédécesseurs, car son intérêt est ailleurs. En effet, bien qu’elle soit le fil conducteur du récit, la chasse à l’homme est reléguée au second plan. Ici, c’est tout bonnement la société qui intéresse Damián Szifron. Ou plutôt ses multiples déboires, qui donne à l’appellation « la connerie humaine » toute son ampleur.

Et pour cause, en suivant la venue d’une policière dans les rangs du FBI, nous entrons avec elle dans un univers conformiste et déséquilibré. Dès le début, l’héroïne est repérée pour son flair, son intuition. Malheureusement, elle va très vite apprendre qu’il faut rester dans les cases pour pouvoir réussir aux yeux de sa hiérarchie. Et surtout découvrir que pour certains, ce n’est pas de trouver le tueur et de l’arrêter qui importe. Mais plutôt de rapidement mener une enquête à son terme et ce, peu importe sa finalité, quitte à entraîner des guerres entre les services. Juste pour le prestige, la réussite professionnelle. C’est ce que veut ainsi dénoncer Misanthrope : la fragilité et le manque de logique touchant de nombreuses structures sociétales, qui se veulent pourtant carrées et organisées. Le film s’arrête principalement sur l’organisation du FBI, mais il se permet quelques petits apartés illustratifs. Comme la politique, l’armée, un centre commercial ou encore une décharge. Tout dans le film est appuyé en ce sens pour que celui-ci se présente à nous comme une satire pour le moins mordante. Un constat qui se remarque jusqu’à l’écriture des protagonistes, notamment le tueur. Un homme présentant une certaine aversion pour notre société, cette dernière ayant causé sa « naissance ». Et qui sera donc poursuivi par cette policière, une asociale suicidaire pouvant le comprendre de par sa mentalité anticonformiste. Mais alors qu’il peut lui-même être vu comme un film voulant sortir du carcan d’un genre codifié, Misanthrope se prend les pieds dans le tapis de son ambition.

Car pour faire avancer son récit, le long-métrage est par moment obligé de délaisser son aspect critique et de revenir à son fil conducteur. Mais à aucun moment il ne parvient à reprendre convenablement les rênes, le film continuant sur sa lancée en pilotage automatique. L’intrigue avance mollement tout en cochant les cases du thriller policier sans trop se fouler. Sans jamais parvenir à décoller. Et ce jusqu’à un dénouement qui traine tout autant la patte, pour partir dans un plébiscite philosophique un peu trop artificiel. Les personnages, eux, semblent faire du surplace, tout comme leurs interprètes. Surtout l’héroïne (jouée par Shailene Woodley), qui n’a pas vraiment d’explication quant à son passif. Est-ce la société qui l’a transformée ainsi ? Ou une personne en particulier ? Ne serait-ce que pour lui donner une similarité avec le tueur, cela n’apporte finalement pas grand-chose à l’intrigue. Et même mise à part cela, l’enquête avance avec mollesse. Si la tension se fait ressentir lors d’une introduction prenante – grâce à une mise en scène et un montage très énergiques – elle ne repointera le bout de son nez que trop rarement. Faisant de Misanthrope un film un chouïa longuet, pour ne pas dire vain et ennuyeux.

Vous l’aurez compris, le réalisateur argentin fait des débuts dans le cinéma américain pour le moins mitigés. Bien qu’il propose une œuvre qui ne soit pas sans âme et sans propos – comme la plupart des titres hollywoodiens –, celle-ci reste beaucoup trop sage et conventionnelle pour réellement sortir du lot. Un comble, pour un film qui pointe du doigt toute notion de conformisme, n’est-ce pas ?

Misanthrope – Bande-annonce

Misanthrope – Fiche technique

Titre original : To Catch A Killer
Réalisation : Damián Szifron
Scénario : Damián Szifron et Jonathan Wakeham
Interprétation : Shailene Woodley (Eleanor Falco), Ben Mendelsohn (Geoffrey Lammark), Ralph Ineson (Dean Possey), Jovan Adepo (Mackenzie), Rosemary Dunsmore (Mme. Possey), Michael Cram (Gavin), Jason Cavalier (Marquand), Mark Camacho (chef Karl Jackson)…
Photographie : Javier Julia
Décors : Jason Kisvarday
Costumes : Aieisha Li
Montage : Marta Velasco
Musique : Carter Burwell
Producteurs : Stuart Manashill, Aaron Ryder et Shailene Woodley
Maisons de Production : FilmNation Entertainment et RainMaker Films
Distribution (France) : Metropolitant Filmexport
Durée : 119 min.
Genre : Thriller
Date de sortie :  26 avril 2023
Etats-Unis – 2023

Note des lecteurs5 Notes

2.5

Donnez vie à votre série préférée : conseils pour créer une décoration d’intérieur inspirée des séries télévisées dans votre location à Beaune

Si vous avez déjà regardé une série télévisée et rêvé de vivre dans cet univers, vous avez de la chance ! La clé pour créer une décoration intérieure parfaite pour votre location à Beaune est d’utiliser des petites touches inspirées de votre série préférée. Si vous souhaitez ramener quelques souvenirs de vos vacances, c’est aussi un moyen facile de personnaliser votre nouvelle maison. Voici quelques conseils pour combiner ces deux idées en un look cohérent !

Types de locations à Beaune

Il existe de nombreux types de locations à Beaune. Les plus courantes sont les appartements et les maisons, comme vous le constaterez ici. Les appartements meublés sont populaires parmi les voyageurs qui ne prévoient pas de rester très longtemps, car ils sont entièrement équipés de meubles et d’autres commodités. Cependant, si vous prévoyez de rester à Beaune plus longtemps, vous pouvez envisager de louer une maison traditionnelle. Ceux-ci peuvent être loués à court ou à long terme et offrent plus d’espace et d’intimité qu’un appartement. Certaines maisons sont également dotées d’un jardin ou d’une terrasse, ce qui les rend idéales pour ceux qui aiment le plein air.

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Max Vakhtbovych, Canva.com

La décoration façon série TV, c’est facile et peu coûteux !

Créer une décoration d’intérieur avec des éléments inspirés de vos séries préférées est plus facile que vous ne le pensez. Le plus beau, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’être architecte d’intérieur ou de s’y connaître en design ! Vous pouvez intégrer des éléments inspirés de vos séries télévisées préférées dans votre location, quelle que soit la taille ou la forme de l’espace.

Introduisez de petites touches de manière discrète

Vous n’avez pas besoin d’y aller à fond, mais il existe de petites façons d’intégrer la série dans votre maison. Par exemple, s’il y a une plante dans l’une des scènes de votre série préférée, pensez à l’utiliser comme point central dans votre salon. S’il y a une peinture ou une gravure à l’écran qui correspond à la palette de couleurs de votre maison, essayez de l’accrocher au-dessus de la cheminée comme élément d’accentuation. Enfin (et surtout), les coussins sont très importants dans la création d’une décoration d’intérieur inspirée des séries télévisées car ils sont utilisés très souvent dans chaque épisode ; choisissez donc judicieusement !

Inspirez-vous des couleurs et des textures des décors de la série.

Si vous êtes un fan de série, c’est une bonne idée de vous inspirer des couleurs et des textures de ses décors. Vous pouvez utiliser la même palette de couleurs que les décors de la série, ou même essayer de trouver des matériaux similaires à ceux utilisés dans la production. Si les fenêtres de votre location donnent sur un espace extérieur, pensez à ajouter un peu de verdure autour comme dans les séries américaines.

Utilisez une table comme table basse et exposez des objets de collection dessus.

Utilisez des lampes pour exposer des œuvres d’art (elles sont idéales pour cela). Vous pouvez y accrocher des tableaux s’ils sont assez hauts, ou y placer des objets plus petits comme des photographies ou des figurines.

Utilisez les meubles qui ne servent à rien d’autre pour exposer des œuvres d’art de manière originale ! Vous pouvez même utiliser un meuble plusieurs fois au cours d’un projet de décoration d’intérieur s’il fonctionne suffisamment bien pour différents usages : il s’agit de s’assurer que tout s’harmonise parfaitement lorsque vous aménagez des pièces dans votre espace de location de maison.

Accrochez une œuvre représentant une scène de votre épisode préféré.

Si vous êtes fan d’une série particulière et que vous souhaitez l’intégrer à votre espace, pensez à accrocher une œuvre, une affiche ou une reproduction représentant une scène de votre épisode préféré. Choisissez une œuvre qui corresponde au thème de la pièce et qui soit suffisamment grande pour avoir un impact à elle seule. Veillez à ce que les couleurs de cette œuvre correspondent à celles utilisées dans l’ensemble de votre location à Beaune. Enfin, choisissez quelque chose d’approprié pour cet espace : s’il n’y a pas d’espace mural disponible au-dessus ou au-dessous de l’endroit où vous accrochez votre télévision (ou s’il n’y en a pas assez), envisagez de placer l’image ailleurs afin d’éviter toute distraction lorsque vous regardez la télévision avec des amis ou des membres de votre famille.

Ramenez à la maison des souvenirs de votre voyage sur le lieu de tournage !

Les objets de collection sont une façon amusante de ramener votre série culte à la maison, et peuvent être trouvés dans des boutiques de souvenirs ou sur Internet. Il se peut même que certains acteurs vendent leurs propres objets de collection, ce qui est un excellent moyen d’obtenir quelque chose d’unique et de personnalisé. Si possible, essayez de demander s’il y a des souvenirs qui traînent sur le plateau et qui n’ont pas encore été vendus – ils seront peut-être prêts à s’en séparer pour un certain prix !

Créer une décoration d’intérieur inspirée de la télévision est en fait très simple et amusant ! Avec quelques petites touches ici et là, vous pouvez donner vie à votre série préférée dans votre appartement.

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Tout savoir sur les études de cinéma

De plus en plus de personnes font des études de cinéma car c’est un domaine vraiment passionnant et prometteur. Cette démarche leur permet  de développer de nouvelles connaissances et de bien s’intégrer dans ce milieu si difficile bien que très intéressant aussi!

Pourquoi serait-ce judicieux de faire des études de cinéma et quels avantages cela pourrait vous apporter sur le plan personnel et professionnel ? C’est ce que nous allons essayer de vous expliquer dans les paragraphes ci-dessous. Suivez-nous pour en savoir plus !

Pourquoi étudier le cinéma ?

Beaucoup de personnes ont tendance à croire que le cinéma n’est pas une discipline sérieuse qui peut déboucher sur un métier stable et rentable. Cette fausse idée est certainement due à des préjugés ancrés dans l’esprit de chacun et qui orientent tous les raisonnements dans le même sens !

Il existe cependant plusieurs raisons pour lesquelles on fait (et on devrait faire) des études de cinéma :

Parce que ce sont de vraies études

Comme nous vous l’avons expliqué antérieurement, étudier le cinéma n’a rien de futile. C’est même très sérieux. Il s’agit d’un programme académique bien défini qui nécessite toute l’attention et la concentration de l’étudiant, tout autant que n’importe quel autre domaine.

En plus, en choisissant cette option, vous aurez droit à un apprentissage solide et approfondi qui vous préparera à faire votre entrée dans le monde du 7ème art en toute confiance.

Pour se faire plaisir !

Avant de se demander quel est l’objectif derrière la décision de poursuivre des études dans telle ou telle spécialité, il faut d’abord se dire que l’on doit avant tout étudier quelque chose qui nous passionne et qui corresponde à ses préférences et à sa personnalité.

En outre, un étudiant qui opte pour le cinéma doit y trouver un certain plaisir; sinon, cela n’aurait pas de sens, comme c’est le cas pour toutes les autres filières, d’ailleurs.

Pour en faire son métier

Il est clair que toute personne qui choisit de faire des études de cinéma a forcément un objectif professionnel en tête. Or, le cinéma offre de nombreuses perspectives pour ceux qui voudraient en faire leur métier.

En effet, ce genre de formation vous permet de devenir réalisateur, scénariste, accessoiriste, producteur, décorateur, ingénieur de son, chargé de décoration, …

Bien entendu, chaque branche nécessite des études spécifiques. Il convient donc de choisir les études à suivre en fonction de l’activité que vous désirez pratiquer à l’avenir.

Le cinéma, un métier d’avenir !

Comme nous l’avons mentionné plus haut, le cinéma attire un maximum de jeunes étudiants qui souhaitent en faire leur profession plus tard. Mais pourquoi est-ce donc un métier d’avenir ? Lisez la suite de ce passage pour mieux comprendre.

Pour commencer, le cinéma est un secteur prospère surtout en France. Il n’y a qu’à voir les recettes (1 milliard d’euros” qu’il rapporte pour s’en rendre compte. De plus, c’est un milieu qui aide à créer de l’emploi- des milliers de nouveaux emplois par an.

N’oublions pas non plus que ce métier est très vaste et ne se limite pas uniquement à une seule activité. Ce qui offre beaucoup d’opportunités pour l’avenir qui sont parfaitement accessibles et prometteurs.

Enfin, il est important de souligner que malgré l’avènement du numérique, qui semble avoir une emprise incroyable sur notre quotidien, le cinéma a su conserver sa place auprès de la population mondiale comme étant une principale source de distraction. Ce qui a largement contribué à protéger l’industrie du cinéma envers et contre tous !

Comment et ou faire des études de cinéma ?

Le meilleur endroit pour faire des études de cinéma, c’est évidemment dans une Ecole de Cinéma !

Il existe plusieurs établissements de ce genre qui proposent un programme de formation très intéressant pour les mordus de cinéma et d’audiovisuel. Que ce soit dans le secteur privé ou publique, tout est mis en place pour que vous ayez la base nécessaire pour lancer votre carrière dans les meilleures conditions.

En ce qui concerne la formation elle-même, le côté pratique l’emporte un petit peu sur la théorie, bien que celle-ci soit tout aussi importante. Cela est dû au fait que les pratiques soient capables de vous introduire dans le cœur du métier avec toutes ses réalités. Cela est entre autres, le rôle des stages en milieu professionnel.

Cela vous permet de :

  • Intégrer le monde du cinéma et de l’audiovisuel de manière simple et graduelle.
  • Acquérir des compétences techniques et technologiques indispensables à la réussite de votre projet.

Notez qu’il est préférable de vous rendre dans une école agrée par l’état ou qui dispense un titre reconnu RNCP, car cela vous fera bénéficier en plus du statut d’étudiant. Vous devez aussi vous renseigner sur son réseau pédagogique pour être certain de ne pas faire le mauvais choix.

Pour ce qui est des conditions d’accès à une formation cinéma, sachez qu’il faut d’abord être bachelier, peu importe dans quelle filière ! Ensuite, vous devez aussi en avoir vraiment envie !

Pour être admis, il sera question d’une étude de votre dossier scolaire, puis d’un entretien de motivation.

Le cinéma vous fait vibrer plus que tout autre chose dans la vie ? Trouvez-vous une bonne école et partez à l’aventure !

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L’Établi ou la révolution en marche

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Adaptation du livre éponyme de Robert Linhart (paru en 1978), L’Établi, ce film réalisé par Mathias Gokalp (coscénariste avec Nadine Lamari et Marcia Romano), constitue une sorte de témoignage de son expérience de la période juste après mai 1968. Les dix années de recul permettent une vraie réflexion sur tout ce qui s’est passé

La phrase d’accroche sur l’affiche résume parfaitement la situation « Infiltré, il prépare la révolution ». Le film commence par un panneau explicatif indiquant que, juste après mai 1968, un certain nombre (plusieurs centaines) de personnes convaincues du bien-fondé de leur action, se sont fait embaucher dans des usines pour tirer parti des impressions laissées par le mouvement de mai 68. Robert est donc un intellectuel (agrégé de de philosophie, normalien) aux convictions ancrées très à gauche. Avec tout ce qu’il a observé pendant cet historique mois de mai 1968, il a acquis la conviction que les esprits sont mûrs pour la révolution. Il décide donc de battre le fer tant qu’il est encore chaud. Renonçant à son poste d’enseignant en fac, il se fait embaucher dans l’usine Citroën de Choisy en région parisienne en laissant croire qu’il ne dispose que du certificat d’études (avec une explication très plausible pour justifier ses mains non abimées). Il intègre la chaine de montage de la 2CV.

Le film

Il nous montre l’intégration de Robert (Swann Arlaud) dans cette usine, aussi bien parmi les ouvriers que dans son travail. On entre rapidement dans le vif du sujet et Robert entre naturellement dans son personnage en affrontant les multiples difficultés qui se présentent. Le travail est difficile, épuisant physiquement et moralement (il faut tenir la cadence, sur le long terme) et Robert ne perd jamais son objectif de vue : convaincre ses collègues qu’ils peuvent améliorer leur condition par des revendications. D’abord discret, les circonstances lui permettent de faire la connaissance des uns et des autres. Il aura rapidement l’occasion d’avancer (timidement), une première revendication : que l’usine fournisse une paire de gants de protection à tout un chacun. En effet, n’ayant pas tenu le rythme dans la chaine principale, Robert se trouve vite affecté sur un poste en marge de la chaine : inspecter les portières arrivant de la production, pour sélectionner celles qui ne présentent aucun défaut et les placer sur un autre support. Ces manutentions d’objets lourds et métalliques lui valent de nombreuses coupures aux mains, qu’il protège comme il peut par des bandelettes, ce qui lui vaut le surnom de « La Momie ». Son côté revendicatif lui permet de rencontrer les personnes dans le même état d’esprit et notamment Klatzman (Olivier Gourmet), prêtre-ouvrier et délégué CGT, ce qui lui permet de mieux évaluer le rapport de forces du moment entre la direction et les ouvriers. Dans les esprits, mai 68 appartient désormais au passé et, en gros, tout reste à faire. Mais un début d’organisation permet de monter un petit groupe décidé à faire bouger tout cela. Et puis, Robert qui maîtrise le français, aide un collègue dans des démarches administratives, etc. C’est alors que la direction (représentée par le seul Junot : Denis Podalydès) décide de frapper un grand coup. Un beau matin, les ouvriers trouvent une affiche placardée sur un mur dans l’usine. Le texte indique qu’à partir d’une certaine date et pendant plusieurs semaines, la journée de travail s’arrêtera à 17h45 au lieu de 17h, pour compenser les heures perdues pendant le mois de mai 1968. Concrètement, on ne sait pas comment les choses se sont passées dans l’usine à cette période. Mais, Robert et « son » groupe sont atterrés par cette façon de passer outre les accords de Grenelle. Ils rappellent qu’en France, la grève est un droit. Ce que demande la direction est de travailler 45 minutes par jour gratuitement ! Voilà quelque chose d’inadmissible qui peut justifier une grève et tout ce que Robert prépare depuis longtemps.

Une histoire vraie

Même si on peut imaginer que certains détails soient un peu arrangés pour le cinéma, L’établi (et son astucieux titre à double sens), montre l’essentiel en faisant sentir la dure condition des ouvriers que la direction considère comme des exécutants corvéables à merci, une sorte d’esclavage. Ce que le film montre mais sans parvenir jusqu’au côté insupportable, c’est l’aspect répétitif de certaines tâches qui va jusqu’à l’abrutissement de la personne. Pour cela, il aurait fallu allonger la durée du film qui serait devenu tout autre, moins rythmé par les relations qui s’y tissent. Reste à évaluer la façon dont on voit la progression des revendications, puis de la proportion de grévistes. Là encore, tout cela est convainquant, avec de petits progrès au début, jusqu’au moment où on sent que suffisamment de monde débraye pour que le mouvement évolue vers une vraie grève paralysante, malgré les pressions exercées par la direction qui ne manque pas de moyens et d’idées. On voit quand même que ce mouvement s’essouffle assez rapidement, ce qui amène bien des questions, dont quelques-unes fondamentales.

La grève est-il le seul moyen de démarrer une révolution ?

L’Histoire incite à la prudence. La grève est un moyen de manifester du mécontentement. Sans chercher la révolution, elle peut permettre des avancées. On voit dans le film que la CGT de l’époque louvoie pour progresser, sans imaginer une seconde que la révolution puisse démarrer sur le site de Choisy. Il faut dire qu’inciter à la grève des personnes qui ne touchent que de maigres salaires se révèle fort délicat. Concrètement, il faut vraiment un élément déclencheur, la goutte d’eau qui fait déborder le vase et fait le lien entre les intérêts individuels. Quand les forces physiques vont dans le même sens que celles de l’intellect, tout devient possible.

Une révolution, oui mais pourquoi ?

Une révolution est un moyen radical pour changer de système sans phase de transition. Celles et ceux qui la souhaitent n’en peuvent plus. Mais, lors d’une révolution, les événements peuvent s’emballent et la situation devenir incontrôlable, alors la question du ou des buts ne se pose plus de manière précise. Un ras-le-bol se manifeste et il peut devenir plus ou moins violent. L’objectif est généralement avant tout de détruire les bases du système en place. Pour un révolutionnaire comme Robert, la question qui se pose est à mon avis de savoir si une révolution peut aboutir à quelque chose de positif et durable. En effet, si 1789 a vu l’abolition des privilèges, deux siècles plus tard la société française a évolué et comporte d’autres privilégiés. Philosophiquement parlant, on peut se demander si une révolution n’est pas un simple soubresaut de l’Histoire, celle-ci les enchainant naturellement.

Y a-t-il une recette pour enclencher une révolution ?

Si une telle recette existait, cela se saurait. Certains facteurs peuvent évidemment favoriser son émergence, ce qu’un intellectuel comme Robert sait parfaitement, d’où son engagement en forme de pari, car il accepte de donner de sa personne et de son temps.

Qu’est-ce qui fait craquer Robert, finalement ?

Reste la façon dont tout cela se termine, parce qu’il faut bien une fin. Comme un proche le lui dit au début « Mais après, toi tu retrouveras ta place de prof. Et eux ? » Ce que Robert craint par-dessus tout, c’est d’être considéré comme un menteur. En fait, et même s’il le fait pour la « bonne cause », il agit bel et bien en manipulateur. Quand l’information se diffuse, elle ne fait que s’ajouter à la fatigue (physique et mentale)…

Avec le recul

Et puis cette voiture, la 2CV, longtemps considérée par beaucoup comme l’instrument de leur liberté… Oui mais à quel prix ? Robert sait, mais que dira-t-il à sa fille le jour où elle aura les moyens et l’envie d’en avoir une (entre autres parce qu’elle aura pu faire des études) ? Renvoyé face à ses contradictions, le philosophe risque un constat amer. Alors, si ce film ne présente aucun aspect révolutionnaire ( ! ) dans sa forme, il compense très largement par la force de son sujet porté par toute une équipe et par les réflexions qu’il entraine.

Bande-annonce : L’Établi

Fiche technique : L’Établi

Réalisateur : Mathias Gokalp
Scénaristes : Mathias Gokalp, Nadine Lamari et Marcia Romano : adaptation du livre « L’Établi » de Robert Linhart, publié aux Editions de Minuit (1978)
Avec : Swann Arlaud : Robert Linhart, Denis Podalydès : Junot, Olivier Gourmet : Klatzman, Mélanie Thierry : Nicole, compagne de Robert Linhart, Marie Rivière : mère de Robert Linhart, Lorenzo Lefebvre : Yves, Malek Lamraoui : Ali, Eric Nantchouang : Boubacar, Félix Vannoorenberghe : Jean-Louis, Yasin Houicha : Sadok, Zéli Marbot : fille de Robert et Nicole
Coproduction : France 2 Cinéma – Karé Productions – Scope Pictures – Auvergne-Rhône-Alpes-Cinéma
Distribution : Le Pacte
Sortie française : le 5 avril 2023  – 117 minutes

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